TheoFonsAux sources de la foi

Directoire général pour la catéchèse

DGC · Directoire · Congrégation pour le Clergé · 1997 · FR · 291 paragraphes · vatican.va ↗

La source à laquelle la catéchèse puise son message est la parole de Dieu: « La catéchèse puisera toujours son contenu à la source vivante de la Parole de Dieu, transmise dans la Tradition et dans les Ecritures, car la sainte Tradition et la sainte Ecriture constituent un unique dépôt sacré de la Parole de Dieu, confié à l'Eglise ». 297CT 27. Ce « dépôt de la foi », 298Cf. DV 10 a et b; 1 Tim 6,20 et 2 Tim 1,14. tel le trésor du maître de maison, est confié à l'Eglise, famille de Dieu; elle en tire sans cesse du neuf et de l'ancien. 299Cf. Mt 13,52. Tous les fils du Père, animés de son Esprit, se nourrissent de ce trésor de la Parole. Ils savent que la Parole c'est Jésus-Christ, le Verbe fait homme et que sa voix continue de retentir, par l'Esprit Saint, dans l'Eglise et dans le monde. La parole de Dieu, par une remarquable « condescendance » 300DV 13. divine, nous est adressée et nous parvient par des « œuvres et des paroles » humaines, de même que « jadis le Verbe du Père éternel, ayant pris l'infirmité de notre chair, est devenu semblable aux hommes ». 301Ibid. Sans cesser d'être parole de Dieu, elle s'exprime en parole humaine. Bien que proche, elle reste cependant voilée, dans un état de « kénose ». Aussi l'Eglise, guidée par l'Esprit-Saint, a-t-elle besoin de l'interpréter continuellement et, tandis qu'elle la contemple dans un profond esprit de foi, elle « l'écoute avec piété, la garde saintement et l'expose avec fidélité ». 302DV 10. La source et « les sources » du message de la catéchèse 303On le voit, les deux expressions sont utilisées: la source et « les sources ». Nous parlons de « la » source de la catéchèse pour souligner l'unicité de la Parole de Dieu, en rappelant le concept de Révélation dans Dei Verbum. On suit CT 27 qui parle aussi de la source de la catéchèse. On maintient cependant l'expression « les sources« selon l'usage catéchistique ordinaire de l'expression, pour indiquer les lieux concrets où la catéchèse puise son message; cf. DGC (1971) 45.

La parole de Dieu contenue dans la sainte Tradition et dans la sainte Ecriture: – est méditée et comprise toujours plus profondément par le biais du sens de la foi de tout le Peuple de Dieu, sous la conduite du Magistère qui l'enseigne avec autorité; – est célébrée dans la liturgie où elle est constamment proclamée, écoutée, intériorisée et commentée; – resplendit dans la vie de l'Eglise, dans son histoire deux fois millénaire, et surtout dans le témoignage des chrétiens, des saints particulièrement; – est approfondie dans la recherche théologique, qui aide les croyants à progresser dans l'intelligence vitale des mystères de la foi; – se manifeste dans les valeurs religieuses et morales authentiques qui sont répandues dans la société humaine et dans les diverses cultures en tant que semences de la Parole.

Ce sont là les sources, principales ou subsidiaires, de la catéchèse, qui, en aucun cas, ne doivent être comprises dans un sens univoque. 304Cf. DGC (1971) 45b. La Sainte Ecriture « est parole de Dieu en tant que, sous l'inspiration de l'Esprit divin, elle est consignée par écrit »; 305DV 9. et la sainte Tradition « transmet intégralement aux successeurs des Apôtres la parole de Dieu qui fut confiée à ceux-ci par le Christ Seigneur et par l'Esprit-Saint ». 306Ibid. Le Magistère a la charge « d'interpréter de façon authentique la parole de Dieu », 307DV 10b. exerçant, au nom de Jésus-Christ, un service ecclésial fondamental. Tradition, Ecriture et Magistère, étroitement liés et solidaires entre eux, sont, « chacun à sa façon », 308DV 10c. les sources principales de la catéchèse. Les « sources » de la catéchèse ont, chacune, leur langage propre, que l'on exprime par une riche variété de « documents de foi ». La catéchèse est la tradition vivante de ces documents: 309Cf. MPD 9. péricopes bibliques, textes liturgiques, écrits des Pères de l'Eglise, formulations du Magistère, symboles de la foi, témoignages des saints, réflexions théologiques. La source vive de la parole de Dieu et les « sources » qui en découlent et par lesquelles elle s'exprime, dictent à la catéchèse les critères pour transmettre son message à tous ceux qui ont mûri leur décision de suivre Jésus-Christ. Les critères pour la présentation du message

