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Symboles et définitions de la foi (Denzinger)

DS · Symboles · 1854 · FR · 2794 paragraphes · catho.org ↗

5eme session, 22 octobre 451 : profession de foi de Chalcédoine. · Les deux natures dans le Christ

(préambule à la définition. A la suite des professions de foi de Nicée et de Constantinople :) Or donc, pour une connaissance complète et une confirmation de la religion, il eût suffi de ce sage et salutaire Symbole de la grâce divine car il donne un enseignement parfait sur le Père, le Fils et le Saint- Esprit et il expose l'Incarnation du Sauveur à ceux qui la reçoivent avec foi. Mais voici que ceux qui tentent de rejeter la prédication de la vérité par leurs propres hérésies ont donné naissance à des nouveautés : les uns ont osé rejeter le mot de Mère de Dieu au sujet de la Vierge ; les autres introduisent une confusion et un mélange et imaginent de façon insensée que la chair et la divinité ne font qu'une seule nature et disent de façon monstrueuse que, du fait de la confusion, la nature divine du Fils est passible pour cette raison, voulant leur fermer la porte à toute machination contre la vérité, le saint et grand concile oecuménique, aujourd'hui présent, enseignant la doctrine inébranlable prêchée depuis le commencement, a défini qu'avant tout la confession de foi des 318 pères devait demeurer en dehors de toute atteinte. Et il ratifie l'enseignement transmis sur la substance de l'Esprit par les 150 pères réunis plus tard dans la ville impériale à cause de ceux qui combattaient contre l'Esprit Saint; enseignement que ces pères ont fait connaître à tous, non qu'ils aient voulu ajouter un point manquant aux propositions antécédentes, mais parce qu'ils voulaient clarifier par le témoignage des Ecritures leur pensée sur le Saint-Esprit contre ceux qui tentaient de rejeter sa Seigneurie. D'autre part, à cause de ceux qui tentent de défigurer le mystère de l'économie et qui, dans leur sottise impudente, disent que celui qu'a enfanté la Sainte Vierge Marie n'est qu'un simple homme, le concile a reçu les lettres synodiques du bienheureux Cyrille, qui fut pasteur de l'Eglise d'Alexandrie, à Nestorius et aux évêques d'Orient, comme très propres à réfuter les insanités de Nestorius... A ces lettres il a joint à bon droit, pour la confirmation des doctrines orthodoxes, la lettre que le bienheureux et très saint archevêque Léon, qui préside à la très grande et ancienne Rome, a écrite au défunt archevêque Flavien pour la suppression de la perversité d'Eutychès Can.290-295 , en tant que cette lettre s'accorde à la confession du grand Pierre et qu'elle est là comme une sorte de colonne commune contre ceux qui tiennent des opinions fausses. Il s'oppose en effet à ceux qui tentent de diviser le mystère de l'économie en une dualité de fils ; il repousse loin de l'assemblée des prêtres ceux qui osent dire passible la divinité du Fils unique ; il s'élève contre ceux qui imaginent, à propos des deux natures du Christ, un mélange ou une confusion ; il chasse ceux qui disent dans leur délire que la forme d'esclave que le Christ a reçue pour lui de nous est céleste ou de quelque autre substance ; et il anathématise ceux qui inventent la fable de deux natures du Seigneur avant l'union, mais n'en imaginent plus qu'une seule après l'union.

(Définition) Suivant donc les saints pères, nous enseignons tous unanimement que nous confessons un seul et même Fils, notre Seigneur Jésus Christ, le même parfait en divinité, et le même parfait en humanité, le même vraiment Dieu et vraiment homme (composé) d'une âme raisonnable et d'un corps, consubstantiel au Père selon la divinité et le même consubstantiel à nous selon l'humanité, en tout semblable à nous sauf le péché (voir He 4,15), avant les siècles engendré du Père selon la divinité, et aux derniers jours le même (engendré) pour nous et notre salut de la Vierge Marie, Mère de Dieu selon l'humanité,

un seul et même Christ, Fils, Seigneur, l'unique engendré, reconnu en deux natures, sans confusion, sans changement, sans division et sans séparation, la différence des natures n'étant nullement supprimée à cause de l'union, la propriété de l'une et l'autre nature étant bien plutôt gardée et concourant à une seule personne et une seule hypostase, un Christ ne se fractionnant ni se divisant en deux personnes, mais un seul et même Fils, unique engendré, Dieu Verbe, Seigneur Jésus Christ, selon que depuis longtemps les prophètes l'ont enseigné de lui, que Jésus Christ lui-même nous l'a enseigné, et que le Symbole des pères nous l'a transmis.

(Sanction) Tout ceci ayant donc été formulé par nous avec la plus scrupuleuse exactitude et diligence, le saint concile oecuménique a défini qu'il n'était permis à personne de professer, de rédiger ou de composer une autre confession de foi, ni de penser ou d'enseigner autrement...

7eme session : canons. · Simonie

Can. 2. Si un évêque faisait une ordination pour de l'argent et mettait en vente la grâce invendable, et Ordonnait pour de l'argent un évêque, un chorévêque, un prêtre, un diacre ou quelqu'un de ceux qui sont comptés parmi le clergé, ou nommait pour de l'argent un économe, un avoué, un administrateur ou en général quelqu'un de la liste officielle, poussé par sa propre et honteuse cupidité, que celui qui entreprend une telle chose s'expose, si le fait est prouvé, à perdre son propre rang ; et que celui qui a été ordonné ne tire aucun profit de l'ordination ou de la promotion obtenue par commerce, mais qu'il perde la dignité ou la charge acquise pour de l'argent. Si de plus il apparaissait que quelqu'un s'est entremis pour ces profits honteux et prohibés, que celui-là aussi, s'il est clerc, soit déchu de son propre rang et, s'il est laïc ou moine, soit frappé d'anathème.

