La première annonce est destinée aux non-croyants et à ceux qui, de fait, vivent dans l'indifférence religieuse. Elle a pour objet l'annonce de l'Evangile et l'appel à la conversion. La catéchèse, qui se « distingue de la première annonce de l'Evangile », 182CT 19. développe et porte à maturité la conversion initiale en éduquant le converti à la foi et en l'incorporant dans la communauté chrétienne. Ainsi, ces deux formes du ministère de la Parole sont distinctes et se complètent. La première annonce qui est du devoir de chaque chrétien est une réponse à l'appel de Jésus à ses disciples: « Allez ». 183Mc 16,15 et Mt 28,19. Cette première annonce engage par conséquent à sortir, à se hâter, à proposer. La catéchèse, au contraire, part de la condition mise par Jésus lui-même: « celui qui croira », 184Mc 16,16. celui qui se convertira, celui qui se décidera. Les deux actions sont essentielles et s'appellent mutuellement: aller et accueillir, annoncer et éduquer, appeler et incorporer.
Dans la pratique pastorale, cependant, les frontières entre les deux actions ne sont pas facilement définissables. Souvent, les personnes qui accèdent à la catéchèse ont besoin, de fait, d'une conversion authentique. C'est pourquoi l'Eglise souhaite, en général, qu'une première étape du processus catéchistique soit consacrée à susciter la conversion. 185Cf. CT 19; DGC (1971) 18. Dans la « missio ad gentes », cette tâche s'effectue dans le « pré-catéchuménat ». 186RICA 9-13; cf. CIC 788. Dans la situation qui requiert la « nouvelle évangélisation, on a recours à la catéchèse kérygmatique » que certains appellent « précatéchèse », 187Dans ce Directoire, on suppose que, d'ordinaire, le destinataire de la « catéchèse kérygmatique » ou « précatéchèse » a un intérêt ou une préoccupation pour l'Evangile. Si ce n'est absolument pas le cas, c'est une « première annonce » qui est requise. parce que, en s'inspirant du pré-catéchuménat, elle est une proposition de la Bonne Nouvelle en vue d'une option de foi solide. C'est uniquement à partir de la conversion, c'est-à-dire en comptant sur l'attitude intérieure de « celui qui croira », que la catéchèse proprement dite jouera son rôle spécifique d'éducation à la foi. 188Cf. RICA 9, 10, 50; CT 19. Le fait que la catéchèse accomplisse, en un premier temps, cette tâche missionnaire, ne dispense pas l'Eglise particulière de promouvoir une intervention action institutionnelle de première annonce comme accomplissement plus direct du mandat missionnaire de Jésus. Le renouveau catéchistique doit se fonder sur cette évangélisation missionnaire préalable. La catéchèse au service de l'initiation chrétienne La catéchèse, « moment » essentiel du processus d'évangélisation
L'exhortation apostolique Catechesi Tradendae, en situant la catéchèse dans la mission de l'Eglise, rappelle que l'évangélisation est une réalité riche, complexe et dynamique, faite de « moments » essentiels et différents entre eux. Et elle ajoute: « La catéchèse est l'un de ces moments — et combien remar- quable — de tout le processus d'évangélisation ». 189CT 18; cf. 20c. Cela veut dire qu'il y a des activités qui « préparent » 190CT 18. la catéchèse et d'autres qui en « découlent ». 191Ibid. Le « moment » de la catéchèse est le temps pendant lequel prend forme la conversion à Jésus-Christ; il établit les fondements de la première adhésion. Les convertis, par « une formation à la vie chrétienne intégrale et un apprentissage mené de la façon qui convient », 192AG 14. sont initiés au mystère du Salut et à un mode de vie évangélique. Il s'agit, en effet, de les « initier à la plénitude de la vie chrétienne ». 193CT 18.
