Les jeunes reconnaissent au corps et à la sexualité une importance essentielle pour leur vie et dans l’itinéraire de croissance de leur identité, car ils les considèrent comme incontournables pour vivre l’amitié et l’affectivité. Dans le monde contemporain, toutefois, nous rencontrons des phénomènes en évolution rapide à cet égard. Avant tout, les développements de la science et des technologies biomédicales exercent une forte incidence sur la perception du corps, induisant l’idée qu’aucune limite ne peut empêcher de le modifier. La capacité d’intervenir sur l’ADN, la possibilité d’insérer des éléments artificiels dans l’organisme (cyborg) et le développement des neurosciences constituent une grande ressource, mais soulèvent en même temps des questions anthropologiques et éthiques. Un accueil acritique de l’approche technocratique du corps affaiblit la conscience de la vie comme don et le sens des limites de la créature, qui peut se tromper ou être instrumentalisée par les dynamismes économiques et politiques (cf. François, Laudato si’, n° 106). En outre, certains milieux de jeunes sont de plus en plus fascinés par des comportements à risques comme moyens de s’explorer soi-même, de rechercher des émotions fortes et d’être reconnus. En plus de phénomènes anciens qui perdurent, comme la sexualité précoce, la promiscuité, le tourisme sexuel, le culte exagéré de l’aspect physique, on constate aujourd’hui la diffusion envahissante de la pornographie digitale et l’exhibition de son corps en ligne. Ces phénomènes, auxquels les nouvelles générations sont exposées, constituent un obstacle à une maturation sereine. Ils manifestent des dynamiques sociales inédites qui influencent les expériences et les choix personnels, en en faisant le terrain d’une sorte de colonisation idéologique.