Can 14. Comme dans quelques éparchies on a permis aux lecteurs et aux chantres de se marier, le saint concile a décidé qu'il n'était permis à aucun d'eux d'épouser une femme hérétique. Ceux qui ont eu des enfants de pareils mariages, s'ils ont déjà fait baptiser leurs progénitures chez les hérétiques, doivent les conduire à la communion de l'Eglise catholique ; si ces enfants ne sont pas encore baptisés, ils ne peuvent pas les faire baptiser chez les hérétiques, ni les donner en mariage à un hérétique, à un juif ou à un païen, à moins naturellement que la personne qui doit se marier à la partie orthodoxe ne promette de passer à la foi orthodoxe. Si quelqu'un transgresse cette décision du saint concile, qu'il soit soumis aux peines canoniques.

Mariage mixte et réception du baptême dans l'hérésie

La prééminence du Siège romain ...Qu'est-ce qui en effet donne plus de joie que la foi ?... Cette foi, le Sauveur lui-même nous l'a transmise depuis les temps anciens en disant : " Allez. enseignez toutes les nations... " Mt 28,19 ; toi-même tu l'as gardée comme une chaîne d'or qui, au commandement de celui qui ordonne, vient jusqu'à nous, en étant pour tous l'interprète de la voix du bienheureux Pierre, et en procurant à tous la bénédiction de sa foi. Nous servant donc nous aussi de toi avec fruit comme d'un guide vers ce bien, nous avons montré aux enfants de l'Eglise l'héritage de la vérité... en faisant connaître d'un même coeur et d'un même esprit la confession de la foi. Et nous étions dans un même choeur, faisant nos délices, comme dans un banquet royal, des nourritures spirituelles que le Christ, par tes écrits, a préparés aux convives du festin, et nous pensions voir l'époux céleste en convive parmi nous. Car si là où deux ou trois sont rassemblés en son nom il est présent, comme il le dit, au milieu d'eux Mt 18,20, quelle familiarité n'a-t-il pas manifestée alors aux cinq cent vingt prêtres qui ont placé la connaissance de la confession de la foi plus haut que leur patrie et que les fatigues ? Eux que, comme la tête le fait pour les membres, tu as conduits en ceux qui tenaient ta place en faisant connaître ton conseil excellent...

Lettre synodale au pape Léon 1er, début de novembre 451 · Lettre " Sollicitudinis quidem tuae " à l'évêque Théodore de · Fréjus. 11 juin 452

(Chap. 2). La miséricorde de Dieu aux formes multiples a si bien remédié aux fautes humaines, que ce n'est pas par la grâce du baptême seulement mais également par le remède de la pénitence qu'est rendu l'espoir de la vie éternelle de sorte que ceux qui ont souillé les dons de la régénération, s'ils se reconnaissent coupables, puissent parvenir à la rémission de leurs forfaits ; les dispositions de la bonté divine sont ainsi faites que le pardon de Dieu ne peut être obtenu que par la supplication des prêtres. " Le médiateur de Dieu et des hommes, l'homme Jésus Christ " Mt 1 a transmis à ceux qui sont préposés à l'Eglise le pouvoir d'accorder la pénitence aux pécheurs repentants, et, lorsqu'ils se sont purifiés par une satisfaction salutaire, de les admettre à la communion des sacrements en leur ouvrant la porte de la réconciliation...

Le sacrement de la pénitence.

(Chap.4) Pour eux qui en cas de nécessité et dans l'imminence d'un péril implorent le secours de la pénitence et d'une réconciliation rapide, il ne faut leur refuser ni l'expiation ni la réconciliation, car il ne nous appartient pas de poser des limites ou des délais à la miséricorde de Dieu auprès de qui nulle conversion véritable n'attend longtemps le pardon.

(Chap.5) Il faut donc que tout chrétien se remette au jugement de sa conscience pour qu'il ne diffère pas de jour en jour la conversion à Dieu, pour qu'il ne fixe pas à la fin de sa vie le temps où il satisfera... et, alors qu'il pouvait mériter le pardon par une satisfaction plus complète, qu'il ne choisisse pas les angoisses d'un moment où la confession du pénitent et la réconciliation procurée par le prêtre n'auront qu'une petite place. Cependant, comme je l'ai dit, il faut porter secours à la détresse de ceux-là, en ne leur refusant ni la pénitence ni la grâce de la communion lorsque, même privés du secours de la voix, ils les réclament par des signes sans équivoque. Mais si la violence de la maladie pèse si fortement sur eux qu'ils ne soient plus capables de manifester en présence du prêtre ce qu'ils demandaient peu auparavant, les témoignages des fidèles présents devront leur servir à recevoir à la fois le bienfait de la pénitence et celui de la réconciliation...

Lettre " Regressus ad nos " à l'évêque Nicétas d'Aquilée, 21 · Mars 458. · Le deuxième mariage de veuves putatives.

(Chap.1) Puisque vous dites que du fait de la défaite dans la guerre et des très graves attaques de l'ennemi certains mariages ont été désunis, en sorte qu'après que les hommes eurent été emmenés en captivité, leurs femmes restèrent abandonnées, et que, pensant que leurs époux avaient été tués ou croyant qu'ils ne seraient jamais libérés de leur servitude, contraintes par la solitude elles se sont engagées dans un mariage avec d'autres, et parce que maintenant qu'avec l'aide le Dieu l'état des choses s'est changé en mieux certains de ceux que l'on croyait avoir péri sont revenus, ta charité hésite manifestement à juste titre quant à ce que nous devons ordonner au sujet des femmes qui se sont unies à d'autres hommes. Mais parce que nous savons qu'il est écrit que la femme est unie à l'homme par Dieu (voir Pr 19,14), et que nous connaissons également le commandement selon lequel ce que Dieu a uni, l'homme ne doit pas le séparer Mt 19,6 il est nécessaire que nous croyions que les unions des noces légitimes doivent être rétablies, et qu'après qu'ont été écartés les maux infligés par l'ennemi, soit rendu à chacun ce qu'il avait de façon légitime ; et il faut s'appliquer de tout son zèle à ce que chacun reçoive ce qui est sien.