En exerçant de diverses manières cette tâche d'initiation du ministère de la Parole, la catéchèse établit les fondements de l'édifice de la foi. 194S. Cyrille de Jérusalem: Catecheses illuminandorum I, 11: PG 33, 351-352. D'autres tâches de ce ministère élèveront ensuite les étages de l'édifice. La catéchèse d'initiation est ainsi le maillon reliant l'activité missionnaire, qui appelle à la foi, à l'activité pastorale qui régénère la communauté chrétienne. Il ne s'agit donc pas d'une activité facultative, mais fondamentale pour développer aussi bien la personnalité du disciple que celle de la communauté. Sans elle, l'activité missionnaire serait vaine. Sans elle, encore, l'activité pastorale n'aurait pas de fondement et serait donc superficielle, vague: le moindre coup de vent ferait s'écrouler l'édifice. 195Cf. Mt 7,24-27. En vérité, « la croissance intérieure de l'Eglise, sa correspondance avec le dessein de Dieu, dépendent essentiellement d'elle ». 196CT 13; cf. CT 15. En ce sens, la catéchèse doit être considérée comme un moment prioritaire dans l'évangélisation. La catéchèse au service de l'initiation chrétienne
La foi, par laquelle l'homme répond à l'annonce de l'Evangile, exige le baptême. Le lien intime entre foi et baptême s'enracine dans la volonté même du Christ qui ordonne à ses apôtres de faire de toutes les nations ses disciples et de les baptiser. « La mission de baptiser, donc la mission sacramentelle, est impliquée dans la mission d'évangéliser ». 197CEC 1122. En recevant les sacrements de l'initiation chrétienne — le Baptême, la Confirmation et l'Eucharistie —, ceux qui se sont convertis à Jésus-Christ et ont été éduqués à la foi par la catéchèse, sont « délivrés de la puissance des ténèbres; morts avec le Christ, ensevelis avec Lui et ressuscités avec lui, ils reçoivent l'Esprit d'adoption des enfants et célèbrent avec tout le Peuple de Dieu le mémorial de la mort et de la résurrection du Seigneur ». 198AG 14; cf. CEC 1212, 1229.
La catéchèse est ainsi un élément fondamental de l'initiation chrétienne; elle est étroitement liée aux sacrements de l'initiation, surtout au Baptême, « sacrement de la foi ». 199CEC 1253. Dans le catéchuménat baptismal des adultes, propre à la mission ad gentes, la catéchèse précède le baptême. Dans la catéchèse des baptisés (enfants, jeunes ou adultes) la formation suit le baptême. Mais dans ce cas également, l'objectif de la catéchèse est de faire découvrir et vivre les immenses richesses du Baptême reçu. CEC 1231 utilise l'expression catéchuménat post-baptismal. ChL 61 parle de catéchèse post-baptismale. Le maillon qui relie la catéchèse au baptême est la profession de foi; celle-ci est, à la fois, l'élément intérieur de ce sacrement et l'objectif de la catéchèse. La finalité de l'activité catéchistique est précisément de favoriser une profession de foi vivante, explicite et agissante. 200Cf. CD 14. Pour y parvenir, l'Eglise transmet aux catéchumènes et à ceux qu'il faut catéchiser, son expérience vivante de l'Evangile, sa foi, afin qu'ils se l'approprient en la professant à leur tour. Par conséquent, « la catéchèse authentique est toujours initiation ordonnée et systématique à la Révélation que Dieu a faite de lui-même à l'homme, en Jésus-Christ, Révélation gardée dans la mémoire profonde de l'Eglise et dans les Saintes Ecritures, et constamment communiquée, par une « traditio » vivante et active, d'une génération à l'autre ». 201CT 22; cf. 18d, 21b. Caractéristiques fondamentales de la catéchèse d'initiation
