TheoFonsAux sources de la foi

Directoire général pour la catéchèse

DGC · Directoire · Congrégation pour le Clergé · 1997 · FR · 291 paragraphes · vatican.va ↗

La foi est un don destiné à se développer dans le cœur des croyants. 156CT 20a: « Il s'agit de faire grandir, au niveau de la connaissance et dans la vie, la semence de la foi déposée par l'Esprit Saint lors de la première annonce ». L'adhésion à Jésus-Christ déclenche, en effet, un processus de conversion permanente qui dure toute la vie. 157Cf. RM 46b. La personne qui accède à la foi est comme un nouveau-né 158Cf. 1 P 2,2; He 5,13. qui, petit à petit, grandit et devient un adulte à constituer l'« Homme parfait », 159Ep 4,13. à réaliser la plénitude du Christ. Dans le processus de foi et de conversion, divers moments essentiels sont à souligner du point de vue de la théologie: a) L'intérêt pour l'Evangile: Le premier moment est celui au cours duquel la première annonce fait naître dans le cœur du non-croyant, de l'indifférent ou du membre d'une autre religion, un intérêt pour l'Evangile, sans qu'il s'agisse encore d'une décision ferme. Ce premier mouvement de l'esprit de l'homme vers la foi, qui est déjà un fruit de la grâce, porte plusieurs noms: « inclination à la foi », 160RICA 12. « préparation à l'Evangile », 161Cf. Eusèbe de Césarée, Praeparatio evangelica, I, 1: SCh 206, 6; LG 16; AG 3a. inclination à croire, « recherche religieuse ». 162ChL 4c. L'Eglise appelle ceux qui manifestent cette préoccupation des « sympathisants ». 163RICA 12 et 111. b) La conversion. Ce premier intérêt pour l'Evangile exige un temps de recherche 164Cf. RICA 6 et 7. avant de devenir un choix ferme. L'option pour la foi est une décision qui doit être bien pesée. Cette recherche, sous l'action de l'Esprit Saint et par l'annonce du kerygme, conduit à la conversion qui sera, bien sûr, « initiale », 165AG 13b. mais qui est déjà adhésion à Jésus-Christ et désir de marcher à sa suite. Cette « option fondamentale » fonde toute la vie chrétienne du disciple du Seigneur. 166Cf. AG 13; EN 10; RM 46; VS 66; RICA 10. c) La profession de foi. L'abandon à Jésus-Christ engendre chez les croyants le désir de le mieux connaître et de s'identifier à Lui. La catéchèse les initie à la connaissance de la foi et à l'apprentissage de la vie chrétienne, en favorisant un itinéraire spirituel qui entraîne « un changement progressif de la mentalité et des mœurs », 167AG 13b. fait de renoncements et de luttes, mais aussi de joies que Dieu donne sans mesure. Le disciple de Jésus-Christ est alors prêt pour une profession de foi vivante, explicite et agissante. 168Cf. MPD 8b; CEC 187-189. d) Le chemin vers la perfection. Cette maturité initiale, source de la profession de foi, n'est pas la dernière étape du processus permanent de conversion. La profession de foi baptismale est le fondement d'un édifice spirituel destiné à grandir. Le baptisé, toujours animé par l'Esprit, nourri par les sacrements, par la prière et par la pratique de la charité, et aidé par les multiples formes d'éducation permanente à la foi, cherche à faire sien le désir du Christ: « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait » (Mt 5,48). 169Cf. LG 11c; 40b; 42e. C'est l'appel à la plénitude adressé à tout baptisé.

Le ministère de la Parole est au service de ce processus de pleine conversion. La première annonce appelle à la foi; la catéchèse donne un fondement à la conversion et une structure de fond à la vie chrétienne; l'éducation permanente à la foi — dans laquelle l'homélie tient une place de choix —, est la nourriture dont tout organisme adulte a besoin pour vivre. 170Cf. DV 24; EN 45. L'Evangélisation et les diverses situations socio-religieuses

