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Mater et Magistra

MM · Jean XXIII · 1961 · FR · 259 paragraphes · vatican.va ↗

Entre temps, comme observe avec perspicacité le Souverain Pontife, « à la liberté du marché a succédé une dictature économique. L'appétit du gain a fait place à une ambition effrénée de dominer. Toute la vie économique est devenue horriblement dure, implacable, cruelle » 15Cf. ibid., p. 211., déterminant l'asservissement des pouvoirs publics aux intérêts de groupes et aboutissant à l'hégémonie internationale de l'argent.

Pour porter remède à cette situation, le Pasteur suprême indique, comme principes fondamentaux, une nouvelle insertion du monde économique dans l'ordre moral et la poursuite des intérêts, individuels ou de groupes, dans la sphère du bien commun. Ceci comporte, selon son enseignement, le remaniement de la vie en commun moyennant la, reconstruction des corps intermédiaires autonomes, à but économique et professionnel, non imposés par l'Etat, mais créés spontanément par leurs membres ; la reprise de l'autorité par les pouvoirs publics pour assurer les tâches qui leur reviennent dans la réalisation du bien commun ; la collaboration économique sur le plan mondial entre communautés politiques.

Mais deux thèmes fondamentaux caractérisent la magistrale encyclique de Pie XI et s'imposent à notre considération. Le premier interdit absolument de prendre comme règle suprême des activités et des institutions du monde économique, soit l'intérêt individuel ou d'un groupe, soit la libre concurrence, soit l'hégémonie économique, soit le prestige ou la puissance de la nation, soit d'autres normes du même genre.

On doit, au contraire, considérer comme règles suprêmes de ces activités et des institutions la justice et la charité sociales.

Notes

  1. 15. Cf. ibid., p. 211.