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Mater et Magistra

MM · Jean XXIII · 1961 · FR · 259 paragraphes · vatican.va ↗

Il est, au contraire, parfaitement conforme au plan de la Providence que chacun se perfectionne par son travail quotidien, qui, pour la presque totalité du genre humain, est un travail à matière et finalité temporelles. L'Église affronte aujourd'hui une tâche immense : donner un accent humain et chrétien à la civilisation moderne, accent que cette civilisation même réclame, implore presque, pour le bien de son développement et de son existence même. Comme Nous y avons fait allusion, l'Eglise accomplit cette tâche surtout par le moyen de ses fils, les laïcs, qui, dans ce but, doivent se sentir engagés à exercer leurs activités professionnelles comme l'accomplissement d'un devoir, comme un service que l'on rend, en union intime avec Dieu, dans le Christ et pour sa gloire, comme l'indique l'apôtre saint Paul : « Soit donc que vous mangiez, soit que vous buviez et quoi que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu. » 54I Cor., X, 31. « Quoi que volts puissiez dire ou faire, que ce soit toujours au nom du Seigneur Jésus, rendant par lui grâces au Dieu Père. » 55Col. III, 17.

Une plus grande efficacité dans les activités temporelles Lorsque dans les activités et les institutions temporelles on s'ouvre aux valeurs spirituelles et aux fins surnaturelles, leur efficacité propre et immédiate se renforce d'autant. La parole du divin Maître reste toujours vraie : « Cherchez avant tout le royaume de Dieu et sa justice, et tout cela vous sera donné par surcroît. » 56Matth., VI, 33. Car celui qui est devenu « lumière du Seigneur » 57Ephés., V, 8. et qui marche comme « un fils de la lumière » 58Cf. ibid. perçoit plus sûrement les exigences fondamentales de la justice, même dans les domaines les plus complexes et les plus difficiles de l'ordre temporel, ceux dans lesquels bien souvent les égoïsmes des individus, des groupes et des races, s'insinuent et répandent d'épais brouillards. Celui qui est animé par la charité du Christ se sent uni aux autres et éprouve les besoins, les souffrances et les joies des autres comme les siennes propres. En conséquence, l'action de chacun, quelqu'en soit l'objet ou quel que soit le milieu où elle s'exerce, ne peut pas ne pas être plus désintéressée, plus vigoureuse, plus humaine, puisque la charité « est patiente, elle est bienveillante..., elle ne cherche pas son intérêt..., elle ne se réjouit pas de l'injustice, mais met sa joie dans la vérité..., elle espère tout, elle supporte tout » 591 Cor., XIII 4-7..

Notes

  1. 54. I Cor., X, 31.
  2. 55. Col. III, 17.
  3. 56. Matth., VI, 33.
  4. 57. Ephés., V, 8.
  5. 58. Cf. ibid.
  6. 59. 1 Cor., XIII 4-7.