« Moment essentiel » du processus d'évangélisation, au service de l'initiation chrétienne, la catéchèse revêt certaines caractéristiques. 202Cf. CT 21. Elle est: – Une formation organique et systématique de la foi. Le Synode de 1977 a souligné la nécessité d'une catéchèse « structurée et cohérente », 203CT 21. Deux raisons méritent d'être soulignées dans cet apport du Synode, contenu dans « Catechesi Tradendae »: le souci de tenir compte d'un problème pastoral (« j'insiste sur la nécessité d'un enseignement chrétien organique et systématique, parce que de divers côtés, on tend à en minimiser l'importance »); et le caractère organique qui distingue la catéchèse. étant donné que l'approfondissement du mystère chrétien distingue fondamentalement la catéchèse de toutes les autres formes d'annonce de la Parole de Dieu. – Cette formation organique est plus qu'un enseignement: elle est un apprentissage de toute la vie chrétienne, « une initiation chrétienne intégrale » 204CT 21. qui permet une vie authentique à la suite du Christ, centrée sur sa Personne. Il s'agit, en effet, d'éduquer à la connaissance et à la vie de foi, de sorte que l'homme tout entier, dans ses expériences les plus profondes, se sente fécondé par la Parole de Dieu. Le disciple du Christ sera ainsi aidé à transformer le vieil homme, à assumer les promesses de son Baptême et à professer la foi à partir du « cœur ». 205Cf. CT 20; Saint Augustin, De catechizandis rudibus IV, 8: CCL 46, 128-129. – Elle est une formation de base, essentielle, 206Cf. CT 21b. centrée sur le noyau de l'expérience chrétienne, sur les certitudes de la foi et sur les valeurs évangéliques les plus fondamentales. La catéchèse établit les fondements de l'édifice spirituel du chrétien, nourrit les racines de sa vie de foi, en le préparant à recevoir la nourriture solide dans la vie ordinaire de la communauté chrétienne.
En résumé, organique et systématique, la catéchèse d'initiation ne peut être un fait circonstanciel ou occasionnel; 207Cf. CT 21c. apprentissage de la vie chrétienne, elle va au-delà — d'un simple enseignement tout en l'incluant —; 208Cf. AG 14; CT 33 et CEC 1231. essentielle, elle porte sur ce qui est « ordinaire » pour le chrétien, sans aborder les questions disputées ni se transformer en recherche théologique. Enfin, initiation, elle incorpore dans la communauté qui vit, célèbre et témoigne de la foi. Elle accomplit donc en même temps des tâches d'initiation, d'éducation et d'instruction. 209Cf. DGC (1971) 31. Cette richesse, inhérente au catéchuménat des adultes non-baptisés, doit inspirer les autres formes de catéchèse. La catéchèse au service de l'éducation permanente de la foi L'éducation permanente de la foi dans la communauté chrétienne
L'éducation permanente de la foi suit l'éducation de base et la suppose. Toutes deux sont des formes du ministère de la Parole, distinctes et complémentaires, au service du processus permanent de conversion. La catéchèse d'initiation établit les fondements de la vie chrétienne chez les disciples de Jésus. Le processus permanent de conversion va au-delà de ce qu'apporte la catéchèse de base. Pour favoriser ce processus, il faut une communauté chrétienne qui accueille les catéchumènes, les soutienne et les forme dans la foi. « La catéchèse risque de se stériliser si une communauté de foi et de vie chrétienne n'accueille pas le catéchumène à un certain stade de sa catéchèse ». 210CT 24. En accompagnant le catéchumène, la communauté le fait vivre pleinement au milieu d'elle.
