TheoFonsAux sources de la foi

Les Devoirs des ministres

OFFM · Ambroise de Milan · 391 · FR · 550 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Mais il est encore un troisième point, concernant ceux qu'on pouvait juger dignes d'admiration, qui se trouve évoqué par l'exemple de Joseph, de Salomon et de Daniel. Car pourquoi parler de Moïse dont tout Israël attendait chaque jour les conseils ? En raison de leur vie, Israël savait la confiance qu'appelait leur prudence et faisait grandir l'admiration que celle-ci appelait. Qui pouvait ne pas s'en remettre au conseil de Moïse à qui les anciens réservaient, pour en juger, tout ce qu'ils croyaient être au-dessus de leur intelligence et de leur vertu ?

Qui pouvait esquiver le conseil de Daniel dont Dieu lui-même a dit : « Qui est plus sage que Daniel » ? Ou comment les hommes pouvaient-ils douter de l'esprit de ceux à qui Dieu accordait un si grand crédit? Sur le conseil de Moïse, des guerres étaient conduites ; en vertu des mérites de Moïse, la nourriture se répandait du ciel et la boisson du rocher.

Qu'elle était pure l'âme de Daniel pour adoucir les mœurs barbares, pour apaiser les lions ! Quelle tempérance en lui ! Quelle maîtrise de son âme et de son corps ! C'est bien à juste titre qu'il devenait l'objet de l'admiration de tous lorsque — chose que les hommes admirent passionnément — soutenu qu'il était par des amitiés royales, il ne recherchait pas l'or et ne faisait pas plus de cas de l'honneur qui lui avait été accordé que de sa foi. Bien plus, il aimait mieux s'exposer au danger pour obéir à la loi du Seigneur, que se plier pour obtenir la faveur de l'homme.

Car que dire de la chasteté et de la justice du saint Joseph — que j'avais presque passé sous silence ? Comme la première repoussa les séductions de sa maîtresse, refusa les récompenses ! Comme la seconde méprisa la mort, refoula la crainte, choisit la prison ! Qui pouvait ne pas juger cet homme capable de donner conseil en matière privée, lui dont l'âme féconde et l'esprit fertile donnèrent l'abondance à la stérilité de l'époque, par une sorte d'exubérance de ses conseils et de son cœur ?