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Les Devoirs des ministres

OFFM · Ambroise de Milan · 391 · FR · 550 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Puisque nous avons parlé de trois vertus, il nous reste à parler de la quatrième vertu que l'on appelle la tempérance et la modération où l'on voit et recherche surtout la tranquillité de l'âme, le goût de la douceur, l'agrément de la mesure, le souci de la beauté morale, la préoccupation du convenable.

II nous faut donc tenir une certaine ligne de vie, en telle sorte que nous tracions certaines fondations à partir de la modestie prise pour principe : elle qui est la compagne et l'amie du calme de l'âme, empressée à fuir l'effronterie, étrangère à tout excès ; elle chérit la sobriété , cultive la beauté morale, recherche ce convenable.

Qu'il s'ensuive un choix des relations pour nous attacher aux vieillards les plus estimés. Et en effet, de même que le commerce des contemporains est plus agréable, ainsi celui des vieilles gens est plus sûr : par une sorte d'enseignement et de direction concernant la vie, ce commerce déteint sur la conduite des jeunes gens, et l'imprègne pour ainsi dire de la pourpre de l'honnêteté. Et en effet, s'il est vrai que ceux qui sont dans l'ignorance des lieux, désirent vivement entreprendre le voyage avec des gens tout à fait instruits des chemins, combien plus les jeunes gens doivent-ils aborder, avec de vieilles gens, le voyage, nouveau pour eux, de la vie, afin d'éviter qu'ils ne puissent s'égarer et s'écarter du vrai sentier de la vertu ? En effet, rien n'est plus beau que d'avoir les mêmes hommes, et pour maîtres et pour témoins de sa vie.

II faut encore rechercher en toute action, ce qui s'accorde aux personnes, aux moments, et aux âges, ce qui en outre est adapté au caractère de chacun. Souvent en effet, ce qui convient à l'un, ne convient pas à l'autre. Une chose est appropriée au jeune homme et une autre à l'homme âgé ; l'une l'est dans les dangers, l'autre pour les situations favorables.

David dansa devant l'arche du Seigneur, tandis que Samuel ne dansa pas ; et le premier ne fut pas blâmé, mais ce fut plutôt le second qui fut loué. David changea son visage en face du roi — qui avait nom Achis — mais s'il avait fait cela indépendamment de la crainte d'être reconnu, en aucune manière il n'aurait pu être exempt du reproche de légèreté. Saül aussi, entouré d'un chœur de prophètes, prophétisa également lui-même ; et de lui seul, comme d'un personnage inconvenant, on a fait cette mention : « Saül est-il aussi parmi les prophètes ? ».