La prééminence romaine parmi les sièges patriarcaux.
Can. 21 (n'existe pas en grec - VGA). La parole de Dieu, que le Christ a dite aux saints apôtres et à ses disciples : " Qui vous reçoit me reçoit " Mt 10,40 " et qui vous méprise me méprise " Lc 10,16, nous croyons qu'elle a été adressée aussi à tous ceux qui, après eux et à leur exemple, sont devenus souverains pontifes et chefs de pasteurs dans l'Eglise catholique. Nous ordonnons donc qu'absolument aucun des puissants de ce monde n'outrage ni tente de chasser de son trône l'un de ceux qui occupent les sièges patriarcaux, mais qu'au contraire chacun les juge dignes de tout honneur et respect, avant tout le très saint pape de l'ancienne Rome, ensuite le patriarche de Constantinople, puis ceux d'Alexandrie, d'Antioche et de Jérusalem. En outre, que personne ne rédige ni ne compose des écrits et des discours contre le très saint pape de l'ancienne Rome, sous prétexte de prétendues fautes qu'il aurait commises ; ce qu'a fait récemment Photius, et Dioscore bien avant lui.
Quiconque donc montrera assez de présomption et d'audace pour adresser par écrit ou sans écrit des insultes au siège de Pierre, le premier des apôtres, comme l'ont fait Photius et Dioscore, subira une condamnation pareille et identique à la leur. ( VGA - 13. Quiconque montrera assez d'audace pour adresser par écrit ou sans écrit des insultes au siège de Pierre, le premier des apôtres, comme l'ont fait Photius et Dioscore, subira une condamnation identique à la leur).
Si quelqu'un jouissant de quelque pouvoir séculier, ou si quelque puissant tente de chasser du Siège apostolique le susdit pape ou l'un des autres patriarches, qu'il soit anathème.
De plus, si l'on réunit un concile oecuménique, et s'il apparaît quelque contestation à propos de la sainte Eglise des Romains, ou quelque controverse, il faut, respectueusement et avec la révérence voulue, s'informer sur le point litigieux, puis adopter une solution dont on tire profit ou dont les autres tirent profit, mais ne jamais , avoir l'audace de prononcer une sentence contre les souverains pontifes de l'ancienne Rome. ( VGA - Mais si l'on réunit un concile oecuménique et s'il apparaît quelque contestation à propos de l'Eglise des romains, on peut, avec prudence et avec la révérence voulue, s'informer sur le point litigieux, et trouver de l'aide ou aider, mais ne jamais avoir l'audace de porter une accusation contre les Evêques de l'ancienne Rome).
Lettre " Unum est " aux princes de Sardaigne, vers septembre 873. · L'esclavage de personnes humaines doit être aboli
Il est une chose pour laquelle nous devons paternellement vous admonester ; si vous ne la corrigez pas, vous encourrez un grand péché, et par elle ce ne sont pas les gains que vous accroîtrez, comme vous l'espérez, mais bien plutôt les dommages. Comme nous l'avons appris, à l'instigation des Grecs, beaucoup qui ont été enlevés captifs par les païens sont donc vendus dans vos régions et, après avoir été achetés par vos compatriotes, ils sont gardés sous le joug de l'esclavage ; alors qu'il est avéré qu'il est pieux et saint, comme il convient pour des chrétiens, que lorsqu'ils les ont achetés des Grecs, vos compatriotes les renvoient libres pour l'amour du Christ, et qu'ils reçoivent leur récompense non pas des hommes, mais de notre Seigneur Jésus Christ lui-même. C'est pourquoi nous vous exhortons et nous vous commandons, avec un amour paternel, si vous leur avez acheté des captifs, de les laisser aller libres pour le salut de votre âme.
Lettre " Consuluisti de infantibus ", à l'archevêque Ludbert de · Mayence, entre 8 · Condamnation des ordalies.
Tu nous as consulté au sujet des petits enfants qui, dormant dans un même lit avec leurs parents, sont trouvés morts, pour savoir si les parents doivent se purifier par le fer ardent ou par l'eau bouillante ou par une autre épreuve pour attester qu'ils ne les ont pas étouffés. Les parents en effet doivent être avertis et conjurés de ne pas placer des enfants aussi tendres dans le même lit qu'eux, de crainte que, s'ils se produit une imprudence,ils soient étouffés ou écrasés, et que de ce fait eux-mêmes soient trouvés coupables d'homicide. Car, qu'un aveu soit extorqué à quelqu'un par le fer ardent ou par l'eau bouillante, les saints canons ne l'approuvent pas ; et ce qui n'a pas été établi par les saints Pères ne doit pas être présumé par une invention superstitieuse. Des délits rendus publics par un aveu spontané ou par l'attestation de témoins ont en effet été confiés à notre gouvernement pour être jugés, puisqu'on avait sous les yeux la crainte de Dieu ; mais ce qui est caché et inconnu doit être laissé au jugement de Celui " qui seul connaît les coeurs des fils des hommes. 1R 8,39. Mais ceux dont il est prouvé qu'ils sont coupables d'un tel forfait ou qui en font l'aveu, ta charité doit les châtier ; car si celui qui a détruit par avortement ce qui a été conçu dans le sein est homicide, combien plus celui qui a tué un petit enfant âgé d'un jour au moins ne pourra-t-il pas s'excuser d'être un meurtrier. (En raison de la déposition de Jean XII (4/12/963) et de Benoît V (23/6/964) la liste des papes est scindée. Etant donné qu'il y a controverse sur le point de savoir quel est chaque fois le pape légitime. on indique les deux )
Encyclique " Cum conventus esset " aux évêques et aux abbés · de France et d'Allemagne, 3 février 993. · La vénération des saints
(2).. D'un commun conseil nous avons décrété que sa mémoire - celle du saint évêque Ulrich - doit être vénérée d'une pieuse affection et d'une dévotion fidèle : car lorsque nous révérons et vénérons les reliques des martyrs et des confesseurs, c'est celui dont ils sont les martyrs et les confesseurs que nous révérons ; nous honorons les serviteurs, pour que l'honneur déborde vers le Seigneur qui a dit : " Qui vous reçoit, me reçoit " Mt 10,40, et qu'ainsi nous, qui n'avons pas confiance en notre propre justice, par leurs prières et leurs mérites, nous ayons toujours un secours auprès du Dieu très clément ; car les préceptes divins très salutaires et les enseignements des saints canons et des vénérables Pères - en tenant compte avec piété de l'avis de toutes les Eglises, mais aussi grâce à l'appui du gouvernement apostolique - ont poussé de façon instante à ce que l'on parvienne à une solution utile et sûre, de manière que la mémoire du vénérable évêque Ulrich déjà évoqué soit vouée au culte divin, et qu'elle puisse être toujours profitable lors de l'accomplissement très dévot de la louange de Dieu. (Déposé pour la première lois en 1044 après avoir retrouvé son siège à deux reprises. en 1045 et en 1047, il fut déposé à nouveau )
Lettre " Congratulamur vehementer " à Pierre patriarche · d'Antioche, 13 avril 10
Je crois fermement ... que la sainte Trinité, le Père, le Fils et l'Esprit Saint, est un seul Dieu tout-puissant, et que toute la divinité dans la Trinité est coessentielle et consubstantielle, de même éternité et de même toute- puissance, d'une unique volonté, puissance et majesté : créateur de toutes les créatures, de qui, par qui, en qui sont toutes choses Rm 11,36, celles qui sont dans le ciel et celles qui sont sur la terre, les choses visibles et invisibles. Je crois également que chacune des personnes qui sont dans la sainte Trinité, sont un seul Dieu véritable, plein et parfait.
Profession de foi.
Je crois également que le Fils de Dieu Père, le Verbe de Dieu, qui est né du Père de toute éternité avant tous les temps, consubstantiel au Père en tout, de même toute-puissance et coégal en divinité, est né, dans le temps, de l'Esprit Saint, de Marie toujours vierge, avec une âme rationnelle ; il a deux nativités, l'une éternelle du Père, l'autre temporelle de la mère ; il a deux volontés et deux opérations ; il est vrai Dieu et vrai homme, propre dans chacune des natures et parfait, n'ayant subi ni mélange ni division ; ni fils adoptif, ni être imaginaire ; Dieu unique et un, Fils de Dieu en deux natures, mais dans la singularité d'une unique personne ; impassible et immortel en divinité, il a cependant souffert dans l'humanité pour nous et pour notre salut d'une vraie passion de la chair et a été enseveli ; et il st ressuscité des morts le troisième jour d'une vraie Résurrection de la chair ; pour la confirmer il a mangé avec les disciples, non pas par besoin de nourriture, mais uniquement par sa volonté et sa puissance ; le quarantième jour après la Résurrection il est monté au ciel avec la chair avec laquelle il est ressuscité et avec l'âme, et il siège à la droite du Père ; de là, le dixième jour, il a envoyé l'Esprit Saint et de là il viendra, comme il est monté, pour juger les vivants et les morts, et il rétribuera chacun selon ses oeuvres.
Je crois aussi en l'Esprit Saint, pleinement, parfaitement et vraiment Dieu, qui procède du Père et du Fils, égal et coessentiel en tout au Père et au Fils, de même toute-puissance et de même éternité en tout, qui a parlé par les prophètes.
Cette Trinité sainte et indivise, non pas trois dieux, mais en trois personnes et en une unique nature ou essence, un seul Dieu tout- puissant, éternel, invisible et sans changement, je la crois et la confesse en professant vraiment que le Père est non engendré, le Fils unique engendré, l'Esprit Saint ni engendré ni non engendré, mais procédant du Père et du Fils.
(Divers :) Je crois que la sainte Eglise catholique et apostolique est l'unique vraie Eglise, dans laquelle est donné l'unique baptême et la vraie rémission de tous les péchés. Je crois aussi en la vraie résurrection de cette chair que je porte maintenant, et en la vie éternelle.
Je crois également que le Dieu et Seigneur tout-puissant Est l'unique auteur de l'Ancien et du Nouveau Testament, de la Loi, des prophètes et des apôtres ; que Dieu a prédestiné seulement les choses bonnes, mais qu'il a su à l'avance les bonnes et les mauvaises. Je crois et je professe que la grâce de Dieu prévient et suit l'homme, de telle sorte cependant que je ne dénie pas le libre arbitre à la créature raisonnable. Je crois et je proclame que l'âme n'est pas une partie de Dieu mais qu'elle est créée de rien et que sans le baptême elle est soumise au péché originel.
En outre j'anathématise toute hérésie qui se lève contre la sainte Eglise catholique, et de même quiconque aura cru qu'il faut considérer comme ayant autorité d'autres écritures que celles que l'Eglise catholique reçoit, ou qui les aura vénérées. Je reçois à tous les égards les quatre conciles et les vénère comme les quatre Evangiles ; car l'Eglise universelle se tient dans les quatre parties du monde fermement établies sur eux, comme sur une pierre quadrangulaire 472 ... De la même manière je reçois et je vénère les trois autres conciles... Tout ce que les sept conciles susdits, saints et universels, ont tenu et ont approuvé, je le tiens et l'approuve, et tous ceux qu'ils ont anathématisés, je les anathématise.
Lettre " Ad splendidum nitentis ", à Pierre Damien, 1054. · La malice des égarements sexuels
... Il convient que, comme tu le désires, nous fassions intervenir notre autorité apostolique de manière à enlever aux lecteurs tout doute inquiet, et pour qu'il soit établi pour tous que tout ce que contient cet écrit (le Liber Gomorrhianus), qui s'oppose au feu diabolique comme de l'eau, a plu à notre jugement. Afin donc que ne se répande pas, impunie, la licence d'un désir immonde, il est nécessaire qu'elle soit repoussée par le blâme de la sévérité apostolique qui convient, et que soit entreprise une tentative de rigueur à leur égard. Voici, tous ceux qui se souillent par l'une des abominations des quatre sortes qui sont mentionnées, sont chassés de tous les degrés de l'Eglise immaculée par la censure équitable qui est prévue, et cela selon le jugement des saints canons comme selon le nôtre. Mais parce que nous agissons avec une grande humanité, nous voulons et commandons, confiants en la divine miséricorde, que ceux qui, soit avec leurs mains, soit entre eux, ont fait jaillir leur semence, ou qui l'ont répandue entre les cuisses, et qui ne l'ont pas fait par une longue habitude ou avec plusieurs, s'ils ont réfréné leur sensualité et s'ils ont expié leurs actes infâmes par une juste pénitence, soient admis dans ces mêmes degrés dans lesquels ils ne seraient pas demeurés pour toujours s'ils étaient demeurés dans leur forfait ; aux autres doit être enlevé l'espoir de retrouver leur rang: à ceux qui, soit pendant longtemps avec eux-mêmes ou avec d'autres, soit avec plusieurs, même pendant peu de temps, se seront souillés par l'une des deux abominations que tu décris, ou qui - chose abominable à dire et à entendre - se sont mis sur le dos d'autrui. Si quelqu'un devait oser juger notre décret de sanction apostolique ou aboyer contre lui, qu'il sache qu'agissant ainsi il met en péril son propre rang.
Concile de Rome 1059. · La profession de foi en l'Eucharistie prescrite à Béranger
Moi Bérenger... je reconnais la foi vraie et apostolique, j'anathématise toute hérésie, en particulier celle dont j'ai été accusé jusqu'ici: elle ose affirmer que le pain et le vin qui sont posés sur l'autel, après la consécration sont seulement un sacrement et non le vrai corps et le vrai sang de notre Seigneur Jésus Christ, et qu'ils ne peuvent pas être tenus ou brisés par les mains des prêtres ou broyés par les dents des fidèles de façon sensible, sinon dans le seul sacrement. Or je suis en accord avec la sainte Eglise romaine et avec le Siège apostolique, et je professe de bouche et de coeur qu'au sujet du sacrement de la table du Seigneur je tiens cette foi que le seigneur et vénérable pape Nicolas et ce saint concile, par l'autorité évangélique et apostolique a transmise pour être tenue et m'a confirmée : à savoir que le pain et le vin qui sont posés sur l'autel, après la consécration ne sont pas seulement un sacrement, mais également le vrai corps et le vrai sang de notre Seigneur Jésus Christ et qu'ils sont touchés et brisés par les mains des prêtres et broyés par les dents des fidèles de façon sensible, non pas seulement dans le sacrement, mais en vérité ; je le juge par la Trinité sainte et consubstantielle, et par les très saints évangiles du Christ. Quant à ceux qui se dressent contre cette foi, j'affirme qu'avec leurs doctrines et leurs disciples ils sont dignes de l'anathème éternel.
Concile du Latran, avril 1060. · Ordinations simoniaques
Le seigneur pape Nicolas qui présidait le synode dans la basilique de Constantin dit : (Par 1) Nous décidons qu'aucune miséricorde ne doit être exercée à l'encontre des simoniaques pour ce qui est du maintien de leur rang ; au contraire nous les condamnons conformément aux sanctions des canons et des décrets des saints Pères, et nous décrétons en vertu de l'autorité apostolique qu'ils doivent être déposés.
(Par 2) Pour ce qui est de ceux qui ont été ordonnés par des simoniaques, non pour de l'argent mais gratuitement - car cette question a été débattue depuis longtemps -, nous dénouons tout noeud de doute en ce que nous ne permettons pas qu'à l'avenir quelqu'un ait encore des doutes au sujet de ce chapitre. ... Ceux qui jusqu'ici ont été consacrés gratuitement par des simoniaques..., nous permettons qu'ils demeurent dans les ordres qu'ils ont reçus. Cependant en vertu de l'autorité des saints apôtres Pierre et Paul, nous interdisons de toutes les manières qu'un de nos successeurs tire ou établisse une règle pour lui-même ou pour quelqu'un de cette permission que nous avons donnée : car ce n'est pas l'autorité des Pères anciens qui a promulgué cela en l'ordonnant ou en le concédant, mais c'est la détresse trop grande du temps qui nous a contraint à le permettre.
(Par 3) Pour le reste, si quelqu'un désormais permet qu'il soit consacré par quelqu'un dont il ne doute pas qu'il est simoniaque, celui qui consacre aussi bien que celui qui est consacré ne doivent pas faire l'objet d'une sentence de condamnation inégale, mais tous deux doivent être déposés, faire pénitence, et demeurer privés de leur dignité.
(Par. 5) L'évêque Nicolas à tous les évêques : Nous avons émis un décret au sujet de la triple hérésie simoniaque : à savoir au sujet des simoniaques qui ordonnent ou qui ont été ordonnés de façon simoniaque, des simoniaques qui ont été ordonnés de façon simoniaque par des non-simoniaques, et des simoniaques qui ont été ordonnés de façon non simoniaque par des simoniaques : Les simoniaques qui ont été ordonnés ou qui ordonnent de façon simoniaque doivent être déchus de leur degré conformément aux canons ecclésiastiques. De même les simoniaques qui ont été ordonnés de façon simoniaque par des non- simoniaques doivent être écartés de la même manière de l'office acquis de mauvaise manière. Quant aux simoniaques qui ont été ordonnés de façon non simoniaque par des simoniaques, nous concédons en raison des nécessités du temps que par miséricorde ils peuvent demeurer dans leur office par imposition des main.
Lettre " Super causas " à l'évêque Reinald de Côme, 1063. · Condamnation des ordalies.