(Chap. 2) Il ne faut pas cependant considérer comme coupable et tenir pour un intrus dans le droit d'autrui, celui qui a joué le rôle de ce mari dont on pensait qu'il n'existait plus. De cette manière bien des choses qui appartenaient à ceux qui ont été emmenés en captivité ont pu passer dans le droit d'autrui, et pourtant il correspond pleinement à la justice que cela leur soit rendu à leur retour. Et si cela est observé s'agissant de propriétés ou encore de maisons ou de possessions, ne faut-il pas d'autant plus, en rétablissant les mariages, faire en sorte que ce qui a été perturbé par la fatalité de la guerre soit rétabli par le remède de la paix ?

(Chap.3) Et c'est pourquoi, si des hommes qui sont revenus après une longue captivité persévèrent à ce point dans l'amour de leurs femmes qu'ils désirent qu'elles reviennent dans l'union avec eux, il faut renoncer à ce que la nécessité a provoqué, et le considérer comme exempt de faute, et rétablir ce qu'exige la fidélité.

(Chap.4) Mais si certaines femmes sont tellement prises d'amour pour leurs maris ultérieurs qu'elles préfèrent être attachées à eux plutôt que de revenir à la communauté légitime, elles doivent être blâmées à bon droit, en étant privées de la communion ecclésiastique : car au lieu d'une chose excusable elles ont choisi la souillure d'une faute, en montrant que leur a plu dans leur incontinence ce qu'un juste pardon aurait pu expier...

Le caractère non réitérable du baptême.

(Chap.6) Quant à ceux... que la crainte a poussés ou que l'erreur a incités à réitérer le baptême, et qui maintenant reconnaissent qu'ils ont agi contre le sacrement de la foi catholique, il leur faut observer la règle selon laquelle ils n'entrent en communauté avec nous que par le remède de la pénitence, et qu'ils ne reçoivent l'unité de la communion que par l'imposition des mains de l'évêque...

(Chap.7) Car ceux qui ont reçu le baptême d'hérétiques alors qu'auparavant ils n'avaient pas été baptisés, ne doivent être confirmés que par l'invocation de l'Esprit Saint et l'imposition des mains, car ils n'ont reçu que la forme du baptême sans la vertu de la sanctification. Et cette règle, comme vous le savez, nous prescrivons qu'elle doit être observée dans toutes les Eglises, à savoir que le bain une fois reçu ne doit être violé par aucune réitération puisque l'apôtre dit : " Un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême " Ep 4,5. Leur ablution ne doit être altérée par aucune réitération, mais, nous l'avons dit, seule la sanctification par l'Esprit Saint doit être invoquée, afin que ce que nul ne reçoit chez les hérétiques, on le reçoive des prêtres catholiques.

Lettre " Promisisse me memini " à l'empereur Léon 1er, 17 août 458. · Les deux natures dans le Christ

(Chap.6) Même s'il y a donc dans l'unique Seigneur Jésus Christ, vrai Fils de Dieu et vrai Fils d'homme, une seule personne du Verbe et de la chair qui, sans séparation ni division, accomplit des actions communes, il faut cependant que les qualités des opérations elles-mêmes soient bien comprises, et l'on peut voir avec une foi sincère à quoi est élevée l'humilité de la chair et à quoi s'abaisse la sublimité de la divinité, ce que la chair ne fait pas sans le Verbe, et ce qu'est ce que le Verbe ne réalise pas sans la chair... Bien que depuis ce commencement où le Verbe s'est fait chair dans le sein de la Vierge il n'ait donc jamais existé aucune division entre les deux formes, et que tout au long de la croissance du corps à tout moment les actions fussent celles d'une unique personne, ce qui a été fait sans séparation nous ne le confondons pas pour autant par un mélange, mais nous percevons de par la qualité des oeuvres ce qui appartient à chaque forme...

(Chap.8) Bien que donc le Seigneur Jésus Christ soit un, et qu'en lui une seule et même personne soit celle de la vraie divinité et de la vraie humanité, nous reconnaissons néanmoins que l'exaltation par laquelle, comme le dit le Docteur des nations, Dieu l'a exalté et lui a donné un nom qui est au-dessus de tout nom (voir Ph 2,9 s), se rapporte à cette forme qui devait être enrichie par le surcroît d'une glorification si grande. Dans la forme de Dieu en effet le Fils était égal au Père, et entre celui qui a engendré et l'unique engendré il n'y avait pas de distinction dans l'essence, ni aucune différence de majesté ; et par le mystère de l'Incarnation le Verbe n'avait rien perdu qui aurait dû lui être rendu par ce don du Père. Mais la forme du serviteur, par laquelle la divinité impassible a accompli le sacrement de sa grande miséricorde, est l'abaissement humain qui fut élevé dans la gloire de la puissance divine, alors que dès la conception même de la Vierge la divinité et l'humanité avaient été liées en une telle unité que les choses divines n'ont pas été faites sans l'homme, ni les choses humaines sans Dieu.

319-320. Lettre " Frequenter quidem " à l'évêque Néo de · Ravenne, 24 octobre 458. · Le baptême douteux et celui conféré par des hérétiques.

