Puisque les actes de l'assemblée gallicane, aussitôt après leur parution, nôtre vénérable prédécesseur Innocent XI par une lettre en forme de bref, Paternae caritati, du 11 avril 1682, puis plus clairement encore Alexandre VIII le 5 août dans la constitution Inter multiplices 2281-2285 les ont désapprouvés, abrogés et déclarés nuls et sans valeur en vertu de leur charge apostolique, la sollicitude pastorale exige de Nous de façon plus urgente encore que l'acceptation qui en a été faite dans un synode entaché de tant de défauts, Nous la réprouvions et la condamnions comme téméraire, scandaleuse - et surtout après les décrets de nos prédécesseurs - comme souverainement injurieuse pour ce Siège apostolique, comme Nous le réprouvons et la condamnons dans cette constitution qui est la nôtre, et voulons qu'elle soit tenue pour réprouvée et condamnée.
Bref "Etsi fraternitatis" à l'archevêque de Mayence, 8 octobre 1803. · La tentative de dissolution d'un mariage
Réponse du souverain pontife à quelques questions : La sentence de tribunaux laïcs et d'instances catholiques qui déclarent en particulier la nullité de mariages et qui tentent d'en dissoudre le lien, ne peut avoir devant l'Église aucune valeur et aucune portée. ...
C'est une faute très grave et une trahison de leur ministère sacré que commettraient les curés qui par leur présence approuveraient ces mariages et qui les confirmeraient par leur bénédiction. D'ailleurs on ne doit pas les appeler mariages, mais plutôt unions adultères. ...
LETTRE "Magno et acerbo " à l'archevêque de Moghilev, 3 · septembre 1816. · Traduction de la Bible
Tu aurais dû... avoir devant les yeux... "que si la sainte Bible est admise en langue vulgaire en tous lieux, sans discrimination, il en résulte plus de dommage que d'utilité" 1854 . Etant donné qu'en outre, en vertu de la prescription bien connue du concile de Trente 1506 , l'Eglise romaine reconnaît seulement l'édition de la Vulgate, elle rejette les traductions en d'autres langues et ne permet que celles qui sont éditées avec des annotations tirées de façon appropriée des écrits des Pères et des docteurs catholiques, afin qu'un si grand trésor ne soit pas ouvert aux conceptions des innovateurs, et que l'Eglise répandue partout dans le monde se serve de la même langue et des mêmes mots Gn 11,1.
Puisque en effet nous constatons dans la langue vulgaire beaucoup de différences, de diversités et de changements, une liberté sans frein des traductions de la Bible ébranlerait effectivement cette immutabilité qui est le propre du témoignage divin, et la foi elle-même chancellerait, d'autant que parfois une seule syllabe décide de la vérité d'un dogme. C'est pourquoi dans leurs machinations biaisées et abominables les hérétiques avaient coutume, en éditant des bibles en langue vulgaire (dont l'étonnante diversité et les contradictions cependant font qu'ils s'accusent et se déchirent eux-mêmes les uns les autres), de chercher à imposer insidieusement leurs erreurs respectives en les enveloppant de la magnificence plus sainte de la Parole divine. "Les hérésies en effet, dit Augustin, tirent leur origine du seul fait que les Ecritures qui sont bonnes ne sont pas bien comprises, et que ce qui n'a pas été bien compris en elles est affirmé en outre avec audace et témérité." Et si nous sommes affligés de ce qu'il n'est pas rare que les hommes les plus considérés en raison de leur piété et de leur sagesse aient failli dans l'interprétation des Ecritures, que ne faudrait-il pas craindre si les Ecritures traduites en n'importe quelle langue vulgaire étaient livrées à la libre lecture du commun ignorant, qui le plus souvent ne juge pas en vertu d'un choix mais en vertu d'une certaine témérité".
(Référence est faite alors à la lettre célèbre d'Innocent III aux fidèles de l'Eglise de Metz : "Les mystères cachés de la foi... pour n'être pas prétentieux " : )771 Mais on connaît bien les constitutions non seulement d'Innocent III qui vient d'être mentionné, mais également de Pie V, de Clément VIII et de Benoît XIV... . Quant à ce que pense l'Eglise au sujet de la lecture et de l'interprétation de l'Ecriture, ta fraternité le trouvera très clairement dans la très célèbre constitution Unigenitus de notre autre prédécesseur, Clément XI, dans laquelle ont été réprouvées de façon explicite ces doctrines où il était affirmé qu'il est utile et nécessaire en tout temps, en tous lieux et à toutes sortes de personnes de connaître les mystères de la sainte Ecriture - dont il était affirmé que la lecture est pour tout le monde - et qu'il est dommageable d'en écarter le peuple chrétien, et que bien plus, c'est fermer aux fidèles la bouche du Christ que de leur arracher des mains le Nouveau Testament voir 2479-2485 .
Réponse de la Sacrée Pénitencerie : 23 avril 1822. · L'usage onaniste du mariage
Question : Une épouse pieuse peut-elle permettre que son mari s'approche d'elle alors qu'elle sait par expérience qu'il se comporte à la manière infâme d'Onan..., surtout si dans le cas où l'épouse le refuse elle s'expose au risque de sévices ou craint que le mari aille chez les prostituées ? Réponse : Etant donné que dans le cas présent la femme, de son côté, ne fait rien contre nature et accomplit une chose licite, et que tout le désordre de l'acte procède de la malice de l'homme qui, au lieu de consommer l'acte, se retire et se répand en dehors du vase, dès lors qu'après les admonestations qui conviennent la femme n'aboutit à rien et que l'homme s'obstine en menaçant de mort, de coups ou d'autres sévices graves, elle pourra (comme l'enseignent des docteurs éprouvés) se livrer passivement sans péché, parce que dans ces conditions elle permet simplement le péché de son mari, et cela pour une raison grave qui l'excuse ; car l'amour par lequel elle serait tenue de l'empêcher ne l'oblige pas s'il comprend un tel préjudice.
Bref "Adorabile Eucharistiae" au patriarche d'Antioche et aux · évêques · des Grecs melkites, 8 mai 1822.
(Une grande cause de douleur et de crainte a été occasionnée par ceux qui répandent) cette opinion nouvelle, soutenue par les schismatiques, qui enseigne que la forme par laquelle ce sacrement... vivifiant est accompli, ne consiste pas dans les seules paroles de Jésus Christ qu'utilisent les prêtres aussi bien latins que grecs lors de la consécration, mais que, pour que la consécration soit parfaite et consommée, il est nécessaire que soit ajoutée cette formule de prière qui chez nous précède les paroles mentionnées mais qui dans votre liturgie les suit... En vertu de la sainte obéissance... Nous prescrivons... qu'ils n'aient plus l'audace désormais de soutenir cette opinion qui dit que, pour cette admirable conversion de toute la substance du pain en la substance du Corps du Christ et de toute la substance du vin en la substance de son Sang, il est nécessaire qu'outre les paroles du Christ soit récitée aussi cette formule de prière ecclésiastique que nous avons déjà mentionnée plusieurs fois...
La non efficacité de l'épiclèse pour la consécration · Encyclique "Ubi primum" 5 mai 1824 · Indifférentisme
(Une certaine secte) qui se présente sous une apparence engageante de piété et de libéralité, professe et prône le tolérantisme (c'est ainsi qu'ils disent) ou l'indifférentisme, non seulement dans le domaine civil dont Nous ne parlons pas ici, mais également en matière religieuse, en enseignant qu'une large liberté a été donnée par Dieu à chacun, qui permet à chacun d'embrasser ou d'adopter, sans péril pour son salut, la secte ou l'opinion qui lui convient selon son jugement privé. (Référence est faite, contre cela, à Rm 16,17 s.)
Réponse du pape à l'évêque de Rennes, 18 août 1830. · Usure
Exposé : (Les confesseurs sont en désaccord) au sujet du gain perçu à partir de l'argent prêté à des gens d'affaires pour qu'ils en tirent profit. Le sens de l'encyclique Vix pervenit (voir 2546-2550 ) fait l'objet de vives discussions. Des deux côtés, des raisons sont mises en avant à l'appui de la position qu'on tient : favorable ou opposée à un gain de cette sorte. D'où des querelles, des dissensions, des refus des sacrements pour la plupart des gens d'affaires qui cherchent à s'enrichir de cette manière, et d'innombrables dommages pour les âmes.
Pour prévenir les dommages pour les âmes, certains confesseurs estiment pouvoir tenir une voie médiane entre les deux positions. Lorsque quelqu'un les consulte au sujet d'un gain de cette sorte, ils cherchent à l'en détourner. Si le pénitent persévère dans l'intention de prêter de l'argent à des gens d'affaires et objecte que la position qui est en faveur d'un tel prêt a de nombreux patronages, et que de surcroît elle n'a pas été condamnée par le Saint- Siège qui, pas une seule fois, n'a été consulté à ce sujet, dans ce cas les confesseurs demandent que le pénitent promette qu'il se soumettra avec une obéissance filiale au jugement du souverain pontife s'il se prononce, quel qu'il soit, et s'ils obtiennent cette promesse, ils ne refusent pas l'absolution, même lorsqu'ils considèrent la position opposée à un tel prêt comme plus probable. Si le pénitent ne confesse rien au sujet d'un gain ayant son origine dans un tel prêt et semble être de bonne foi, ces confesseurs, même s'ils savent par ailleurs qu'un tel gain a été perçu et continue de l'être, lui donnent l'absolution sans l'avoir interrogé à ce sujet lorsqu'ils craignent que le Pénitent, s'il était averti d'avoir à restituer ce gain ou d'y renoncer, refuserait de le faire.
Questions : 1. Peut-il (l'évêque) approuver la façon de faire de ces derniers confesseurs? 2. Lorsque d'autres confesseurs, plus rigoureux, viennent à lui pour lui demander conseil, peut-il les exhorter à suivre la façon de faire des premiers jusqu'à ce que le Saint-Siège émette un jugement explicite en cette matière? Réponse du souverain pontife : Pour 1: ils ne doivent pas être inquiétés. - Pour 2 : Il est répondu sous 1. 1996 Denzinger 2661
Réponse de la Sacré Pénitencerie à l'archevêque de Besançon, 5 · juillet 1831. · L'autorité d'Alphonse de Liguori dans le domaine moral
Question : Louis François Auguste, cardinal de Rohan-Chabot, archevêque de Besançon, s'efforce de promouvoir la sagesse et l'unité en matière de doctrine auprès de tous ceux qui, dans son diocèse, ont la charge des âmes ; étant donné que certains d'entre eux combattent et interdisent la théologie morale du bienheureux Alphonse M. de Liguori parce que trop relâchée, dangereuse pour le salut et contraire à la saine morale, il prie la Sacrée Pénitencerie de se prononcer, et lui soumet les doutes d'un professeur de théologie (à savoir Th. Gousset) pour qu'il y soit répondu.