Dans le panorama religieux complexe et mouvant qui se présente à l'évangélisation, « trois situations » 171Cf. RM 33. exigent tout particulièrement des réponses adéquates et différenciées. a) La situation des « peuples, des groupes humains, des contextes socio-culturels dans lesquels le Christ et son Evangile ne sont pas connus, ou dans lesquels il n'y a pas de communautés chrétiennes assez mûres pour pouvoir incarner la foi dans leur milieu et l'annoncer à d'autres groupes ». 172RM 33b. Cette situation requiert la « mission ad gentes », 173Ibid. Il est important de prendre conscience des « contextes » (fines) que RM destine à la « mission ad gentes ». Il ne s'agit pas seulement de « territoires » (RM 37 ad a), mais aussi de « mondes et de phénomènes sociaux nouveaux » (RM 37 ad b), comme les grandes villes, le monde des jeunes, les migrations,... et de « zones culturelles ou aréopages modernes » (RM 37 ad c), comme le monde de la communication, de la science, l'écologie... Dans cette mesure, une Eglise particulière, déjà implantée sur un territoire, réalise la « mission ad gentes » non seulement « ad extra » mais aussi « ad intra » de ses frontières. avec une activité évangélisatrice centrée de préférence sur les jeunes et les adultes. Sa particularité tient au fait qu'elle s'adresse aux non-chrétiens en les invitant à la conversion. Dans cette situation, la catéchèse se fait d'ordinaire dans le catéchuménat baptismal. b) Il est, par ailleurs, d'autres situations où, dans un contexte socio-culturel déterminé, on trouve « des communautés chrétiennes aux structures ecclésiales fortes et adaptées, à la foi et à la vie ferventes, qui rendent témoignage à l'Evangile de manière rayonnante dans leur milieu et qui prennent conscience du devoir de la mission universelle ». 174RM 33c. Ces communautés ont besoin d'une intense « activité pastorale de l'Eglise », du moment qu'elles sont constituées de personnes et de familles ayant un sens chrétien profond. Dans ce contexte, la catéchèse des petits enfants, des adolescents et des jeunes doit promouvoir de vrais processus d'initiation chrétienne bien organisés, qui leur permettent d'arriver à l'âge adulte avec une foi mûre. D'évangélisés, elle fera d'eux des évangélisateurs. Dans ces situations également, diverses méthodes sont adoptées pour la formation chrétienne des adultes. c) En de nombreux pays de vieille tradition chrétienne et parfois aussi dans les Eglises plus jeunes, il existe une « situation intermédiaire », 175RM 33d. où « des groupes entiers de baptisés ont perdu le sens de la foi vivante ou vont jusqu'à ne plus se reconnaître comme membres de l'Eglise, en menant une existence éloignée du Christ et de son Evangile ». 176RM 33d. Cette situation requiert une « nouvelle évangélisation ». Sa caractéristique consiste dans le fait que l'activité missionnaire s'adresse à des baptisés de tous âges qui vivent dans un contexte religieux où les références chrétiennes existent mais ne sont perçues qu'extérieurement. Dans cette situation, la première annonce et une catéchèse de base sont une priorité. Interdépendance entre les activités évangélisatrices dans ces situations

