TheoFonsAux sources de la foi

Fratelli Tutti

FT · François · 2020 · FR · 287 paragraphes · vatican.va ↗

Personne ne peut donc être exclu, peu importe où il est né, et encore moins en raison des privilèges dont jouissent les autres parce qu’ils sont nés quelque part où existent plus de possibilités. Les limites et les frontières des États ne peuvent pas s’opposer à ce que cela s’accomplisse. Tout comme il est inacceptable qu’une personne ait moins de droits parce qu’elle est une femme, il est de même inacceptable que le lieu de naissance ou de résidence implique à lui seul qu’on ait moins de possibilités d’une vie digne et de développement.

Le développement ne doit pas être orienté vers l’accumulation croissante au bénéfice de quelques-uns, mais doit assurer « les droits humains, personnels et sociaux, économiques et politiques, y compris les droits des nations et des peuples ».99St. Jean-Paul II, Lettre enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 33 : AAS 80 (1988), p. 557. Le droit de certains à la liberté d’entreprise ou de marché ne peut se trouver au-dessus des droits des peuples et de la dignité des pauvres, pas plus qu’au-dessus du respect de l’environnement, car « celui qui s’approprie quelque chose, c’est seulement pour l’administrer pour le bien de tous ».100Lettre enc. Laudato si´ (24 mai 2015), n. 95 : AAS 107 (2015), p. 885.

Certes, l’activité des entrepreneurs « est une vocation noble orientée à produire de la richesse et à améliorer le monde pour tous ».101Ibid., n. 129, AAS 107 (2015), p. 899. Dieu nous promeut ; il attend de nous que nous exploitions les capacités qu’il nous a données et il a rempli l’univers de ressources. Dans ses desseins, « chaque homme est appelé à se développer »,102St. Paul VI, Lettre enc. Populorum progressio (26 marzo 1967), n. 15 : AAS 59 (1967), p. 265 ; cf. Benoît XVI, Lettre enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 16 : AAS 101 (2009), p. 652. et cela comprend le développement des capacités économiques et technologiques d’accroître les biens et d’augmenter la richesse. Mais dans tous les cas, ces capacités des entrepreneurs, qui sont un don de Dieu, devraient être clairement ordonnées au développement des autres personnes et à la suppression de la misère, notamment par la création de sources de travail diversifiées. À côté du droit de propriété privée, il y a toujours le principe, plus important et prioritaire, de la subordination de toute propriété privée à la destination universelle des biens de la terre et, par conséquent, le droit de tous à leur utilisation.103Cf. Lettre enc. Laudato si´ (24 mai 2015), n. 93 : AAS 107 (2015), pp. 884-885 ; Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), nn. 189-190 : AAS 105 (2013), pp. 1099-1100.

Notes

  1. 99. St. Jean-Paul II, Lettre enc. Sollicitudo rei socialis (30 décembre 1987), n. 33 : AAS 80 (1988), p. 557.
  2. 100. Lettre enc. Laudato si´ (24 mai 2015), n. 95 : AAS 107 (2015), p. 885.
  3. 101. Ibid., n. 129, AAS 107 (2015), p. 899.
  4. 102. St. Paul VI, Lettre enc. Populorum progressio (26 marzo 1967), n. 15 : AAS 59 (1967), p. 265 ; cf. Benoît XVI, Lettre enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), n. 16 : AAS 101 (2009), p. 652.
  5. 103. Cf. Lettre enc. Laudato si´ (24 mai 2015), n. 93 : AAS 107 (2015), pp. 884-885 ; Exhort. ap. Evangelii gaudium (24 novembre 2013), nn. 189-190 : AAS 105 (2013), pp. 1099-1100.