Grâce à l’échange régional par lequel les pays les plus faibles s’ouvrent au monde entier, l’universalité peut préserver les particularités. Une ouverture adéquate et authentique au monde suppose la capacité de s’ouvrir au prochain, dans une famille des nations. L’intégration culturelle, économique et politique avec les peuples voisins devrait être accompagnée d’un processus éducatif qui promeuve la valeur de l’amour du prochain, premier exercice indispensable pour obtenir une intégration universelle saine.
Dans certains quartiers populaires, où chacun ressent spontanément le devoir d’accompagner et d’aider le voisin, survit encore l’esprit de ‘‘voisinage’’. Dans ces endroits qui préservent ces valeurs communautaires, on entretient des relations de proximité caractérisées par la gratuité, la solidarité et la réciprocité, à partir du sens d’un ‘‘nous’’ de quartier.131Cf. Jaime Hoyos-Vásquez, S. J., Lógica de las relaciones sociales. Reflexión onto-lógica in : Revista Universitas Philosophica 15-16, Bogota (décembre 1990 - juin 1991), pp. 95-106. Puisse cela se vivre également entre les pays voisins, afin qu’ils soient capables de construire des relations cordiales de voisinage entre leurs peuples ! Mais les visions individualistes se manifestent dans les relations entre pays. Le danger de vivre en se méfiant les uns des autres, en considérant les autres comme de dangereux concurrents ou ennemis, en vient à affecter les relations entre les peuples d’une même région. Peut-être avons-nous été éduqués dans cette peur et dans cette méfiance !
Certaines nations puissantes et de grandes entreprises profitent de cet isolement et préfèrent négocier avec chaque pays séparément. En revanche, pour les pays petits ou pauvres s’ouvre la possibilité de conclure avec leurs voisins des accords régionaux qui leur permettent de négocier en bloc et d’éviter de devenir des segments marginaux et dépendants des grandes puissances. Aujourd’hui aucun État national isolé n’est en mesure d’assurer le bien commun de sa population.