1. Un professeur de la sainte théologie peut-il soutenir et enseigner sûrement les positions qu'enseigne le bienheureux Alphonse de Liguori dans sa théologie morale?
2. Ou un confesseur doit-il être inquiété si, dans l'exercice du saint tribunal de la pénitence, il suit les positions du bienheureux Alphonse de Liguori pour la seule raison que le Siège apostolique n'a rien trouvé dans ses oeuvres qui mériterait d'être censuré ? Le confesseur dont il s'agit à propos de ce doute ne lit les oeuvres du bienheureux docteur que pour connaître exactement sa doctrine, sans examiner les données et les raisons sur lesquelles s'appuient les diverses positions ; il pense, au contraire, qu'il agit sûrement dès lors qu'il peut estimer avec prudence qu'une doctrine qui ne contient rien qui mériterait d'être censuré est saine, sûre, et aucunement contraire à la sainteté de l'Evangile. Réponse (confirmée par le souverain pontife le 22 juillet 1831): Pour 1. Oui, sans qu'il faille considérer pour autant que ceux qui suivent les positions transmises par d'autres auteurs approuvés devraient être blâmés. Pour 2. Non, compte tenu de l'intention du Saint-Siège au sujet de l'approbation des écrits du Serviteur de Dieu en vue de la canonisation.
Encyclique "Mirari vos arbitramur", 15 août 1832 · Indifférentisme et rationalisme
Nous en venons maintenant à une autre cause, très grosse de conséquences, de ces maux dont nous déplorons que l'Eglise soit présentement affligée, à savoir l'indifférentisme, ou cette opinion fausse... selon laquelle on pourrait obtenir le salut éternel de l'âme par n'importe quelle profession de foi dès lors que la conduite se réfère à la règle de ce qui est droit et honnête. Et de cette source empoisonnée de l'indifférentisme découle cette maxime fausse et absurde, ou plutôt ce délire, qu'il faut procurer et garantir à chacun la liberté de conscience.
Et cette erreur proprement pestilentielle se voit aplanir la voie par cette liberté d'opinion complète et immodérée qui se répand de toutes parts pour la ruine de la communauté sacrée et de la communauté civile, et dont certains affirment avec la plus grande impudence qu'il en résulterait un avantage pour la religion. Mais "quelle mort est pire pour l'âme que la liberté d'errer?" disait Augustin...
Entourez en premier lieu de votre affection paternelle ceux qui appliquent surtout leur esprit aux disciplines sacrées et aux questions philosophiques exhortez et conseillez-les pour qu'ils ne dérivent pas de façon imprudente du chemin de la vérité vers la voie des impies en se fiant aux seules forces de leur esprit. Qu'ils se souviennent que Dieu guide la sagesse et qu'il dirige les sages (voir Sg 7,15), et qu'il est impossible d'apprendre Dieu sans Dieu qui par le Verbe enseigne aux hommes à connaître Dieu. Bref "Dum acerbissimas" 26 septembre 1835
(Certains théologiens) empoisonnent les études sacrées par des doctrines étrangères... et condamnables, et ils n'hésitent pas non plus à profaner le magistère d'enseignement public qu'ils détiennent dans les écoles et les académies, et à fausser le dépôt très sacré de la foi lui-même qu'ils se flattent de défendre. Et parmi les maîtres d'une telle erreur on compte, en raison de sa renommée constante et presque universelle en Allemagne, Georg Hermes, puisque aussi bien il a dévié avec audace de la voie royale que toute la tradition et les saints Pères avaient aplanie en expliquant et en défendant les vérités de la foi, qu'il l'a même méprisée et condamnée avec orgueil, et qu'il trace la voie ténébreuse vers toutes sortes d'erreurs par le doute positif considéré comme la base de toute recherche théologique, et par le principe qu'il a établi et selon lequel la raison est la norme première et l'unique moyen par lequel l'homme peut atteindre la connaissance de la vérité surnaturelle. ...
Erreurs de Georg Hermes
(il a été jugé que l'auteur dans ses) ouvrages assemble des choses absurdes et étrangères à la doctrine de l'Eglise catholique, surtout au sujet de la nature de la foi et de la règle de ce qui est à croire, au sujet de la sainte Ecriture, de la tradition, de la Révélation et du magistère de l'Eglise, au sujet des motifs de crédibilité, au sujet des arguments par lesquels il avait coutume d'appuyer et de confirmer l'existence de Dieu, au sujet de l'essence de Dieu lui-même, de sa sainteté, de sa justice, de sa liberté, de la fin qu'il poursuit dans ses oeuvres qui sont appelées "extérieures" par les théologiens, ainsi qu'au sujet de la nécessité de la grâce, de la distribution de celle-ci et des dons, l'octroi des récompenses et l'infliction des peines, au sujet de l'état des premiers parents, du péché originel et des capacités de l'homme déchu.
et ils ont décidé que ces livres doivent être prohibés et condamnés parce qu'ils contiennent des doctrines et des propositions qui, selon le cas, sont fausses, téméraires, captieuses, conduisent au scepticisme et à l'indifférentisme, sont erronées, scandaleuses, injurieuses à l'égard des écoles catholiques, renversent la foi divine, sentent l'hérésie, et ont déjà été condamnées par l'Eglise à d'autres occasions.
Réponse du Saint-Office à l'évêque de Nice, 17 janvier 1838. · Usure
Question (9 septembre 1837): Des pénitents qui, sur la base d'un titre légal, ont tiré un gain modeste d'un prêt et qui doutent dans leur conscience ou ont mauvaise conscience, peuvent-ils recevoir l'absolution sacramentelle sans qu'il leur soit imposé de (le) restituer, dès lors du moins qu'ils éprouvent une douleur sincère à cause du péché qu'ils ont commis dans le doute ou avec mauvaise conscience, et qu'ils sont disposés à se conformer avec une obéissance fidèle aux commandements du Saint-Siège? Réponse Oui, dans la mesure du moins où ils sont disposés à se conformer aux commandements du Saint-Siège.
Constitution "In supremo apostolatus fastigio", 3 décembre 1839 · Demande d'abolition de l'esclavage
...Nous voyons qu'il fait partie de notre sollicitude pastorale de Nous efforcer de détourner totalement les fidèles du trafic inhumain des Nègres ou d'autres hommes quels qu'ils soient. ...Il en a existé, même parmi les fidèles, qui, aveuglés de façon infâme par le désir d'un lucre sordide, n'ont pas hésité à réduire en esclavage dans des contrées écartées et lointaines des Indiens, des Nègres, ou d'autres malheureux, ou, en organisant et en développant le trafic de ceux qui ont été capturés par d'autres, à aider ceux-là dans leurs agissements abominables. Il est vrai que plusieurs pontifes romains de glorieuse mémoire, nos prédécesseurs, n'ont pas omis de blâmer sévèrement dans l'exercice de leur fonction la manière d'agir de ces hommes comme étant préjudiciable à leur salut spirituel et ignominieuse pour le nom chrétien ; ils ont vu clairement qu'il en résulte également que les peuples des non-croyants s'en trouvent toujours confirmés davantage dans la haine pour notre vraie religion.
Certes, grâce à l'aide de Dieu, ces sanctions et ces mesures de nos prédécesseurs n'ont pas peu contribué à protéger les Indiens, et les autres qui ont été mentionnés, de la cruauté des envahisseurs ou de la cupidité des marchands chrétiens, mais non au point que ce Saint-Siège puisse se réjouir du plein succès de ses efforts à ce sujet, puisque au contraire le trafic des Nègres continue toujours d'être pratiqué, même si pour une part il s'est réduit. C'est pourquoi, désireux d'éloigner cette infamie si grande de tous les territoires des chrétiens,... en vertu de l'autorité apostolique Nous avertissons tous les fidèles chrétiens, de toute condition, et Nous les conjurons instamment dans le Seigneur : que personne désormais n'ait l'audace de tourmenter injustement des Indiens, des Nègres et d'autres hommes de cette sorte, de les dépouiller de leurs biens ou de les réduire en esclavage, ou d'en aider ou d'en soutenir d'autres qui commettent de tels actes à leur égard, ou de pratiquer ce trafic inhumain par lequel des Nègres, qui ont été réduits en esclavage d'une manière ou d'une autre, comme s'ils n'étaient pas des hommes mais de purs et simples animaux, sont achetés et vendus sans aucune distinction en opposition aux commandements de la justice et de l'humanité, et condamnés à endurer les travaux parfois les plus durs...
Réponse de la Sacré Congrégation des indulgences, 28 juillet 1840. · L'efficacité de l'indulgence à un autel privilégié
Question : Une indulgence liée à un autel privilégié doit-elle être entendue comme une indulgence plénière qui libère aussitôt l'âme de toutes les peines du purgatoire, ou seulement comme une indulgence qui est à appliquer selon la Bienveillance de la miséricorde divine? Réponse : Si on considère l'intention de celui qui l'accorde et l'usage du pouvoir des clés, une indulgence liée à un autel privilégié doit être entendue comme une indulgence plénière qui libère aussitôt l'âme de toutes les peines du purgatoire ; mais si on considère l'effet de l'application, il faut la comprendre comme une indulgence dont la mesure correspond à la bienveillance de la miséricorde de Dieu et à l'acceptation par elle. (thèses de 1840)
Thèses signées par Louis-Eugène Bautain à la demande de son évêque, · les 18 novembre 1835 et 8 septembre 1840 · Thèse sur la foi et sur la raison contre le fidéisme
1. Le raisonnement peut prouver avec certitude l'existence de Dieu et l'infinité de ses perfections. - La foi, don du ciel, suppose la révélation ; elle ne peut donc pas convenablement être alléguée vis-à-vis d'un athée en preuve de l'existence de Dieu cf. 2812 .
2. La divinité de la révélation mosaïque se prouve avec certitude par la tradition orale et écrite de la synagogue et du christianisme.
3. La preuve tirée des miracles de Jésus Christ, sensible et frappante pour les témoins oculaires, n'a point perdu sa force avec son éclat vis-à-vis des générations subséquentes. Nous trouvons cette preuve en toute certitude dans l'authenticité du Nouveau Testament, dans la tradition orale et écrite de tous les chrétiens. C'est par cette double tradition que nous devons la démontrer à l'incrédule qui la rejette ou à ceux qui, sans l'admettre encore, la désirent.
4. On n'a point le droit d'attendre d'un incrédule qu'il admette la résurrection de notre divin Sauveur, avant de lui en avoir administré des preuves certaines ; et ces preuves sont déduites par le raisonnement.
5. Sur ces questions diverses, la raison précède la foi et doit nous y conduire cf. 2813 .
6. Quelque faible et obscure que soit devenue la raison par le péché originel il lui reste assez de clarté et de force pour nous guider avec certitude à l'existence de Dieu, à la révélation faite aux Juifs de Moïse, et aux chrétiens par notre adorable Homme-Dieu.