Dans la communauté chrétienne, les disciples de Jésus s'alimentent à une double table: « tant celle de la Parole de Dieu que celle du Corps du Christ ». 211DV 21. L'Evangile et l'Eucharistie sont la nourriture constante du pèlerin dans sa marche vers la maison du Père. L'action de l'Esprit Saint fait que le don de la « communion » et l'engagement pour la « mission » sont vécus de manière toujours plus profonde et intense. L'éducation permanente de la foi s'adresse non seulement à chaque chrétien qu'elle accompagne dans sa marche vers la sainteté, mais aussi à la communauté chrétienne qu'elle fait mûrir dans sa vie intime d'amour de Dieu et des frères et dans son ouverture missionnaire au monde. Le désir et la prière de Jésus au Père sont un appel incessant: « Que tous soient un, comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, afin que le monde croie que tu m'as envoyé ». 212Jn 17,21. Pour s'approcher peu à peu de cet idéal, la communauté a besoin d'une grande fidélité à l'action de l'Esprit Saint, de s'alimenter sans cesse au Corps et au Sang du Seigneur et d'éduquer sa foi en permanence, dans l'écoute de la Parole. A cette table de la Parole de Dieu, l'homélie occupe une place privilégiée car « elle reprend l'itinéraire de foi proposé par la catéchèse et le porte à son achèvement naturel; en même temps, elle pousse les disciples du Seigneur à reprendre chaque jour leur itinéraire spirituel dans la vérité, l'adoration et l'action de grâce ». 213CT 48; cf. SC 52; DV 24; DGC (1971) 17; Misssale Romanum, Ordo lectionum Missae, n. 24, Editio typica altera, Libreria Editrice Vaticana 1981. Les nombreuses formes de catéchèse permanente
Dans l'éducation permanente de la foi, le ministère de la Parole peut compter sur de nombreuses formes de catéchèse, parmi lesquelles: – L'étude et l'approfondissement de l'Ecriture Sainte, lue non seulement dans l'Eglise, mais avec l'Eglise et avec sa foi toujours vivante. Cela aide à découvrir la vérité divine, de façon à susciter une réponse de foi. La « lectio divina » est une des formes par excellence de cette étude vitale de l'Ecriture. 214Cf. DV 21-25; Commission biblique pontificale, Document L'interprétation de la Bible dans l'Eglise (21 septembre 1993), IV, C, 2-3. – La lecture chrétienne des événements, que réclame la vocation missionnaire de la communauté chrétienne. A ce sujet, l'étude de la doctrine sociale de l'Eglise est indispensable puisque « son but principal est d'interpréter ces réalités (celles, complexes, de la vie de l'homme dans la société et dans le contexte international), en examinant leur conformité ou leurs divergences avec les orientations de l'enseignement de l'Evangile ». 215SRS 41; cf. CA, 5; 53-62; DGC (1971) 26; Congrégation pour l'éducation catholique, Document Orientations pour l'étude et l'enseignement de la doctrine sociale de l'Eglise dans la formation des prêtres (30 décembre 1988), Rome 1988. – La catéchèse liturgique qui prépare aux sacrements et favorise une compréhension et une expérience plus profonde de la liturgie. Elle explique les contenus des prières, le sens des gestes et des signes, elle éduque à la participation active, à la contemplation et au silence. Elle doit être considérée « comme une forme éminente de catéchèse ». 216CT 23; cf. SC 35 ad 3; CIC 777, ad 1 et 2. – La catéchèse occasionnelle qui aide à interpréter et à vivre dans une vision de foi certaines circonstances de la vie personnelle, familiale et sociale. 217Cf. CT 21c et 47; DGC (1971) 96 ad c, d, e, f. – Les initiatives de formation spirituelle qui renforcent les convictions, ouvrent à de nouveaux horizons et aident à persévérer dans la prière et dans les engagements de la « sequela Christi ». – L'approfondissement systématique du message chrétien par un enseignement théologique qui éduque vraiment à la foi, qui fait grandir dans l'intelligence de la foi et donne au chrétien la capacité de rendre compte de son espérance dans le monde actuel. 218Cf. 1 P 3,15; Congrégation pour la doctrine de la foi, Instruction Donum veritatis, n. 6b: l.c. 1552; CT 61, sur le rapport entre catéchèse et théologie. En un certain sens, on pourrait appeler cet enseignement « catéchèse de perfectionnement ».
