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Mater et Magistra

MM · Jean XXIII · 1961 · FR · 259 paragraphes · vatican.va ↗

Le christianisme, en effet, rejoint la terre au ciel, en tant qu'il prend l'homme dans sa réalité concrète, esprit et matière, intelligence et volonté, et l'invite à élever sa pensée des conditions changeantes de la vie terrestre vers les cimes de la vie éternelle, dans un accomplissement sans fin de bonheur et de paix.

Bien que le rôle de la sainte Eglise soit d'abord de sanctifier les âmes et de les faire participer au bien de l'ordre surnaturel, elle est cependant soucieuse des exigences de la vie quotidienne des hommes, en ce qui regarde leur subsistance et leurs conditions de vie, mais aussi la prospérité et la civilisation dans ses multiples aspects et aux différentes époques.

Réalisant tout cela, la sainte Eglise met en pratique le commandement de son Fondateur, le Christ, qui fait allusion surtout au salut éternel de l'homme lorsqu'il dit : « Je suis la Voie, la Vérité et la Vie » 2Jean, XIV, 6, et : « Je suis la Lumière du monde » 3Jean, VIII, 12., mais qui ailleurs, regardant la foule affamée, s'écrie gémissant : « J'ai compassion de cette foule » 4Marc, VIII, 2. ; donnant ainsi la preuve qu'il se préoccupe également des exigences terrestres des peuples. Par ses paroles, mais aussi par les exemples de sa vie, le divin Rédempteur manifesta ce souci quand, pour apaiser la faim de la foule, il multiplia plusieurs fois le pain d'une façon miraculeuse. Et par ce pain donné en nourriture du corps, il voulut annoncer cette nourriture céleste des âmes qu'il allait donner aux hommes la veille de sa Passion.

Notes

  1. 2. Jean, XIV, 6
  2. 3. Jean, VIII, 12.
  3. 4. Marc, VIII, 2.