Les critères pour présenter le message évangélique dans la catéchèse sont étroitement liés entre eux puisqu'ils jaillissent d'une même source. – Le message centré sur la personne de Jésus-Christ (christocentrisme), de par sa dynamique interne, introduit à la dimension trinitaire du message. – L'annonce de la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, centrée sur le don du salut, implique un message de libération ». – Le caractère ecclésial du message renvoie à son caractère historique, puisque la catéchèse — comme l'évangélisation en général — s'exerce dans le « temps de l'Eglise ». – Le message évangélique en tant que Bonne Nouvelle destinée à tous les peuples, recherche l'inculturation; celle-ci ne pourra se réaliser en profondeur que si le message est présenté dans son intégrité et sa pureté. – Le message évangélique est nécessairement un message organique, avec sa propre hiérarchie des vérités. C'est cette vision harmonique de l'Evangile qui le transforme en un événement riche de sens pour la personne humaine. Bien que ces critères soient valables pour tout le ministère de la Parole, nous allons les développer en rapport à la catéchèse. Le christocentrisme du message évangélique

Jésus-Christ ne transmet pas seulement la parole de Dieu: Il est la parole de Dieu. Aussi est-ce la catéchèse tout entière qui Lui est référée. En ce sens, ce qui caractérise avant tout le message transmis par la catéchèse, c'est le « christocentrisme », 310Cf. CEC 426-429; CT 5-6; DGC (1971) 40. qu'il faut comprendre selon plusieurs sens: – Il signifie en premier lieu, qu'« au cœur de la catéchèse nous trouvons essentiellement une Personne, celle de Jésus de Nazareth, Fils unique du Père, plein de grâce et de vérité ». 311CT 5. En réalité, la tâche fondamentale de la catéchèse est de présenter le Christ, et tout le reste en référence à Lui. Ce qu'elle sert, en définitive, c'est la suite de Jésus, la communion avec Lui: chaque élément du message tend à cela. – Le christocentrisme signifie en second lieu que le Christ est au « centre de l'histoire du Salut » 312DGC (1971) 41a; cf. DCG (1971) 39, 40, 44. que présente la catéchèse. Il est, en effet, l'événement ultime, vers lequel converge toute l'histoire sainte. Lui qui est venu dans la « plénitude des temps » (Gal 4,4), il est « la clé, le centre et la fin de toute l'histoire humaine ». 313GS 10. Le message catéchistique aide le chrétien à se situer dans l'histoire et à y prendre une part active, en montrant comment le Christ est le sens ultime de celle-ci. – Le christocentrisme signifie, en outre, que le message évangélique n'est pas œuvre de l'homme, mais parole de Dieu. L'Eglise et, en son nom, tout catéchiste, peut dire en vérité: « Ma doctrine n'est pas de moi mais de Celui qui m'a envoyé » (Jn 7,16). C'est pourquoi, ce que transmet la catéchèse c'est l'« enseignement de Jésus-Christ, la Vérité qu'il communique ou, plus exactement, la Vérité qu'il est ». 314CT 6. Le christocentrisme oblige la catéchèse à transmettre ce que Jésus enseigne sur Dieu, sur l'homme, sur le bonheur, sur la vie morale, sur la mort... sans se permettre de changer en rien sa pensée. 315Cf. 1 Cor. 15,1-4; EN 15 e, f. Les Evangiles qui racontent la vie de Jésus sont au centre du message de la catéchèse. Dotés eux mêmes d'une « structure catéchétique », 316CT 11b. ils expriment l'enseignement que l'on proposait aux premières communautés chrétiennes et qui transmettait la vie de Jésus, son message et ses œuvres de salut. Dans la catéchèse, « les quatre Evangiles tiennent une place centrale puisque le Christ Jésus en est le centre ». 317CEC 139. Le christocentrisme trinitaire du message évangélique

La parole de Dieu, incarnée en Jésus de Nazareth, Fils de Marie toujours vierge, est la Parole même du Père qui parle au monde par son Esprit. Jésus renvoie sans cesse au Père, dont il sait qu'il est le Fils Unique, et à l'Esprit-Saint, dont il se sait l'Oint. Il est le « chemin » qui introduit dans le mystère intime de Dieu. 318Cf. Jn 14,6. Le christocentrisme de la catéchèse, en vertu de sa dynamique interne, mène à la profession de foi en Dieu: Père, Fils et Saint-Esprit. C'est un christocentrisme essentiellement trinitaire. Dans le Baptême, les chrétiens sont configurés au Christ, « Un de la Trinité » 319L'expression « Un de la Trinité » a été utilisée par le Vème Concile œcuménique de Constantinople (a. 553): cf. Constantinopolitanum II, Sessio VIII, can. 4: DS 424; elle est mentionnée dans CEC 468. et, « fils dans le Fils », ils entrent en communion avec le Père et avec le Saint-Esprit. Leur foi est par conséquent radicalement trinitaire. « Le mystère de la Très Sainte Trinité est le mystère central de la foi et de la vie chrétienne ». 320CEC 234; cf. CEC 2157.

