La synodalité missionnaire ne concerne pas seulement l’Église au niveau universel. L’exigence de cheminer ensemble, en rendant un réel témoignage de fraternité dans une vie communautaire renouvelée et plus évidente, concerne avant tout les diverses communautés. Il faut donc réveiller, dans chaque réalité locale, la conscience que nous sommes le Peuple de Dieu, appelé à incarner l’Évangile dans les différents milieux et dans toutes les situations quotidiennes. Cela nécessite de sortir de la logique de la délégation qui conditionne tant l’action pastorale. Nous pouvons prendre comme exemple les parcours de catéchèse pour la préparation aux sacrements, une tâche que de nombreuses familles délèguent totalement à la paroisse. Cette mentalité fait que les enfants risquent de ne pas percevoir la foi comme une réalité qui illumine la vie quotidienne, mais comme un ensemble de notions et de règles qui appartiennent à un milieu séparé de leur existence. Il est nécessaire, en revanche, de cheminer avec eux : la paroisse a besoin de la famille pour faire expérimenter aux jeunes le réalisme quotidien de la foi ; et inversement, la famille a besoin du ministère des catéchistes et de la structure paroissiale, pour offrir aux enfants une vision plus organique du christianisme, pour les introduire dans la communauté et les ouvrir à de plus vastes horizons. Il ne suffit donc pas de disposer de structures, si on ne se développe pas en leur sein d’authentiques relations ; c’est, de fait, la qualité de ces relations qui évangélise.