Nous avons consulté publiquement au sujet de ton presbytre Guillandus (Gisandus) soupçonné du meurtre de son évêque, ton prédécesseur... S'il n'existe pas d'accusateurs qui soient certains, alors, selon ce que dicte la justice et sans qu'il y ait de controverse, le presbytre doit recevoir à nouveau tout ce qu'il a perdu pour cette raison de façon injuste, aussi bien le sacerdoce que la totalité de ses bénéfices ; mais nous laissons à ton jugement, s'il n'y a pas d'accusateur, qu'il présente de lui-même une justification à deux prêtres qui lui sont liés. Enfin nous voulons que tu n'utilises pas toi-même et que tu ne demandes d'aucune manière la loi populaire et appuyée par aucune sanction canonique, à savoir le contact d'eau bouillante ou glacée, ou d'un fer ardent, ou toute invention populaire (car ce sont de purs inventions où l'envie est à l'oeuvre) bien plus nous le prohibons très fermement en vertu de l'autorité apostolique.
Lettre " Licet ex " au prince Landolfe de Bénévent, 1065. · Tolérance à l'égard de la conviction religieuse d'autrui.
Bien que nous ne doutions pas que ce soit par un effet du zèle de la dévotion que ton excellence ordonne de mener les juifs au culte de la chrétienté, nous n'en avons pas moins estimé nécessaire de t'envoyer notre lettre pour t'admonester, puisque tu sembles le faire par un zèle désordonné. Notre Seigneur Jésus Christ en effet, comme on le lit, n'a contraint personne a son service par force, mais, toute liberté de juger par lui-même étant laissée à chacun, tous ceux qu'il a prédestinés à la vie éternelle il ne les a pas rappelés de l'erreur en jugeant, mais en répandant son propre sang. ... De même le bienheureux Grégoire interdit dans une de ses lettres que ce même peuple soit amené à la foi par la violence (cf. 480 ).
Concile de Rome profession de foi de Bérenger de Tours, · 11 février 1079. · La présence eucharistique du Christ.
Moi Bérenger, je crois de coeur et confesse de bouche que le pain et le vin qui sont sur l'autel sont, par le mystère de la prière sainte et par les paroles de notre Rédempteur, changés substantiellement en la chair véritable, propre et vivifiante, et au sang de notre Seigneur Jésus Christ, et qu'après la consécration ils sont le vrai corps du Christ, qui est né de la Vierge, qui, offert pour le salut du monde, a été suspendu à la croix, qui siège à la droite du Père, ainsi que le vrai sang du Christ qui a coulé de son côté, non pas de façon figurative seulement et par la vertu du sacrement, mais dans sa nature propre et dans la vérité de la substance. Comme ce bref exposé le contient, comme je l'ai lu et comme vous le comprenez, ainsi je le crois et je n'enseignerai plus désormais contre cette foi. Que Dieu me vienne en aide et ces saints évangiles de Dieu.
Lettre " Debent subditi " à l'évêque Pierre de Pistoia et à · l'abbé Rusticus de Vallombreuse, 1088. · L'invalidité de l'ordination reçue d'un simoniaque
... Comme nous l'avons appris par son aveu, Daibert a été certes ordonné diacre par le simoniaque Guezelo, mais non de façon simoniaque, et par le jugement du bienheureux pape Innocent il fut déclaré, on le sait, qu'en tant qu'hérétique, Guezelo, dont il est établi qu'il fut ordonné par des hérétiques, du moment qu'il n'avait rien, n'a rien pu donner à celui à qui il a imposé les mains. Confirmés par l'autorité d'un si grand pape et fortifiés par le témoignage du pape Damase qui dit : " Il faut réitérer ce qui a été mal fait ", puisque les besoins de l'Eglise sont pressants, nous établissons à nouveau comme diacre Daibert qui s'est détaché de corps et d'âme des hérétiques, et qui s'applique de toutes ses forces au bien de l'Eglise. Nous estimons que cela ne doit pas être considéré comme une réitération, mais seulement comme une pleine collation du diaconat, puisque, comme nous le disions, celui qui n'avait rien n'a rien pu donner. 1996 Denzinger 653
Lettre " Gaudemus filii " à Lanzo, Rudolf et d'autres, 1er · février 1091.
Ceci cependant doit être examiné absolument, à savoir si (Poppo) a été ordonné de façon simoniaque par les mains dudit archevêque de Trèves. En effet, tout ce qu'il a reçu de lui de façon extraordinaire et indigne, nous le tenons pour nul selon le jugement du Saint-Esprit, et en vertu de l'autorité présente en nous, nous ordonnons qu'il reçoive ces ordres d'un évêque catholique. Quelqu'un, en effet, qui ordonne et qui n'a rien n'a rien à donner.
L'invalidité de l'ordination reçu d'un simoniaque. · Concile de Bénévent, commencé le 18 mars 1091. · Le caractère sacramentel du diaconat
Can. 1. Nul désormais ne peut être élu évêque s'il n'a pas été trouvé pieux dans les ordres sacrés. Or nous appelons ordres sacrés le diaconat et le presbytérat. De ceux-là en effet on lit que l'Eglise primitive les avait ; pour eux seuls nous avons un précepte de l'Apôtre.
Concile du Latran, carême 1102. · L'obéissance à l'Eglise.
J'anathématise toute hérésie et principalement celle qui perturbe l'état présent de l'Eglise, qui enseigne et qui affirme qu'il faut négliger un anathème et dédaigner les lois de l'Eglise. Et je promets obéissance au pontife du Siège apostolique, au seigneur Pascal et à ses successeurs, en prenant à témoin le Christ et l'Eglise, affirmant ce qu'affirme l'Eglise sainte et universelle, et condamnant ce qu'elle condamne.
Concile de Guastalla, 22 Octobre 1106 · Ordinations hérétiques et simoniaques
(4) Depuis de nombreuses années déjà l'étendue de l'empire teutonique est séparée de l'unité du Siège apostolique. Or dans ce schisme le danger est devenu tellement grand - nous le disons avec une grande douleur - qu'à peine on trouve encore quelques prêtres ou clercs catholiques dans des contrées aussi étendues. Puisque donc beaucoup de fils se trouvent jetés dans cette dévastation, la nécessité de la paix chrétienne exige que le coeur maternel de l'Eglise s'ouvre sur eux. Instruits par les exemples et les écrits de nos Pères qui, à différentes époques, ont reçu dans leurs ordres des novatiens, des donatistes et d'autres hérétiques, nous recevons dans l'office épiscopal les évêques de cet empire qui ont été ordonnés dans le schisme, à moins qu'ils se révèlent être des intrus, des simoniaques ou des criminels. Nous déterminons la même chose pour les clercs, quel que soit leur ordre, que leur vie et leur science recommandent.
Concile du Latran, 7 mars 1110. · Pillage des naufragés et simonie.
Can. 9 . Quiconque pille les biens des naufragés, qu'il soit exclu du seuil de l'Eglise comme les pillards et les fratricides.
Can. 10 . Ce qui a été décidé pour les simoniaques, nous aussi nous le confirmons selon le jugement du Saint-Esprit de par notre autorité apostolique. (2) Aussi tout ce qui été acquis, soit dans les ordres sacrés, soit dans les affaires ecclésiastiques, moyennant la promesse ou le don d'argent, nous décidons que cela est nul et ne peut jamais avoir aucune valeur. (4) Quant à ceux qui sciemment ont accepté d'être consacrés - ou mieux : profanés- par des simoniaques, nous déclarons leur consécration totalement nulle.
Can. 15 . Nous prescrivons également que pour le chrême, le baptême et la sépulture rien ne sera jamais exigé.
Canons, 27 mars 1123 · Simonie, célibat, investiture.
Can. 1 " Suivant l'exemple des saints Pères ", et renouvelant le devoir de notre charge, .nous défendons de toute manière, par l'autorité du Siège apostolique, que l'on ordonne ou promeuve qui que ce soit dans l'Eglise de Dieu pour de l'argent. Si quelqu'un a obtenu dans l'Eglise ordination ou promotion de cette manière, qu'il soit totalement privé de la dignité obtenue.
Can. 3 (autres 7). Nous interdisons absolument aux prêtres, aux diacres et aux sous-diacres d'avoir sous leur toit des concubines ou des épouses et de cohabiter avec d'autres femmes, à l'exception de celles dont le concile de Nicée (Can.3) a permis qu'elles habitent avec eux en raison seulement des nécessités, à savoir la mère, la soeur, la tante paternelle ou maternelle ou d'autres femmes semblables, ne pouvant donner lieu à aucun soupçon justifié.
Can.4 (autres 8). En outre, conformément à l'ordonnance du bienheureux pape Etienne, nous statuons que les laïcs, si religieux qu'ils soient, n'ont aucun pouvoir de disposer en quoi que ce soit des biens ecclésiastiques ; mais, selon les Canons des apôtres (can.38, autres 39), que l'évêque ait la charge de toutes les affaires ecclésiastiques et les dispense comme sous le regard de Dieu. (Autres can. 9) Si donc l'un des princes ou des autres laïcs s'était arrogé le droit de disposer, de donner ou de posséder des biens ecclésiastiques, qu'il soit regardé comme sacrilège.
commencé le 4 avril 1139 · Simonie et usure
Can. 2. Si poussé par l'exécrable passion de l'avarice quelqu'un a acquis à prix d'argent une prébende, un prieuré, un doyenné, un honneur ou une promotion ecclésiastique ou quelque réalité sacrée de l'Eglise, comme le saint chrême, l'huile sainte, la consécration d'autels ou d'églises, il sera privé de l'honneur mal acquis ; et acheteur aussi bien que vendeur et intermédiaire seront frappés d'infamie. Et ni pour la subsistance, ni sous le couvert de quelque coutume, rien ne sera exigé de personne avant ou après, et le bénéficiaire lui-même ne donnera rien, car c'est de la simonie ; mais il jouira librement et sans aucune atténuation de la dignité et du bénéfice qui lui ont été conférés.
Can. 13. Détestable et scandaleuse au regard des lois divines et humaines et rejetée par l'Ecriture dans l'Ancien et le Nouveau Testament est l'insatiable rapacité des usuriers : aussi la condamnons-nous et l'excluons- nous de toute consolation de l'Eglise, ordonnant qu'aucun archevêque, aucun évêque ou abbé de quelque ordre que ce soit ou aucun clerc ordonné n'ose admettre des usuriers aux sacrements sans une extrême prudence. Qu'ils soient tenus pour infâmes toute leur vie et privés de sépulture ecclésiastique s'ils ne viennent pas à résipiscence.
Fausse pénitence et existence des sacrements.
Can. 22. " Parmi d'autres, une chose trouble profondément la sainte Eglise : la fausse pénitence ; nous demandons donc à nos frères dans l'épiscopat et aux prêtres de ne pas souffrir que les âmes des laïcs soient trompées par les fausses pénitences et ainsi enchaînées en enfer. Il appert qu'il y a fausse pénitence lorsque, méprisant la plupart des péchés, on ne fait pénitence que d'un seul, ou lorsqu'on ne le fait que d'un seul sans renoncer à un autre. Aussi est-il écrit : " Celui qui a observé toute la loi, mais trébuche sur un seul point, devient coupable de tous " Jc 2,10, c'est-à-dire en ce qui concerne la vie éternelle. En effet, qu'il ait été impliqué dans tous les péchés, ou qu'il persiste seulement dans un seul, il ne franchira pas la porte de la vie éternelle. Il y a aussi fausse pénitence lorsque le pénitent ne renonce pas à une charge curiale ou commerciale qu'il ne peut en aucune manière exercer sans péché, ou si la haine habite son coeur, ou s'il ne rend pas satisfaction à celui qu'il a offensé, ou si étant offensé il ne pardonne pas à l'offenseur, ou si l'on prend les armes contre la justice ".
Can. 23. " Quant à ceux qui, sous couleur de religion, condamnent le sacrement du corps et du sang du Seigneur, le baptême des enfants, le sacerdoce, et les autres ordres ecclésiastiques ainsi que le lien des mariages légitimes, nous les chassons de l'Eglise de Dieu et les condamnons comme hérétiques, et nous ordonnons qu'ils soient soumis à la contrainte des pouvoirs séculiers. Nous lions aussi par le lien de la même condamnation ceux qui prennent leur défense. "
Concile de Sens. commencé le 2 juin 1140 (1141 ?). · Erreurs de Pierre Abélard.
1. Le Père est la puissance pleine, le Fils a une certaine puissance, l'Esprit Saint n'est aucune puissance.
2. L'Esprit Saint n'est pas de la substance du Père, mais l'âme du monde.
3. Le Christ n'a pas assumé la chair pour nous libérer du joug du diable.
4. Ni le Dieu-et-homme, ni cette personne qu'est le Christ n'est la troisième personne de la Trinité.
5. Le libre arbitre suffit par lui-même pour un certain bien.
6. Dieu peut faire seulement ce qu'il fait, et permettre ce qu'il permet, ou seulement de cette manière ou à ce moment et non autrement.
7. Dieu ne doit ni ne peut empêcher le mal.
8. D'Adam nous n'avons pas contracté la faute, mais seulement la peine.
9. Ceux-là n'ont pas péché qui ont crucifié le Christ sans le savoir.
10. Ce qui est fait par ignorance ne doit pas être imputé à faute.
11. Dans le Christ il n'y avait pas l'esprit de la crainte du Seigneur.
12. Le pouvoir de lier et de délier a été donné seulement aux apôtres, et non à leurs successeurs.
13. De par les oeuvres, l'homme ne devient ni meilleur ni pire.
14. Au Père, parce qu'il n'est d'aucun autre, appartient au sens propre et spécial la toute-puissance, mais non pas également la sagesse et la bonté.
15. La crainte religieuse également est exclue de la vie future.
16. Le diable suscite des inspirations par l'apposition de pierres ou d'herbes.
17. La venue à la fin des siècles pourrait être attribuée au Père.
18. L'âme du Christ n'est pas descendue aux enfers par elle- même, mais seulement par sa puissance.
19. Ni l'oeuvre ni la volonté, ni la concupiscence ni le plaisir qui la meut n'est péché, et nous ne devons pas vouloir qu'elle soit éteinte.
Lettre " Apostolicam Sedem " à l'évêque de Crémone, date incertaine. · Le baptême de désir
Le presbytre dont tu as dit qu'il a fini ses jours sans l'eau du baptême, nous affirmons sans hésiter que puisqu'il a persévéré dans la foi de la sainte Mère l'Eglise et dans la profession du nom du Christ, il a été libéré du péché originel et a obtenu la joie de la patrie céleste. Lis en outre le huitième livre De civitate Dei d'Augustin où on lit entre autres : " Le baptême est administré de façon invisible lorsque ce n'est pas le mépris de la religion mais la barrière de la nécessité qui l'exclut ". Ouvre également le livre du bienheureux Ambroise De obitu Valentiani qui affirme la même chose. Les questions s'étant donc apaisées, tiens les conceptions des Pères docteurs, et fais présenter constamment dans ton Eglise des prières et des offrandes pour le presbytre que tu as mentionné.
Concile de Reims, commencé le 21 mars ll48 · La Trinité divine
" Au sujet du premier (chapitre) seulement le pontife romain décida, afin qu'aucun concept en théologie n'opère une séparation entre nature et personne, et afin qu'on ne parle pas de Dieu comme " essence divine " au sens d'un ablatif seulement, mais également au sens d'un nominatif. "
Concile de Tours, commencé le 19 mai 1163.
(Chap. 2) Plusieurs parmi les clercs, et nous le disons avec peine, parmi ceux également qui par la profession et l'habit ont quitté le siècle présent, reculent certes devant le prêt à intérêt usuel parce qu'il est plus clairement condamné, mais prennent en gage les biens de ceux qui sont dans le besoin et auxquels ils ont prêté de l'argent, et en perçoivent les fruits produits au-delà du capital prêté. C'est pourquoi l'autorité du concile général a décrété que désormais nul qui est établi dans le clergé ne doit avoir l'audace de pratiquer cette sorte de prêt à intérêt ou une autre. Et si quelqu'un jusqu'ici a reçu en gage le bien de quelqu'un après lui avoir donné de l'argent selon cette clause ou avec cette condition, il doit restituer son bien au débiteur sans condition si, déduction faite des dépenses, il a déjà perçu son capital des fruits produits. Et s'il a un déficit, après qu'il l'a perçu, le bien doit être restitué libre à son maître. Mais si après ce décret il devait y avoir quelqu'un du clergé qui persévère dans ces gains usuraires détestables, que son office ecclésiastique soit en péril, à moins qu'il ne se soit agi d'un bénéfice de l'Eglise qu'il aura pensé devoir racheter de cette manière de la main d'un laïc.
Le prêt à intérêt. · Lettre "Ex litteris tuis" au sultan qui réside à Iconium, 1169.
(Marie) en effet a conçu sans déshonneur, a donné naissance sans douleur, et s'en est allée d'ici sans corruption, selon la parole de l'ange, ou mieux : de Dieu par l'ange, pour qu'il soit manifeste qu'elle est pleine et non demi-pleine de grâce, et que Dieu, le Fils, accomplisse fidèlement le commandement ancien qu'il avait jadis enseigné, à savoir d'honorer le père et la mère, et pour que la chair virginale du Christ qui a été assumée de la chair de la mère vierge n'en diffère pas totalement.
Le corps de Marie non corrompu après sa mort. · Lettre " Cum in nostra " à l'archevêque Guillaume de Sens, 28 · mai 1170.
Lorsque jadis tu as été établi dans ta charge en notre présence, nous t'avons enjoint de vive voix de réunir auprès de toi, à Paris, tes évêques suffragants et d'oeuvrer de façon efficace pour que soit éloignée la doctrine fausse de Pierre, l'ancien évêque de Paris, dans laquelle il est dit que le Christ, en tant qu'il est homme, n'est pas un quelque chose. Telle est la raison pour laquelle nous demandons à ta fraternité par rescrit apostolique que... tu convoques tes suffragants à Paris, et qu'avec eux et d'autres hommes religieux et prudents tu t'appliques à abroger totalement la doctrine susdite, et que tu prescrives que les maîtres et les étudiants qui se consacrent à la théologie enseignent que le Christ, de même qu'il est Dieu parfait, est également homme parfait composé d'une âme et d'un corps.