(1)... Par l'information donnée par certains frères nous avons appris que certains captifs revenant libres à leurs domiciles - et qui étaient tombés en captivité à un âge où ils ne pouvaient avoir une connaissance sûre de rien - demandent le remède du baptême, mais ne peuvent pas se souvenir, du fait de l'ignorance due au bas âge, s'ils ont reçu le mystère de ce baptême et les sacrements, et que pour cette raison, du fait de ce souvenir occulté, leurs âmes sont mises en danger parce que, sous couvert de précaution, la grâce leur est refusée - celle-ci ne leur étant pas accordée parce qu'on pense qu'elle a déjà été accordée. Puisque pour cette raison la crainte de certains frères, non sans raison, a hésité à accorder à de telles personnes les sacrements du mystère du Seigneur, nous avons reçu, comme nous l'avons dit, cette requête formelle... Tout d'abord nous devons pour cela veiller à ne pas causer, en nous attachant à l'apparence de la précaution, un dommage aux âmes qui doivent être régénérées. Qui en effet sera à ce point attaché à ses suppositions qu'il affirme comme vrai ce qui - puisqu'il n'est plus de preuve - n'est supposé qu'en raison d'une opinion douteuse ? C'est pourquoi si celui qui désire la régénération ne se souvient pas avoir été baptisé et qu'un autre ne peut pas non plus témoigner à ce sujet, parce qu'il ne sait pas s'il a été sanctifié, il n'y a rien qui permette au péché de s'insinuer, car sur ce point de sa conscience n'est coupable ni celui qui est sanctifié, ni celui qui sanctifie. Nous savons certes qu'il s'agit d'un forfait inexpiable lorsque quelqu'un, selon les pratiques des hérétiques condamnées par les saints pères, est contraint de se soumettre deux fois au baptême qui a été accordé une fois à ceux qui doivent être régénérés ; car à cela s'oppose la doctrine catholique qui nous proclame une seule divinité dans la Trinité, une seule confession dans la foi, un seul sacrement dans le baptême Ep 4,5. Mais dans ce cas rien n'est à craindre puisqu'il ne peut pas y avoir forfait de réitération lorsqu'on ne sait pas du tout si cela a été fait...

(2) Mais s'il était établi que quelqu'un a été baptisé par les hérétiques, le sacrement de la régénération ne doit d'aucune manière être réitéré pour lui, et il ne doit être conféré que ce que qui y a fait défaut : que par l'imposition des mains de l'évêque il obtienne la force du Saint-Esprit.

321-322. Lettre " Epistolas fraternitatis " à l'évêque Rusticus · de Narbonne, 458 · Le caractère d'obligation des voeux religieux.

(Question 14) La résolution d'un moine qui a été prise par sa propre décision ou volonté ne peut pas être abandonnée sans péché. Car ce que quelqu'un promet à Dieu, il doit aussi s'en acquitter Dt 23,21 Ps 50,14. C'est pourquoi celui qui a délaissé la promesse de la solitude et qui est passé au service armé ou au mariage, doit être purifié en satisfaisant à la pénitence publique, car si le service armé peut être sans mal et le mariage honnête, c'est une transgression que d'avoir délaissé le choix de ce qui est meilleur.

(Question 15) Si des jeunes filles, qui n'ont pas été contraintes par un commandement de leurs parents mais ont pris par une décision libre la résolution et le vêtement de la virginité, choisissent ensuite le mariage, elles pêchent, même si aucune consécration n'est encore venue s'y ajouter.

Lettre " Magna indignatione " à tous les évêques de Campanie, · etc., 6 mars 459.

(Chap.2) J'ordonne qu'on doit absolument faire disparaître aussi cette audace contraire à la règle apostolique, qui est commise par certains, je l'ai appris récemment, par une usurpation illicite. Pour la pénitence que demandent les fidèles, qu'on ne lise pas en public un écrit sur lequel figurent en détail leurs péchés, puisqu'il suffit d'indiquer aux prêtres seuls par une confession secrète la culpabilité des consciences. Sans doute paraît-elle louable, cette foi totale qui, par crainte de Dieu, n'a pas peur de rougir devant les hommes ; cependant - puisque les péchés de tous ceux qui demandent la pénitence ne sont pas tels qu'ils ne craignent pas de les voir publiés - on supprimera une coutume si peu louable, de manière qu'un grand nombre ne soit pas tenu écarté des remèdes de la pénitence aussi longtemps qu'ils rougissent ou craignent de voir leurs actions révélées à leurs ennemis, et pour lesquelles, selon la disposition de la loi, ils peuvent être punis. Il suffit en effet de cette confession qui est d'abord faite devant Dieu, puis aussi devant le prêtre, lequel se présente en intercesseur pour les péchés des pénitents. Enfin plusieurs pourront alors être amenés à la pénitence si la conscience de celui qui confesse son péché n'est pas rendue publique aux oreilles du peuple.

La confession secrète · Statuta Ecclesiae Antiqua, milieu ou fin du Vème siècle. · L'examen de la foi avant l'ordination épiscopale

