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Les Devoirs des ministres

OFFM · Ambroise de Milan · 391 · FR · 550 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

IL est donc clair, même d'après la divine Ecriture, qui est plus ancienne, que la sagesse ne peut exister sans la justice, parce que là où se trouve l'une de ces vertus, là se trouvent l'une et l'autre. Daniel aussi, avec quelle sagesse, grâce à une interrogation pénétrante, surprit-il le mensonge d'une accusation trompeuse, en telle sorte que les réponses des calomniateurs ne s'accordaient pas ! Ce fut donc le fait de la prudence, de dévoiler les coupables par le témoignage de leurs propres paroles ; mais aussi de la justice, de livrer au supplice les criminels, de tirer d'affaire une innocente.

Il existe donc une association indivisible de la sagesse et de la justice, mais l'usage du commun distingue une caractéristique déterminée des vertus : la tempérance réside dans le mépris des jouissances ; le courage apparaît dans les travaux et les dangers ; la prudence dans le choix des biens, par sa science de discerner les avantages et les inconvénients ; la justice, qui est la bonne gardienne du droit d'autrui, est aussi la garante de la propriété, en conservant à chacun son propre bien. Admettons donc, à cause de l'opinion commune, cette division opérée en quatre parties, nous tenant à l'écart de la discussion pointilleuse de la philosophie et de la sagesse — c'est en vue d'affiner la vérité que l'on retire, comme d'une sorte de sanctuaire, cette discussion — et suivons l'usage de la place publique et l'acception populaire. Tout cela donc est préservé par la division des vertus, en sorte que nous revenons à notre sujet.