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Somme théologique

STH · Thomas d'Aquin · 1274 · FR · 3114 paragraphes · docteurangelique.free.fr ↗

Article 4 — Le choix ne porte-t-il que sur les actions accomplies par nous ?

Objections :

1. Non, semble-t-il. Car le choix a pour objet les moyens ; or "les moyens ne sont pas seulement des actions mais aussi des instruments", remarque Aristote. Donc le choix ne concerne pas seulement les actes humains.

2. L'action se distingue de la contemplation. Mais le choix intervient aussi dans la contemplation, selon qu'une opinion est préférée à une autre. Donc le choix ne concerne pas seulement les actes humains.

3. Des hommes sont choisis pour certains offices séculiers ou ecclésiastiques par des hommes qui n'agissent en rien à leur égard. Donc le choix n'est pas relatif seulement aux actes humains.

Cependant :

Aristote affirme : "Nul ne choisit que ce qu'il croit pouvoir faire par lui-même."

Conclusion :

De même que l'intention porte sur la fin, le choix est relatif aux moyens. Or la fin peut être une action ou une réalité quelconque. Dans ce dernier cas il est nécessaire qu'une action humaine intervienne, soit pour produire la réalité, comme le médecin produit la santé qui est son but (c'est en effet sa raison d'être de médecin), soit pour s'en servir ou en jouir, comme l'avare dont la fin est l'argent ou la possession de l'argent. On doit en dire autant des moyens. Car il est nécessaire que le moyen soit ou bien une action, ou bien une réalité avec intervention d'une action qui produit le moyen ou qui l'utilise. De cette manière, le choix porte toujours sur des actes humains.

Solutions :

1. Les instruments sont ordonnés à une fin, en tant que l'homme les utilise en vue de la fin.

2. Dans la contemplation elle-même il y a un acte d'assentiment de l'intelligence à telle ou telle opinion ; c'est l'action extérieure qui s'oppose à la contemplation.

3. Celui qui élit un évêque ou un chef choisit effectivement de l'élever à cette dignité. Autrement, si son action était sans efficacité pour produire ce résultat, le choix ne lui en reviendrait pas. Il faut en dire autant de toute préférence d'une chose par rapport à une autre : il y a toujours là une opération de la part de celui qui choisit.