Réponse de la Sacrée Pénitencerie, 8 juin 1842 · L'usage onaniste du mariage
Questions : 1) Des époux qui usent du mariage de telle sorte qu'ils empêchent une conception, commettent-ils un acte qui par lui-même est moralement mauvais ?
2) Si l'acte doit être considéré comme moralement mauvais, des époux qui ne s'en accusent pas peuvent-ils être considérés comme se trouvant dans cette bonne foi qui excuse du péché grave ?
3) Doit-on approuver la façon de faire des confesseurs qui, pour ne pas blesser les époux, ne les interrogent pas sur la manière dont ils usent des droits du mariage ? ...Réponse : Pour 1) Etant donné que tout le désordre de l'acte procède de la malice de l'homme qui, au lieu de consommer l'acte, se retire et se répand en dehors du vase, dès lors qu'après les admonestations qui conviennent la femme n'aboutit à rien et que l'homme s'obstine en menaçant de coups ou de mort, elle pourra, comme l'enseignent des docteurs éprouvés, le permettre simplement sans péché, et cela pour une raison grave qui l'excuse ; car l'amour par lequel elle est tenue de l'empêcher ne l'oblige pas s'il comprend un tel préjudice. ...Pour 2) et 3)... que le confesseur se remémore cet adage : les choses saintes doivent être traitées saintement ; et qu'il considère également les paroles de saint Alphonse de Liguori, homme docte et très expert en ces questions, qui dit dans la Praxis confessariorum, (chap. I) Par. IV, n. 41 : "Pour ce qui est des péchés des époux concernant le devoir conjugal, le confesseur n'est pas tenu d'interroger dans le dialogue ordinaire, et cela ne convient pas, si ce n'est les épouses - et cela de la façon la plus réservée - pour savoir si elles l'ont accompli. Pour le reste, qu'il se taise, à moins d'être interrogé. De plus, qu'il n'omette pas de consulter d'autres auteurs éprouvés.
Réponse du Saint-Office 14 septembre 1842 · La matière de l'onction des malades
...Question : Un curé peut-il en cas de nécessité utiliser pour la validité du sacrement de l'extrême-onction de l'huile bénie par lui ? ...Réponse (confirmée par le souverain pontife) : Non, conformément à la version du décret (du Saint-Office) du 13 janvier 1611 (en présence de Paul V) :
...Proposition : Le sacrement de l'extrême-onction peut être administré validement avec de l'huile qui n'a pas été consacrée par une bénédiction épiscopale : ...Déclaration du Saint-Office : La proposition est téméraire et proche de l'erreur. Thèses signées par Louis-Eugène Bautain à la demande de la Sacrée Congrégation des évêques et des religieux, le 26 avril 1844.
La possibilité de démontrer les présupposés naturels de la · religion chrétienne et le rapport de celle-ci au · gouvernement civil.
Nous promettons pour aujourd'hui et pour l'avenir : 1. de ne jamais enseigner que, avec les seules lumières de la droite raison, abstraction faite de la révélation divine, on ne puisse donner une véritable démonstration de l'existence de Dieu ;
2. Qu'avec la raison seule on ne puisse démontrer la spiritualité et l'immortalité de l'âme, ou toute autre vérité purement naturelle, rationnelle ou morale ;
3. qu'avec la raison seule on ne puisse avoir la science des principes ou de la métaphysique, ainsi que des vérités qui en dépendent, comme science tout à fait distincte de la théologie surnaturelle qui se fonde sur la révélation divine ;
4. que la raison ne puisse acquérir une vraie et pleine certitude des motifs de crédibilité, c'est-à-dire de ces motifs qui rendent la Révélation divine évidemment croyable, tels que sont spécialement les miracles et les prophéties, et particulièrement la Résurrection de Jésus Christ ;
5. que la relation chrétienne ne puisse s'adapter à toute forme légitime de gouvernement politique, tout en restant la même religion chrétienne et catholique, complètement indifférente à toutes les formes du régime politique, ne favorisant pas l'une plus que l'autre, et n'en excluant aucune.
Encyclique "Inter praecipuas machinationes", 8 mai 1844. · Traductions des Ecritures
Vous n'ignorez pas enfin quelle diligence et quelle sagesse sont requises pour traduire fidèlement dans notre langue les paroles du Seigneur, puisque aussi bien rien ne se produit plus facilement que ces erreurs très graves introduites dans les traductions multipliées par les sociétés bibliques, et qui proviennent de la sottise et de la tromperie de tant de traducteurs ; et ces erreurs, le grand nombre même et la diversité de ces traductions les occultent pendant longtemps au détriment de beaucoup. A ces sociétés elles- mêmes il importe peu ou pas du tout qu'en lisant ces bibles traduites en langue vulgaire les hommes tombent dans telles erreurs plutôt que dans d'autres, pourvu qu'ils s'accoutument peu à peu à revendiquer pour eux-mêmes un libre jugement concernant le sens des Ecritures, à mépriser les traditions divines gardées dans l'Eglise sur la base de la doctrine des Pères, et à rejeter le magistère de l'Eglise elle-même.
Dans les règles rédigées par des pères choisis par le concile de Trente et approuvées par Pie IV 1854 ..., et qui ont été placées en tête de l'Index des livres prohibés, on lit l'ordonnance munie d'une sanction générale selon laquelle les bibles en langue vulgaire ne doivent être permises qu'à ceux pour lesquels on estime que les lire sera au bénéfice de l'accroissement de leur foi et de leur piété. A cette règle, renforcée peu après par une nouvelle sauvegarde en raison des tromperies persistantes des hérétiques, fut ajoutée enfin, en vertu de l'autorité de Benoît XIV, cette déclaration selon laquelle désormais on considérera comme permise la lecture de traductions en langue vulgaire qui ont été approuvées par le Siège apostolique, ou qui ont été éditées avec des annotations tirées des saints Pères ou d'hommes savants et catholiques.
Encyclique "Qui Pluribus", 9 novembre 1846 · L'erreur du rationalisme
...(Vous savez que les ennemis du nom chrétien enseignent) que les mystères très saints de notre religion sont des imaginations et des inventions des hommes, et que la doctrine de l'Eglise catholique s'oppose au bien et aux intérêts de la société humaine voir 2940 , et qu'ils ne craignent pas même de renier le Christ et Dieu. Et pour mieux tromper les peuples, et pour abuser ceux surtout qui sont imprudents et sans expérience, et pour les entraîner avec eux dans l'erreur ils prétendent qu'eux seuls connaissent les voies du bonheur et ils n'hésitent pas à s'arroger le titre de philosophes, comme si la philosophie, dont le propre est de rechercher la nature de la vérité, devait rejeter ce que Dieu lui-même, l'auteur suprême et très clément de toute la nature, a daigné manifester aux hommes dans sa bonté et sa miséricorde insignes, pour qu'ils obtiennent la vraie félicité et le salut.
Par une argumentation déplacée et des plus fallacieuses, ils ne cessent d'en appeler à la force et à l'excellence de la raison humaine, de l'exalter contre la très sainte foi du Christ, et ils vont répétant avec une extrême audace que celle-ci s'oppose à la raison humaine voir 2906 . On ne peut rien imaginer ni penser de plus fou, de plus impie, de plus contraire à la raison elle-même. Car, même si la foi est au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucun dissentiment réel, aucune discorde, puisque toutes deux découlent d'une seule et même source de vérité immuable et éternelle, Dieu très bon et très grand, et qu'elles s'aident mutuellement, en sorte que la raison droite démontre, protège, défend la vérité de la foi, tandis que la foi libère la raison de toute erreur et, par la connaissance qu'elle a des choses divines, elle l'éclaire, la confirme et la parfait magnifiquement.
C'est par une tromperie aussi grande, vénérables frères, que ces ennemis de la Révélation divine, qui décernent les plus hautes louanges au progrès humain, veulent, avec une audace vraiment téméraire et sacrilège, l'introduire dans la religion catholique, comme si la religion n'était pas l'oeuvre de Dieu, mais celle des hommes ou quelque trouvaille philosophique que des procédés humains puissent perfectionner voir 2905 . ...Sur ces hommes qui délirent si misérablement, tombe avec beaucoup de justesse le reproche qu'à juste titre Tertullien faisait de son temps aux philosophes "qui ont présenté un christianisme stoïcien, platonicien, dialectique". Or comme notre très sainte religion n'est pas une invention de la raison humaine, mais une révélation faite très gracieusement par Dieu aux hommes, il est très facile à quiconque de comprendre qu'elle acquiert toute sa force de l'autorité de Dieu qui parle, et qu'elle ne peut jamais être déduite ou rendue plus parfaite par la raison humaine.
Le vrai rapport entre la raison humaine et la foi
Pour ne pas se tromper ni errer dans une question aussi importante, la raison humaine doit s'enquérir diligemment sur le fait de la Révélation, pour savoir avec certitude que Dieu a parlé et pour lui rendre, comme l'enseigne très sagement l'Apôtre, "un hommage conforme à la raison" Rm 12,1. Qui donc ignore ou peut ignorer qu'il faut avoir une confiance totale en Dieu quand il parle, et que rien n est plus conforme à la raison elle-même que d'acquiescer à ce qu'elle aura reconnu comme révélé par Dieu, qui ne peut ni se tromper ni nous tromper ?
(Motifs de crédibilité de la religion chrétienne) Combien nombreux, admirables, splendides sont les arguments qui doivent très nettement convaincre la raison que la religion chrétienne est divine, et que "le principe de nos dogmes s'enracine en haut, dans le Seigneur des cieux", que dès lors rien n'est plus certain que notre foi, rien n'est plus sûr ; rien n'est plus saint, rien ne repose sur des principes plus fermes. Cette foi, maîtresse de vie, guide du salut, qui chasse les vices et qui, en mère féconde, fait naître et nourrit les vertus, a été confirmée par la naissance, la vie, la mort, la résurrection, la sagesse, les prodiges et les prophéties de celui qui en est l'auteur divin et qui l'a accomplie, Jésus Christ ; resplendissant partout de la lumière de la doctrine d'en haut, enrichie des trésors de la richesse céleste, brillant au plus haut point d'un éclat remarquable par la prédication de tant de prophètes, par la splendeur de tant de miracles, par la constance de tant de martyrs, par la gloire de tant de saints, elle publié les lois salutaires du Christ ; et acquérant chaque jour des forces plus grandes au sein des plus cruelles persécutions, elle a envahi l'univers entier, les terres et les mers, du levant au couchant, grâce au seul étendard de la croix ; ayant anéanti les mensonges des idoles, dissipé l'obscurité des erreurs, triomphé de toute espèce d'ennemis, elle a éclairé de la lumière de la connaissance divine tous les peuples, toutes les nations, toutes les races, si cruellement barbares qu'ils fussent, si divers dans leur tempérament, leurs moeurs, leurs lois, leurs institutions, et elle les a soumis au joug très doux du Christ en annonçant à tous la paix, en leur annonçant le bonheur Is 52,7. Tous ces faits font si fortement resplendir l'éclat de la sagesse et de la puissance divines, que l'esprit et la pensée de chacun peuvent facilement comprendre que la foi chrétienne est l'oeuvre de Dieu.