Celui qui doit être ordonné évêque sera examiné auparavant pour savoir si... il est prudent en matière d'intelligence des Ecritures, s'il a de l'expérience quant aux dogmes de l'Eglise et surtout, s'il affirme avec des mots simples les enseignements de la foi, c'est-à-dire en confirmant que le Père et le Fils et l'Esprit Saint sont un seul Dieu et en enseignant que toute la divinité dans la Trinité est de même essence, de même substance, de même éternité et de même toute-puissance ; s'il confesse chacune des personnes dans la Trinité comme pleinement Dieu et toutes les trois personnes un seul Dieu ; s'il croit que l'Incarnation divine est advenue non pas dans le Père ni dans l'Esprit Saint mais seulement dans le Fils, en sorte que lui, qui dans la divinité était le Fils de Dieu le Père, est devenu en l'homme le Fils de l'homme sa mère, vrai Dieu du Père et vrai homme de la mère, tenant la chair du sein de la mère, et une âme humaine raisonnable ; en même temps sont en lui les deux natures, à savoir homme et Dieu et il est une seule personne, un seul Fils, un seul Christ, un seul Seigneur, le créateur de tout ce qui est, avec le Père et l'Esprit Saint l'auteur et le Seigneur et le créateur (celui qui régit) de toutes les créatures ; qui a souffert de la vraie souffrance de la chair, qui est mort de la vraie mort de son corps, est ressuscité de la vraie résurrection de la chair et de la vraie reprise de l'âme, en laquelle il viendra juger les vivants et les morts. Il faut lui demander également s'il croit que l'auteur et Dieu du Nouveau et de l'Ancien Testament, c'est-à-dire de la Loi, des prophètes et des apôtres, est un seul et le même ; s'il croit que le diable n'est pas devenu mauvais en raison de sa condition, mais librement. Il faut lui demander aussi s'il croit à la résurrection de cette chair que nous portons et non d'une autre ; s'il croit en un jugement à venir, et que chacun recevra des châtiments ou la gloire pour ce qu'il a fait dans cette chair ; s'il ne désapprouve pas les noces ; s'il ne condamne pas les remariages ; s'il ne blâme pas la consommation de viandes ; s'il reçoit à la communion les pécheurs réconciliés ; s'il croit que dans le baptême tous les péchés, c'est-à-dire aussi bien celui qui est contracté à l'origine que ceux qui ont été commis volontairement, sont pardonnés ; si en dehors de l'Eglise catholique nul ne sera sauvé. Lorsque, ayant été examiné sur tous ces points, il aura été trouvé pleinement instruit, alors, avec le consentement des clercs et des laïcs, et tous les évêques de la province étant rassemblés,... qu'il soit ordonné évêque.

L'imposition des mains, signe extérieur de l'ordination.

Récapitulation de l'ordination de ceux qui ont un office dans l'Eglise : Can. 90 (2). Lorsqu'un évêque est ordonné, deux évêques posent et tiennent le livre des évangiles sur sa nuque (tête), et pendant que l'un dit sur lui la bénédiction, tous les autres évêques présents doivent toucher sa tête de leurs mains.

Can. 91 (3). Lorsqu'un presbytre est ordonné, pendant que l'évêque le bénit et tient ses mains sur sa tête, tous les autres presbytres présents doivent également tenir leur main sur la tête à côté des mains de l'évêque.

Can. 92 (4). Lorsqu'un diacre est ordonné, seul l'évêque qui le bénit doit poser ses mains sur sa tête : car il n'est pas sacré pour le sacerdoce mais pour le ministère.

Can.93 (5). Lorsqu'un sous-diacre est ordonné, parce qu'il ne reçoit pas l'imposition des mains, il recevra de la main de l'évêque la patène vide et le calice vide. Mais il recevra de la main de l'archidiacre l'aiguière avec de l'eau, le bassin et le manuterge.

Concile d'Arles, 473 : Lettre de soumissiondu prêtre Lucidus. · Grâce et prédestination

Votre correction est le salut de tous et votre décision un remède. C'est pourquoi j'estime un souverain remède de me disculper en accusant mes erreurs passées et de revenir à l'innocence par une confession salutaire. Dès lors, selon les récents statuts du vénérable concile, je condamne avec vous cette opinion qui dit que le travail de l'obéissance humaine n'a pas à être uni à la grâce divine ;

qui dit qu'après la chute du premier homme le libre arbitre de sa volonté a été totalement détruit ;

qui dit que le Christ notre Seigneur et Sauveur n'a pas subi la mort pour le salut de tous ;

qui dit que la prescience de Dieu pousse violemment l'homme à la mort ou que ceux qui sont perdus le sont par la volonté de Dieu ;

qui dit qu'après avoir légitimement reçu le baptême meurt en Adam quiconque a péché ;

qui dit que les uns sont assignés à la mort, les autres prédestinés à la vie ;

qui dit que d'Adam jusqu'au Christ aucun des gentils n'a été sauvé par la première grâce de Dieu, c'est-à-dire par la loi de nature, en vue de la venue du Christ, du fait que chez tous le libre arbitre a été perdu dans le premier père ;

qui dit que les patriarches et les prophètes ou les plus grands des saints, même avant le temps de la Rédemption, ont vécu dans les demeures du paradis ;

qui dit qu'il n'y a pas de feu ni d'enfer.

Tout cela, je le condamne comme impie et comme totalement sacrilège. Je soutiens la grâce de Dieu en ce sens que je maintiens uni l'effort de l'homme et l'action de la grâce et que je déclare que la liberté de la volonté humaine n'est pas détruite, mais atténuée et affaiblie, que celui qui est sauvé peut être en danger, et que celui qui périt aurait pu être sauvé.

De même le Christ, notre Dieu et Sauveur, pour ce qui est de l'abondance de sa bonté, a payé pour tous la rançon de la mort, et il veut aussi que nul ne périsse, lui qui est le Sauveur de tous les hommes, surtout des croyants, riche à l'égard de tous ceux qui l'invoquent Rm 10,12. Et parce que en ces choses si importantes on doit satisfaire à la conscience, je me souviens avoir dit auparavant que le Christ n'est venu que pour ceux dont il savait à l'avance qu'ils croiraient (référence est faite à Mt 20,28 Mt 26,28 He 9,27 . Mais maintenant, en raison de l'autorité des saints témoignages qui se trouvent en abondance dans le domaine des saintes Ecritures et qui sont dévoilés de par la doctrine des anciens, je confesse volontiers que le Christ est venu également pour ceux qui sont perdus, car ils se sont perdus contre sa volonté. Et il ne convient pas que la richesse de la bonté infinie et les bienfaits divins soient limités à ceux-là seulement qui manifestement sont sauvés. Car si nous disons que le Christ n'a apporté de remèdes qu'à ceux qui sont sauvés, nous donnerons l'impression d'absoudre ceux qui ne sont pas sauvés, lesquels, on le sait, doivent être punis pour avoir méprisé la Rédemption.