L'erreur de Pierre Lombard concernant l'humanité du Christ. · Lettre " Cum Christus " à l'archevêque Guillaume de Reims, 18 · février 1177.
Etant donné que le Christ, Dieu parfait, est homme parfait, il est étonnant de voir avec quelle témérité quelqu'un ose dire que le Christ n'est pas un quelque chose en tant qu'il est homme. Pour empêcher que puisse se répandre dans l'Eglise une telle tromperie ou qu'y soit introduite une erreur, nous ordonnons à ta fraternité par rescrit apostolique... qu'en vertu de notre autorité et sous peine d'anathème tu interdises à quiconque d'oser affirmer désormais que le Christ n'est pas quelque chose en tant qu'homme puisque de même qu'il est vrai Dieu il est également vrai homme, subsistant à partir d'une âme rationnelle et d'une chair humaine.
L'erreur concernant l'humanité du Christ. · 3e session, 19 ou 22 mars · Simonie
Chap. 10. On ne recevra pas de moines dans un monastère contre de l'argent... Si quelqu'un, après avoir été expulsé, à donné quelque somme d'argent pour être reçu, il n'ira pas jusqu'aux ordres sacrés ; celui qui aura reçu cet argent sera puni par la privation de sa charge.
Lettre " In civitate tua " à l'archevêque de Gènes, date incertaine.
Tu dis que dans ta ville il arrive souvent que certains se procurent du poivre, de la cannelle ou d'autres marchandises qui à ce moment-là ne valent pas plus de cinq livres, et qu'ils promettent qu'à une date déterminée ils paieront six livres à ceux de qui ils ont reçu ces marchandises. Mais même si un tel contrat ne peut pas être qualifié du nom d'usure en raison d'une telle forme, les vendeurs n'en encourent pas moins un péché, à moins qu'il existe un doute sur le point de savoir si ces marchandises vaudront plus ou moins au moment du paiement, et c'est pourquoi tes concitoyens prendraient bien soin de leur salut s'ils s'abstenaient de contrats de cette sorte, car les pensées des hommes ne peuvent pas être cachées au Dieu tout-puissant.
Contrat de vente illicite · Lettre " Ex publico instrumento " A l'évêque de Brescia, date · incertaine.
Parce que la femme susdite, certes, a été épousée par l'homme susdit, mais que selon ses dires elle n'a pas été unie à lui jusqu'ici, nous demandons à ta fraternité, en l'ordonnant par un écrit apostolique, que si l'homme susdit n'a pas connu cette femme charnellement et que cette femme, comme tu nous le fais savoir, veut entrer dans un ordre religieux, et après avoir reçu d'elle la garantie suffisante que dans l'espace de deux mois elle devra soit entrer dans un ordre religieux, soit retourner auprès de son époux, tu l'absolves sans opposition et sans appel possibles de la sentence (d'excommunication) par laquelle elle est liée, en sorte que si elle entre dans un ordre religieux, chacun rende à l'autre ce qu'il a manifestement reçu de lui, et que l'homme lui- même, si elle prend l'habit religieux, ait la permission de contracter un autre mariage. Car ce que dit le Seigneur dans l'Evangile, à savoir qu'il n'est pas permis à l'homme de renvoyer sa femme sauf pour impudicité Mt 5,32 Mt 19,9 doit être entendu, selon l'interprétation de la sainte parole, de ceux dont le mariage a été consommé par l'union charnelle sans laquelle le mariage ne peut pas être consommé, et c'est pourquoi si ladite femme n'a pas été connue par le mari, il lui est permis d'entrer en religion.
Le lien du mariage · Lettre (fragments) " Verum post " à l'archevêque de Salerne, · date incertaine. · L'effet du consentement matrimonial.
Après le consentement légitime 'de praesenti' il est licite à l'un, même si l'autre s'y oppose, de choisir le monastère, comme d'ailleurs des saints ont été éloignés des noces par un appel, aussi longtemps du moins qu'aucune union charnelle n'a existé entre eux ; et si l'autre qui reste, malgré une monition, ne veut pas garder la continence, il lui est permis de s'engager dans un deuxième mariage ;car puisqu'ils ne sont pas devenus une seule chair, l'un peut parfaitement passer à Dieu et l'autre demeurer dans le siècle.
Si (entre un homme et une femme) intervient un consentement légitime 'de praesenti'..., en sorte que l'un reçoit expressément l'autre comme son époux par consentement mutuel et avec les paroles habituelles... qu'il y ait eu un serment ou non, il n'est pas permis à la femme d'épouser un autre. Et si elle a épousé, et même si l'union charnelle a suivi, elle doit être séparée de celui-là et être contrainte par la sévérité ecclésiastique à revenir au premier, et cela même si d'autres pensent autrement et si certains de nos prédécesseurs aussi ont pu en juger autrement.
Lettre (fragment) à l'évêque Pontius de Clermont (?), date · incertaine. · La forme du baptême.
Si quelqu'un plonge un enfant trois fois dans l'eau au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint, Amen, et qu'il ne dit pas : " Je te baptise au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint, Amen ", l'enfant n'est pas baptisé.
Mais ceux pour lesquels il existe un doute s'ils ont été baptisés, ils seront baptisés en faisant précéder ces mots : " Si tu es baptisé, je ne te baptise pas ; mais si tu n'es pas encore baptisé, je te baptise, etc... "
Concile de Vérone, fin octobre - début novembre 1184. · Condamnation des erreurs des sectes laïques au sujet du · pouvoir de la hiérarch
Par cette constitution, en vertu de l'autorité apostolique, nous condamnons toute hérésie, quel que soit le nom par lequel elle peut être désignée : en premier lieu nous décrétons donc que sont soumis à un anathème perpétuel les cathares et les patarins, et ceux qui s'appellent mensongèrement d'un faux nom humiliés ou pauvres de Lyon, passagiens, joséphins et arnoldistes.
Et parce que certains sous l'apparence de la piété... s'arrogent l'autorité de prêcher... nous lions par le même lien de l'anathème tous ceux qui, alors que cela leur était interdit ou qu'ils n'étaient pas envoyés, osent prêcher de façon privée ou publique sans en avoir reçu le pouvoir du Siège apostolique ou de l'évêque du lieu, et tous ceux qui ne craignent pas de penser et d'enseigner autrement au sujet du sacrement du corps et du sang de notre Seigneur Jésus Christ, ou du baptême ou de la confession des péchés, du mariage ou des autres sacrements de l'Eglise, que ce que prêche et observe la très sainte Eglise romaine, ainsi que, d'une façon générale, tous ceux que cette même Eglise romaine ou les divers évêques dans leurs diocèses avec le conseil des clercs, ou les clercs eux-mêmes lorsque le Siège était vacant, ont jugés hérétiques, si nécessaire, avec le conseil des évêques voisins.
Lettre " Dilectae in Christo " à 1'Evêque Simon de Meaux, date · incertaine · Castration
La prieure et le couvent de Colonantia ont interrogé le Siège apostolique sur le point de savoir si un homme jeune, à qui ont été enlevés les organes sexuels, peut être ordonné au presbytérat avec la permission des canons. Soucieux de voir observée en cette affaire la distinction canonique, Nous chargeons par cet écrit Apostolique ta fraternité de rechercher la vérité avec une grande diligence, afin de savoir s'il a été castré par des ennemis ou par des médecins, ou s'il a lui-même porté la main sur lui-même parce qu'il n'a pas su s'opposer au vice de la chair. Les canons admettent en effet les premiers 128 (a) s'ils sont aptes par ailleurs mais ils commandent que le troisième soit puni comme ayant été homicide pour lui-même.
Lettre "Consuluit nos" à un prêtre de Brescia, date incertaine. · Usure.
Ta bonté Nous a interrogé sur le point de savoir si dans le jugement des âmes il faut considérer comme un usurier celui qui, parce que autrement il ne prêterait pas, prête de l'argent dans la conviction que, même sans l'existence de tout contrat, il recevra plus que son capital ; ou si quelqu'un encourt la même punition si, comme on le dit communément, il ne donne pas son assentiment à un serment jusqu'à ce que, même sans l'exiger, il en tire quelque avantage ; et si un marchant doit être condamné de la même peine s'il vend ses marchandises à un prix bien plus élevé lorsque le laps de temps qui va jusqu'au paiement est notablement plus long, que dans le cas où le prix d'achat lui est payé aussitôt. Mais puisqu'on apprend clairement dans l'évangile de Luc à quoi il faut s'en tenir dans ces cas, lorsqu'il y est dit : " Prêtez sans rien espérer en retour " Lc 6,35, il faut juger que de telles personnes agissent mal à cause de leur intention de lucre - car toute usure et tout surplus dans la restitution sont défendus par la loi -, et dans le jugement des âmes ils doivent être poussés fermement à restituer ce qu'ils ont acquis de cette manière.
Lettre " Cum apud sedem " à l'archevêque Humbert d'Arles, 15 · juillet 1198 · La forme sacramentelle du mariage.
Tu nous as demandé si un muet et un sourd peuvent contracter un mariage. A cela Nous répondons ainsi à ta fraternité : étant donné que ce qui est édicté au sujet d'un mariage qui doit être contracté est de l'ordre de la prohibition, de sorte que quiconque à qui il n'est pas prohibé peut donc y être admis, et qu'il suffit pour le mariage du seul consentement de ceux dont l'union est en cause, il apparaît que si une telle personne veut contracter un mariage, cela le peut ni ne doit lui être refusé, car ce qu'elle ne peut pas déclarer par des mots, elle peut le faire par des signes.
Lettre " Sicut universitatis " au consul Acerbus de Florence, · 30 octobre 1198. · Le double pouvoir suprême sur terre
De même que Dieu, le créateur de l'univers, a fixé deux grands luminaires au firmament du ciel, le plus grand pour qu'il préside au jour, le plus petit pour qu'il préside à la nuit, de même il a établi au firmament de l'Eglise universelle qui est appelée " ciel " deux grandes dignités ; une plus grande pour que, comme pour le jour, elle préside aux âmes, et une lus petite pour que, comme pour les nuits, elle préside aux corps, et ce sont l'autorité pontificale et le pouvoir royal. En outre : de même que la lune reçoit la lumière du soleil, et qu'en vérité elle est plus petite que lui aussi bien quant à sa grandeur que quant à sa qualité, et aussi bien quant à sa situation que quant à son effet, de même aussi le pouvoir royal reçoit de l'autorité pontificale la splendeur de sa dignité ; plus il s'attache à la regarder, plus il est paré d'une grande lumière, et plus il en éloigne son regard, plus il perd de sa splendeur.
Lettre " Quanto te magis " à l'évêque Hugues de Ferrare, 1er · mai 1199. · Le lien du mariage et le privilège Paulin
Ta fraternité Nous a fait savoir par sa lettre que l'un des conjoints passant à l'hérésie, celui qui est abandonné souhaite s'engager dans un deuxième mariage et procréer des enfants ; et tu as pensé devoir Nous demander par ta lettre si cela peut se faire à bon droit. Pour répondre à ta question, et sur le conseil commun de nos frères, nous distinguons entre deux cas, même si l'un de nos prédécesseurs (Célestin III) semble avoir pensé autrement : celui de deux infidèles dont l'un se convertit à la foi catholique, et celui de deux fidèles dont l'un tombe dans l'hérésie ou chute dans l'erreur des infidèles. En effet si l'un des conjoints non croyants se convertit à la foi catholique tandis que l'autre ne veut d'aucune manière cohabiter avec lui, du moins pas sans blasphémer le nom de Dieu ou pour l'inciter au péché mortel, celui qui est abandonné s'engagera dans un second mariage s'il le veut ; et c'est en fonction de ce cas que nous comprenons ce que dit l'Apôtre : " Si le non-croyant veut se séparer, qu'il se sépare : le frère en effet ou la soeur ne sont soumis à aucune obligation dans ce cas " 1Co 7,15 ; et de même le canon qui dit: " L'injure faite au créateur brise le lien du mariage de celui qui est abandonné ".
Mais si l'un des conjoints croyants tombe dans l'hérésie ou passe à l'erreur du paganisme, nous ne pensons pas que dans ce cas celui qui est abandonné peut s'engager dans de secondes noces aussi longtemps que l'autre vit, même si manifestement dans ce cas une injure plus grande est faite au créateur. Car même s'il existe incontestablement un vrai mariage entre deux non- croyants, il n'est cependant pas scellé ; mais entre croyants il est incontestablement vrai et scellé : car le sacrement de la foi (baptême) une fois conféré n'est jamais perdu, et il scelle le sacrement du mariage en sorte qu'il perdure dans les conjoints aussi longtemps que demeure le premier.
Lettre " Cum ex iniuncto " aux habitants de Metz, 12 juillet 1199. · La nécessité du magistère de l'Eglise pour l'interprétation · de l'Ecriture
Notre vénérable frère, l'évêque de Metz, Nous a fait savoir par sa lettre qu'aussi bien dans le diocèse que dans la ville de Metz un nombre assez important de laïcs et de femmes, attirés en quelque sorte par le désir des Ecritures, s'est fait traduire en langue française les évangiles, les épîtres de Paul, le Psautier, les Moralia sur Job et plusieurs autres livres ;... (il en est résulté) que dans des rencontres secrètes des laïcs et des femmes osent éructer entre eux et se prêcher mutuellement, et ils méprisent également la compagnie de ceux qui ne se mêlent pas à de telles choses... Certains d'entre eux méprisent aussi la simplicité de leurs prêtres, et lorsque la parole du salut leur est proposée par ces derniers, ils murmurent en cachette qu'ils possèdent mieux dans leurs écrits et qu'ils sont capables de l'exprimer de façon plus judicieuse. Même si le désir de comprendre les Ecritures divines et le souci d'exhorter en conformité avec elles ne doit pas être blâmé mais bien au contraire recommandé, ces gens méritent néanmoins d'être blâmés de ce qu'ils tiennent leurs conventicules secrets, qu'ils s'arrogent la fonction de prêcher, qu'ils raillent la simplicité des prêtres et qu'ils dédaignent la compagnie de ceux qui ne s'attachent pas à de telles pratiques. Dieu en effet... hait à ce point les oeuvres des ténèbres qu'il a commandé et dit ( aux apôtres) : " Ce que je vous dis dans l'ombre, dites-le au grand jour ; ce que vous entendez dans le creux de l'oreille proclamez-le sur les toits ", Mt 10,27 ; par là il fait savoir clairement que la prédication de l'Evangile doit être proposée non pas dans des conventicules secrets, comme le font les hérétiques, mais publiquement dans l'Eglise, conformément à l'usage catholique. ...
Mais les mystères cachés de la foi ne doivent pas être exposés partout à tous, parce qu'ils ne peuvent pas être compris par tous, mais à ceux-là seulement qui peuvent les saisir par une intelligence croyante ; c'est pourquoi l'apôtre dit aux simples : " Comme à de petits enfants en Christ, c'est du lait que je vous ai fait boire, non de la nourriture solide " 1Co 3,2 ... Telle est en effet la profondeur de la sainte Ecriture que non seulement les gens simples et non cultivés, mais même ceux qui sont sages et doctes ne sont pas pleinement capables d'en scruter le sens. C'est pourquoi l'Ecriture dit : " Car beaucoup de ceux qui cherchent ont défailli dans leur recherche ". Ps 64,7 Aussi est-ce à juste titre qu'il a été établi jadis dans la Loi divine qu'un animal qui a touché la Montagne (du Sinaï) doit être lapidé He 12,20 Ex 19,12 ss., afin qu'en effet aucun homme simple ou inculte n'ait la présomption de toucher à la sublimité de la sainte Ecriture ou de la prêcher à d'autres. Il est écrit en effet : " Ne cherche pas ce qui est trop haut pour toi " Si 3,22. C'est pourquoi l'Apôtre dit : " Ne recherchez pas plus que ce qu'il faut rechercher, mais recherchez la sobriété " Rm 12,3. De même en effet que le corps compte de nombreux membres, mais que tous les membres n'ont pas la même activité, de même l'Eglise compte de nombreux états, mais tous n'ont pas la même charge, car selon l'Apôtre " Le Seigneur a donné les uns comme apôtres, les autres comme prophètes, mais d'autres comme docteurs, etc. " Ep 4,11. Or l'état de docteur est en quelque sorte le principal dans l'Eglise et c'est pourquoi nul ne doit s'arroger de façon indistincte la charge de la prédication. 1996 Denzinger 701
Constitution " Licet perfidia Iudaeorum ", 15 septembre 1199. · Tolérance à l'égard de ceux dont la foi est autre.
Bien que l'incrédulité des juifs doive être réprouvée de multiples manières, cependant, parce que par eux notre foi se trouve confirmée en vérité, ils ne doivent pas être lourdement opprimés par les fidèles... De même qu'il ne doit pas être permis aux juifs, dans leurs synagogues, de présumer quelque chose qui aille au-delà de ce qui est permis par la Loi, de même ils ne doivent pas subir de préjudice en ce qui leur est permis. Aussi, même s'ils préfèrent demeurer dans leur endurcissement plutôt que de connaître les prédictions des prophètes et les mystères de la Loi, et de parvenir à la connaissance de la foi chrétienne, puisqu'ils demandent l'aide de notre défense, poussés par la mansuétude de la piété chrétienne, Nous suivons la trace de nos prédécesseurs d'heureuse mémoire, Calixte (II), Eugène (III), Alexandre (III), Clément (III) et Célestin (III). Nous accueillons leur requête, et leur accordons le bouclier de notre protection.