(Obligation de croire). C'est pourquoi la raison humaine, qui connaît clairement et nettement par ces preuves très lumineuses et très fermes que Dieu est l'auteur de la foi, ne peut progresser davantage, mais rejetant et repoussant toute espèce de difficulté ou de doute, elle doit lui rendre l'hommage de la foi, puisqu'elle a la certitude que c'est Dieu qui a transmis tout ce que la foi propose aux hommes de croire et de faire.
L'infaillibilité du pape
On voit par là dans quelle grande erreur se trouvent aussi ceux qui, abusant de la raison, et considérant les paroles de Dieu comme une oeuvre humaine, osent les expliquer à leur gré et les interpréter de façon téméraire, alors que Dieu lui-même a établi une autorité vivante pour enseigner et établir le sens vrai et légitime de sa révélation céleste, et pour dirimer par un jugement infaillible toutes les controverses en matière de foi et de moeurs, afin que les fidèles ne soient pas entraînés dans les pièges de l'erreur par tout vent de doctrine tenant à la malice des hommes Ep 4,14. Or cette autorité vivante et infaillible n'existe que dans l'Eglise qui a été édifiée par le Christ, le Seigneur, sur Pierre, tête de toute l'Eglise, son prince et son pasteur, dont il a promis que la foi ne défaillira jamais, et qui a toujours ses pontifes légitimes qui tiennent leur origine de Pierre lui-même, qui sont établis sur sa chaire, et sont aussi les héritiers et les garants de sa doctrine, de son honneur et de son pouvoir. Et parce que là où est Pierre, là est l'Eglise, et que Pierre parle par le pontife romain, vit toujours dans ses successeurs, exerce le jugement et présente la vérité de la foi à ceux qui cherchent, pour cette raison les paroles divines doivent être reçues dans le même sens qu'a tenu et que tient cette chaire romaine du très bienheureux Pierre qui, mère et maîtresse de toutes les Eglises 1616 , a toujours gardé intègre et inviolée la foi reçue du Christ Seigneur, et l'a enseignée fidèlement en montrant à tous le chemin du salut et la doctrine de la vérité non corrompue.
Autres erreurs de ce temps
Mais vous connaissez bien aussi, vénérables frères, d'autres erreurs monstrueuses et tromperies par lesquelles les fils de ce siècle s'efforcent de combattre avec violence la religion catholique et l'autorité de l'Eglise, ainsi que ses lois, et de fouler aux pieds les droits du pouvoir sacré aussi bien que du pouvoir civil.
En font partie... ces sectes clandestines qui sont sorties des ténèbres pour la ruine et la dévastation aussi bien de la communauté sacrée que de la communauté publique, et qui ont été frappées d'anathème par les pontifes romains, nos prédécesseurs, dans leurs lettres apostoliques que nous confirmons avec la plénitude de notre autorité apostolique...
C'est ce que veulent les très rusées sociétés bibliques qui, renouvelant l'artifice ancien des hérétiques, traduisent les livres des écrits divins dans toutes les langues vulgaires, contre les règles de la très sainte Eglise, les interprètent à l'aide d'explications souvent perverses, et ne cessent de les distribuer gratuitement, de les imposer à toute sorte de personnes, même aux moins cultivées, de sorte que rejetant la tradition divine, la doctrine des Pères et l'autorité de l'Eglise catholique, tous les interprètent selon leur jugement privé, en détournent leur sens, et tombent ainsi dans les plus grandes erreurs. Ces sociétés... Grégoire XVI... les a réprouvées, et Nous voulons de même qu'elles soient condamnées.
En fait partie le système épouvantable, et même profondément contraire à la lumière naturelle de la raison et même, de l'indifférence de toute religion (indifférentisme), par lequel ces fourbes, après avoir supprimé toute distinction entre vertu et vice, vérité et erreur, honnêteté et turpitude, prétendent que les hommes peuvent obtenir le salut éternel dans le culte de n'importe quelle religion..., en fait partie la doctrine exécrable, et même profondément contraire au droit naturel lui-même, de ce qu'ils appellent le communisme, qui, une fois admise, conduirait à renverser de fond en comble les droits, les biens, les propriétés de tous, ainsi que la société humaine elle- même.
Décret du Saint-Office, 21 mai 1851 · Usage onaniste du mariage
Question : Quelle note doit être donnée aux trois propositions suivantes : 1. Pour des raisons honnêtes il est permis aux époux d'user du mariage de la manière dont en a usé Onan Gn 38,8 s.
2. Il est probable que cet usage du mariage n'est pas prohibé par le droit naturel. 3. Il n'est jamais expédient d'interroger les époux des deux sexes à ce sujet, même si prudemment on peut craindre que les époux, soit l'homme, soit la femme, abusent du mariage. Réponse : Pour 1. Scandaleuse, erronée, et contraire au droit naturel du mariage. Pour 2. Scandaleuse, et déjà condamnée implicitement à une autre occasion par Innocent XI, proposition 49 2149 . ...Pour 3. Telle qu'elle se présente, la proposition est fausse, trop relâchée, et dangereuse dans la pratique.
Question 1) L'usage non accompli du mariage, qu'il s'effectue de façon onaniste ou de façon condomistique (c'est-à-dire en utilisant un instrument impie communément appelé "condom"), comme dans le présent cas, est-il licite ? ...2) Une femme qui en a connaissance peut-elle se livrer de façon passive à une union condomistique ? ...Réponse (décret du 6, publié le 19 avril) : Pour 1) Non la chose est en effet intrinsèquement mauvaise. ...Pour 2) Non ; elle participerait en effet à une chose intrinsèquement illicite.
Bulle "Ineffabilis Deus", 8 décembre 1854 · L'éminence de Marie en général
Le Dieu ineffable... a élu depuis le commencement et avant les siècles pour son Fils unique, et lui a destiné une mère de laquelle, ayant pris chair, il naîtrait lors de la bienheureuse plénitude des temps, et il lui a manifesté un tel amour au-dessus de toutes les créatures qu'il mit en elle, d'une manière singulière, ses plus grandes complaisances. C'est pourquoi, puisant dans le trésor de sa divinité, il la combla bien plus que tous les esprits angéliques et que tous les saints, de l'abondance de toutes les grâces célestes, et avec une telle profusion que, toujours exempte de toute tache du péché, toute belle et parfaite, elle manifesta une telle plénitude d'innocence et de sainteté qu'on ne peut, au-dessous de Dieu, en concevoir de plus grande, et qu'excepté Dieu, personne ne peut la concevoir en pensée.
Et certes il convenait bien qu'elle resplendît toujours de l'éclat de la sainteté la plus parfaite, et qu'entièrement préservée même de la tache du péché originel, elle remportât ainsi le triomphe le plus complet sur l'antique serpent ; elle, la mère si vénérable à qui Dieu le Père avait résolu de donner son Fils unique, engendré de son coeur, qui est égal à lui et qu'il aime comme lui-même, de telle manière que par nature il fût un même unique et commun Fils de Dieu et de la Vierge ; elle que le Fils de Dieu lui-même avait choisie pour en faire substantiellement sa mère, et dans le sein de laquelle l'Esprit Saint avait voulu et opéré que fût conçu et naquît celui dont il procède lui- même.
Le caractère homogène du développement du dogme
En effet l'Eglise du Christ, gardienne et protectrice des dogmes dont elle a reçu le dépôt, n'y change jamais rien, n'en retranche jamais rien ; mais ce qui est ancien, qui a pris forme aux temps anciens et que la foi des Pères a semé, elle met tout son soin à le polir et à l'affiner de manière que ces anciens dogmes de la doctrine céleste reçoivent l'évidence, la lumière, la distinction, tout en gardant leur plénitude, leur intégrité, leur caractère propre, et qu'ils croissent seulement selon leur genre, c'est-à-dire dans la même doctrine, dans le même sens, dans la même pensée.
Définition de l'Immaculée Conception de Marie
Pour l'honneur de la sainte et indivisible Trinité, pour la gloire et l'ornement de la Vierge Mère de Dieu, pour l'exaltation de la foi catholique et l'accroissement de la religion chrétienne, par l'autorité de notre Seigneur Jésus Christ, des bienheureux apôtres Pierre et Paul et la Nôtre, Nous déclarons, prononçons et définissons que la doctrine qui tient que la bienheureuse Vierge Marie a été, au premier instant de sa conception, par une grâce et une faveur singulière du Dieu tout- puissant, en vue des mérites de Jésus Christ, Sauveur du genre humain, préservée intacte de toute souillure du péché originel, est une doctrine révélée de Dieu, et qu'ainsi elle doit être crue fermement et constamment par tous les fidèles.
C'est pourquoi, s'il en était, ce qu'à Dieu ne plaise, qui eussent la présomption d'avoir des sentiments contraires à ce que nous venons de définir, qu'ils sachent très clairement qu'ils se condamnent eux-mêmes par leur propre jugement, qu'ils ont fait naufrage dans la foi et se sont séparés de l'unité de l'Eglise, et que, de plus, par le fait même, ils encourent les peines portées par le droit s'ils osent manifester par parole, par écrit ou par quelque signe extérieur, ce qu'ils pensent intérieurement. 1996 Denzinger 2724
Décret de la Sacrée Congrégation de l'Index, 11 (15) juin 1855. · Thèses contre le traditionalisme de Bonnetty.
1. " Même si la foi est au-dessus de la raison, il ne peut jamais exister entre elles aucun dissentiment réel, aucune discorde, puisque toutes deux découlent d'une seule et même source de vérité immuable et éternelle, Dieu très bon et très grand, et qu'elles s'aident mutuellement " 2776 ; voir 3019 ).
2. Le raisonnement peut prouver avec certitude l'existence de Dieu, la spiritualité de l'âme, la liberté humaine. La foi est postérieure à la Révélation, et elle ne peut donc pas être alléguée pour prouver l'existence de Dieu vis-à-vis d'un athée, ni pour prouver la spiritualité de l'âme raisonnable et sa liberté face aux partisans du naturalisme et du fatalisme (voir 2751 , 2754 .
3. L'usage de la raison précède la foi et y conduit l'homme à l'aide de la Révélation et de la grâce 2755 .
4. La méthode dont se sont servis saint Thomas, saint Bonaventure et d'autres scolastiques après eux, ne conduit pas au rationalisme, et elle n'a pas été la cause de ce que dans les écoles d'aujourd'hui la philosophie incline au naturalisme et au panthéisme. C'est pourquoi il n'est pas permis de reprocher à ces docteurs et à ces maîtres de faire usage de cette méthode, surtout avec l'approbation, au moins tacite, de l'Eglise. Instruction du Saint-Office au vicaire apostolique du Siam, 4 Juillet 1855.
