La tâche spécifique de la formation intégrale des candidats au ministère ordonné et à la vie consacrée masculine et féminine demeure un défi important pour l’Église. Il faut également rappeler l’importance d’une solide formation culturelle et théologique pour les personnes consacrées. En ce qui concerne les séminaires, le premier devoir est évidemment l’adoption et la mise en œuvre concrète de la nouvelle Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis. Durant le Synode, plusieurs aspects importants ont émergé et il convient ici de les mentionner. En premier lieu, le choix des formateurs : il ne suffit pas qu’ils soient cuturellement bien formés, mais ils doivent être capables aussi de relations fraternelles, d’une écoute empathique et d’une profonde liberté intérieure. En deuxième lieu, pour un accompagnement approprié, un travail sérieux et compétent est nécessaire, en équipes éducatives différenciées qui incluent des figures féminines. La constitution de ces équipes de formation, au sein desquelles interagissent des vocations diverses, est une petite mais précieuse forme de synodalité, qui a une incidence sur la mentalité des jeunes dans la formation initiale. En troisième lieu, la formation doit tendre à développer, chez les futurs pasteurs et les personnes consacrées, la capacité à exercer leur rôle de guide de façon qualifiée et non autoritaire, en éduquant les jeunes candidats à se donner pour la communauté. Une attention particulière doit être accordée à certains critères de formation comme : dépasser les tendances au cléricalisme, la capacité de travail en équipe, l’attention aux pauvres, la transparence de vie, la disponibilité à se laisser accompagner. En quatrième lieu, le sérieux du discernement initial est décisif, car trop souvent les jeunes qui se présentent aux séminaires ou dans les maisons de formation sont accueillis sans avoir une connaissance correcte ni une relecture approfondie de leur histoire. La question devient particulièrement délicate dans le cas de “ séminaristes errants ”: l’instabilité relationnelle et affective et le manque d’enracinement ecclésial sont des signaux dangereux. Négliger les normes ecclésiales à cet égard constitue un comportement irresponsable, qui peut avoir des conséquences très graves pour la communauté chrétienne. Un cinquième point concerne l’importance numérique des communautés de formation : dans les communautés trop grandes, on court le risque de la dépersonnalisation du parcours et d’une connaissance non appropriée des jeunes en cheminement, tandis que les communautés trop petites risquent d’être étouffantes et soumises à des logiques de dépendance ; dans ces cas, la meilleure solution est de constituer des séminaires interdiocésains ou des maisons de formation pour plusieurs provinces religieuses, avec des projets de formation clairs et des responsabilités bien définies.
Le Synode formule trois propositions pour favoriser le renouveau. La première concerne la formation conjointe de laïcs, de personnes consacrées et de prêtres. Il est important que les jeunes hommes et les jeunes filles en formation demeurent en contact permanent avec la vie quotidienne des familles et des communautés, en accordant une attention particulière à la présence de figures féminines et de couples chrétiens, et de faire en sorte que la formation soit enracinée dans le concret de la vie et caractérisée par une dimension relationnelle capable d’interagir avec le contexte social et culturel. La deuxième proposition implique l’insertion dans le cursus de préparation au ministère ordonné et à la vie consacrée d’éléments spécifiques concernant la pastorale des jeunes, grâce à des cours de formation ciblés et à des expériences vécues d’apostolat et d’évangélisation. La troisième proposition demande que l’on évalue, dans le cadre d’un discernement authentique des personnes et des situations selon la vision et l’esprit de la Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, la possibilité de vérifier le chemin de formation sur le plan de l’expérience et sur le plan communautaire. Ceci vaut particulièrement pour la dernière étape du parcours qui prévoit l’insertion progressive dans la responsabilité pastorale. Les formules et les modalités pourront être indiquées par les Conférences épiscopales de chaque pays, à travers leurs Ratio nationalis. Conclusion