Il est extrêmement important que la catéchèse d'initiation pour les adultes — baptisés ou non —, la catéchèse d'initiation — pour les enfants et les jeunes — et la catéchèse permanente soient reliées entre elles dans le projet catéchistique de la communauté chrétienne, afin que l'Eglise particulière grandisse harmonieusement et que son activité évangélisatrice découle de sources sûres. « Il importe que catéchèse d'enfants et de jeunes, catéchèse permanente, catéchèse d'adultes ne soient pas des domaines étanches... Il faut favoriser leur parfaite complémentarité ». 219CT 45c. Catéchèse et enseignement de la religion a l'école Le caractère propre de l'enseignement de la religion à l'école
Une attention spéciale mérite d'être portée — au sein du ministère de la Parole — sur le caractère propre de l'enseignement religieux à l'école et sur son rapport avec la catéchèse des enfants et des jeunes. L'enseignement de la religion à l'école et la catéchèse ont un rapport distinct et complémentaire: « Il existe un lien indissoluble et, à la fois, une nette distinction entre l'enseignement de la religion et la catéchèse ». 220Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension religieuse de l'éducation dans l'Ecole catholique - Lineamenta pour la réflexion et la révision (7 avril 1988), n. 68; cf. CD 13c; Jean-Paul II, Allocution aux prêtres du diocèse de Rome (5 mars 1981): Insegnamenti di Giovanni Paolo II, IV1, pp. 629-630; CIC 761. Ce qui confère à l'enseignement de la religion à l'école sa caractéristique, c'est qu'il est appelé à pénétrer le milieu culturel et à entrer en relation avec d'autres formes du savoir. En tant que forme originale du ministère de la parole, en effet, cet enseignement insère l'Evangile dans le processus personnel d'assimilation, systématique et critique, de la culture.221Cf. Sacrée Congrégation pour l'éducation catholique, Document L'Ecole catholique (19 mars 1977), n. 26. Dans l'univers culturel intériorisé par les élèves et défini par les connaissances et par les valeurs offertes par d'autres disciplines scolaires, l'enseignement de la religion à l'école dépose le ferment dynamique de l'Evangile et tente de « rejoindre vraiment les autres éléments du savoir et de l'éducation, afin que l'Evangile imprègne la mentalité des élèves sur le terrain de leur formation et que l'harmonisation de leur culture se fasse à la lumière de la foi ». 222CT 69. A noter, comme pour CT 69, que l'originalité de l'enseignement de la religion à l'école ne consiste pas seulement à rendre possible le dialogue avec la culture en général, puisque cela concerne toutes les formes du ministère de la Parole. Par l'enseignement de la religion à l'école on cherche, plus directement, à promouvoir ce dialogue dans le processus personnel d'initiation systématique et critique, et de rencontre avec le patrimoine culturel promu par l'école. D'où la nécessité que l'enseignement de la religion à l'école apparaisse comme une discipline scolaire, avec la même exigence d'ordre et de rigueur qu'ont les autres disciplines. Il doit présenter le message et l'événement chrétien avec le même sérieux et la même profondeur que ceux mis en œuvre par les autres disciplines pour présenter leurs connaissances. A leurs côtés, il ne se situe pas comme une chose accessoire, mais comme l'élément d'un indispensable dialogue interdisciplinaire. Ce dialogue doit s'instaurer, avant tout, à ce niveau où chaque discipline influe sur la personnalité de l'élève. Ainsi, la présentation du message chrétien jouera sur la manière de concevoir l'origine du monde et le sens de l'histoire, le fondement des valeurs éthiques, le rôle de la religion dans la culture, la destinée de l'homme, le rapport avec la nature. L'enseignement religieux à l'école, à travers ce dialogue interdisciplinaire, fonde, renforce, développe et complète l'action éducative de l'école. 223Cf. Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension religieuse de l'éducation dans l'Ecole catholique..., n. 70: l.c. Le contexte scolaire et les destinataires de l'enseignement scolaire de la religion