Privilège paulin
Il est absolument défendu qu'une chrétienne épouse un païen ; mais si, après l'obtention de la dispense de disparité de culte par le Saint- Siège, il devait arriver qu'un tel mariage se réalise, on sait qu'il sera indissoluble quant au lien, et qu'il peut seulement être dissous parfois quant à la couche...C'est pourquoi une femme chrétienne ne pourra jamais contracter de secondes noces du vivant de cet homme non croyant, même s'il est concubinaire.
Mais s'il s'agit de la femme païenne d'un païen concubinaire, et qu'elle se convertit, dans ce cas, une fois faite l'interpellation (comme plus haut), s'il refuse de se convertir ou de cohabiter sans injure à l'égard du Créateur, et donc de renoncer au concubinage (dans lequel il n'est certainement pas possible de vivre sans injure à l'égard du Créateur), elle pourra faire usage du privilège concédé en faveur de la foi.
D'une façon générale, si la conversion du conjoint a précédé le mariage avec un non-croyant, conclu après dispense apostolique, il n'est absolument pas possible de bénéficier du privilège concédé en faveur de la foi ; mais si le mariage a précédé la conversion, alors la partie qui s'est convertie peut faire usage de ce privilège, toutes choses étant sauves, ainsi qu'il a été dit.
Pour ce qui est des empêchements dirimants, il faut considérer également que l'ignorance invincible ou la bonne foi ne suffisent pas pour qu'un mariage soit contracté de façon valide. Même si parfois (mais cela doit rarement être considéré comme étant le cas dans la pratique) cette ignorance et cette bonne foi peuvent excuser du péché, jamais cependant elles ne peuvent rendre valide un mariage qui a été conclu malgré un empêchement dirimant.
Encyclique du Saint-Office aux évêques, 4 août 1856. · Abus du magnétisme
Quelques réponses ont déjà été données par le Saint-Siège à ce sujet à propos de cas particuliers, et dans lesquelles ont été réprouvées comme illicites des expériences qui visent un but qui n'est pas naturel, ni honnête, et auquel on ne parvient pas par des moyens qui conviennent ; c'est pourquoi il a été décrété dans des cas semblables, le mercredi 21 avril 1841: "L'usage du magnétisme, tel qu'il est présenté, n'est pas licite." De même la Sacrée Congrégation a décidé de prohiber certains livres qui répandent obstinément des erreurs de cette sorte.
Mais étant donné qu'au-delà des cas particuliers il devait être traité de l'usage du magnétisme en général, le mercredi 28 juillet 1847, il a été établi ce qui suit, pour servir de règle "Toute erreur, tout sortilège, toute invocation du démon, explicite ou implicite, étant écartés, l'usage du magnétisme, à savoir le simple acte d'utiliser des moyens physiques licites par ailleurs, n'est pas moralement interdit, dès lors qu'il ne tend pas à une fin illicite ou dévoyée d'une façon quelconque. Mais l'application de principes et de moyens purement physiques à des choses et à des effets réellement surnaturels, pour qu'ils soient expliqués physiquement, n'est rien d'autre qu'une tromperie absolument illicite et hérétique."
Bien que par ce décret général le caractère licite ou illicite de l'usage ou de l'abus du magnétisme ait été suffisamment expliqué, la malice des hommes s'est tellement accrue que, négligeant la recherche licite du savoir, ils préfèrent s'attacher à des choses étranges au grand dommage de leurs âmes et au détriment de la société civile, et qu'ils se vantent d'avoir acquis un principe de magie ou de divination. C'est ainsi que des femmes de peu, emportées par des gesticulations qui ne sont pas toujours décentes, se répandent en affirmant que, grâce aux prestiges du somnambulisme et de ce qu'elles appellent la voyance, elles voient ce qui est invisible, et dans leur entreprise téméraire elles ont l'audace de s'engager dans des propos concernant la religion elle- même, d'évoquer les âmes des défunts, de recevoir des réponses, de révéler des choses ignorées ou lointaines, et de se livrer à d'autres pratiques superstitieuses de cette sorte, de manière à s'assurer pour elles-mêmes et pour leurs maîtres un grand bénéfice par des divinations sûres. Mais quels que soient l'art ou l'illusion mis en oeuvre en tout cela : dès lors que les moyens physiques sont ordonnés à des effets qui ne sont pas naturels, on est en présence d'une tromperie absolument illicite et hérétique, et d'un scandale qui porte atteinte aux bonnes moeurs.
Bref "Eximiam tuam" à l'archevêque de Cologne, 15 juin 1857. · Erreurs de Anton Günther
Surtout en effet Nous constatons non sans douleur que prédomine dans ces oeuvres le système erroné et très pernicieux du rationalisme, souvent condamné par le Siège apostolique ; et de même nous constatons que dans ces mêmes livres et parmi d'autres choses on peut en lire d'assez nombreuses qui ne s'écartent pas peu de la foi catholique et d'une explication juste de la substance divine en trois personnes distinctes et éternelles. De même nous avons appris que n'est pas meilleur ni plus exact ce qui est dit du mystère du Verbe incarné, et de l'unité de la personne divine du Verbe en deux natures, divine et humaine. Nous constatons que dans ces mêmes livres il est porté atteinte à la conception et à la doctrine catholique concernant l'homme, lequel est constitué d'un corps et d'une âme de telle sorte que l'âme, c'est-à-dire l'âme rationnelle, est par elle-même la forme vraie et immédiate du corps. Et nous n'ignorons pas qu'il y a dans ces livres des enseignements et des affirmations qui contredisent totalement la doctrine catholique concernant la liberté souveraine de Dieu, hors de toute nécessité, dans la création des choses.
Il faut également réprouver et condamner fortement le fait que dans les livres de Günther la raison humaine et la philosophie qui, dans les choses de la religion, ne doivent pas dominer mais rester totalement servantes, se voient attribuer de façon téméraire le droit d'un magistère, et que pour cette raison se trouve perturbé ce qui doit demeurer très ferme, aussi bien pour ce qui est de la distinction entre science et foi, que pour ce qui est du caractère constamment immuable de la foi, laquelle est toujours une et demeure la même, tandis que la philosophie et les disciplines humaines ne demeurent pas toujours identiques à elles-mêmes et ne sont pas non plus exemptes d'une grande variété d'erreurs.
A cela s'ajoute que les saints Pères ne sont pas considérés avec la révérence que prescrivent les canons des conciles et que méritent ces lumières très brillantes de l'Eglise, et qu'il n'est pas fait abstention non plus de ces sarcasmes contre les écoles catholiques que notre prédécesseur Pie VI, de vénérable mémoire, a solennellement condamnés 2679 .
Nous ne passerons pas non plus sous silence le fait que dans les livres de Günther la saine façon de parler est blessée au plus haut point, comme s'il était permis d'oublier les paroles de l'apôtre Paul 2Tm 1,13 ou celles par lesquelles Augustin nous avertit avec beaucoup de fermeté : "Mais à nous il convient de parler selon une règle précise, de peur qu'une trop grande liberté dans les mots n'engendre une opinion impie sur les choses qu'ils désignent."
Lettre apostolique "Dolore haud mediocri" à l'évêque de · Breslau, 30 avril 1860. · L'âme rationnelle comme principe de vie de l'homme
On a incriminé... le fait que Baltzer..., après avoir ramené toute la controverse à la question de savoir si le corps possède un principe de vie qui lui est propre, distinct en lui-même de l'âme rationnelle, s'est élevé à une telle témérité qu'il a qualifié d'hérétique la position opposée, et qu'il a expliqué par de nombreux propos qu'elle devait être considérée comme telle. Cela nous ne pouvons que le désapprouver avec force, lorsque nous considérons que la conception selon laquelle il y a en l'homme un unique principe de vie, à savoir l'âme rationnelle, par laquelle le corps aussi reçoit et son mouvement et toute sa vie et ses sensations, est très commune dans l'Eglise de Dieu, et que la plupart des docteurs - et surtout les plus approuvés - la considèrent comme à ce point liée au dogme de l'Eglise, qu'elle en est l'interprétation légitime et la seule vraie, et que par conséquent elle ne peut être niée sans erreur dans la foi.
Instruction du Saint-Office au vicaire apostolique de Tche- · Kiang, 1er (3) août · Réception régulière du baptême
Exposé : (Un missionnaire, qui veut tenir compte aussi bien du respect dû au sacrement que du salut éternel du malade déjà proche de la mort, confère) le baptême avec cette condition : "Si tu es vraiment disposé", par quoi il a l'intention de ne pas baptiser si les bonnes dispositions n'existent pas.
Question : Une telle manière de conférer le baptême est-elle · licite ou non?
Réponse : C'est une chose entendue que trois dispositions sont requises chez l'adulte pour la réception régulière du baptême, à savoir la foi, le repentir et l'intention de le recevoir. Est certainement nécessaire la foi, dans laquelle l'adulte doit être instruit de façon suffisante, à la mesure de l'intelligence qui est la sienne, au sujet des mystères de la religion chrétienne, et par laquelle il doit les croire fermement ; est nécessaire également le repentir, par lequel il doit éprouver de la douleur pour ses péchés et susciter en outre la contrition et l'attrition ; et troisièmement est requise de façon nécessaire l'intention ou la volonté de recevoir ce sacrement, et si elle fait défaut, le caractère baptismal n'est pas imprimé à l'adulte.
Or la foi et le repentir sont requis chez l'adulte pour qu'il reçoive le sacrement de façon licite, et qu'il obtienne le fruit du sacrement ; l'intention cependant est nécessaire pour qu'il l'obtienne de façon valide, de sorte que celui qui est baptisé adulte sans la foi et le repentir, l'est de façon illicite certes, mais valide, et qu'en revanche celui qui est baptisé sans la volonté de recevoir le sacrement n'est baptisé ni licitement ni validement.
Cela étant présupposé, il sera facile de reconnaître que dans le présent cas, le missionnaire n'a pas agi de façon juste lorsque, administrant le baptême à un adulte moribond, il a donné même valeur aux dispositions requises pour administrer le baptême de façon licite, et à celles qui sont requises de façon nécessaire pour le recevoir de façon valide. En effet, s'il y a doute sur le point de savoir si l'adulte proche de la mort est suffisamment instruit au sujet des mystères de la foi et s'il y croit de façon suffisante, et sur le point de savoir si lui-même veut réellement recevoir le baptême, et dès lors qu'après un examen diligent il demeure encore un doute au sujet de cette intention, le baptême doit être conféré avec cette condition : dans la mesure où il est capable d'être baptisé.
Par ailleurs, le missionnaire n'a pas agi de façon juste lorsqu'en baptisant sous condition il a eu l'intention de ne pas baptiser si les bonnes dispositions n'étaient pas données chez celui qui reçoit le baptême, car en l'espèce le missionnaire doit seulement avoir l'intention de baptiser pour autant que celui qui reçoit le baptême est capable d'être baptisé, c'est-à-dire veut le recevoir de façon sincère. Question : Les propositions suivantes peuvent-elles être enseignées de façon sûre.