Nous ordonnons en effet qu'aucun chrétien ne doit les contraindre par la force à venir au baptême à leur corps défendant ou contre leur volonté ; mais si l'un d'entre eux vient librement chercher refuge auprès de la foi chrétienne, après que sa volonté aura été éprouvée, qu'il devienne chrétien sans aucune vexation. Car on ne croit pas qu'a la foi véritable de la chrétienté quelqu'un dont on sait que ce n'est pas de façon spontanée, mais contre son gré, qu'il vient au baptême des chrétiens De même aucun chrétien ne doit se permettre de léser leur personne sans scrupule en dehors d'un jugement du seigneur du lieu, ou d'enlever leurs biens par la force, ou de modifier les bons usages qui étaient les leurs jusque-là dans la région qu'ils habitent. En outre, que personne, d'aucune façon, ne les trouble à coups de bâton ou de pierres lors de la célébration de leurs fêtes, et que personne ne cherche à exiger d'eux des services qui ne sont pas dus, ou à les y obliger, à l'exception de ceux qu'ils avaient eux-mêmes coutume de rendre dans le passé. De plus, pour parer à la dépravation et à l'appétit du gain d'hommes mauvais, Nous décrétons que personne ne doit avoir l'audace de violer un cimetière juif, ou de le mépriser, ou encore de déterrer des corps déjà inhumés pour trouver de l'argent, ... (sont excommuniés ceux qui violent ce décret). Cependant Nous voulons que ceux-là seulement bénéficient de cette protection qui ne se permettent pas de se livrer à des machinations en vue de subvertir la foi chrétienne.
Lettre " Apostolicae Sedis primatus " au patriarche de · Constantinople, 12 novemb · La prééminence du Siège romain
La primauté du Siège apostolique, qui a été établie non pas par un homme mais par Dieu, et de façon plus juste encore par le Dieu homme, est confirmée en vérité par de nombreux témoignages aussi bien des évangiles que des apôtres, d'où ont procédé par la suite les dispositions canoniques qui affirment de façon unanime que la très sainte Eglise consacrée dans le bienheureux Pierre, le prince des apôtres, a la prééminence sur les autres comme leur maîtresse et leur mère. C'est lui en effet... qui a mérité d'entendre : " Tu es Pierre... Je te donnerai les clés du Royaume des cieux " Mt 16,18 s. En effet, bien que le premier fondement de l'Eglise et le principal soit le Fils unique de Dieu Jésus Christ, selon ce que dit l'Apôtre : " Car un fondement a été posé, en dehors duquel aucun autre ne peut être posé, et qui est le Christ Jésus " 1Co 3,11, Pierre n'en est pas moins le second fondement de l'Eglise et qui vient au deuxième rang et s'il n'est pas non plus le premier dans le temps, par son autorité, il n'en a pas moins la prééminence parmi les autres dont l'apôtre Paul dit : "Vous n'êtes plus des étrangers, ni des émigrés, vous êtes concitoyens des saints et de la famille de Dieu, édifiés sur le fondement des apôtres et des prophètes " Ep 2,20... Sa primauté, la Vérité elle-même l'a exprimée également par elle-même lorsqu'elle a dit : " Tu seras appelé Cephas " Jn 1,42 : même si cela est traduit par " Pierre ", il n'en est pas moins présenté comme la " tête " de sorte que, de même que la tête a la prééminence parmi les autres membres du corps, puisque aussi bien c'est en elle que vit la plénitude des sens, de même aussi Pierre excelle parmi les apôtres par l'éminence de sa dignité, et ses successeurs parmi tous ceux qui président aux Eglises, tandis que les autres sont appelés à avoir part à la sollicitude en sorte que rien n'est perdu par eux de la plénitude de leur pouvoir. C'est à lui que le Seigneur a confié le souci de paître ses brebis par une parole répétée par trois fois, de sorte qu'est considéré comme étranger au troupeau du Seigneur celui qui ne veut pas l'avoir aussi pour pasteur en ses successeurs. Il n'a pas distingué en effet entre telles brebis et telles autres, mais il a dit simplement : " Pais mes brebis " Jn 21,17, afin qu'on comprenne qu'absolument toutes lui ont été confiées. Jn 21,7 est expliqué de façon allégorique) : Etant donné que la mer désigne le monde Ps 104,25... par le fait qu'il s'est jeté à la mer, Pierre a manifesté le privilège du pouvoir singulier du pontife, par lequel il avait assumé le gouvernement de l'univers entier, tandis que les autres apôtres étaient comme contenus dans un navire, puisqu'à aucun d'entre eux l'univers entier n'avait été confié, mais qu'à chacun était assignées des provinces particulières, ou plutôt des Eglises déterminées. ...(Une preuve allégorique analogue est tirée de Mt 14,28-31 par le fait que Pierre a marché sur les eaux de la mer, il a montré qu'il a reçu le pouvoir sur tous les peuples.
Qu'il ait prié pour lui, le Seigneur le reconnaît lorsqu'il dit au moment de la Passion : " J'ai prié pour toi, Pierre, afin que ta foi ne défaille pas. Et toi. quand tu seras converti, fortifie tes frères " Lc 22,32 ; par là il signifiait manifestement que jamais ses successeurs ne dévieraient de la foi catholique, mais que bien plutôt ils y rappelleraient d'autres et aussi qu'ils confirmeraient les hésitants, et il lui accorda le pouvoir d'en confirmer d'autres par le fait qu'il impose aux autres la nécessité d'obéir. ... Il lui a dit également... comme tu l'as lu : " Tout ce que tu lieras sur la terre sera lié aussi aux cieux, et tout ce que tu délieras sur la terre sera délié aussi aux cieux ",Mt 16,19. Mais si tu trouves que cela a été dit en même temps à tous les apôtres, cela ne l'a pas été aux autres sans lui : mais tu reconnaîtras qu'à lui a été donné par le Seigneur, sans les autres, le pouvoir de lier et de délier, en sorte que ce que le autres ne peuvent pas sans lui, lui-même, du fait du privilège qui lui a été transmis par le Seigneur et de la plénitude du pouvoir qui lui a été accordée, il le peut sans les autres. ... (Pierre) vit le ciel ouvert et descendre un vase, comme un grand linge qu'on fait descendre du ciel vers la terre. tenu aux quatre coins, et qui contenait tous les quadrupèdes et les serpents de la terre et tous les oiseaux du ciel Ac 10,9-12 ... Et une voix lui dit pour la première fois : " Ce que Dieu a rendu pur, ne l'appelle pas immonde. " Par là est manifestement indiqué que Pierre fut établi à la tête de tous les peuples, puisque ce vase signifie l'univers, et tout ce qui y est contenu, la totalité des nations, des juifs aussi bien que des païens. ...
Lettre Ex parte tua, à l'évêque de Modène, 1200. · La forme sacramentelle du mariage.
Nous voulons que pour les mariages qui à l'avenir seront contractés, tu observes ceci : si, après qu'est intervenu entre personnes légitimes un consentement 'de praesenti' - lequel dans de tels cas suffit, conformément aux déterminations canoniques ; et si lui seul fait défaut, même dans le cas où cela a été réalisé par l'union charnelle, tout le reste est en vain -, des personnes unies de façon légitime contractent ensuite de facto avec d'autres, ce qui auparavant a été fait selon le droit ne peut pas être rendu caduc.
Lettre " Gaudeamus in Domino " à l'évêque de Tibériade, début · de 1201. · Les mariages des païens et le privilège paulin.
Si des païens qui épousent des femmes apparentées à eux au deuxième, troisième, ou à un autre degré, en étant apparentées ainsi, doivent demeurer ensemble après leur conversion, ou s'ils doivent être séparés : telle est la question au sujet de laquelle tu demandes à être informé par un écrit apostolique. A ce sujet Nous donnons à ta fraternité la réponse suivante : étant donné que le sacrement du mariage existe pour les fidèles et les non- croyants, comme le montre l'Apôtre lorsqu'il dit : " Si un frère a une femme non croyante et qu'elle consent à vivre avec lui, qu'il ne la répudie pas " 1Co 7,12 ; et puisque dans les degrés de parenté précités le mariage a été contracté de façon licite par des non-croyants qui ne sont pas tenus par les déterminations canoniques (que nous importe, selon le même Apôtre, " de juger ceux qui sont au- dehors ? " 1Co 5,12 : pour cette raison, et pour favoriser surtout la religion et la foi chrétiennes que les hommes pourraient facilement être dissuadés d'embrasser par les femmes, si celles-ci craignaient d'être répudiées, des fidèles engagés dans les liens du mariage de cette façon pourront demeurer licitement et librement unis, puisque le sacrement du baptême ne dissout pas les mariages mais enlève les péchés.
Mais parce que des païens répartissent l'affection conjugale entre plusieurs femmes en même temps, ce n'est pas sans raison qu'on se demande si, après la conversion, ils peuvent les garder toutes, ou laquelle d'entre elles. Mais cela semble être contraire et hostile à la foi chrétienne, puisque dès le commencement une seule côte a été changée en une seule femme, et que l'Ecriture divine atteste que " pour cette raison l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, et ils seront une seule chair " Ep 5,3 Gn 2,24 Mt 19,5 ; elle ne dit pas " trois ou plusieurs " mais " deux " ; et elle ne dit pas non plus : " il s'attachera à des femmes ", mais " à la femme ". Et il n'a jamais été permis à quiconque d'avoir en même temps plusieurs femmes si cela ne lui a pas été concédé par une révélation divine, considérée parfois comme une coutume, parfois même comme un droit, et par laquelle de même que Jacob a été disculpé de sa tromperie, les Israélites du vol et Samson du meurtre, de même aussi les patriarches et d'autres hommes justes qui, comme on peut le lire, avaient plusieurs femmes, sont disculpés de l'adultère. Mais cette conception est également manifestée comme pleinement véridique par le témoignage de la Vérité qui atteste dans l'Evangile : " Si quelqu'un répudie sa femme, sauf en cas de fornication, et en épouse une autre, il est adultère " Mt 19,9; cf. Mc 10,11). Si donc, lorsque la femme a été répudiée, le droit empêche d'en épouser une autre, à plus forte raison si elle a été gardée ; par quoi il apparaît clairement que pour les deux sexes - car ils ne sont pas considérés différemment - la pluralité en matière de mariage doit être réprouvée.
Mais si quelqu'un a répudié sa femme légitime selon son rite, puisque la Vérité a réprouvé une telle répudiation dans l'Evangile, il ne pourra jamais licitement en avoir une autre du vivant de celle-ci, même s'il se convertit à la foi en Christ, à moins que celle-ci, après la conversion, refuse de cohabiter avec lui, ou si elle y consent, mais non sans blasphémer le créateur ou l'inciter au péché mortel ; dans ce cas celle qui demanderait le rétablissement dans ses droits, et même s'il était établi qu'il y a eu spoliation injuste, se verrait refuser ce rétablissement : car selon l'Apôtre le frère ou la soeur ne sont soumis à aucune obligation dans ce cas 1Co 7,15. Mais si quelqu'un est converti à la foi et que celle-ci le suit en s'étant convertie elle aussi, avant qu'il ait pris une épouse légitime pour les raisons susdites, il doit être contraint à la reprendre. Il est vrai que selon la vérité de l'Evangile celui qui épouse une femme répudiée commet l'adultère Mt 19,9, mais celui qui a répudié ne peut pas reprocher la fornication à celle qui a été répudiée parce que, après la répudiation, elle en a épousé un autre, à moins qu'elle ait forniqué ailleurs.
Lettre " Maiores Ecclesiae causas " à l'archevêque Humbert · d'Arles, fin de 1201 · L'effet du baptême, en particulier le caractère.
... Ils affirment en effet que le baptême est conféré aux petits enfants de façon inutile. ... Nous répondons que le baptême a succédé à la circoncision. ... C'est pourquoi, de même que l'âme du circoncis n'était pas retranchée de son peuple Gn 17,14, de même celui qui sera né à nouveau de l'eau et de l'Esprit Saint, obtiendra d'entrer dans le Royaume des cieux Jn 3,5. Bien que la faute originelle fût remise par le mystère de la circoncision, et que le péril de la condamnation fût écarté, on ne parvenait pas cependant au Royaume des cieux qui demeurait fermé à tous jusqu'à la mort du Christ ; mais par le sacrement du baptême rougi par le sang du Christ, la faute est remise et l'on parvient également au Royaume des cieux dont le sang du Christ a ouvert miséricordieusement la porte à ses fidèles. On ne peut admettre en effet que tous les petits enfants, dont tant meurent chaque jour, périssent sans que le Dieu de miséricorde, qui veut que personne ne périsse, leur ait procuré à eux aussi un moyen de salut... Ce que disent les adversaires, à savoir que la foi ou la charité ou les autres vertus ne sont pas infusées aux petits enfants puisqu'ils ne donnent pas leur consentement, n'est pas concédé par la plupart en un sens absolu...; d'autres affirment que par la vertu du baptême la faute leur est remise, mais que la grâce ne leur est pas conférée ; quelques-uns cependant disent que le péché leur est pardonné et que les vertus leur sont infusées, qu'ils les ont cependant comme une disposition 904 mais qu'ils n'en ont pas l'usage jusqu'à ce qu'ils soient parvenus à l'âge adulte... Nous disons : il faut distinguer qu'il y a un double péché : à savoir le péché originel et le péché actuel, l'originel qu'on contracte sans consentement et l'actuel qui est commis avec consentement. L'originel donc, qui est contracté sans consentement, est remis sans consentement en vertu du sacrement ; mais l'actuel, qui est contracté avec consentement, n'est nullement remis sans consentement... La peine du péché originel est la privation de la vision de Dieu, mais la peine du péché actuel est le supplice de la géhenne éternelle....
Il est contraire à la religion chrétienne que quelqu'un qui le refuse de façon permanente et qui s'y oppose de façon constante soit contraint à accepter et à observer le christianisme. C'est pourquoi d'autres distinguent, non sans raison, entre volonté contraire et volonté contraire, et entre contraint et contraint, car celui qui, amené par force, grâce à des moyens de terreur et des supplices, reçoit le sacrement du baptême pour éviter ces dommages, tout de même que celui qui accède au baptême de mauvaise foi reçoit l'empreinte du caractère chrétien et, en tant que voulant sous condition, et bien que ne voulant pas absolument, il doit être obligé à observer la foi chrétienne.... Mais celui qui n'a jamais consenti, et qui a toujours été opposé, ne reçoit ni la réalité ni le caractère du sacrement, parce que contredire expressément est plus que ne pas consentir du tout ; de même n'encourt la marque d'aucune culpabilité celui qui, bien qu'il y contredise de façon constante et s'y oppose, est contraint par la violence de sacrifier aux idoles. Quant à ceux qui dorment et à ceux qui n'ont pas l'usage de la raison, si avant de perdre la raison ou s'être endormi ils persistent à s'opposer, comme il est visible que pour eux la décision de s'opposer est durable, même s'ils ont été baptisés dans cet état, ils ne reçoivent pas le caractère du sacrement ; il en irait autrement si auparavant ils avaient été catéchumènes et s'ils avaient l'intention d'être baptisés ; c'est pourquoi l'Eglise a coutume de les baptiser en cas de nécessité. Alors l'acte sacramentel imprime le caractère, puisqu'il ne rencontre pas l'obstacle posé par la résistance d'une volonté contraire.
Lettre " Cum Marthae circa " à l'archevêque Jean de Lyon, 29 · novembre 1202. · La forme sacramentelle de l'eucharistie.
Tu as demandé en effet qui, s'agissant de la forme des paroles que le Christ lui-même a exprimées lorsqu'il a transsubstantié le pain et le vin en son corps et son sang, a ajouté ce mot dans le canon de la messe qu'utilise l'ensemble de Eglise, et qu'aucun des évangélistes n'a exprimé, comme on peut le lire. ... Dans le canon de la messe ce mot, à savoir " mystère de la foi ", se trouve en effet inséré dans ces paroles. ... Certes nous voyons bien des choses, des paroles ainsi que des actes du Seigneur, qui ont été omises par les évangélistes et que, comme on peut lire, les apôtres ont complétées oralement ou exprimées par leur action. ... Or dans ce mot qui a incité ta fraternité à poser la question, à savoir " mystère de la foi ", certains ont pensé pouvoir trouver un appui pour une erreur, en disant que dans le sacrement de l'autel ce n'est pas vraiment la vérité du corps et du sang du Christ qui est présente, mais seulement une image, une apparence et une figure, et cela parce que l'Ecriture indique parfois que ce qui est reçu sur l'autel est un sacrement, un mystère et un exemple. Mais ceux- là sont pris dans les lacets de l'erreur parce qu'ils ne comprennent pas comme il convient l'autorité de l'Ecriture et qu'ils ne reçoivent pas avec respect les sacrements de Dieu puisqu'ils ignorent aussi bien les Ecritures et la puissance de Dieu Mt 22,29... On dit cependant " mystère de la foi " parce ce que autre chose y est cru que ce qui est vu et qu'autre chose est vu que ce qui est cru. On voit en effet les espèces du pain et du vin, et l'on croit la vérité de la chair et du sang du Christ, ainsi que la vertu de l'unité et de la charité.
Les éléments de l'eucharistie.
Il faut cependant distinguer soigneusement trois choses qui sont différentes dans ce sacrement, à savoir la forme visible, la vérité du corps et la vertu spirituelle. La forme est celle du pain et du vin, la vérité celle de la chair et du sang, la vertu celle de l'unité et de la charité. Le premier est " sacrement et non réalité ", le deuxième est " sacrement et réalité ", le troisième est " réalité et non sacrement ". Mais le premier est sacrement d'une double réalité ; le deuxième est sacrement de l'un et réalité de l'autre ; le troisième est la réalité d'un double sacrement. Nous croyons donc que la forme des paroles telle qu'elle se trouve dans le canon, les apôtres l'ont reçue du Christ, et leurs successeurs de ceux-ci...