J'affirme également qu'au cours des temps et de l'ordonnance des siècles, les uns ont été sauvés par la Loi de la grâce, d'autres par la Loi de Moïse, d'autres par la Loi naturelle que Dieu a inscrite dans les coeurs de tous (voir Rm 2,15) dans l'espérance de la venue du Christ, mais que depuis le commencement du monde personne n'a été libéré de l'enchaînement originel, sinon par l'intercession du sang sacré.

Je confesse également que les feux éternels et les flammes de l'enfer sont préparés pour les péchés mortels ; car les fautes humaines qui demeurent jusqu'à la fin sont suivies à juste titre du jugement divin qu'encourent justement ceux qui n'ont pas cru cela de tout leur coeur, Priez pour moi, saints seigneurs et pères apostoliques. Moi, le presbytre Lucidus, j'ai souscrit cette lettre de ma main, et ce qui y est assuré, je l'affirme, et ce qui est condamné, je le condamne. 1996 Denzinger 295

Lettre " Quantum presbyterorum " à l'évêque Acace de · Constantinople, 10 janvier · L'autorité des évêques romains et des conciles oecuméniques

(Par.3, Chap.2) Puisque la doctrine de nos prédécesseurs de sainte mémoire, contre laquelle il n'est pas permis de disputer, existe, et que quiconque pense de façon juste n'a donc pas besoin d'être enseigné par de nouvelles explications, mais que tout est clair et parfait par quoi quelqu'un qui a été séduit par des hérétiques pourra être instruit, ou par quoi quelqu'un qui doit être planté dans la vigne du Seigneur pourra être enseigné, implore la foi du prince très clément et fais qu'il rejette le propos de tenir un synode...(6(3)) Je demande donc, frère très cher, que l'on résiste de toutes les manières aux tentatives de gens scélérats de tenir un synode ; on n'en a jamais convoqué que lorsque dans des esprits faussés a surgi quelque chose de nouveau ou que quelque chose de douteux est apparu dans l'explication des dogmes : pour qu'à ceux qui en traitent en vue du bien commun, s'il existe une obscurité, l'autorité de la délibération des prêtres vienne apporter la lumière, comme a contraint de le faire l'impiété d'Arius d'abord, puis celle de Nestorius et enfin celle de Dioscore et d'Eutychès. Et il faut inculquer qu'il est exécrable - ce dont veuille nous préserver la miséricorde du Christ notre Dieu et Sauveur - de réhabiliter des condamnés contre les jugements des prêtres du Seigneur du monde entier et des deux princes régnants...

Lettre " Quoniam pietas " à l'empereur Zénon, 1er août 484. · La liberté de l'Eglise

Puisque même chez les nations barbares et qui ignorent le nom de Dieu, la liberté de n'importe quelle légation est toujours considérée comme sacro-sainte par le droit des gens, même pour la mise en oeuvre d'entreprises purement humaines, chacun sait qu'à plus forte raison elle aurait dû être intégralement sauvegardée par un empereur romain et chrétien, surtout dans les affaires religieuses. ... Mais je pense que ta piété, prête à s'assujettir à ses propres lois plutôt que de s'y opposer, devrait de même obéir aux célestes décrets, et ne pas oublier que sa suprématie sur les choses humaines ne peut s'étendre aux choses divines qu'elle doit recevoir, sans aucun doute possible, des mains des dispensateurs établis par Dieu. Je pense qu'il t'est certainement utile de laisser, au cours de ton principat, l'Eglise catholique vivre selon ses lois, et de ne permettre à personne de faire obstacle à sa liberté, à elle qui t'a rendu le pouvoir royal. Il est sûr en effet que la prospérité de tes affaires t'impose, quand il s'agit des intérêts de Dieu, de faire effort, ainsi qu'il l'a voulu, pour soumettre ta volonté aux prêtres du Christ et ne pas la faire prévaloir sur eux: tu dois d'autre part apprendre de ceux qui y sont préposés les mystères sacrés, et non pas les enseigner ; te plier à l'organisation de l'Eglise, et non pas lui prescrire des règles d'un droit humain, ni vouloir régner sur ses décisions, elle à qui Dieu a voulu par le joug d'un religieux dévouement soumettre ta clémence. Il est à craindre en effet que par les infractions aux dispositions du ciel, on n'en vienne à mépriser celui qui en est l'auteur.