Ces situations socio-religieuses sont évidemment différentes et il ne faut pas les assimiler. Cette diversité, qui a toujours caractérisé la mission de l'Eglise, revêt aujourd'hui, dans ce monde qui change, un aspect nouveau. En effet, diverses situations coexistent sur un même territoire. Dans les grandes villes, par exemple, il faut faire face à la situation qui requiert une « mission ad gentes » et à celle qui requiert « une nouvelle évangélisation ». Au milieu de celles-ci des communautés chrétiennes missionnaires sont présentes, édifiées par une « activité pastorale » adaptée. Souvent de nos jours, sur le territoire d'une Eglise particulière, il faut faire face à l'ensemble de ces situations. « Les frontières de la charge pastorale des fidèles, de la nouvelle évangélisation et de l'activité missionnaire spécifique ne sont pas nettement définissables et on ne saurait créer entre elles des barrières ou une compartimentation rigide ». 177RM 34b. De fait, « chacune exerce une influence sur l'autre, la stimule et lui vient en aide ». 178RM 34c. Le texte parle concrètement de l'enrichissement mutuel entre la mission ad intra et la mission ad extra. RM, au § 59c, montre comment « la mission ad gentes » stimule les peuples au développement, tandis que la « nouvelle évangélisation » dans les pays développés crée une claire conscience de solidarité à l'égard d'autrui. C'est pourquoi, en vue d'un enrichissement mutuel des activités évangélisatrices qui coexistent, il faut tenir compte que: – la mission ad gentes, quelle que soit la zone ou le milieu dans lequel elle se réalise, est la tâche la plus spécifiquement missionnaire que Jésus ait confiée à son Eglise; elle est par conséquent le modèle par excellence de toute l'activité missionnaire de l'Eglise. La « nouvelle évangélisation » ne peut ni évincer ni remplacer la « mission ad gentes », qui continue d'être l'activité missionnaire spécifique et première. 179Cf. RM 31; 34. – « Le modèle de toute catéchèse est le catéchuménat baptismal. Il constitue la formation spécifique par laquelle l'adulte converti à la foi est conduit à la profession de foi baptismale pendant la veillée pascale ». 180MPD 8. Cette formation catéchuménale doit inspirer les autres formes de catéchèse, dans leurs objectifs et dans leur dynamisme. – « La catéchèse des adultes, s'adressant à des hommes capables d'une adhésion pleinement responsable, doit être considérée comme la forme privilégiée de la catéchèse, à laquelle toutes les autres — non moins nécessaires —, sont d'une certaine manière ordonnées ». 181DGC (1971) 20; cf. CT 43; infra partie IV, chap. 2. Cela implique que la catéchèse qui s'adresse aux autres tranches d'âge doit s'y référer et former avec elle un projet catéchistique cohérent de pastorale diocésaine. Ainsi, la catéchèse qui fait partie de la mission évangélisatrice de l'Eglise et qui en est un « moment » essentiel, puise dans l'évangélisation le dynamisme missionnaire qui la féconde du dedans et lui donne son identité propre. Le ministère de la catéchèse est donc un service ecclésial fondamental dans l'accomplissement du mandat missionnaire de Jésus.

Notes

  1. 156. CT 20a: « Il s'agit de faire grandir, au niveau de la connaissance et dans la vie, la semence de la foi déposée par l'Esprit Saint lors de la première annonce ».
  2. 157. Cf. RM 46b.
  3. 158. Cf. 1 P 2,2;He 5,13.
  4. 159. Ep 4,13.
  5. 160. RICA 12.
  6. 161. Cf. Eusèbe de Césarée, Praeparatio evangelica, I, 1: SCh 206, 6;LG 16;AG 3a.
  7. 162. ChL 4c.
  8. 163. RICA 12 et 111.
  9. 164. Cf. RICA 6 et 7.
  10. 165. AG 13b.
  11. 166. Cf. AG 13;EN 10;RM 46;VS 66;RICA 10.
  12. 167. AG 13b.
  13. 168. Cf. MPD 8b;CEC 187-189.
  14. 169. Cf. LG 11c; 40b;42e.
  15. 170. Cf. DV 24;EN 45.
  16. 171. Cf. RM 33.
  17. 172. RM 33b.
  18. 173. Ibid. Il est important de prendre conscience des « contextes » (fines) que RM destine à la « mission ad gentes ». Il ne s'agit pas seulement de « territoires » (RM 37 ad a), mais aussi de « mondes et de phénomènes sociaux nouveaux » (RM 37 ad b), comme les grandes villes, le monde des jeunes, les migrations,... et de « zones culturelles ou aréopages modernes » (RM 37 ad c), comme le monde de la communication, de la science, l'écologie... Dans cette mesure, une Eglise particulière, déjà implantée sur un territoire, réalise la « mission ad gentes » non seulement « ad extra » mais aussi « ad intra » de ses frontières.
  19. 174. RM 33c.
  20. 175. RM 33d.
  21. 176. RM 33d.
  22. 177. RM 34b.
  23. 178. RM 34c. Le texte parle concrètement de l'enrichissement mutuel entre la mission ad intra et la mission ad extra. RM, au § 59c, montre comment « la mission ad gentes » stimule les peuples au développement, tandis que la « nouvelle évangélisation » dans les pays développés crée une claire conscience de solidarité à l'égard d'autrui.
  24. 179. Cf. RM 31; 34.
  25. 180. MPD 8.
  26. 181. DGC (1971) 20;cf. CT 43;infra partie IV, chap. 2.