L'eau mêlée au vin lors du sacrifice de la messe.
Tu as demandé également si l'eau en même temps que le vin est changée en sang. A ce sujet les opinions varient parmi les scolastiques. Certains en effet pensent que, puisque du côté du Christ ont coulé les deux sacrements principaux, celui de la Rédemption dans le sang et celui de la régénération dans l'eau, le vin et l'eau qui sont mêlés dans le calice sont changés dans ces deux-là par la vertu divine... D'autres en revanche tiennent que l'eau est transsubstantiée en sang avec le vin, puisque mêlée au vin elle devient vin... En outre on peut dire que l'eau ne devient pas vin, mais qu'elle reste entourée par les accidents du vin antérieur... Mais il est impie de penser ce que certains ont eu la présomption de penser, à savoir que l'eau est changée en glaire... Cependant parmi les opinions mentionnées ci-dessus, celle-là est considérée comme plus probable, qui affirme que l'eau est changée en sang avec le vin 798 .
Lettre " Cum venisset " à l'archevêque Basile de Tarnovo · (Bulgarie), 25 février · Le ministre de la confirmation.
Par chrismation du front on désigne l'imposition des mains qui porte également le nom de confirmation, parce que par elle l'Esprit Saint est donné en vue de la croissance et de la force. C'est pourquoi si le simple prêtre, ou presbytre, peut procéder à d'autres onctions, celle-ci ne doit être conférée que par le grand prêtre, c'est-à-dire l'évêque, car c'est des seuls apôtres, dont les évêques sont les vicaires, qu'il est dit qu'ils donnent l'Esprit Saint par l'imposition des mains Ac 8,14-25.
Lettre " Ex parte tua " à l'archevêque André de Lund, 12 · janvier 1206. · La dissolution d'un mariage valide par la profession religieuse
Nous ne voulons pas dévier subitement dans cette affaire des traces de nos prédécesseurs qui, ayant été consultés, ont répondu qu'avant la consommation d'un mariage par l'union charnelle, il est permis à l'autre conjoint - même sans le consulter - d'entrer en religion, de sorte que celui qui reste peut ensuite s'unir à un autre de façon légitime : c'est pourquoi nous te conseillons d'observer cela même.
Lettre " Non ut apponeres " à l'archevêque Thorias de Trondheim · (Norvège) · La matière du baptême
Tu as demandé s'il faut considérer comme des chrétiens des enfants qui, s'étant trouvés à l'article de la mort et par manque d'eau et en l'absence d'un prêtre, ont été frottés d'aspersions de salive sur la tête et la poitrine et entre les épaules de par la naïveté de certains, en guise de baptême. Nous répondons que puisque dans le baptême deux choses sont toujours requises, à savoir " la parole et l'élément " selon ce que la Vérité dit au sujet de la parole : " Allez dans le monde entier, baptisez toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit " Mc 16,15 Mt 28,19, et selon ce que la même dit au sujet de l'élément : " Celui qui n'est pas rené d'eau et d'Esprit Saint n'entrera pas dans le Royaume des cieux " Jn 3,5, tu ne dois pas douter qu'ils n'ont pas un vrai baptême, non seulement ceux chez qui sont omises les deux choses, mais également ceux chez qui est omise l'une d'elles.
Lettre " Debitum officii pontificalis " à l'évêque Bertold · (Bertrand) de Metz, 2 · Le ministre du baptême et le baptême de désir.
Tu m'as très sagement fait savoir par ta lettre qu'un juif qui s'est trouvé à l'article de la mort, et parce qu'il vivait parmi des juifs seulement, s'est plongé lui-même dans l'eau en disant : " Je me baptise au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit ". Or tu me demandes si ce juif, qui persévère dans la foi chrétienne, doit être baptisé. Quant à nous, nous répondons ainsi à ta fraternité : étant donné qu'il doit y avoir distinction entre celui qui baptise et celui qui est baptisé, comme le montrent à l'évidence les paroles du Seigneur disant aux apôtres : " Baptisez toutes les nations au nom du Père et du Fils et de l'Esprit Saint " Mt 28,19 le juif dont il est question doit être baptisé à nouveau par un autre, pour qu'il apparaisse qu'autre est celui qui est baptisé, autre celui qui baptise... Cependant s'il était décédé aussitôt, il aurait rejoint immédiatement la patrie en raison de sa foi au sacrement, même si ce n'avait pas été en raison du sacrement de la foi.
Lettre " De homine qui " aux dirigeants de la Fraternité · romaine, 22 septembre 1 · Célébration simulée de la messe.
Vous nous avez demandé en effet ce qui nous semble d'un presbytre imprudent qui, parce qu'il sait se trouver en état de péché mortel et conscient de sa faute, hésite à célébrer les solennités de la messe que pour une raison donnée il ne peut pas omettre... ayant accompli toutes les autres cérémonies, feint de célébrer la messe et, ayant supprimé les paroles par lesquelles est réalisé le corps du Christ, consomme seulement du pain et du vin... Etant donné donc que doivent être rejetés les faux remèdes qui sont plus graves que les vrais périls : bien que celui qui se considère indigne parce qu'il est conscient de sa faute, doit s'abstenir avec révérence de ce sacrement et pèche donc gravement s'il s'en approche sans révérence, il n'est pas douteux que semble commettre une faute plus grave encore celui qui ose ainsi le simuler de façon trompeuse ; car le premier, qui évite la faute en la commettant, tombe entre les mains de la seule miséricorde de Dieu, tandis que le deuxième, qui commet la faute en l'évitant, se rend coupable non seulement envers Dieu dont il ne craint pas de se moquer, mais également envers le peuple qu'il trompe.
Lettre " Eius exemplo " à l'archevêque de Tarragone, 18 · décembre 1208. · La profession de foi prescrite aux Vaudois.
Que tous les croyants sachent que moi, Durant de Osca... et tous nos frères, nous croyons de notre coeur, nous reconnaissons par la foi, nous confessons de notre bouche et nous affirmons par ces mots simples : Le Père et le Fils et l'Esprit Saint sont trois personnes, un seul Dieu, et toute la Trinité est coessentielle, consubstantielle, coéternelle et toute- puissante, et chacune des personnes dans la Trinité est pleinement Dieu, comme il est contenu dans le " Je crois en Dieu " 30 150 75 . Nous croyons également de notre coeur et confessons de notre bouche que le Père et le Fils et l'Esprit Saint, un seul Dieu dont nous parlons, a créé, a fait, gouverne et ordonne toutes choses corporelles et spirituelles, visibles et invisibles. Nous croyons que l'auteur du Nouveau et de l'Ancien Testament est un seul et même : Dieu qui, comme il est dit, demeurant dans la Trinité, a créé toutes choses de rien ; et que Jean Baptiste a été envoyé par lui, saint et juste, et rempli de l'Esprit Saint dans le sein de sa mère.
Nous croyons de notre coeur et nous confessons de notre bouche que l'Incarnation ne s'est pas faite dans le Père ni dans l'Esprit Saint, mais dans le Fils seulement ; de sorte que celui qui était en divinité le Fils de Dieu le Père, était, en humanité, le Fils de l'homme, vrai homme de la mère, ayant une vraie chair des entrailles de la mère et une âme humaine raisonnable ; en même temps des deux natures, c'est-à-dire Dieu et homme, une seule personne, un seul Fils, un seul Christ, un seul Dieu avec le Père et l'Esprit Saint, auteur de tout et qui dirige tout, né de la Vierge Marie d'une vraie naissance de chair ; il a mangé et bu, il a dormi, et fatigué après la route, il s'est reposé ; il a souffert d'une vraie Passion de sa chair, est mort de la vraie mort de son corps, et est ressuscité de la vraie Résurrection de sa chair et d'un vrai retour de l'âme au corps ; dans cette chair, après avoir mangé et bu, il est monté au ciel, siège à la droite du Père, et il viendra en elle pour juger les vivants et les morts.
Nous croyons de notre coeur et confessons de notre bouche une seule Eglise, non celle des hérétiques, mais la sainte Eglise romaine, catholique, apostolique, en dehors de laquelle nous croyons que personne n'est sauvé.
De même nous ne rejetons d'aucune manière les sacrements qui sont célébrés en elle, et auxquels l'Esprit Saint coopère par sa vertu inestimable et invisible, même s'ils sont administrés par un prêtre pécheur, du moment que l'Eglise le reconnaît ; et nous ne méprisons pas non plus les actes ecclésiaux et les bénédictions accomplies par lui, mais nous les acceptons d'un coeur bienveillant comme s'ils venaient du plus juste des hommes, car la malice d'un évêque ou d'un prêtre ne nuit ni au baptême d'un enfant, ni à la consécration de l'eucharistie, ni aux autres offices ecclésiastiques célébrés pour leurs sujets.
Nous approuvons donc le baptême des enfants, et s'ils sont morts après le baptême, avant d'avoir commis des péchés, nous confessons et croyons qu'ils sont sauvés ; et nous croyons que dans le baptême tous les péchés sont remis, aussi bien le péché originel qui a été contracté que ceux qui ont été commis volontairement. Nous estimons que la confirmation faite par l'évêque, c'est-à- dire l'imposition des mains, est sainte et doit être reçue avec vénération.
Nous croyons fermement et inébranlablement d'un coeur sincère, et nous affirmons simplement par nos paroles pleines de foi, que le sacrifice, c'est-à- dire le pain et le vin, est, après la consécration, le vrai corps et le vrai sang de notre Seigneur Jésus Christ, et que rien de plus n'y est accompli par un bon prêtre et rien de moins par un mauvais prêtre, car cela n'est pas réalisé par le mérite de celui qui consacre, mais par la parole du Créateur et la vertu de l'Esprit Saint. C'est pourquoi nous croyons et confessons fermement que personne si honnête, si religieux, si saint, et si prudent qu'il soit, ne peut ni ne doit consacrer l'eucharistie ni réaliser le sacrifice de l'autel, à moins d'être prêtre et ordonné régulièrement par un évêque visible et tangible. Pour cet office, trois choses sont nécessaires, nous le croyons : une personne déterminée, c'est-à-dire un prêtre établi particulièrement pour cet office par l'évêque, comme nous l'avons dit ; ces paroles solennelles qui sont exprimées par les saints Pères dans le canon ; et l'intention de foi de celui qui les profère ; c'est pourquoi nous croyons et confessons fermement que quiconque, sans l'ordination par l'évêque comme nous l'avons dit, croit et prétend pouvoir réaliser le sacrifice de l'eucharistie, est un hérétique ; il participe et a part à la perdition de Coré et de ses complices Nb 16, et il doit être séparé de la sainte Eglise romaine. Nous croyons qu'aux pécheurs qui se repentent vraiment le pardon est accordé par Dieu, et c'est avec grande joie que nous sommes en communion avec eux. Nous vénérons l'onction des infirmes avec de l'huile. Nous ne nions pas que des mariages charnels doivent être contractés, selon l'Apôtre 1Co 7, et nous défendons absolument de rompre ceux qui l'ont été régulièrement. Nous croyons et confessons qu'un homme peut aussi être sauvé avec sa femme, et nous ne condamnons pas non plus les secondes et d'autres noces. Nous ne réprouvons d'aucune manière la consommation de viandes. Nous ne condamnons pas le serment, bien plus, nous croyons d'un coeur sincère qu'il est permis de jurer selon la vérité, le jugement et la justice. (addition de 1210 : Au sujet du pouvoir séculier, nous affirmons qu'il peut, sans péché mortel, exercer un jugement portant effusion de sang, pourvu que, pour exercer la vindicte, il ne procède pas par la haine mais par un jugement, ni avec imprudence mais avec modération.).
Nous croyons que la prédication est très nécessaire et louable, cependant nous croyons qu'elle doit s'effectuer en vertu de l'autorité ou avec la permission du souverain pontife ou des prélats. Mais dans tous les lieux où demeurent des hérétiques manifestes qui renient et blasphèment Dieu et la foi de l'Eglise romaine, nous croyons que nous devons, selon la volonté de Dieu, les confondre par la dispute et l'exhortation, et nous opposer à eux avec la Parole du Seigneur, le front haut et jusqu'à la mort, comme à des adversaires du Christ et de l'Eglise. Les ordinations ecclésiastiques et tout ce qui est lu ou chanté selon ce qui a été établi, nous l'approuvons avec humilité et nous le vénérons dans la foi.
Nous croyons que le diable n'est pas devenu mauvais de par sa condition, mais par son libre arbitre. Nous croyons de tout coeur et nous confessons de vive voix la résurrection de cette chair qui est nôtre et non pas celle d'un autre. Nous croyons et affirmons fermement qu'il y aura aussi un jugement par Jésus Christ et que chacun, selon ce qu'il aura fait dans cette chair, recevra des peines ou des récompenses. Nous croyons que les aumônes, le sacrifice et d'autres bienfaits peuvent bénéficier aux défunts. Ceux qui restent dans le monde et possèdent des biens, nous professons et croyons qu'ils seront sauvés s'ils donnent des aumônes et d'autres bienfaits de ce qu'ils possèdent, et s'ils observent les commandements de Dieu. Nous croyons que selon le précepte du Seigneur, les dîmes, les prémices et les offrandes doivent être acquittées aux clercs. 1996 Denzinger 771
Lettre " In quadam nostra " à l'évêque Hugues de Ferrare, 5 · mars 1209. · L'eau mêlée au vin de messe.
Tu dis avoir lu dans une de nos lettres décrétales 784 qu'il était impie de penser ce que certains ont eu la présomption de dire, à savoir que dans le sacrement de l'eucharistie l'eau est changée en glaire ; ils affirment en effet faussement que ce n'est pas de l'eau qui est sortie du côté du Christ, mais une humeur aqueuse. Mais même si tu avances que cela a été pensé par des hommes importants et dignes de foi, dont tu as suivi jusqu'ici l'opinion en paroles et par écrit, les raisons qui font que Nous pensons le contraire te contraindront néanmoins de donner ton assentiment à notre conception.... En effet si cela n'avait pas été de l'eau mais de la glaire qui a coulé du côté du Sauveur, celui qui a vu et qui a rendu témoignage à la vérité Jn 19,3 ss. n'aurait certainement pas dit " de l'eau " mais " de la glaire "... Il reste donc que cette eau, quelle qu'elle ait été, naturelle ou miraculeuse, créée de façon nouvelle par la vertu divine ou tirée des composantes de quelque partie, était sans aucun doute de l'eau véritable.
Lettre " Licet apud " à l'évêque Henri de Strasbourg, 9 janvier · 1212. · Les jugements de Dieu
Même si chez les juges séculiers sont pratiqués des jugements populaires, comme celui de l'eau froide, du fer ardent ou du duel, l'Eglise cependant n'accepte pas des jugements de cette sorte, car il est écrit dans la Loi divine: " Tu ne tenteras pas le Seigneur ton Dieu " Dt 6,16 Mt 4,7.
Chap. 1 - La foi catholique · Définition contre les albigeois et les cathares
Nous croyons fermement et confessons avec simplicité qu'il y a un seul et unique vrai Dieu, éternel et immense, tout-puissant, immuable, qui ne peut être ni saisi ni dit, Père et Fils et Saint-Esprit, trois personnes, mais une seule essence, substance ou nature absolument simple. Le Père ne vient de personne, le Fils vient du seul Père et le Saint-Esprit également de l'un et de l'autre, toujours, sans commencement et sans fin. Le Père engendrant, le Fils naissant et le Saint-Esprit procédant, consubstantiels et semblablement égaux, également tout-puissants, également éternels. Unique principe de toutes choses, créateur de toutes les choses visibles et invisibles, spirituelles et corporelles, qui, par sa force toute-puissante, a tout ensemble créé de rien dès le commencement du temps l'une et l'autre créature, la spirituelle et la corporelle, c'est-à- dire les anges et le monde, puis la créature humaine faite à la fois d'esprit et de corps. En effet le diable et les autres démons ont été créés par Dieu bons par nature ; mais ce sont eux qui se sont rendus eux-mêmes mauvais. Quant à l'homme, c'est à l'instigation du démon qu'il a péché. Cette sainte Trinité, indivise selon son essence commune et distincte selon les propriétés des personnes, a donné au genre humain la doctrine du salut par Moïse, par les saints prophètes et par ses autres serviteurs, selon une disposition des temps parfaitement ordonnée.
Enfin, le Fils unique de Dieu, Jésus Christ, incarné par une oeuvre commune de toute la Trinité, conçu de Marie toujours Vierge par la coopération du Saint- Esprit, fait homme véritable composé d'une âme raisonnable et d'une chair humaine, une seule personne en deux natures, a montré plus manifestement la voie de la vie. Alors que, selon la divinité, il est immortel et incapable de souffrir, il s'est fait lui-même, selon l'humanité, capable de souffrir et mortel ; bien plus pour le salut du genre humain, il a souffert et est monté au ciel ; mais il est descendu en son âme et ressuscité en son corps et est monté en l'une et l'autre également ; il viendra à la fin des temps juger les vivants et les morts et rendre à chacun selon ses oeuvres, aussi bien aux réprouvés qu'aux élus. Tous ressusciteront avec leur propre corps qu'ils ont maintenant, pour recevoir, selon ce qu'ils auront mérité en faisant le bien ou en faisant le mal, les uns un châtiment sans fin avec le diable, les autres une gloire éternelle avec le Christ.