Décret du Saint-Office, 18 septembre 1861 · Erreurs des ontologistes.
1. Une connaissance immédiate de Dieu, au moins habituelle, est essentielle à l'intelligence humaine, de sorte qu'elle ne peut rien connaître sans elle : elle est en effet la lumière de l'intellect elle-même.
2. Cet être que nous connaissons en toutes choses et sans lequel nous ne connaissons rien, est l'être divin.
3. Les universaux, considérés dans leur réalité objective, ne se distinguent pas réellement de Dieu.
4. La connaissance innée de Dieu comme être pur et simple inclut toute autre connaissance de manière éminente ; de sorte que, par elle, nous connaissons implicitement tout être sous quelque aspect qu'il soit connaissable.
5. Toutes les autres idées ne sont rien d'autre que les modifications de l'idée par laquelle Dieu est connu comme être pur et simple.
6. Les réalités créées sont en Dieu comme la partie dans le tout, non pas certes dans le tout formel, mais dans le tout infini, parfaitement simple, qui pose hors de lui-même ses parties sans division ni diminution de lui-même.
7. La création peut être expliquée ainsi : Dieu produit la créature par cet acte spécial par lequel il se comprend et se veut distinct d'une créature déterminée, par exemple l'homme. Censure du Saint-Office : Non.
Lettre "Gravissimas inter" à l'archevêque de Munich-Freising, · 11 décembre 1862. · Erreurs de Jakob Frohschammer concernant la liberté de la science
(La Sacrée Congrégation de l'Index a jugé que l'auteur) s'écarte de la vérité catholique. Et cela d'une double manière surtout, d'abord parce que l'auteur attribue à la raison humaine des forces qui n'appartiennent aucunement à la raison ; ensuite parce qu'il accorde à cette même raison une liberté de juger de tout, et de toujours tout oser qui est telle que les droits, les devoirs et l'autorité de l'Eglise elle-même disparaissent totalement.
L'auteur en effet enseigne d'abord que la philosophie, si on en a une notion exacte, peut non seulement connaître et comprendre les dogmes chrétiens que la raison naturelle a en commun avec la foi (à savoir comme objet commun de connaissance), mais aussi ceux qui sont principalement et proprement constitutifs de la religion et de la foi chrétiennes, à savoir la fin surnaturelle de l'homme elle-même et tout ce qui la concerne, et aussi que le très saint mystère de l'Incarnation du Seigneur, sont du domaine de la raison et de la philosophie, et que la raison, une fois donné l'objet, peut les atteindre en connaissance de cause par ses propres principes. Même si l'auteur introduit une distinction entre ces dogmes et les premiers, et si c'est avec un moindre droit que ces derniers se voient attribués à la raison, il enseigne néanmoins très clairement et de façon ouverte qu'ils font partie eux aussi des données qui constituent l'objet propre de la science et de la philosophie.
On peut et l'on doit, dès lors, conclure de l'opinion de l'auteur que, dans les mystères même les plus cachés de la sagesse et de la bonté de Dieu, même dans ceux de sa libre volonté - du moment que l'objet de la Révélation est donné - la raison peut par elle-même arriver à la science et à la certitude, et cela non pas à partir du principe de l'autorité divine, mais à partir de ses principes et de ses capacités naturelles. A quel point cette doctrine de l'auteur est fausse et erronée, tout un chacun... le voit aussitôt...
Si ces partisans de la philosophie défendaient les vrais principes et les vrais droits de la raison et de la philosophie et eux seuls, ils devraient recevoir des louanges méritées. Car la vraie et saine philosophie occupe une place très remarquable, puisque sa tâche est de chercher soigneusement la vérité, de former justement et sérieusement la raison humaine, obscurcie sans doute mais nullement éteinte par la faute du premier homme, et de l'éclairer ; de saisir son objet de connaissance et un grand nombre de vérités, de bien les comprendre, de les approfondir, et de démontrer nombre d'entre elles, comme l'existence, la nature, les attributs de Dieu, que la foi aussi propose à croire, par des arguments tirés des principes, de les justifier, de les défendre, et, de cette manière, d'ouvrir la voie pour qu'on tienne plus exactement ces dogmes par la foi, et même pour que les dogmes les plus cachés, que la foi est seule d'abord à connaître, soient, d'une certaine manière, compris par la raison. Voilà ce que doit faire et ce à quoi doit s'occuper la science austère mais très belle de la vraie philosophie...
Mais dans cette affaire des plus importantes nous ne pouvons jamais tolérer que tout soit mêlé inconsidérément, ni que la raison envahisse et trouble les réalités qui sont du domaine de la foi, alors qu'il y a des frontières très certaines et parfaitement connues de tous, au-delà desquelles la raison jamais n'a pu ni ne peut s'avancer de son propre droit. Relève notamment et clairement de ces dogmes ce qui concerne l'élévation surnaturelle de l'homme et ses rapports surnaturels avec Dieu, ainsi que ce qui est révélé à cette fin. Et comme ces dogmes dépassent la nature, il en résulte qu'ils ne peuvent être atteints ni par la raison naturelle, ni par les principes naturels. Jamais la raison ne peut être rendue capable de traiter de ces dogmes en connaissance de cause. Mais si certains osent l'affirmer témérairement, qu'ils sachent qu'ils se séparent non pas de l'opinion de quelques docteurs, mais de la doctrine commune de l'Eglise qui n'a jamais changé.
Il est établi en effet à partir des divines Ecritures et de la tradition des saints Pères que l'existence de Dieu et bien d'autres vérités peuvent certes être connues par la lumière de la raison naturelle Rm 1, y compris par ceux qui n'ont pas encore reçu la foi, mais que les dogmes plus cachés, Dieu seul les a révélés, puisqu'il voulait faire connaître le mystère qui était caché depuis des siècles et des générations Col 1,26...
... En transmettant la doctrine de l'Eglise, les saints Pères avaient le souci constant de distinguer la connaissance des réalités divines qui est commune à tous en vertu de l'intelligence naturelle, de la connaissance de ces choses qui est reçue par la foi moyennant le Saint-Esprit, et constamment ils ont enseigné que par elle nous sont révélés dans le Christ ces mystères qui dépassent non seulement la philosophie humaine mais également la connaissance naturelle des anges, et qui, même s'ils sont connus par la Révélation divine et reçus par la foi en elle, n'en demeurent pas moins recouverts du voile sacré de la foi et d'une ténèbre obscure aussi longtemps que dans cette vie mortelle nous cheminons loin du Seigneur.
Tout cela fait apparaître le caractère totalement étranger à la doctrine de l'Eglise catholique de cette opinion par laquelle le même Frohschammer n'hésite pas à affirmer que tous les dogmes de la religion chrétienne sont immédiatement objet d'un savoir naturel ou de la philosophie, et que, dès lors que ces dogmes sont proposés à la raison comme son objet, la raison humaine simplement experte en histoire est à même, de par ses capacités naturelles et son principe, de parvenir à la connaissance véritable de tous les dogmes, y compris de ceux qui sont plus cachés 2909
Mais dans les écrits de cet auteur qui ont été mentionnés prédomine une autre conception encore, qui est entièrement contraire à la doctrine et au sens de l'Eglise Catholique. Il attribue en effet à la philosophie une liberté qui ne doit pas être considérée comme une liberté de la science, mais comme une licence qui est à réprouver entièrement et qui ne peut pas être tolérée. Faisant en effet une distinction entre philosophe et philosophie, il donne au philosophe le droit et lui fait le devoir de se soumettre à une autorité que lui-même a reconnue pour vraie, mais il dénie l'un et l'autre à la philosophie en ce sens qu'il affirme, sans tenir compte de la doctrine révélée, que celle-ci ne peut ni ne doit jamais se soumettre à une autorité.
Cela serait tolérable et peut-être admissible si cela était dit seulement du droit qu'a la philosophie de faire usage de ses principes et de ses méthodes ainsi que de ses conclusions, comme le font également les autres sciences, et si sa liberté consistait à user de son droit en ce sens qu'elle n'admettrait rien en elle qui n'aurait pas été acquis par elle-même selon ses propres conditions ou qui lui serait étranger. Mais cette juste liberté de la philosophie doit reconnaître et éprouver ses limites. Car ce n'est pas au philosophe seulement, mais également à la philosophie, qu'il ne sera jamais permis soit de dire quelque chose qui est contraire à ce qu'enseignent la Révélation divine et l'Église, soit d'en mettre quelque chose en doute parce qu'elle ne le comprend pas, soit de ne pas accepter un jugement que l'autorité de l'Eglise a décidé de porter sur une conclusion de la philosophie.
A cela s'ajoute encore que le même auteur défend la liberté de la philosophie, ou plutôt sa liberté sans limite, de façon si vive et si téméraire qu'il ne craint pas d'affirmer que l'Eglise ne doit pas seulement ne jamais blâmer la philosophie, mais qu'elle doit même tolérer les erreurs de la Philosophie et lui laisser le soin de se corriger elle-même 2911 , d'où il résulte que les philosophes ont nécessairement part à cette liberté, et que par là ils sont eux-mêmes dégagés de toute loi. ...
C'est pourquoi, en raison du pouvoir qui lui a été donné par son divin fondateur, l'Eglise n'a pas seulement le droit, mais surtout le devoir de ne pas tolérer et au contraire de proscrire les erreurs dès lors que l'intégrité de la foi et le salut des âmes le demandent, et à tout philosophe qui veut être un fils de l'Eglise, et aussi à la philosophie, incombe le devoir de ne jamais rien dire contre ce qu'enseigne l'Eglise, et de rétracter ce au sujet de quoi ils auront fait l'objet d'une monition. La conception en revanche qui enseigne le contraire, nous affirmons et déclarons qu'elle est totalement erronée, et qu'elle fait injure au plus haut point à la foi elle-même, à l'Eglise et à son autorité.
Encyclique "Quanto conficiamur moerore" aux évêques d'Italie, · 10 août 1863 · L 'indifférentisme
A nouveau nous devons mentionner et blâmer la très grave erreur dans laquelle malheureusement se trouvent certains catholiques qui pensent que des hommes vivant dans l'erreur et loin de la vraie foi et de l'unité catholique peuvent parvenir à la vie éternelle 2917 . Or cela est contraire au plus haut point à la doctrine catholique.
Nous savons, ainsi que vous, que ceux qui souffrent d'une ignorance invincible concernant notre très sainte religion, en observant avec soin la loi naturelle et ses préceptes, gravés par Dieu dans le coeur de tous, et qui sont disposés à obéir à Dieu et mènent ainsi une vie honnête et droite, peuvent, avec l'aide de la lumière et de la grâce divines, acquérir la vie éternelle ; car Dieu, qui voit parfaitement, scrute et connaît les esprits, les âmes, les pensées et les qualités de tous, dans sa très grande bonté et sa patience, ne permet pas que quelqu'un soit puni des supplices éternels sans être coupable de quelque faute volontaire.
