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Vita Consecrata

VC · Exhortation apostolique · Jean-Paul II · 1996 · FR · 112 paragraphes · vatican.va ↗

« Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 22, 20). Cette attente est tout autre que passive : tout en se tournant vers le Royaume à venir, elle se traduit par le travail et la mission, parce que le Royaume se rend présent dès maintenant, à travers l'instauration de l'esprit des Béatitudes, propre à susciter dans la société humaine une réelle aspiration à la justice, à la paix, à la solidarité et au pardon. Cela ressort largement de l'histoire de la vie consacrée qui a toujours produit des fruits abondants pour le monde. Par leurs charismes, les personnes consacrées deviennent signe de l'Esprit en vue d'un avenir nouveau, éclairé par la foi et par l'espérance chrétienne. La tension eschatologiques se traduit dans la mission, afin que le Royaume s'affermisse et progresse ici et maintenant. À l'invocation « Viens, Seigneur Jésus ! », s'ajoute l'autre prière : « Que ton Règne vienne ! » (Mt 6, 10). Celui qui veille pour attendre l'accomplissement des promesses du Christ est en mesure de communiquer l'espérance à ses frères et sœurs, souvent découragés et pessimistes face à l'avenir. Son espérance se fonde sur la promesse de Dieu que contient la Parole révélée : l'histoire des hommes avance vers « le ciel nouveau et la terre nouvelle » (Ap 21, 1), dans lesquels le Seigneur « essuiera toute larme de leurs yeux : de mort, il n'y en aura plus; de pleur, de cri et de peine, il n'y en aura plus, car l'ancien monde s'en est allé » (Ap 21, 4). La vie consacrée est au service du rayonnement définitif de la gloire divine, lorsque toute chair verra le salut de Dieu (cf. Lc 3, 6 ; Is 40, 5). L'Orient chrétien souligne cet aspect, lorsqu'il désigne les moines comme des anges de Dieu sur la terre qui annoncent le renouveau du monde dans le Christ. En Occident, le monachisme est célébration de mémoire et de veille : mémoire des merveilles que Dieu fait, veille dans l'attente de l'accomplissement ultime de l'espérance. Le message du monachisme et de la vie contemplative redit sans cesse que la primauté de Dieu apporte à l'existence humaine une plénitude de sens et de joie, car l'homme est fait pour Dieu et il est sans repos tant qu'il ne repose en Lui. La Vierge Marie, modèle pour la consécration et pour la sequela Christi 111Apoc. 22, 20.112Matth. 6, 10.113Apoc. 21, 1.114Ibid. 21, 4.115Cfr. Luc. 3, 6; Is. 40, 5.116Cfr. S. AUGUSTINI Confessiones 1, 1: PL 32, 661.

Marie est celle qui, dès son immaculée conception, reflète avec la plus grande perfection la beauté divine. « Toute belle », c'est le titre sous lequel l'invoque l'Église. « La relation à la très sainte Vierge Marie, que tout fidèle entretient en conséquence de son union au Christ, apparaît encore plus accentuée dans la vie des personnes consacrées. [...] Chez tous [les Instituts de vie consacrée], il y a la conviction que la présence de Marie a une importance fondamentale tant pour la vie spirituelle de toute âme consacrée, que pour la consistance, l'unité, le progrès de toute la communauté ». Marie est en effet un exemple sublime de consécration parfaite, par sa pleine appartenance à Dieu et par le don total d'elle-même. Choisie par le Seigneur, qui a voulu accomplir en elle le mystère de l'Incarnation, elle rappelle aux consacrés la primauté de l'initiative de Dieu. En même temps, ayant donné son assentiment à la Parole divine qui s'est faite chair en elle, Marie se situe comme le modèle de l'accueil de la grâce par la créature humaine. Proche du Christ, avec Joseph, dans la vie cachée de Nazareth, présente auprès de son Fils dans les moments cruciaux de sa vie publique, la Vierge est maîtresse pour montrer comment suivre le Christ sans conditions et Le servir assidûment. En elle, « sanctuaire du Saint-Esprit », brille ainsi toute la splendeur de la créature nouvelle. La vie consacrée la considère comme un modèle sublime de consécration au Père, d'union avec son Fils et de docilité à l'Esprit, dans la conscience qu'embrasser « le genre de vie virginale et pauvre » du Christ signifie faire sien également le genre de vie de Marie. En outre, la personne consacrée rencontre chez la Vierge une Mère à un titre tout à fait spécial. De fait, si la nouvelle maternité conférée à Marie au Calvaire est un don fait à tous les chrétiens, elle a une valeur singulière pour ceux qui ont consacré pleinement leur vie au Christ. « Voici ta mère » (Jn 19, 27) : les paroles de Jésus au « disciple qu'il aimait » (Jn 19, 26) ont une profondeur particulière pour la vie de la personne consacrée. Celle-ci est en effet appelée, comme Jean, à prendre avec elle la très sainte Vierge Marie (cf. Jn 19,27) : elle l'aimera et elle l'imitera avec la radicalité propre à sa vocation, et elle fera l'expérience, en retour, d'une tendresse maternelle toute spéciale. La Vierge lui communique l'amour qui lui permet d'offrir chaque jour sa vie pour le Christ, en coopérant avec Lui au salut du monde. C'est pourquoi le rapport filial avec Marie constitue la voie privilégiée de la fidélité à l'appel reçu et une aide très efficace pour progresser dans sa réponse et vivre en plénitude sa vocation. 117IOАNNIS PAULI PP. II Allocutio in Audientia generali; 1, die 29 mar. 1995: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XVIII, 1 (1995) 883.118Lumen Gentium, 53.119Ibid. 46.120Io. 19, 27.121Ibid. 19, 26.122Cfr. ibid. 19, 27.123Cfr. Propositio 55.

Notes

  1. 111. Apoc. 22, 20.
  2. 112. Matth. 6, 10.
  3. 113. Apoc. 21, 1.
  4. 114. Ibid. 21, 4.
  5. 115. Cfr. Luc. 3, 6;Is. 40, 5.
  6. 116. Cfr. S. AUGUSTINI Confessiones 1, 1: PL 32, 661.
  7. 117. IOАNNIS PAULI PP. II Allocutio in Audientia generali;1, die 29 mar. 1995: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XVIII, 1 (1995) 883.
  8. 118. Lumen Gentium, 53.
  9. 119. Ibid. 46.
  10. 120. Io. 19, 27.
  11. 121. Ibid. 19, 26.
  12. 122. Cfr. ibid. 19, 27.
  13. 123. Cfr. Propositio 55.