Il y a une seule Eglise universelle des fidèles, en dehors de laquelle absolument personne n'est sauvé, et dans laquelle le Christ est lui-même à la fois le prêtre et le sacrifice, lui dont le corps et le sang, dans le sacrement de l'autel, sont vraiment contenus sous les espèces du pain et du vin, le pain étant transsubstantié au corps et le vin au sang par la puissance divine, afin que, pour accomplir le mystère de l'unité, nous recevions nous- mêmes de lui ce qu'il a reçu de nous. Et assurément ce sacrement, personne ne peut le réaliser, sinon le prêtre qui a été légitimement ordonné selon le pouvoir des clés de l'Eglise que Jésus Christ lui-même a accordé aux apôtres et à leurs successeurs. Le sacrement du baptême qui s'effectue dans l'eau en invoquant la Trinité indivise, c'est-à-dire le Père, le Fils et le Saint-Esprit légitimement conféré par qui que ce soit selon la forme de l'Eglise aussi bien aux enfants qu'aux adultes sert au salut. Et si, après avoir reçu le baptême, quelqu'un est tombé dans le péché, il peut toujours être rétabli dans son état par une vraie pénitence. Ce ne sont pas seulement les vierges et les continents, mais aussi les gens mariés qui, plaisant à Dieu par une foi droite et de bonnes oeuvres, méritent de parvenir à la vie éternelle.
Chap. 2. La fausse doctrine de Joachim de Flore. · La Trinité
Nous condamnons donc et nous réprouvons l'opuscule ou traité que l'abbé Joachim a publié contre maître Pierre Lombard au sujet de l'unité ou de l'essence de la Trinité, l'appelant hérétique et insensé à cause de ce qu'il a dit dans ses sentences : " Il y a une réalité suprême qui est Père et Fils et Saint-Esprit, et celle-ci n'engendre pas, n'est pas engendrée et ne procède pas ". D'où il affirme que celui-ci a érigé en Dieu non pas tant une trinité qu'une quaternité, c'est-à-dire trois personnes et en quelque sorte une quatrième qui serait cette essence commune, alors qu'il professe manifestement qu'il n'y a aucune réalité, ni essence, ni substance, ni nature qui soit Père et Fils et Saint-Esprit, bien qu'il concède que Père et Fils et Saint-Esprit sont une seule essence, une seule substance et une seule nature. Mais il reconnaît qu'une telle unité n'est ni vraie ni propre, mais en quelque sorte collective et analogique, de la même manière qu'on dit que beaucoup d'hommes sont un seul peuple et beaucoup de fidèles une seule Eglise, conformément à ce qui est dit : " La multitude des croyants était un seul coeur et une seule âme " Ac 4,32 et " Celui qui s'attache à Dieu est un seul esprit " 1Co 6,17 avec lui ; et encore: " Celui qui arrose et celui qui plante ne font qu'un " 1Co 3,8 ; et tous " nous sommes un seul corps dans le Christ " Rm 12,5 ; et encore, dans le livre des Rois : " Ton peuple et mon peuple sont une même chose " 1R 22,5 ; Vulgate ; voir Rt 1,16. Mais pour fonder cette affirmation il a surtout recours à ce que le Christ dit des fidèles dans l'Evangile : " Je veux Père, qu'en nous ils soient un comme nous aussi nous sommes un, afin qu'ils soient parfaitement un " Jn 17,22 ss.. En effet, dit-il, les fidèles du Christ ne sont pas un, c'est-à- dire une seule réalité qui serait commune à tous ; ils sont seulement un, c'est- à-dire une seule Eglise à cause de l'unité de la foi catholique et un seul Royaume à cause de l'union dans une charité indissoluble. De la même manière, on lit dans l'épître canonique de Jean : " Car ils sont trois qui rendent témoignage dans le ciel, le Père et le Verbe et le Saint-Esprit, et ces trois sont un " 1Jn 5,7 ; et Jean ajoute aussitôt : " Et ils sont trois qui rendent témoignage sur la terre, l'esprit, l'eau et le sang, et ces trois sont un " 1Jn 5,8 selon ce qu'on trouve dans certains manuscrits.
Quant à nous, avec l'approbation du saint concile universel, nous croyons et confessons avec maître Pierre qu'il y a une seule réalité suprême, qui ne peut être saisie ni dite, qui est véritablement Père et Fils et Saint- Esprit, les trois personnes ensemble et chacune d'elles en particulier. C'est pourquoi il y a en Dieu seulement Trinité et non pas quaternité, parce que chacune des trois personnes est cette réalité, c'est-à-dire la substance, l'essence et la nature divine. Elle seule est le principe de toutes choses, en dehors duquel aucun autre principe ne peut être trouvé. Et cette réalité n'engendre pas, n'est pas engendrée et ne procède pas, mais c'est le Père qui engendre, le Fils qui est engendré et le Saint-Esprit qui procède, en sorte qu'il y a distinction dans les personnes et unité dans la nature.
Donc "bien que le Père soit autre, autre le Fils, autre le Saint-Esprit, il n'a cependant pas une autre réalité", mais ce qu'est le Père, le Fils l'est et le Saint-Esprit, absolument la même chose, en sorte que, conformément à la foi orthodoxe et catholique, nous croyons qu'ils sont consubstantiels. En effet, le Père, en engendrant le Fils de toute éternité, lui a donné sa substance, ce même Fils en témoigne : "Ce que m'a donné le Père est plus grand que tout" Jn 10,29 Et on ne peut pas dire qu'il lui a donné une partie de sa substance et en a retenu une partie pour lui-même, puisque la substance du Père est indivisible, étant absolument simple. Mais on ne peut pas dire que le Père a transféré sa substance dans le Fils en l'engendrant, comme s'il l'avait donnée à un fils sans la retenir pour lui-même : autrement il aurait cessé d'être substance. Il est donc clair que le Fils, en naissant, a reçu la substance du Père sans aucune diminution de celle-ci et que, ainsi, le Père et le Fils ont la même substance et, ainsi encore, sont une même réalité le Père et le Fils et aussi le Saint- Esprit qui procède de l'un et de l'autre.
Donc, lorsque la Vérité prie le Père pour ses fidèles en disant: "Je veux qu'eux-mêmes soient un en nous comme nous sommes un" Jn 17,22, ce mot "un" est pris pour les fidèles en ce sens qu'il signifie l'union de la charité dans la grâce, et pour les personnes divines en ce sens qu'est soulignée l'unité de l'identité dans la nature, comme le dit ailleurs la Vérité : "Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait". Mt 5,48, comme s'il était dit plus clairement : "Soyez parfaits, de la perfection de la grâce", " comme votre Père céleste est parfait " de la perfection de la nature, chacun à sa manière. Car si grande que soit la ressemblance entre le Créateur et la créature, on doit encore noter une plus grande dissemblance entre eux. Si quelqu'un ose donc défendre ou approuver sur ce point l'affirmation ou la doctrine du susdit Joachim, qu'il soit réfuté par tous comme hérétique.
Cependant nous ne voulons en rien par cela faire tort au monastère de Flore, qui a été institué par Joachim lui-même, parce que l'institution en est régulière et l'observance salutaire. Et cela d'autant plus que ce même Joachim nous a fait remettre tous ses écrits afin qu'ils soient approuvés ou corrigés par le jugement du Siège apostolique, dictant une lettre, signée de sa main, dans laquelle il confesse ferment tenir la foi que tient l'Eglise romaine, mère et maîtresse de tous les fidèles par la disposition du Seigneur.
Nous réprouvons aussi et condamnons l'opinion extravagante de l'impie Amalric, dont le père du mensonge a tellement aveuglé l'esprit que sa doctrine ne doit pas tant être regardée comme hérétique que comme insensée.
Chap. 3. A propos des hérétiques (Vaudois). · La nécessité de la mission canonique.
Parce que " certains ", selon ce que dit l'Apôtre, " ayant les apparences de la piété, mais en reniant la force " 2Tm 3,5, s'arrogent le droit de prêcher, alors que le même Apôtre dit : "Comment prêcheront-ils s'ils ne sont pas envoyés ?" Rm 10,15, tous ceux à qui cela a été défendu ou qui n'ont pas été envoyés, et qui oseraient usurper, en public ou en privé, l'office de la prédication sans autorisation donnée par le Siège apostolique ou par l'évêque catholique du lieu " 761 , seront frappés d'excommunication ; s'ils ne viennent pas promptement à résipiscence, ils seront châtiés par une autre peine appropriée.
Chap. 4. L'insolence des Grecs envers les Latins. · Le mépris à l'égard des rites sacramentels de l'Eglise latine.
Bien que nous voulions encourager et honorer les Grecs qui, de nos jours, reviennent à l'obéissance du Siège apostolique en acceptant, autant que nous le pouvons dans le Seigneur, leurs habitudes et leurs rites, nous ne voulons ni ne devons pourtant pas tolérer chez eux ce qui met les âmes en danger et déroge à l'honnêteté ecclésiastique. En effet, après que l'Eglise grecque avec certains complices et partisans se fut soustraite à l'obéissance au Siège apostolique, les Grecs se sont mis à abominer tellement les Latins que, entre autres pratiques impies marquant leur mépris à leur égard, s'il arrivait que des prêtres latins célèbrent sur leurs autels, ils ne voulaient eux- mêmes offrir le saint sacrifice sur ces autels avant de les avoir d'abord lavés, comme s'ils avaient été souillés par ce seul fait. Et même, dans une audace téméraire, ces mêmes Grecs osaient rebaptiser ceux qui avaient été baptisés par les Latins ; et nous avons appris que, encore maintenant, certains ne craignent pas de le faire. Voulant donc écarter de l'Eglise de Dieu un si grand scandale, sur le conseil du saint concile, nous ordonnons absolument qu'ils n'osent plus désormais agir ainsi, se conformant, en fils obéissants, à leur mère la sainte Eglise romaine, afin qu'il y ait "un seul troupeau et un seul pasteur" Jn 10,16. Si quelqu'un devait agir de cette façon, il serait frappé du glaive de l'excommunication et déposé de tout office et bénéfice ecclésiastique.
Chap. 5. Le rang des patriarches. · La prééminence du Siège romain.
Renouvelant les anciens privilèges des sièges patriarcaux, avec l'approbation du saint concile universel, nous prescrivons ce qui suit : après l'Eglise romaine qui, le Seigneur en disposant ainsi, détient la primauté du pouvoir ordinaire sur toutes les autres Eglises en tant que mère et maîtresse de tous les chrétiens, l'Eglise de Constantinople détiendra la première place, celle d'Alexandrie la deuxième, celle d'Antioche la troisième, celle de Jérusalem la quatrième.
Chap. 21. L'obligation de se confesser, le secret de la confession, · la réception de la communion à Pâques. · L'obligation de la confession annuelle et de la communion Pascale.
Tout fidèle de l'un et l'autre sexe, après avoir atteint l'âge de raison, confessera personnellement et fidèlement tous ses péchés au moins une fois par an à son curé, s'appliquera, dans la mesure de ses forces, d'accomplir la pénitence qui lui sera imposée, recevant avec respect au moins à Pâques le sacrement de l'eucharistie, à moins que, sur le conseil de son curé et pour quelque raison valable, il juge qu'il lui faut s'en abstenir pour un temps ; sinon, il sera empêché d'entrer dans l'église de son vivant et sera privé de sépulture chrétienne à sa mort, afin que personne ne puisse avoir d'excuse pour son ignorance. Si quelqu'un veut, pour une juste cause, confesser ses péchés à un autre prêtre, il devra d'abord demander et obtenir la permission de son curé, puisque autrement cet autre prêtre ne pourrait l'absoudre ou le lier.
Que ce prêtre soit un homme de discernement et prudent afin que, comme un médecin expérimenté, il répande le vin et l'huile sur les plaies du blessé Lc 10,14 s'enquérant diligemment des circonstances concernant et le pécheur et le péché ; il comprendra ainsi, avec prudence, quels conseils il doit lui donner, quel remède apporter en usant de moyens divers pour guérir le malade.
Il prendra grandement garde de ne jamais trahir le pécheur par un mot, un signe ou de quelque manière ; mais s'il a besoin d'un avis plus éclairé, il le demandera prudemment sans rien révéler de la personne ; car si quelqu'un osait révéler un péché qui lui a été découvert au tribunal de la pénitence, nous décrétons, non seulement qu'il doit être déposé du ministère sacerdotal, mais encore qu'il soit voué, à perpétuité, à faire pénitence dans un monastère de stricte observance.
Chap. 22. Les malades doivent veiller à leur âme avant de · veiller à leur corps. · Moyens interdits pour rétablir la santé.
En outre l'âme étant beaucoup plus précieuse que le corps, nous défendons sous peine d'anathème qu'un médecin conseille à un malade pour le salut du corps quelque chose qui deviendrait un danger pour l'âme.
Chap. 41. La nécessité de la bonne foi pour la prescription. · La bonne foi nécessaire pour la prescription.
Parce que " tout ce qui ne procède pas de la foi est péché " Rm 14,23, nous définissons cela par sentence synodale : sans bonne foi, aucune prescription n'est valide, qu'elle soit canonique ou civile, puisque, d'une manière générale, on doit déroger à toute constitution et à toute coutume qui ne peuvent être observées sans péché mortel. Il faut donc que celui qui prescrit n'ait à aucun moment conscience d'avoir une chose appartenant à autrui.
Chap. 51. L'interdiction des mariages clandestins. · Les mariages clandestins ne sont pas permis.
Suivant les pas de nos prédécesseurs, nous interdisons formellement les mariages clandestins, défendant aussi que n'importe quel prêtre ose être présent à de tels mariages. C'est pourquoi, étendant une coutume propre à certains lieux à tous les autres, nous statuons que, lorsque des mariages doivent être contractés, ils seront publiquement annoncés dans les églises par les prêtres, dans un délai convenable fixé à l'avance, au cours duquel celui qui en aurait la volonté et la capacité pourrait opposer un empêchement légitime. Néanmoins les prêtres rechercheront eux-mêmes si quelque empêchement fait obstacle au mariage. ...
Chap. 62. Les reliques des saints. · Usage indigne des reliques.
La religion chrétienne est trop souvent dénigrée parce que certains exposent des reliques des saints pour les vendre ou en faire ostention n'importe où. Pour que cela ne se produise pas à l'avenir, nous statuons par le présent décret que les reliques anciennes ne soient plus exposées hors de leur reliquaire ni montrées pour être vendues. Quant à celles qui ont été nouvellement trouvées, que personne ne les vénère publiquement si elles n'ont pas été auparavant approuvées par l'autorité du pontife romain. A l'avenir, que les responsables ne permettent pas que ceux qui viennent dans leurs églises en vue de vénérer des reliques ne soient trompés par de vaines fictions ou de faux documents, comme on a eu l'habitude de le faire en plusieurs lieux en vue d'un gain.
Abus concernant les indulgences.
... Parce que, par suite d'indulgences indiscrètes ou superflues que ne craignent pas d'octroyer certains prélats, le pouvoir des clés de l'Eglise est méprisé et la satisfaction pénitentielle est privée de sa force, nous décrétons que, lorsque est dédiée une basilique, l'indulgence ne dépassera pas un an... ; ensuite, lors de l'anniversaire de la dédicace, que la rémission pour les pénitences imposées ne dépasse pas quarante jours. Nous ordonnons que les lettres d'indulgence, qui sont accordées pour des raisons variées, doivent aussi se conformer à ce nombre de jours, puisque le pontife romain, qui détient la plénitude du pouvoir, a l'habitude de suivre cette règle en ce domaine.
Chap. 63. Simonie.
... En de nombreux endroits de nombreuses personnes - semblables aux vendeurs de colombes dans le Temple - commettent de honteuses et exécrables exactions et extorsions pour la consécration des évêques, la bénédiction des abbés et l'ordination des clercs. On tarifie ce qui doit être payé à celui- ci ou à celui- là, à tel ou tel autre ; et, comble de perdition, certains s'efforcent de justifier cette honte et cette dépravation au nom d'une coutume observée de longue date. Voulant donc abolir un si grand abus, nous réprouvons totalement une telle coutume dont le vrai nom est corruption ; nous statuons formellement que, pour la collation ou la réception des ordres, personne n'ose exiger et extorquer quelque chose sous quelque prétexte que ce soit ; sinon, aussi bien celui qui aura reçu que celui qui aura donné une telle somme absolument interdite sera condamné avec Guéhazi 2R 5,20-27 et Simon Ac 8,9-24.
Lettre " Perniciosus valde " à l'archevêque Olaf d'Uppsala, 13 · décembre 1220. · L'eau mêlée au vin lors du sacrifice de la messe.
Comme nous l'avons entendu, un abus très pernicieux s'est développé dans ta région, à savoir que lors du sacrifice on utilise une plus grande quantité d'eau que de vin : car selon la coutume bien fondée de l'ensemble de l'Eglise, il faut utiliser plus de vin que d'eau. C'est pourquoi Nous ordonnons à ta fraternité par lettre apostolique que désormais tu ne le fasses plus, et que tu n'admettes pas que cela se fasse dans ta province.
Lettre " Ab Aegyptiis argentea " aux théologiens de Paris, 7 · juillet 1228. · Le maintien de la terminologie et de la tradition théologiques.