Mais nous connaissons parfaitement aussi le dogme catholique, à savoir qu'en dehors de l'Eglise catholique personne ne peut être sauvé, et que ceux qui sont rebelles à l'autorité de cette même Eglise et à ses définitions, et qui sont opiniâtrement séparés de l'unité de cette Eglise et du pontife romain, le successeur de Pierre, à qui a été confié le gouvernement et la garde de la vigne, ne peuvent pas obtenir le salut éternel.
Lettre "Tuas libenter" à l'archevêque de Munich-Freising, 21 · décembre 1863 · Soumission au magistère de l'Eglise
Nous avons appris... que certains des catholiques qui s'adonnent à l'étude des plus hautes sciences, trop confiants dans les forces de l'esprit humain, n'ont pas craint qu'en affirmant une liberté fallacieuse et aucunement authentique de la science, les dangers d'erreurs les entraînent au-delà des limites que ne permet pas de franchir l'obéissance due au magistère de l'Eglise, établi pour garder l'intégralité de la totalité de la vérité révélée. Il en est résulté que des catholiques ainsi malheureusement trompés, se trouvent souvent d'accord aussi avec ceux qui déclament et déblatèrent contre les décrets de ce Siège apostolique et de nos congrégations, en affirmant qu'ils font obstacle au libre progrès de la science 2912 , et s'exposent au danger de rompre ces liens de l'obéissance par lesquels, de par la volonté de Dieu, il sont liés à ce même Siège apostolique qui a été institué par Dieu lui-même maître et protecteur de la vérité.
Nous n'ignorons pas non plus qu'en Allemagne une opinion fausse s'est développée contre l'école ancienne et contre la doctrine de ces éminents docteurs 2912 que l'Eglise universelle vénère en raison de leur sagesse admirable et de la sainteté de leur vie. Par cette fausse opinion l'autorité de l'Eglise elle-même est mise en doute, puisque l'Eglise elle-même, non seulement a permis, pendant des siècles, que la science théologique soit cultivée selon la méthode de ces docteurs et selon les principes consacrés par le consensus reconnu de toutes les écoles catholiques, mais a en outre très souvent accordé les plus grands éloges à leur doctrine théologique et l'a fortement recommandée comme le rempart le plus fort de la foi et comme une arme redoutable face à ses ennemis. ...
Puisque cependant tous les hommes de ce congrès... ont affirmé que le progrès des sciences et le bon succès dans l'effort pour éviter et réfuter les erreurs de notre triste temps dépendent totalement de l'adhésion intérieure aux vérités révélées qu'enseigne l'Eglise catholique, ils ont eux-mêmes reconnu et professé cette vérité que les vrais catholiques, qui se sont adonnés à l'élaboration et au développement des sciences, ont toujours tenue et transmise. Et c'est en s'appuyant sur cette vérité que ces hommes savants et vraiment catholiques ont pu élaborer ces sciences de façon sûre, les expliquer et les rendre utiles et certaines. Cela ne peut être obtenu cependant si la lumière de la raison humaine, circonscrite par des limites, même lorsqu'elle explore les vérités qu'elle peut atteindre par ses propres forces et ses facultés, ne vénère pas au plus haut point, comme il convient, la lumière infaillible et incréée de l'intelligence divine qui brille partout de façon admirable dans la révélation divine. En effet, bien que ces disciplines naturelles s'appuient sur leurs principes propres reconnus par la raison, les catholiques qui les cultivent n'en doivent pas moins avoir devant les yeux la Révélation divine comme une étoile qui les conduit, pour que éclairés par elle ils se gardent des écueils et des erreurs lorsque, dans leurs recherches et leurs réflexions, ils perçoivent qu'ils peuvent être conduits, comme cela arrive très souvent, à affirmer ce qui contredit plus ou moins la vérité infaillible des choses qui ont été révélées par Dieu.
C'est pourquoi nous ne voulons pas douter que les hommes de ce congrès, puisqu'ils reconnaissent et professent cette vérité, aient voulu, à ce même moment, rejeter et réprouver cette façon récente et faussée de faire de la philosophie qui, même si elle admet la Révélation divine comme un fait historique, subordonne néanmoins les vérités ineffables proposées par la Révélation divine elle-même aux investigations de la raison humaine, comme si ces vérités étaient soumises à la raison, ou si la raison, avec ses propres forces et principes, pouvait parvenir à la connaissance et à la compréhension de toutes les vérités de notre foi très sainte, lesquelles sont à ce point au- dessus de la raison que celle-ci ne peu jamais être rendue capable de les comprendre ou de le démontrer par ses propres principes naturels 2909 .
Nous voulons Nous persuader qu'ils n'ont pas voulu que l'obligation à laquelle sont totalement soumis les maîtres et écrivains catholiques soit uniquement restreinte aux sujets que le jugement infaillible de l'Eglise propose à tous de croire comme des dogmes de foi 2922 . Notre conviction est aussi qu'ils n'ont pas voulu déclarer que cette adhésion parfaite aux vérités révélées, dont ils ont reconnu l'absolue nécessité pour arriver au véritable progrès des sciences et pour réfuter les erreurs, puisse être obtenue en se contentant d'accorder foi et respect à tous les dogmes expressément définis par l'Eglise. Car, même s'il s'agissait de cette mission qui doit se manifester par l'acte de foi divine. Elle ne saurait être limitée à ce qui a été défini par les décrets exprès des conciles oecuméniques ou des pontifes romains de ce Siège apostolique, mais elle doit aussi s'étendre à ce que le magistère ordinaire de toute l'Eglise répandue dans l'univers transmet comme divinement révélé et, par conséquent, qui est retenu d'un consensus unanime et universel par les théologiens catholiques, comme appartenant à la foi.
Mais quand il s'agit de cette soumission qui oblige en conscience tous les catholiques qui s'adonnent aux sciences de l'esprit, pour rendre de nouveaux services à l'Eglise par leurs écrits, les membres de ce congrès doivent reconnaître qu'il est absolument insuffisant pour des savants catholiques de recevoir et de révérer les dogmes de l'Eglise dont nous avons parlé, mais qu'il est aussi nécessaire de se soumettre aux décisions touchant la doctrine qui sont édictées par les congrégations pontificales, ainsi qu'aux points de doctrine que le consensus commun et constant des catholiques tient pour des vérités théologiques et des conclusions si certaines que les opinions qui leur sont contraires, même si elles ne peuvent être dites hérétiques, méritent cependant quelque censure théologique.
Lettre du Saint-Office aux évêques d'Angleterre, 16 septembre 1864. · L'unicité de I 'Eglise
(L'Association pour la promotion de la réunification du christianisme érigée à Londres en 1857) professe expressément que trois communautés chrétiennes, la catholique romaine, la gréco-schismatique et l'anglicane, bien que séparées et divisées entre elles, revendiquent avec le même droit pour elles- mêmes le nom de catholique. Son accès est donc ouvert à tous, en quelque lieu qu'ils habitent, aussi bien catholiques, que gréco-schismatiques ou anglicans, à cette condition cependant qu'il ne sera permis à personne de soutenir une question au sujet des divers chapitres de doctrine qui les divisent, et qu'il soit libre à chacun de se conformer en toute tranquillité d'esprit aux principes de sa propre confession religieuse. Elle demande cependant à tous ses membres de réciter des prières et aux prêtres de célébrer des sacrifices selon son intention : à savoir pour que les trois communions chrétiennes qui, comme il est suggéré, constituent toutes ensemble l'Eglise catholique, se réunissent enfin pour former un unique corps. ...
Le fondement sur lequel s'appuie cette association est tel qu'il renverse de fond en comble la constitution divine de l'Eglise. Elle suppose en effet essentiellement que la véritable Eglise de Jésus Christ est composée pour une part de l'Eglise romaine, répandue et étendue dans le monde entier, pour une part du schisme de Photius et de l'hérésie anglicane, pour lesquels, tout comme pour l'Eglise romaine, il y a "un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême" Ep 4,5....
Rien, certes, ne doit tenir plus à coeur au catholique que de voir la suppression radicale des schismes et des discordes entre chrétiens, et chez tous les chrétiens le "souci de garder l'unité de l'Esprit dans le lien de la paix" Ep 4,3... Mais que des fidèles et des ecclésiastiques prient pour l'unité chrétienne sous la conduite des hérétiques et, qui pis est, dans une intention profondément souillée et infectée par l'hérésie, ne peut être nullement toléré.
La véritable Eglise du Christ est constituée par l'autorité divine et reconnue par quatre notes, auxquelles, dans le Symbole, nous affirmons qu'il faut croire. Chacune de ces notes est si intimement unie aux autres qu'elle ne peut en être séparée. D'où il résulte que l'Eglise qui est vraiment catholique et dite telle doit en même temps manifester les prérogatives de l'unité, de la sainteté et de la succession apostolique. L'Eglise catholique est donc une, d'une unité remarquable et parfaite sur toute la terre et parmi toutes les nations, de cette unité dont le principe, la racine et l'origine indéfectible sont Pierre, chez des apôtres, l'autorité souveraine de ses successeurs dans la Chaire de Rome et son "origine supérieure". Il n'est pas d'autre Eglise catholique que celle qui. bâtie sur Pierre seul, en un corps joint et assemblé Ep 4,16, se dresse dans l'unité de la foi et de la charité. 1996 Denzinger 2804
Encyclique "Quanta cura", 8 décembre 1864. · Naturalisme et socialisme
Car lorsque la religion est bannie de la société civile, et que la doctrine et l'autorité de la Révélation divine sont rejetées, c'est aussi la vraie notion de la justice et du droit humain qui s'obscurcit et se perd, et la vraie justice et le droit légitime se trouvent remplacés par la force brute ; et on voit alors clairement pourquoi certains, ne tenant aucun compte des principes les plus assurés de la saine raison, osent dire hautement que "la volonté du peuple, manifestée par ce qu'ils appellent l'opinion publique ou d'une autre manière, constitue la loi suprême, indépendante de tout droit divin et humain et que, dans l'ordre politique, les faits accomplis, par cela même qu'ils sont accomplis, ont valeur de droit". Mais qui ne voit et ne sent clairement qu'une société humaine soustraite aux liens de la religion et de la vraie justice ne pourra pas se proposer d'autre but que celui d'acquérir et d'amasser des richesses et de ne suivre d'autre loi dans ses actions que le désir sans frein du coeur, de servir ses propres passions et ses avantages ...
Non contents de bannir la religion de la société publique, ils veulent également exclure cette même religion des familles privées. Enseignant et professant l'erreur très funeste du communisme et du socialisme, ils affirment en effet que "la société domestique ou la famille emprunte toute sa raison d'être uniquement au droit civil, et qu'en conséquence c'est de la loi civile que découlent et dépendent tous les droits des parents sur les enfants, et tout d'abord celui de les instruire et de les éduquer".