(2) Il y a deux principes par lesquels ce monde est régi principalement : l'autorité sacrée des pontifes et le pouvoir royal ; et parmi les deux la charge des prêtres est d'autant plus lourde qu'ils doivent rendre compte devant la justice divine de ceux-là mêmes qui sont les rois. Tu le sais en effet, fils très clément : bien que ta dignité te place au-dessus du genre humain, tu inclines cependant, par un devoir religieux, ta tête devant ceux qui sont chargés des choses divines et tu attends d'eux les moyens de te sauver ; et pour recevoir les célestes mystères et les dispenser comme il convient, tu dois, tu le sais aussi, selon la règle de la religion, te soumettre plutôt que diriger. Par conséquent, en tout cela tu dépends de leur jugement et tu ne dois pas vouloir les réduire à ta volonté. Si en effet, pour ce qui concerne les règles de l'ordre public, les chefs religieux admettent que l'empire t'a été donné par une disposition d'en haut et obéissant eux-mêmes à tes lois, ne voulant pas, au moins dans les affaires de ce monde, paraître aller contre... une décision exclue, dans quels sentiments ne faut-il pas, je t'en prie, obéir à ceux qui sont chargés de dispenser les vénérables mystères ? C'est pourquoi, de même qu'elle n'est pas légère, la menace qui pèse sur les pontifes qui n'ont pas parlé pour le culte de Dieu, comme ils le doivent, ainsi n'est-il pas négligeable le danger - puisse-t-il ne pas exister- encouru par ceux qui, alors qu'ils devraient obéir, méprisent. Et s'il est normal que le coeur des fidèles se soumette à tous les prêtres en général qui s'acquittent convenablement de leurs divines fonctions, combien plus l'unanimité doit-elle se faire autour du préposé à ce siège, à qui la divinité suprême a voulu donner la prééminence sur tous les prêtres et que la piété universelle de l'Eglise a dans la suite constamment célébré ? (3) C'est là que ta piété se rend compte avec évidence que jamais personne sous aucun prétexte humain ne peut s'élever au-dessus de la situation privilégiée de celui que la voix du Christ a placé au-dessus de tous, que l'Eglise vénérable a toujours reconnu et tient dévotement au premier rang. Elles peuvent être empêchées par des présomptions humaines, les décisions du jugement divin, mais vaincues, elles ne sauraient l'être par aucune puissance de qui que ce soit.

Lettre " Famuli vestrae pietatis " à l'empereur Anastase 1er 494. · Le double pouvoir suprême sur terre

Puisque le Dieu tout-puissant et miséricordieux a voulu qu'aucune âme qui le désire ne se voie refuser le secours par la miséricorde de l'Eglise, il n'est pas douteux que c'est par l'effet d'une disposition de Dieu lui- même et d'un repentir inspiré par Dieu qu'on traite de sa réception (de Misenus) au moment où une nécessité qui ne doit pas être différée pousse également à l'accorder, d'autant que notre Seigneur a ordonné au bienheureux Pierre avant les autres : " Tout ce que tu lieras sur terre, sera lié aussi dans les cieux, et tout ce que tu délieras sur terre sera délié aussi dans les cieux " Mt 16,19 ; comme il est établi également que rien n'est exclu de ces paroles, tout sans distinction peut être lié par le ministère de la dispensation apostolique, et tout par conséquent peut également être absous par lui, surtout lorsque par là doit être donné plus encore à tous un exemple de la véritable miséricorde apostolique, afin que tous ceux qui ont été condamnés, s'ils viennent à résipiscence et qu'ils s'éloignent de l'erreur... ne doutent pas que par l'absolution ils seront délivrés de leur condamnation... C'est pourquoi, autant qu'avec la permission du Seigneur c'est dans le pouvoir de l'homme, nous voulons offrir des remèdes à celui qui le désire, en laissant au jugement divin tout ce qui dépasse la mesure de notre possibilité. Et ils ne pourront pas nous faire reproche de pardonner l'offense d'une transgression à des vivants - ce que l'Eglise peut en raison de la largesse de Dieu - alors qu'ils demandent que nous accordions également le pardon à ceux qui sont morts - ce qui manifestement n'est pas dans notre pouvoir. Car puisqu'il est dit : " ce que tu lieras sur terre " ceux dont il est établi qu'ils ne sont plus sur terre, il les a réservés à son propre jugement et non à celui des hommes ; et l'Eglise n'a pas l'audace de revendiquer pour elle-même ce dont elle voit que cela n'a pas été accordé aux bienheureux apôtres eux- mêmes ; car autre est le cas de ceux qui sont encore en vie, autre celui des défunts.

Concile de Rome : Actes de l'absolution de Misenus, 13 mai 495 · Le Pouvoir de l'Eglise de pardonner les péchés

(5) Le Seigneur a dit qu'à ceux qui pèchent contre l'Esprit Saint il ne sera pardonné ni ici-bas, ni dans le siècle à venir Mt 12,32. Mais pour combien, qui ont péché contre l'Esprit Saint comme divers hérétiques... et qui sont revenus à la foi catholique, voyons-nous qu'ils ont reçu le pardon ici-bas pour leur blasphème et que pour l'avenir aussi ils ont conçu l'espoir d'obtenir miséricorde ? Pour autant le jugement du Seigneur n'est pas dépourvu de vérité et on ne le considérera aucunement comme annulé, car pour ceux qui continuent d'être cela, il est maintenu sans pouvoir jamais être annulé, tandis qu'il ne peut pas s'appliquer à ceux qui sont devenus autres, puisqu'il n'a pas été prononcé sur ceux-là. C'est ainsi que la parole du bienheureux apôtre Jean a elle aussi sa logique : il existe un péché qui conduit à la mort : je ne dis pas qu'il faut prier pour celui-là ; et il existe un péché qui ne conduit pas à la mort : Je dis qu'il faut prier pour celui-là Mt 1 Jn 5,16s. Il existe un péché qui conduit à la mort pour ceux qui demeurent dans ce péché ; il existe un péché qui ne conduit pas à la mort pour ceux qui quittent ce péché. Car il n'est pas de péché pour lequel l'Eglise ne prie pas pour qu'il soit remis, ou dont elle ne puisse absoudre ceux qui s'en éloignent, ou qu'elle ne puisse remettre à ceux qui font pénitence par le pouvoir qui lui a été donné par Dieu - elle à qui il a été dit vous remettrez sur terre... (voir Jn 20,23) ; " Tout ce que vous délierez sur terre, sera délié aussi au ciel " Mt 18,18. En cela sont compris tous les péchés, qu'elle qu'en soit l'importance et qu'elle qu'en soit la nature, mais n'en demeure pas moins vrai le jugement par lequel il est dit que jamais ne sera délié celui qui continue à y persévérer, mais que le sera celui qui après cela s'en sera détaché.

