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Verbum Domini

VD · Exhortation apostolique · Benoît XVI · 2010 · FR · 124 paragraphes · vatican.va ↗

Je crois que ce qu’a écrit le Pape Jean-Paul II à ce sujet dans l’encyclique Fides et ratio peut contribuer à une compréhension plus complète de l’exégèse et, donc, de son rapport avec toute la théologie. Il soutenait qu’il ne faut pas sous-estimer « le danger inhérent à la volonté de faire découler la vérité de l’Écriture Sainte de l’application d’une méthodologie unique, oubliant la nécessité d’une exégèse plus large qui permet d’accéder, avec toute l’Église, au sens plénier des textes. Ceux qui se consacrent à l’étude des saintes Écritures doivent toujours avoir présent à l’esprit que les diverses méthodologies herméneutiques ont, elles aussi, à leur base une conception philosophique : il convient de l’examiner avec discernement avant de l’appliquer aux textes sacrés»115Jean-Paul II, Lett. enc. Fides et ratio (14 septembre 1998), n. 55 : AAS 91 (1999), pp. 49-50.. Cette réflexion clairvoyante nous permet d’observer comment dans l’approche herméneutique de la Sainte Écriture, se joue inévitablement le rapport correct entre foi et raison. En effet, l’herméneutique sécularisée de la Sainte Écriture se place comme l’acte d’une raison qui veut structuralement exclure la possibilité que Dieu entre dans la vie des hommes et qu’il parle aux hommes en une parole humaine. Pour cela il est aussi nécessaire d’inviter à élargir les espaces de la rationalité elle-même116Cf. Benoît XVI, Discours au 4eme Congrès national ecclésial d’Italie (19 octobre 2006) : AAS 98 (2006), pp. 804-815 ; L’ORf, 24 octobre 2006, p. 3-4.. C’est pourquoi dans l’utilisation des méthodes d’analyse historique, on devra éviter de prendre à son compte, là où ils se présentent, des critères qui, au préalable, se ferment à la révélation de Dieu dans la vie des hommes. L’unité des deux niveaux du travail d’interprétation de la Sainte Écriture présuppose, en définitive, une harmonie entre la foi et la raison. D’une part, il faut une foi qui, maintenant un rapport adéquat avec la droite raison, ne dégénère jamais en fidéisme, fauteur d’une lecture fondamentaliste de l’Écriture. D’autre part, il y a besoin d’une raison qui, en recherchant les éléments historiques présents dans la Bible, se montre ouverte et ne refuse pas a priori tout ce qui excède sa propre mesure. Du reste, la religion du Verbe incarné ne pourra que se montrer profondément raisonnable à l’homme qui cherche sincèrement la vérité et le sens ultime de sa propre vie et de l’histoire.

Notes

  1. 115. Jean-Paul II, Lett. enc. Fides et ratio (14 septembre 1998), n. 55 : AAS 91 (1999), pp. 49-50.
  2. 116. Cf. Benoît XVI, Discours au 4eme Congrès national ecclésial d’Italie (19 octobre 2006) : AAS 98 (2006), pp. 804-815 ;L’ORf, 24 octobre 2006, p. 3-4.