L'enseignement de la religion à l'école s'exerce dans des contextes scolaires différents, ce qui fait que, tout en maintenant son caractère propre, il prend des accentuations diverses. Celles-ci dépendent des conditions juridiques et organisationnelles, de la conception de l'enseignement, des présupposés personnels des enseignants et des élèves, ainsi que des rapports de l'enseignement de la religion à l'école avec la catéchèse familiale et paroissiale. On ne peut réduire à une seule forme tous les modèles d'enseignement de la religion à l'école qui sont apparus au cours de l'histoire, suite aux conventions avec les Etats et aux délibérations des conférences épiscopales. Il est pourtant nécessaire de s'engager afin que cet enseignement, selon ses présupposés, réponde à sa finalité et à ses caractéristiques particulières. 224Cf. Jean-Paul II, Allocution au Symposium du Conseil des Conférences Episcopales d'Europe sur l'Enseignement de la Religion catholique dans l'Ecole publique (15 avril 1991), n. 5: Insegnamenti di Giovanni Paolo II, XIV1, pp. 780 ss. Les élèves « ont le droit d'apprendre avec vérité et certitude la religion à laquelle ils appartiennent. On ne peut négliger leur droit à connaître plus à fond la personne du Christ ainsi que l'intégrité de l'annonce du salut qu'il a apporté. Le caractère confessionnel de l'enseignement de la religion dans l'école, dispensé par l'Eglise selon les modalités et les formes établies en chaque pays, est donc une garantie indispensable offerte aux familles et aux élèves qui choisissent cet enseignement ». 225Ibid. Pour l'école catholique, cet enseignement de la religion, en étant qualifié et complété par d'autres formes du ministère de la Parole (catéchèses, célébrations liturgiques, etc.), est une partie indispensable de leur tâche pédagogique et le fondement de leur existence. 226Cf. CT 69; Congrégation pour l'éducation catholique, Dimension religieuse de l'éducation dans l'école catholique, n. 66: l.c. L'enseignement de la religion, dans le cadre de l'école publique et de l'école non-confessionnelle, là où les autorités civiles ou d'autres circonstances imposent qu'il soit commun aux catholiques et aux non-catholiques, aura un caractère plus œcuménique et servira à une connaissance interreligieuse commune. 227Cf. CT 33. En d'autres circonstances, l'enseignement scolaire de la religion pourra prendre un caractère plutôt culturel, s'intéressant à la connaissance des religions, tout en présentant la religion catholique avec l'importance qui lui revient. 228Cf. CT 34. Dans ce cas également, surtout s'il est dispensé par un professeur sincèrement respectueux, il garde une dimension de vraie « préparation évangélique ».
La situation de vie et de foi des élèves qui fréquentent l'enseignement religieux dans l'école est caractérisée par une mutation continue et considérable. L'enseignement religieux à l'école doit tenir compte de ce donné pour pouvoir rejoindre ses propres finalités. L'enseignement scolaire de la religion aide les élèves croyants à mieux comprendre le message chrétien par rapport aux grands problèmes de l'existence qui sont communs aux religions et caractéristiques de tout être humain, par rapport aux conceptions de la vie les plus répandues dans la culture, et aux principaux problèmes moraux qui concernent l'humanité actuelle. Quant aux élèves qui sont en phase de recherche, ou confrontés à des doutes religieux, ils pourront trouver dans l'enseignement religieux scolaire ce qu'est exactement la foi en Jésus-Christ, quelles sont les réponses de l'Eglise à leurs questions, leur permettant de mieux peser leur décision personnelle. Enfin, pour les élèves non-croyants, l'enseignement scolaire de la religion revêt les caractéristiques d'une annonce missionnaire de l'Evangile, en vue d'une décision de foi que la catéchèse, de son côté, dans un contexte communautaire, fera grandir et mûrir. Education chrétienne en famille, catéchèse et enseignement de la religion à l'école au service de l'éducation dans la foi
L'éducation chrétienne en famille, la catéchèse et l'enseignement de la religion à l'école, chacun selon ses caractéristiques propres, sont intimement liés entre eux, au service de l'éducation chrétienne des enfants, des adolescents et des jeunes. Sur le plan pratique, il faut cependant tenir compte des variations qui se présentent, afin de procéder avec réalisme et prudence pastorale à l'application des orientations générales. Il appartient, par conséquent, à chaque diocèse ou région pastorale de discerner les diverses circonstances, soit en ce qui concerne l'existence ou non d'une initiation chrétienne dans le milieu familial, soit en ce qui concerne les tâches éducatives exercées dans la tradition ou la situation locale par les paroisses, les écoles, etc. Les Eglises particulières et la conférence épiscopale donneront donc les orientations propres aux divers milieux, en encourageant des activités qui sont, à la fois, distinctes et complémentaires.