Traité " Ne forte " sur le lien de l'anathème, 495. · La rémission des péchés · Tout ce que · Decretum Gelasianum, ou Lettre décrétale sur les livres à · recevoir et à ne · pas recevoir, date incertaine. · La prééminence du Siège romain

Après (toutes ces) Ecritures prophétiques, évangéliques et apostoliques (que nous avons mentionnées plus haut) et sur lesquelles l'Eglise catholique, par la grâce de Dieu, est fondée, nous avons estimé devoir souligner également ceci, à savoir que si c'est bien à l'Eglise catholique répandue par tout l'univers que revient l'unique chambre nuptiale du Christ, pour autant la sainte Eglise romaine n'est pas placée devant les autres Eglises par des édits de synodes, mais elle a reçu la primauté de par la parole évangélique du Seigneur et Sauveur disant : Tu es Pierre, et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise, et les portes de l'enfer ne prévaudront pas contre elle, et je te donnerai les clés du Royaume des cieux, et tout ce que tu auras lié sur terre sera lié aussi au ciel, et tout ce que tu auras délié sur terre sera délié aussi au ciel s. A cela s'est ajouté également la compagnie du très bienheureux Apôtre Paul, le vase d'élection : ce n'est pas à un autre moment, comme le disent sottement les hérétiques, mais au même moment, le même jour, par une mort glorieuse avec Pierre, qu'il a été couronné en combattant, dans la ville de Rome, sous l'empereur Néron : et de la même manière ils ont consacré au Christ l'Eglise romaine susdite, et par leur présence et leur triomphe vénérable ils l'ont placée avant toutes les autres villes dans le monde entier.

Le premier siège de l'apôtre Pierre est donc l'Eglise romaine qui n'a ni tache, ni ride, ni rien de semblable Ep 5,27. Le deuxième siège cependant fut consacré à Alexandrie au nom du bienheureux Pierre par le disciple et évangéliste Marc... Comme troisième est tenu en honneur le siège du bienheureux apôtre Pierre à Antioche, puisqu'il y a habité avant de venir à Rome, et que là est apparu pour la première fois le nom de " chrétiens " pour la race nouvelle (voir Ac 11,26).

L'autorité des conciles ocuméniques

Et bien que personne ne puisse poser d'autre fondement que celui qui a été posé et qui est Jésus Christ (voir 1Co 3,11), l'Eglise sainte, c'est-à-dire l'Eglise romaine, n'interdit pas que pour son édification, outre les Ecritures de l'Ancien et du Nouveau Testament que nous recevons selon la règle, soient reçus également ces autres écrits, à savoir : le saint synode de Nicée... ; (le saint synode de Constantinople... lors duquel l'hérétique Macedonius a reçu la condamnation méritée ) ; le saint synode d'Ephèse... ; le saint synode de Chalcédoine... (Mais également d'autres synodes, s'il en est, qui ont été tenus par les saints pères jusqu'à aujourd'hui et dont nous avons décrété qu'ils doivent être observés et reçus outre l'autorité de ces quatre.)

Livres qui doivent être reçus

De même les ouvrages du bienheureux martyr Cyprien, archevêque de Carthage. De même les ouvrages... (sont mentionnés de la même manière : Grégoire de Naziance, Basile le Grand, Athanase d'Alexandrie, Jean Chrysostome, Théophile d'Alexandrie, Cyrille d'Alexandrie, Hilaire de Poitiers, Ambroise, Augustin, Jérôme, Prosper d'Aquitaine). De même la lettre du bienheureux pape Léon destinée à Flavien, évêque de Constantinople ; quiconque, s'agissant de son texte, discute ne serait-ce qu'un seul iota et qui ne le reçoit pas avec vénération en toutes ses parties, qu'il soit anathème. De même nous décidons que doivent être lus les ouvrages et traités de tous les pères orthodoxes... qui n'ont dévié en rien de la communion de l'Eglise romaine. De même que doivent être reçues avec vénération les lettres décrétales que les bienheureux papes ont écrites à divers moments depuis la ville de Rome pour conseiller divers pères. De même les actes des saints martyrs... Mais selon une coutume ancienne et selon une prudence particulière, ils ne sont pas lus dans la sainte Eglise romaine, parce que les noms de ceux qui les ont écrits sont totalement inconnus et qu'ils sont considérés par les non-croyants et par les ignorants comme superflus ou comme moins appropriés que ne l'était la réalité des faits... C'est pourquoi..., pour qu'il n'y ait pas même la moindre occasion de moquerie, ils ne sont pas lus dans la sainte Eglise romaine. Néanmoins, avec ladite Eglise, nous vénérons avec une entière dévotion tous les martyrs ainsi que leurs glorieux combats qui sont mieux connus de Dieu que des hommes. De même nous recevons avec une pleine vénération les vies de Paul, Antoine, Hilarion, et de tous les ermites, mais seulement celles qu'a composées le très bienheureux Jérôme. (La suite de l'énumération contient l'avertissement suivant) : si cela parvient entre les mains des catholiques, que précède cette phrase du bienheureux apôtre Paul : " Examinez tout, retenez ce qui est bon " . De même Ruffin, un homme religieux, a publié de nombreux livres d'un ouvrage ecclésiastique et il a interprété également certaines Ecritures. Mais parce que le vénérable Jérôme l'a blâmé en certaines choses, à propos du libre arbitre, nous pensons ce que nous savons qu'a pensé ledit bienheureux Jérôme, et cela n'est pas vrai seulement pour Ruffin, mais également pour tous ceux que cet homme souvent mentionné blâme dans son zèle pour Dieu et dans la piété de la foi. - De même nous recevons comme devant être lues certaines oeuvres d'Origène que le très bienheureux Jérôme ne rejette pas. Mais tout le reste, nous disons que cela doit être rejeté avec son auteur. ...