Il appartient certes à l'intelligence théologique de présider comme l'homme en quelque sorte à n'importe quelle faculté et, comme l'esprit le fait pour la chair, d'exercer son pouvoir sur elle et de la diriger dans la voie de la droiture en sorte qu'elle ne s'égare pas. ... En vérité nous sommes frappés intérieurement de douleur dans notre coeur Gn 6,6 et saturés de l'amertume de l'absinthe Lm 3,15 de ce que... certains chez vous .. s'occupent avec ardeur à déplacer par des nouveautés impies, " les bornes posées par les Pères " Pr 22,28 ; en effet, la compréhension de l'Ecriture céleste qui est délimitée, de par les efforts des saints Pères, par les bornes de l'interprétation qu'il n'est pas seulement téméraire mais impie de transgresser, ils la tournent en doctrine philosophique concernant les choses naturelles, de manière à faire montre de leur Science et non pas pour le profit des auditeurs, en sorte qu'ils n'apparaissent pas comme des hommes qui enseignent Dieu ou des théologiens, mais comme des hommes qui médisent de Dieu. En effet, bien qu'ils doivent exposer la doctrine de Dieu selon les traditions reconnues des saints et non pas avec des armes charnelles, mais avec des armes " dont la puissance vient de Dieu, capables de détruire toute puissance hautaine qui se dresse contre la connaissance de Dieu et de faire captive toute pensée pour l'amener à obéir au Christ " 2Co 10,4 s, séduits par des doctrines diverses et étrangères He 13,9, ils font de la tête la queue Dt 28,13 Dt 28,44 et contraignent la reine à se mettre au service de la servante, c'est-à-dire ce qui est céleste au service des doctrines terrestres, en attribuant à la nature ce qui appartient à la grâce. De fait, s'occupant des choses de la nature plus qu'il ne convient, revenus... aux éléments faibles et pauvres du monde et les servant à nouveau Ga 4,9, comme des faibles en Christ ils se nourrissent " de lait et non d'une nourriture solide " He 5,12 et ils ne semblent pas avoir fortifié leur coeur par la grâce He 13,9 ; c'est pourquoi, " dépouillés des dons gratuits et blessés dans leurs dons naturels ", ils ne se remémorent pas cette parole de l'Apôtre... : " Evite les nouveautés et les expressions impies et les opinions d'une science mensongère ; pour l'avoir recherchée, certains se sont écartés de la foi " 1Tm 6,20 s... Et lorsqu'ils s'efforcent plus qu'il ne convient de prouver la foi par la raison naturelle, ne la rendent-ils pas en quelque sorte inutile et vaine ? Car " la foi n'a pas de mérite si la raison humaine lui fournit la preuve ". La nature en effet croit ce qu'elle a compris, mais la foi saisit ce qui est cru par sa propre force et par la compréhension que lui donne la grâce, elle qui pénètre avec audace et témérité ce que l'intelligence naturelle est incapable d'atteindre.
Lettre " Consultationi tuae " à l'archevêque de Bari, 12 · Novembre 1231. · Le caractère sacramentel reçu dans l'ordination.
A ta consultation nous répondons ainsi : ceux qui ont reçu les ordres sacrés en dehors des temps fixés ont reçu sans aucun doute le caractère ; après qu'une pénitence appropriée leur aura été imposée pour cette transgression, tu pourras admettre qu'ils exercent leur ministère dans les ordres reçus.
Lettre " Presbyter et diaconus " à l'évêque Olaf de Lund, 9 · décembre 1232. · Matière et forme de l'ordination.
Lorsque le presbytre et le diacre sont ordonnés, ils reçoivent l'imposition des mains par contact corporel, selon le rite établi par les apôtres 1Tm 4,14 1Tm 5,22 2Tm 1,6 Ac 6,6 ; mais si cela a été omis, il n'y a pas lieu de le réitérer d'une quelconque manière, mais au temps fixé pour conférer ces ordres on suppléera prudemment ce qui a été omis par erreur. Cependant les mains doivent être levées lorsque la prière est répandue sur la tête de l'ordinand.
Décret fragmentaire "Si condiciones", entre 1227 et 1234. · L'invalidité d'un mariage sous condition.
Lorsque sont insérées des conditions contraires à la substance du mariage, par exemple si l'un dit à l'autre " je contracte (mariage) avec toi si tu évites d'engendrer des descendants ", ou " jusqu'à ce que j'en trouve une autre plus digne par l'honneur ou la fortune ", ou " si tu te livres à l'adultère contre rétribution ", le contrat de mariage, tout bienvenu qu'il puisse être, est dépourvu d'effet ; cependant d'autres conditions ajoutées au mariage, si elles sont déshonnêtes ou irréalisables, doivent être tenues pour non ajoutées en raison de la faveur (du droit) dont il jouit.
Lettre " Naviganti vel " au frère R., entre 1227 et 1234. · Usure.
Quelqu'un qui prête une somme d'argent déterminée à un autre qui se rend à un marché, par terre ou par mer, et qui, parce qu'il accepte un risque pour lui- même, entend recevoir quelque chose au-delà du capital, doit (ne doit pas ? ) être considéré comme usurier. De même celui qui donne dix sols pour qu'à un autre moment lui soient rendues autant de mesures de grain, de vin et d'huile à propos desquelles, même si elles valent alors davantage, on peut douter avec vraisemblance si au moment du paiement elles vaudront plus ou moins, ne doit pas à cause de cela être considéré comme usurier. En raison de ce doute est excusé également celui qui vend du drap, du grain, du vin, de l'huile et d'autres marchandises pour recevoir davantage pour elles à un moment donné que ce qu'elles valent au moment même (du contrat), à condition cependant de n'avoir pas été sur le point de les vendre à un autre moment du contrat.
Lettre " Cum sicut ex " à l'archevêque Sigurd de Trondheim · (Norvège), 8 juillet · La matière du baptême.
Etant donné que, comme nous l'avons appris de ton rapport, il arrive parfois que par manque d'eau des enfants de ton pays soient baptisés avec de la cervoise, nous te répondons par la présente que puisque selon l'enseignement de l'Evangile on doit renaître d'eau et d'Esprit Saint Jn 3,5, ceux qui ont été baptisés avec de la cervoise doivent être considérés comme n'ayant pas été baptisés de façon régulière. Lettre "Sub catholicae professione" à l'évêque de Tusculum, légat du Siège apostolique auprès des Grecs, 6 mars 1254.
1er concile de LYON (13ème oecuménique) 28 juin-17juillet 1245 · Les rites et les doctrines qui doivent être inculqués aux Grecs.
Par 3 (autres Par. 4). 1. A ce sujet notre réflexion nous a conduit à décider que les Grecs de ce royaume (Chypre), pour ce qui est des onctions qui sont habituellement faites en lien avec le baptême, doivent suivre et observer la coutume de l'Eglise romaine. 2. Mais si le rite ou la coutume qu'ils disent être les leurs - à savoir d'oindre entièrement le corps de ceux qui doivent être baptisés - ne peut pas être supprimé ou écarté sans scandale, on le tolérera puisqu'il importe peu pour l'effet ou l'efficacité du baptême que cela soit fait ou non. 3. De même il importe peu qu'ils baptisent dans de l'eau froide ou de l'eau chaude, puisque selon leurs dires le baptême a sa vertu et son effet dans les deux cas.
4 (Par 5). Seuls les évêques cependant doivent marquer le front des baptisés avec le chrême, puisque cette onction ne doit être conférée que par les évêques. Car, ainsi qu'on peut le lire, seuls les apôtres, dont les évêques tiennent la place, ont conféré l'Esprit Saint par l'imposition des mains que représente la confirmation ou la chrismation du front Ac 8,14-25. 5. Les différents évêques peuvent également confectionner le chrême dans leurs Eglises le jour de la Cène du Seigneur et selon la forme de l'Eglise, c'est-à-dire avec du baume et de l'huile d'olive. Car dans l'onction avec le chrême est conféré le don de l'Esprit Saint. Et de fait, comme un peut le lire, la colombe qui désigne l'Esprit Saint lui-même a ramené dans l'arche un rameau d'olivier. Mais si à ce sujet les Grecs préfèrent garder leur rite ancien, à savoir que le patriarche avec les archevêques et ses évêques suffragants, et les archevêques avec leurs suffragants, confectionnent ensemble le chrême, cette coutume qui est la leur doit être tolérée.
6. Mais personne ne doit être simplement oint d'une onction par les prêtres ou les confesseurs à la place de la satisfaction lors de la pénitence.
7. Mais selon la parole de l'apôtre Jacques Jc 5,14 s l'extrême-onction doit être conférée aux malades.
8 (Par. 6). En outre, lorsqu'ils ajoutent de l'eau, soit froide, soit chaude, soit tiède, lors du sacrifice de l'autel, les Grecs doivent suivre leur coutume s'ils le veulent, pourvu qu'ils croient et confessent que, la forme du canon étant respectée, le sacrifice est réalisé de la même manière à partir des deux. 9. Mais qu'ils ne conservent pas l'eucharistie consacrée le jour de la Cène du Seigneur durant toute l'année en prétextant les malades, c'est- à-dire pour leur donner la communion en la prenant de là. Cependant il leur sera permis de consacrer le corps du Christ pour ces malades et de le conserver durant quinze jours, pas davantage, pour que du fait d'une conservation plus longue les espèces ne risquent pas d'être altérées, et de devenir moins aptes à être consommées : même si la vérité et l'efficacité demeurent toujours pleinement les mêmes et qu'elles ne disparaissent jamais du fait d'une durée plus longue ou du temps qui passe.
18 (Par. 14) Pour ce qui est de la fornication commise par un célibataire avec une célibataire, on ne doit absolument pas douter qu'il s'agit d'un péché mortel, puisque l'Apôtre assure qu'aussi bien les fornicateurs que les adultères sont exclus du Royaume de Dieu 1Co 6,9 s.
19 (Par. 15). En outre nous voulons et prescrivons expressément que désormais les évêques grecs doivent conférer sept ordres conformément à l'usage de l'Eglise romaine, puisqu'on lit que jusqu'à présent ils ont négligé ou omis trois des ordres mineurs chez les ordinands. Mais ceux qui ont déjà été ordonnés de cette manière par eux, en raison de leur trop grand nombre ils seront tolérés dans les ordres reçus ainsi.
20 (Par. 16). Mais parce que selon l'apôtre une femme est libérée de sa loi après la mort du mari, de sorte qu'elle est entièrement libre d'épouser dans le Seigneur qui elle veut Rm 7,2 1Co 7,39, les Grecs ne doivent aucunement blâmer ou condamner les secondes et les troisièmes noces, et même d'autres, mais ils doivent bien plutôt les reconnaître entre personnes qui par ailleurs peuvent être unies licitement par un mariage. 21. Cependant les prêtres ne doivent en aucun cas bénir ceux qui se marient une seconde fois.
(Le sort des défunts) 23 (Par. 18). Enfin puisque la Vérité affirme dans l'Evangile que si quelqu'un a blasphémé contre l'Esprit Saint il ne lui sera pas pardonné, ni dans ce monde ni dans le monde à venir Mt 12,32 - ce qui nous fait comprendre que certains sont déliés de leur faute dans le siècle présent, mais d'autres dans le siècle à venir- et que l'Apôtre dit que " le feu éprouvera l'oeuvre de chacun selon ce qu'elle est " et que " celui dont l'oeuvre est consumée en subira la perte, mais que lui-même sera sauvé, mais comme à travers le feu " 1Co 13,15 et puisqu'on dit que les Grecs eux-mêmes croient et affirment en toute vérité et sans aucun doute que les âmes de ceux qui meurent après avoir reçu la pénitence, mais sans l'avoir accomplie, ou qui meurent sans péché mortel mais avec des péchés véniels et minimes, sont purifiés après la mort et peuvent être aidés par les suffrages de l'Eglise, étant donné qu'ils disent qu'aucun nom certain et déterminé ne désigne chez leurs docteurs le lieu d'une telle purification, et puisque selon la tradition et l'autorité des saints Pères nous l'appelons " purgatoire ", Nous voulons que désormais il soit appelé ainsi chez eux. En effet ce feu temporaire purifie les péchés, non toutefois les péchés mortels ou capitaux qui n'auraient pas d'abord été remis par la pénitence, mais les péchés légers et minimes qui pèsent encore sur eux après leur mort, même s'ils ont été pardonnés pendant la vie.
24. (Par. 19). Mais si quelqu'un meurt sans pénitence en état de péché mortel, il ne fait pas de doute qu'il sera tourmenté pour toujours par les feux de l'enfer éternel. 25 (Par. 20). Mais les âmes des petits enfants qui meurent après le bain du baptême et celles des adultes qui meurent en état de charité, qui ne sont ni retenus par un péché ni tenus à telle ou telle satisfaction pour leur péché, passent immédiatement dans la patrie éternelle. 1996 Denzinger 797
Constitution " Romanus Pontifex de summi, " 5 octobre 1256. · Erreurs de Guillaume de Saint-Amour au sujet des moines mendiants
(L'écrit de Guillaume) a été lu par eux de façon attentive et examiné mûrement et avec rigueur, et il nous en a été fait une relation complète ; parce que nous avons appris qu'on y trouve manifestement certaines choses fausses et condamnables.
contre le pouvoir et l'autorité du pontife romain et de ses · coévêques,
et contre ceux qui, à cause de Dieu, mendient dans la pauvreté la plus rigoureuse, en surmontant ainsi le monde avec ses biens par une indigence volontaire ;
d'autres choses aussi contre ceux qui, animés d'un zèle ardent pour le salut des âmes et soucieux des études sacrées, opèrent dans l'Eglise de Dieu de nombreux progrès spirituels et y portent beaucoup de fruit ;
certaines contre l'état salutaire des moines pauvres, ou mendiants, que sont nos chers fils les frères prêcheurs et les frères mineurs qui, dans la force de l'Esprit, abandonnent le siècle avec ses richesses et n'aspirent de toutes leurs forces qu'à la seule patrie céleste ; ainsi que plusieurs autres choses inconvenantes et dignes par conséquent d'être rejetées et vouées à l'infamie pour toujours ;
et parce que cet écrit a été également la source d'un grand scandale, qu'il a donné lieu à beaucoup de trouble et qu'il a causé également des dommages aux âmes, puisqu'il a détourné les fidèles de la dévotion qui leur était familière, de leur libéralité habituelle en matière d'aumône, ainsi que de la conversion et de l'entrée en religion : sur le conseil de nos frères et en vertu de l'autorité apostolique Nous rejetons et condamnons pour toujours comme inique, sacrilège et exécrable l'écrit qui commence ainsi : " Ecce videntes clamabunt foris ", et qui porte le titre " Tractatus brevis de periculis novissimorum temporum " et les enseignements et les doctrines qu'il contient. Nous les condamnons comme erronés, faux et impies..
Bulle " Transiturus de hoc mundo ", 11 août 1264. · L'eucharistie comme mémorial du Christ.
Or lors de l'institution de ce sacrement il dit lui-même aux apôtres : " Faites ceci en mémoire de moi " Lc 22,19, afin que ce sacrement sublime et vénérable soit pour nous un mémorial éminent et insigne de l'amour extraordinaire par lequel il nous a aimés. Un mémorial admirable, dis-je... dans lequel nous obtenons sûrement une aide pour la vie et pour la mort. C'est là le mémorial...salvifique dans lequel nous faisons mémoire avec gratitude de notre Rédemption, dans lequel nous sommes éloignés du mal et confortés dans le bien, et progressons dans la croissance des vertus et des grâces, dans lequel en vérité nous progressons de par la présence corporelle du Sauveur lui-même. D'autres réalités dont nous faisons mémoire, nous les embrassons par l'esprit et par l'intelligence, mais nous n'en possédons pas pour autant la présence réelle. Mais dans cette commémoration sacramentelle du Christ, Jésus Christ nous est présent, certes sous une autre forme, mais dans sa propre substance. Avant de monter au ciel il dit en effet aux apôtres et à leurs successeurs : " Voici, je suis avec vous jusqu'à la consommation des siècles " Mt 28,20 et il les conforta par la promesse bienfaisante qu'il demeurera et sera aussi avec eux d'une présence corporelle.
L'Eucharistie, aliment de l'âme.
Dépassant toute plénitude de largesse, allant au-delà de toute mesure de l'amour, il se distribua en nourriture. O libéralité unique et admirable, où le donateur devient le don, et où ce qui est donné est pleinement identique à celui qui donne ! ... Il s'est donc donné en nourriture pour que l'homme, qui avait été abattu par la mort, fût relevé par une nourriture à la vie... Manger a blessé et manger a guéri. Voici que de là où est née la blessure est venu aussi le remède, et de là où la mort s'est introduite est sortie aussi la vie. De ce manger- là en effet il est dit : " Du jour où tu en mangeras, de mort tu mourras " Gn 2,17 mais de ce manger-ci on peut lire : " Celui qui aura mangé de ce pain vivra à jamais " Jn 6,52... Ce fut aussi une libéralité qui convient et un acte approprié que le Verbe éternel de Dieu, qui est l'aliment et le réconfort de la créature raisonnable, s'étant fait chair se soit donné en nourriture à la chair et au corps de la créature raisonnable, c'est-à-dire à l'homme...Ce pain est consommé, mais il n'est pas épuisé ; il est mangé, mais il n'est pas changé, car il n'est nullement transformé en celui qui le mange, mais s'il est reçu dignement, celui qui le reçoit lui est conformé.
Lettre " Quanto sincerius " à l'archevêque Maurin de Narbonne, · 28 octobre 1267. · La présence réelle du Christ dans l'eucharistie.
(Nous avons appris que tu...) as dit que le corps très saint de notre Seigneur Jésus Christ ne se trouve pas substantiellement sur l'autel, mais seulement comme ce qui est signifié l'est sous le signe, et que tu as ajouté qu'il s'agit là d'une opinion souvent entendue à Paris. Mais cette affirmation s'est répandue... et lorsque enfin elle est parvenue jusqu'à Nous, elle Nous a scandalisé au plus haut point ; et il n'a pas été facile pour Nous de croire que tu as dit de telles choses qui contiennent une hérésie manifeste et dérogent à la vérité de ce sacrement dans lequel la foi s'accomplit d'autant plus utilement qu'elle dépasse les sens, qu'elle tient captive l'intelligence, et qu'elle soumet la raison à ses lois... Tiens fermement ce que l'Eglise tient en commun... à savoir que sous les espèces du pain et du vin, après que les paroles sacrées ont été dites par la bouche du prêtre, conformément au rite de l'Eglise, le corps et le sang de notre Seigneur Jésus Christ sont présents vraiment, réellement et substantiellement, bien que selon le lieu il se trouve au ciel.