Le christocentrisme trinitaire du message évangélique appelle la catéchèse à soigner, entre autres, les aspects suivants: – La structure interne de la catéchèse; chaque modalité de présentation sera toujours christocentrique et trinitaire: « Par le Christ, vers le Père, dans l'Esprit ». 321DGC (1971) 41; cf. Ep 2,18. Une catéchèse qui omettrait l'une de ces dimensions ou en méconnaîtrait le lien organique risquerait de trahir l'originalité du message chrétien. 322Cf. DGC (1971) 41. – En suivant la pédagogie même de Jésus dans sa révélation du Père, de Lui-même comme Fils, et du Saint-Esprit, la catéchèse présentera la vie intime de Dieu à partir de ses œuvres de salut en faveur de l'humanité. 323Cf. CEC 258, 236 et 259. Les œuvres de Dieu révèlent qui Il est en lui-même, tandis que le mystère de son Etre intime illumine l'intelligence de toutes ses œuvres. Il en est ainsi, analogiquement, dans les relations humaines: les personnes se révèlent par leurs actions, et mieux nous les connaissons, mieux nous comprenons ces actions. 324Cf. CEC 236. – La présentation de l'être intime de Dieu révélé par Jésus, un dans son essence et trine dans les personnes, en fera apparaître les implications fondamentales dans la vie des hommes. Confesser un Dieu unique signifie que « l'homme ne doit soumettre sa liberté personnelle, de façon absolue, à aucun pouvoir terrestre ». 325CEC 450. Cela signifie aussi que l'humanité, créée à l'image d'un Dieu qui est « communion de personnes », est appelée à être une société fraternelle, composée des fils d'un même Père, égaux dans leur dignité de personnes. 326Cf. CEC 1702; 1878. SRS 40 utilise, à ce sujet, l'expression « modèle d'unité« ; CEC 2845 invoque la communion de la Très Sainte Trinité comme « la source et le critère de la vérité de toute relation ». Les implications humaines et sociales de la conception chrétienne de Dieu sont immenses. En professant la foi en la Trinité et en l'annonçant au monde, l'Eglise se conçoit elle-même comme « un peuple rassemblé dans l'unité du Père, du Fils et du Saint-Esprit ». 327LG 4b, qui cite textuellement S. Cyprien, De dominica oratione 23: CCL 3A2, 105.

Notes

  1. 297. CT 27.
  2. 298. Cf. DV 10 a et b;1 Tim 6,20 et 2 Tim 1,14.
  3. 299. Cf. Mt 13,52.
  4. 300. DV 13.
  5. 301. Ibid.
  6. 302. DV 10.
  7. 303. On le voit, les deux expressions sont utilisées: la source et « les sources ». Nous parlons de « la » source de la catéchèse pour souligner l'unicité de la Parole de Dieu, en rappelant le concept de Révélation dans Dei Verbum. On suit CT 27 qui parle aussi de la source de la catéchèse. On maintient cependant l'expression « les sources« selon l'usage catéchistique ordinaire de l'expression, pour indiquer les lieux concrets où la catéchèse puise son message;cf. DGC (1971) 45.
  8. 304. Cf. DGC (1971) 45b.
  9. 305. DV 9.
  10. 306. Ibid.
  11. 307. DV 10b.
  12. 308. DV 10c.
  13. 309. Cf. MPD 9.
  14. 310. Cf. CEC 426-429;CT 5-6;DGC (1971) 40.
  15. 311. CT 5.
  16. 312. DGC (1971) 41a;cf. DCG (1971) 39, 40, 44.
  17. 313. GS 10.
  18. 314. CT 6.
  19. 315. Cf. 1 Cor. 15,1-4;EN 15 e, f.
  20. 316. CT 11b.
  21. 317. CEC 139.
  22. 318. Cf. Jn 14,6.
  23. 319. L'expression « Un de la Trinité » a été utilisée par le Vème Concile œcuménique de Constantinople (a. 553): cf. Constantinopolitanum II, Sessio VIII, can. 4: DS 424;elle est mentionnée dans CEC 468.
  24. 320. CEC 234;cf. CEC 2157.
  25. 321. DGC (1971) 41;cf. Ep 2,18.
  26. 322. Cf. DGC (1971) 41.
  27. 323. Cf. CEC 258, 236 et 259.
  28. 324. Cf. CEC 236.
  29. 325. CEC 450.
  30. 326. Cf. CEC 1702;1878. SRS 40 utilise, à ce sujet, l'expression « modèle d'unité« ;CEC 2845 invoque la communion de la Très Sainte Trinité comme « la source et le critère de la vérité de toute relation ».
  31. 327. LG 4b, qui cite textuellement S. Cyprien, De dominica oratione 23: CCL 3A2, 105.