Que chacun donc connaisse son propre talent et s'applique à ce qu'il aura choisi comme lui étant approprié. Ainsi donc qu'il examine d'abord ce qu'il poursuivra : qu'il connaisse ses qualités mais reconnaisse aussi ses défauts et qu'il se montre un juge équitable de soi, afin d'aller dans le sens de ses qualités et d'esquiver ses défauts.
L'un se trouve être plus apte pour l'articulation de la lecture, un autre plus agréable pour la psalmodie, un autre plus attentif à exorciser ceux qui souffrent de l'esprit du mal, un autre plus à sa place à la sacristie. Que l'évêque considère tout cela et qu'il assigne à chacun pour devoir ce qui lui est approprié. Son propre talent en effet qui conduit chacun, ou bien le devoir qui lui convient, c'est cela dont on s'acquitte avec plus d'agrément.
Mais ceci qui est difficile en toute vie, est très difficile en particulier dans notre genre d'existence. Chacun en effet aime à suivre la manière de vivre de ses parents. Ainsi la plupart de ceux dont les parents ont servi dans la fonction publique, sont portés vers ce service, mais d'autres le sont vers des activités diverses.
Toutefois dans les devoirs d'une charge d'Église, on ne peut rien trouver de plus rare que l'homme qui suive la conduite de son père, ou bien parce que le genre d'existence, par son austérité, l'en détourne, ou bien parce que, à l'âge critique, l'abstinence paraît trop difficile, ou bien parce que, pour l'ardeur de la jeunesse, la manière de vivre paraît trop obscure ; et c'est pourquoi l'on se tourne vers des goûts que l'on juge plus dignes d'être applaudis. Ils sont assurément plus nombreux à préférer les réalités présentes aux réalités futures. Or ces hommes servent les réalités présentes, tandis que nous, nous servons les réalités futures. Aussi plus la cause est importante, plus le soin doit être attentif.