2e concile de LYON (14e oecuménique) 7 mai - 17 juillet 1274. · 2e session, 18 mai 1274 : constitution sur la Trinité · souveraine et la foi cat · La procession du Saint-Esprit.
Nous professons avec fidélité et dévotion que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils, non pas comme deux principes, mais comme d'un seul principe, non pas par deux spirations, mas par une seule et unique spiration. C'est ce que la sainte Eglise romaine, mère et maîtresse de tous les fidèles, a jusqu'à maintenant professé, prêché et enseigné ; c'est ce qu'elle tient fermement, prêche, professe et enseigne ;c'est là l'immuable et véritable doctrine des Pères et des Docteurs orthodoxes, aussi bien latins que grecs. Mais parce que certains, en raison d'une ignorance de la vérité irréfutable affirmée plus haut, sont tombés dans diverses erreurs, nous-mêmes désireux de fermer la route à des erreurs de ce genre, avec l'approbation du saint concile, nous condamnons et réprouvons tous ceux qui oseraient nier que le Saint-Esprit procède éternellement du Père et du Fils, ou qui même, dans une audace téméraire, iraient jusqu'à affirmer que le Saint-Esprit procède du Père et du Fils comme de deux principes et non comme d'un seul.
4e session, 6 juillet 1274, lettre de l'empereur Michel au · pape Grégoire X. · Profession de foi de l'empereur Michel Paléologue.
(Profession de foi). Nous croyons la sainte Trinité, Père, Fils et Esprit Saint, un seul Dieu tout-puissant, et que, dans la Trinité, toute la divinité est également essentielle, consubstantielle, également éternelle, également toute-puissante, qu'il y a en elle une seule volonté, une seule puissance, une seule majesté, qu'elle est le créateur de toutes les créatures, de qui, en qui, par qui sont toutes les choses qui sont dans le ciel et sur la terre, visibles, invisibles, corporelles et spirituelles. Nous croyons que chacune des personnes dans la Trinité est vraiment, pleinement et parfaitement Dieu.
Nous croyons le Fils de Dieu, Verbe de Dieu, né éternellement du Père, consubstantiel, également tout-puissant et égal en tout au Père en la divinité : né dans le temps, du Saint-Esprit et de Marie toujours vierge, avec une âme raisonnable. Il a deux naissances, une naissance éternelle, du Père, une naissance temporelle, de sa mère. Vrai Dieu et vrai homme, proprement et parfaitement en l'une et l'autre nature ; ni fils adoptif, ni fils en apparence, mais un seul et unique Fils de Dieu, en deux natures, et de deux natures, la divine et l'humaine, dans l'unité d'une seule personne, incapable de souffrir et immortel par sa divinité, mais qui dans son humanité, a souffert une vraie Passion corporelle, pour nous et pour notre salut ; il est mort, a été enseveli, est descendu aux enfers, et, et le troisième jour, est ressuscité des morts, sa chair étant vraiment ressuscitée, quarante jours après sa Résurrection, avec sa chair ressuscitée et son âme. Il est monté au ciel et il siège à la droite de Dieu le Père, d'où il viendra juger les vivants et les morts et rendra à chacun selon que ses oeuvres auront été bonnes ou mauvaises.
Nous croyons aussi le Saint-Esprit, pleinement, parfaitement et vraiment Dieu, procédant du Père et du Fils, égal en tout et consubstantiel, également tout-puissant, également éternel, en tout comme le Père et le Fils. Nous croyons que cette sainte Trinité n'est pas trois dieux, mais un unique Dieu tout- puissant, éternel, invisible et immuable.
Nous croyons aussi que l'Eglise, sainte, catholique et apostolique, est la seule vraie, dans laquelle se donne un saint baptême et la véritable rémission de tous les péchés. Nous croyons aussi à la vraie résurrection de cette chair qui est maintenant nôtre, et à la vie éternelle. Nous croyons aussi qu'il y a un seul auteur du Nouveau et de l'Ancien Testament, de la Loi, des prophètes et des apôtres, le Dieu et Seigneur tout-puissant.
Telle est la vraie foi catholique que, dans les articles ci- dessus, tient et prêche la sainte Eglise romaine. Mais en raison de diverses erreurs que certains ont introduites par ignorance et d'autres par malice, elle dit et prêche : Ceux qui, après le baptême, tombent dans le péché, ne doivent pas être rebaptisés, mais obtiennent le pardon de leur péchés par une vraie pénitence.
(Ajouts particuliers contre les erreurs des Orientaux).
(Le sort des défunts) Que si, vraiment pénitents, ils sont morts dans la charité, avant d'avoir satisfait, par de dignes fruits de pénitence, pour ce qu'ils ont commis ou omis, leurs âmes sont purifiés après la mort par des peines purgatoires et purifiantes, comme l'a expliqué notre frère Jean (Parastron, o.f.m.). Pour adoucir ces peines, les intercessions des fidèles vivants leur sont utiles, à savoir le sacrifice de la messe, les prières, les aumônes et les autres oeuvres de piété que les fidèles ont coutume de faire pour d'autres fidèles selon les institutions de l'Eglise.
Pour les âmes de ceux qui, après avoir reçu le saint baptême, n'ont contracté absolument aucune souillure du péché, pour celles aussi qui, après avoir contracté la souillure du péché ont été purifiées, soient lorsqu'elles demeuraient encore dans leurs corps, soit après s'en être dépouillées, comme on l'a dit plus haut, elles sont immédiatement reçues dans le ciel.
Pour les âmes de ceux qui meurent en état de péché mortel ou avec le seul péché originel, elles descendent immédiatement en enfer, où elles reçoivent cependant des peines inégales.
La même sainte Eglise romaine croit et affirme fermement que néanmoins, au jour du jugement, tous les hommes comparaîtront avec leur corps devant le tribunal du Christ pour y rendre compte de leurs actions Rm 14,10 s.
La même sainte Eglise romaine tient et enseigne encore qu'il y a sept sacrements de l'Eglise : le baptême, dont on a parlé plus haut ; un autre est le sacrement de la confirmation, que les évêques confèrent par l'imposition des mains en oignant les baptisés ; un autre la pénitence ; un autre est l'Eucharistie, un autre le sacrement de l'ordre, un autre le mariage, un autre l'extrême-onction qui, selon la doctrine du bienheureux Jacques, est administrée aux malades. La même Eglise romaine fait le sacrement de l'eucharistie avec du pain azyme ; elle tient et enseigne que, dans ce sacrement, le pain est vraiment transsubstantié en corps et le vin en sang de notre Seigneur Jésus Christ. Sur le mariage, elle tient qu'un homme n'a pas le droit d'avoir simultanément plusieurs épouses, ni une femme plusieurs maris. Quand le mariage légitime est rompu par la mort d'un des conjoints, elle déclare que les secondes et, ensuite, les troisièmes noces sont successivement licites, si ne s'y oppose pas un autre empêchement canonique pour quelque raison.
Cette même sainte Eglise romaine possède aussi la primauté et autorité souveraine et entière sur l'ensemble de l'Eglise catholique. Elle reconnaît sincèrement et humblement l'avoir reçue, avec la plénitude du pouvoir, du Seigneur lui-même, en la personne du bienheureux Pierre, chef ou tête des apôtres, dont le pontife romain est le successeur. Et comme elle doit, avant les autres, défendre la vérité de la foi, ainsi les questions qui surgiraient à propos de la foi doivent être définies par son jugement. N'importe quel accusé peut en appeler à elle, dans les affaires qui relèvent des tribunaux d'Eglise ; et dans toutes les causes qui touchent à la juridiction ecclésiastique, on peut recourir à son jugement. A elle sont soumises toutes les Eglises, dont les prélats lui rendent obéissance et révérence. Sa plénitude de pouvoir est si établie qu'elle admet les autres Eglises à partager sa sollicitude. Cette même Eglise romaine a honoré beaucoup d'Eglises, et surtout les Eglises patriarcales, de divers privilèges, sa prérogative étant cependant toujours sauve dans les conciles généraux comme en d'autres occasions.
Bulle " Saepe sanctam ecclesiam ", 1er Août 1296. · Erreurs de la secte laïque du nouvel Esprit
Nous avons appris en effet que certaines personnes - même de sexe féminin - qui s'érigent contre la sainte Eglise catholique, enseignent qu'elles auraient les clés pour lier et délier, qu'elles entendent les confessions et absolvent les péchés, qu'elles tiennent des assemblées, non seulement de jour mais de nuit, dans lesquelles elles s'entretiennent de leurs absurdités... et qu'elles ont l'audace de prêcher ; abusant de la tonsure cléricale, contrairement au rite de l'Eglise, elles prétendent donner le Saint-Esprit par l'imposition des mains et qu'il ne faudrait manifester (compléter : 'de révérence' ? 'd'obéissance' ?) qu'à Dieu seul et non à quelqu'un d'autre, quelle que soit sa condition, sa dignité et son état. Elles affirment également plus efficaces les prières présentées par des personnes au corps totalement dénudé ;... et nient qu'il y ait dans ladite Eglise le pouvoir de lier et de délier... C'est pourquoi nous déclarons cette secte...condamnée et hérétique.
Bulle " Antiquorum habet ", 22 février 1300. · Indulgences.
Une relation digne de foi des anciens rapporte qu'à ceux qui se rendaient à la vénérable basilique des princes des apôtres de la Ville, étaient accordées de grandes rémissions et indulgences des péchés. Nous donc... qui considérons toutes et chacune de ces rémissions et de ces indulgences comme légitimes et bienvenues, nous les confirmons et les approuvons en vertu de l'autorité apostolique... Confiants en la miséricorde de Dieu tout-puissant et dans les mérites et l'autorité de ces mêmes apôtres, sur le conseil de nos frères et en vertu de la plénitude du pouvoir apostolique, à tous ceux qui... se rendent avec respect dans ces basiliques, qui ont vraiment fait pénitence et se sont confessés,... dans la présente année et dans chaque centième année qui suivra, nous concéderons et nous concédons un pardon non seulement large et plénier, mais le plus plénier, de tous leurs péchés.
Bulle " Unam sanctam ", 18 novembre 1302. · L'unicité de l'Eglise
La foi nous oblige instamment à croire et à tenir une seule sainte Eglise catholique et en même temps apostolique, et nous la croyons fermement et la confessons simplement, elle hors de laquelle il n'y a pas de salut ni de rémission des péchés... ; elle représente l'unique corps mystique le Christ est la tête, Dieu cependant étant celle du Christ. En elle il y a " un seul Seigneur, une seule foi, et un seul baptême " Ep 4,5. Unique en effet fut l'arche de Noé au temps du déluge, qui préfigurait l'unique Eglise ; achevée à une coudée, elle avait un seul pilote et chef, à savoir Noé, et hors d'elle, nous l'avons lu, tout ce qui subsistait sur terre fut détruit.
corps dont
Nous la vénérons également comme l'unique, car le Seigneur dit dans le prophète : " Dieu, délivre mon âme de l'épée, et des pattes du chien mon unique " Ps 22,2. Car il a prié à la fois pour l'âme, c'est-à-dire pour lui-même, la tête, et pour le corps, puisque le corps il l'a appelé l'unique, c'est-à-dire l'Eglise, à cause de l'unité de l'époux, de la foi, des sacrements, et de la charité de l'Eglise. Elle est cette " tunique sans couture " Jn 19,23 du Seigneur qui n'a pas été déchirée, mais tirée au sort.
C'est pourquoi cette Eglise une et unique n'a qu'un seul corps, une seule tête, non pas deux têtes comme pour un monstre, à savoir le Christ et le vicaire du Christ, Pierre, et le successeur de Pierre, car le Seigneur dit à Pierre lui- même : " Pais mes brebis " Jn 21,17. Il dit " mes " en général, et non telle ou telle en particulier, d'où l'on comprend que toutes lui ont été confiées. Si donc les Grecs ou d'autres disent qu'ils n'ont pas été confiés à Pierre et à ses successeurs, il leur faut reconnaître qu'ils ne font pas partie des brebis du Christ, car le Seigneur dit lui-même en Jean : " il y a un seul bercail, un seul et unique pasteur " Jn 10,16.
Le pouvoir spirituel de l'Eglise.
Les paroles de l'Evangile nous l'enseignent : en elle et en son pouvoir il y a deux glaives, le spirituel et le temporel Lc 22,38 Mt 26,52 .. Les deux sont donc au pouvoir de l'Eglise, le glaive spirituel et le glaive matériel. Cependant l'un doit être manié pour l'Eglise, l'autre par l'Eglise. L'autre par la main du prêtre, l'un par la main du roi et du soldat, mais au consentement et au gré du prêtre. Or il convient que le glaive soit sous le glaive, et que l'autorité temporelle soit soumise au pouvoir spirituel... Que le pouvoir spirituel doive l'emporter en dignité et en noblesse sur toute espèce de pouvoir terrestre, il nous faut le reconnaître d'autant plus nettement que les réalités spirituelles ont le pas sur les temporelles... Comme la Vérité l'atteste : il appartient au pouvoir spirituel d'établir le pouvoir terrestre, et de le juger s'il n'a pas été bon... Si donc le pouvoir terrestre dévie, il sera jugé par le pouvoir spirituel ; et si un pouvoir spirituel inférieur dévie, il le sera par celui qui lui est supérieur ; mais si le pouvoir suprême dévie, c'est par Dieu seul et non par l'homme qu'il pourra être jugé, comme l'atteste l'Apôtre : " L'homme spirituel juge de tout, et n'est lui-même jugé par personne " 1Co 2,15.
Cette autorité cependant, bien que donnée à un homme et exercée par un homme, n'est pas un pouvoir humain, mais bien plutôt divin. Donné à Pierre de la bouche de Dieu, confirmé pour lui et ses successeurs dans le Christ lui- même qu'il a confessé, lui, le roc, lorsque le Seigneur dit à Pierre lui-même : "Tout ce que tu lieras", etc. Mt 16,19. Quiconque par conséquent résiste à ce pouvoir ordonné par Dieu, "résiste à ce que Dieu a ordonné" Rm 13,2, à moins qu'il n'imagine, comme Manès, deux principes, ce que nous jugeons faux et hérétique, car au témoignage de Moïse ce n'est pas dans les principes, mais " dans le principe (que) Dieu a créé le ciel et la terre " Gn 1,1.
En conséquence nous déclarons, disons et définissons qu'il est absolument nécessaire au salut, pour toute créature humaine, d'être soumise au pontife romain.
Constitution, " Inter cunctas sollicitudines " 17 février 1304. · La réitération de la confession.
Même s'il... n'est pas nécessaire de confesser à nouveau les péchés, Nous n'en demandons pas moins de façon ferme - car en raison de la honte qui représente une grande partie de la pénitence, Nous considérons qu'il est salutaire que soit réitérée la confession des mêmes péchés - que les frères (prêcheurs et mineurs) admonestent eux-mêmes les pénitents et les exhortent dans leurs prédications à se confesser au moins une fois l'an à leurs prêtres, en expliquant que cela fait partie sans aucun doute du progrès des âmes.
Concile de VIENNE (15e oecuménique) 16 octobre 1311-6 mai 1312 · 3e session, 6 mai 1312. · a) Constitution "Ad nostrum qui". · Erreurs des Bégards et des Béguines concernant l'état de · perfection.
(1) Dans la vie présente l'homme pourrait atteindre un degré de perfection si élevé qu'il serait rendu incapable de pécher et ne pourrait davantage progresser dans la grâce. Car, disent-ils, si quelqu'un pouvait toujours progresser, il pourrait devenir plus parfait que le Christ.
(2)L'homme ne doit ni jeûner ni prier après avoir atteint ce degré de perfection, car la sensualité est alors si parfaitement soumise à l'esprit et à la raison, que l'homme peut librement consentir au corps ce qui lui plaît.
(3) Ceux qui ont atteint le degré mentionné de perfection et de liberté de l'esprit ne sont pas soumis à l'obéissance humaine et ne sont pas obligés d'obéir aux préceptes de l'Eglise, car, disent-ils, " là où est l'Esprit du Seigneur, là est la liberté " 2Co 3,17.
(4) L'homme peut atteindre dans la vie présente la béatitude finale dans toute sa perfection comme il l'obtiendra dans la vie bienheureuse.
(5) Toute âme intellectuelle est en elle-même naturellement bienheureuse et l'âme n'a pas besoin de la lumière de la gloire qui l'élève pour voir Dieu et en jouir dans la béatitude.
(6) La pratique des actes de vertu est le fait de l'homme imparfait et l'âme parfaite donne congé aux vertus.
(7) Embrasser une femme, lorsque la nature n'y incline pas, est un péché mortel, mais l'acte charnel, lorsque la nature y incline, n'est pas un péché surtout lorsque celui qui le pratique est tenté.
(8) Ils ne doivent pas se lever au moment de l'élévation du corps du Christ Jésus, ni lui manifester de la révérence, car ils affirment que ce serait pour eux une imperfection de descendre de la pureté et de l'élévation de leur contemplation pour accorder une pensée au ministère ou au sacrement de l'eucharistie ou à la Passion de l'humanité du Christ.
(Censure) Nous condamnons cette secte en même temps que ses erreurs, Nous les réprouvons complètement et Nous interdisons avec la plus grande rigueur que quelqu'un à l'avenir les soutienne, les approuve ou les défende.