Par ces conceptions et ces machinations impies, ces hommes pleins de tromperie visent surtout à soustraire complètement à la salutaire doctrine et à l'influence de l'Eglise l'instruction et l'éducation de la jeunesse.
L'indépendance de l'autorité de l'Eglise par rapport à · l'autorité civile.
D'autres, qui renouvellent les inventions fausses et tant de fois condamnées des novateurs, ont l'insigne impudence de soumettre l'autorité suprême que l'Eglise et ce Siège apostolique ont reçue du Christ Seigneur à l'arbitraire de l'autorité civile, et de nier tous les droits de cette Eglise et de ce Siège au sujet de ce qui relève de l'ordre extérieur.
Ils affirment en effet sans la moindre honte que "les lois de l'Eglise ne s'appliquent pas en conscience, à moins qu'elles n'aient été promulguées par le pouvoir civil ; que les actes et les décrets des pontifes romains touchant la religion et l'Eglise ont besoin de la sanction et de l'approbation, ou à tout le moins du consentement, du pouvoir civil ; que les constitutions apostoliques par lesquelles ont été condamnées les sociétés secrètes - qu'on y exige ou non le serment de garder le secret - et par lesquelles leurs adeptes et ceux qui les favorisent ont été frappés d'anathème, n'ont aucune force dans les régions du monde où les associations de ce genre ont été tolérées par le gouvernement civil.
Et ils n'ont pas honte non plus de professer hautement et publiquement l'affirmation et le principe des hérétiques d'où naissent tant de conceptions fausses et d'erreurs. Ils répètent en effet que "le pouvoir ecclésiastique n'est pas, en vertu du droit divin, distinct et indépendant du pouvoir civil, et qu'une telle distinction et indépendance ne peuvent pas exister sans que les droits essentiels du pouvoir civil soient accaparés et usurpés par l'Eglise". Et nous ne pouvons pas non plus passer sous silence l'audace de ceux qui... affirment que "pour les jugements et décrets du Siège apostolique dont il est déclaré que leur objet a trait au bien général de l'Eglise, ainsi qu'à ses droits et à sa discipline, dès lors qu'ils ne touchent pas aux dogmes de la foi et des moeurs, on peut refuser d'y adhérer et de leur obéir sans péché et sans aucun détriment aucun pour la profession de la foi catholique"...
C'est pourquoi toutes et chacune des fausses opinions et doctrines signalées en détail dans la présente lettre, Nous les réprouvons, les proscrivons et les condamnons en vertu de notre autorité apostolique, et Nous voyons et ordonnons que tous les enfants de l'Eglise catholique les tiennent pour réprouvées, proscrites et condamnées.
Syllabus de Pie IX, ou Catalogue d'erreurs qui ont été condamnées · dans différentes déclarations de Pie IX, publié le 8 décembre 1864 · Par. I Panthéisme, naturalisme et rationalisme absolu
1. Il n'existe aucun être divin suprême, plein de sagesse et de providence, distinct de cet univers des choses ; et Dieu est la même chose que la nature des choses, assujetti par conséquent aux changements ; et en réalité Dieu devient dans l'homme et dans le monde, et toutes les choses sont Dieu et de la substance même de Dieu ; et Dieu est avec le monde une seule et même chose, comme le sont, dès lors, l'esprit et la matière, la nécessité et la liberté, le vrai et le faux, le bien et le mal, le juste et l'injuste.
2. Il faut nier toute action de Dieu en l'homme et dans le monde.
3. La raison humaine, sans avoir aucun compte à tenir de Dieu, est l'unique arbitre du vrai et du faux, du bien et du mal ; elle est à elle- même sa loi, et elle suffit par ses forces naturelles pour procurer le bien à l'homme et aux peuples.
4. Toutes les vérités de la religion dérivent de la force native de la raison humaine ; c'est pourquoi la raison est la norme souveraine par laquelle l'homme peut et doit acquérir la connaissance des vérités de n'importe quelle espèce. (2775-2786).
5. La Révélation divine est imparfaite, et pour cette raison sujette à un progrès continu et indéfini qui correspond au développement de la raison humaine (2775-2786).
6. La foi en Christ est en contradiction avec la raison ; et la Révélation divine non seulement ne sert de rien, mais nuit même à la perfection de l'homme. (2775-2786).
7. Les prophéties et les miracles exposés et racontés dans les Ecritures saintes sont des fables des prêtres, et les mystères de la foi chrétienne sont le fruit d'inventions philosophiques ; et dans les livres des deux Testaments sont contenues des inventions mythiques ; et Jésus Christ lui-même est une fiction mystique (2775-2786).
Par. II. Rationalisme modéré
8. Comme la raison humaine est égalée à la religion elle-même, les disciplines théologiques doivent être traitées de la même manière que les disciplines philosophiques.
9. Tous les dogmes de la religion chrétienne sans distinction sont objet de la science naturelle ou philosophique ; et la raison humaine, équipée de façon historique seulement, peut, par ses propres forces et principes naturels, parvenir à une vraie connaissance de tous les dogmes, même les plus cachés, dès lors que ces dogmes auront été proposés à la raison comme son objet. 2857 , 2878
10. Etant donné qu'autre est le philosophe, autre la philosophie, celui-là a le droit et le devoir de se soumettre à une autorité qu'il aura lui-même reconnue comme juste ; la philosophie cependant ne peut ni ne doit se soumettre à aucune autorité 2858 .
11. Non seulement l'Eglise ne doit jamais censurer la philosophie, mais elle doit même tolérer les erreurs de la philosophie elle-même, et lui permettre de se corriger elle-même (2868).
12. Les décrets du Siège apostolique et des congrégations romaines empêchent le libre progrès de la science 2875 .
13. La méthode et les principes selon lesquels les anciens docteurs scolastiques ont cultivé la théologie ne correspondent d'aucune façon aux nécessités de notre temps et au progrès des sciences 2876 .
14. On doit s'occuper de la philosophie sans tenir compte de la révélation surnaturelle2875-2880 . N.B. Au système du rationalisme se rapportent pour une large part les erreurs d'Anton Günther qui ont été condamnées Cf.2828-2831 .
Par. III. Indifférentisme, latitudinarisme.
15. Il est loisible à chaque homme d'embrasser et de confesser la religion qu'il aura considérée comme vraie en étant conduit par la lumière de la raison.
16. Les hommes peuvent trouver le chemin du salut éternel et obtenir le salut éternel dans n'importe quelle religion (2775-2786).
17. Il faut avoir au moins bon espoir pour le salut éternel de tous ceux qui ne se trouvent pas du tout dans la vraie Eglise du Christ 2865- 2867 .
18. Le protestantisme n'est pas autre chose qu'une forme différente de la même vraie religion chrétienne, et dans laquelle il est donné de plaire à Dieu aussi bien que dans l'Eglise catholique. ...sont réprouvés (2775-2786), (2865-2867).
Par. IV. Socialisme, communisme, sociétés secrètes, bibliques, · clérico- libéral · Par. V. Erreurs concernant l'Eglise et ses droits
19. L'Eglise n'est pas une société vraie et parfaite, pleinement libre, et elle ne jouit pas des droits propres et constants qui lui ont été conférés par son divin fondateur, mais il appartient au pouvoir civil de définir quels sont les droits de l'Eglise et les limites au sein desquelles elle peut exercer ces droits.
20. Le pouvoir ecclésiastique ne doit pas exercer son autorité sans la permission et l'assentiment du pouvoir civil.
21. L'Eglise n'a pas le pouvoir de définir dogmatiquement que la religion catholique est l'unique vraie religion.
22. L'obligation par laquelle les maîtres et les écrivains catholiques sont tenus absolument se limite seulement aux choses qui ont été proposées par le jugement infaillible de l'Eglise comme dogme de foi à croire par tous 2879 .
23. Les pontifes romains et les conciles oecuméniques ont dépassé les limites de leur pouvoir, ont usurpé les droits des princes, et même ont erré en définissant en matière de foi et de moeurs.
24. L'Eglise n'a pas le pouvoir d'employer la force, ni aucun pouvoir temporel direct ou indirect.
25. Outre le pouvoir inhérent à l'épiscopat, un autre pouvoir, temporel, lui a été concédé de façon expresse ou tacite par l'autorité civile, lequel est révocable pour cette raison par le pouvoir civil à son gré.
26. L'Eglise n'a pas le droit natif et légitime d'acquérir et de posséder.
27. Les ministres sacrés de l'Eglise et le pontife romain doivent être absolument exclus de toute question et possession des choses temporelles.
28. Sans l'autorisation du gouvernement il n'est pas permis aux évêques de promulguer même des lettres apostoliques.
29. Les grâces concédées par le pontife romain doivent être considérées comme nulles si elles n'ont pas été sollicitées par le gouvernement.
30. L'immunité de l'Eglise et des personnes ecclésiastiques avait son origine dans le droit civil.
31. Le for ecclésiastique pour les causes temporelles des clercs, civiles ou criminelles, doit absolument être aboli même sans consulter le Siège apostolique et malgré son opposition.
32. L'immunité personnelle en vertu de laquelle les clercs sont exempts d'assurer la charge du service militaire peut être abrogée sans aucune violation du droit naturel et de l'équité ; or le progrès demande cette abrogation, surtout dans une société constituée sous une forme libérale.
33. Il n'appartient pas uniquement au pouvoir de juridiction ecclésiastique, par un droit propre et natif, de diriger en matière théologique 2875- 2880 .
34. La doctrine de ceux qui comparent le pontife romain à un prince libre qui agit dans l'ensemble de l'Eglise est une doctrine qui a prévalu au Moyen Age.
35. Rien n'empêche que par une décision d'un concile général ou du fait de l'ensemble des peuples, le souverain pontificat soit transféré de la Ville à un autre évêque ou à une autre ville.
36. La définition d'un concile national n'admet pas d'autre discussion, et l'administration civile peut exiger la chose selon ses déterminations.
37. Il peut être institué des Eglises nationales soustraites à l'autorité du pontife romain, et totalement séparées d'elle.
38. Trop d'actes arbitraires des pontifes romains ont contribué à la division de l'Eglise en orientale et occidentale.
Par. VI. Erreurs touchant la société civile considérée aussi · bien en elle- même
39. En tant qu'origine et source de tout droit, l'Etat jouit d'un droit qui n'est circonscrit par aucune limite.
40. La doctrine de l'Eglise catholique s'oppose au bien et aux intérêts de la société humaine 2775 .
41. Au pouvoir civil, même exercé par un détenteur infidèle, appartient un pouvoir indirect négatif dans le domaine des choses sacrées ; il ne lui appartient donc pas seulement le droit appelé 'exsequatur', mais aussi le droit appelé 'appel comme d'abus'.
42. Dans un conflit de lois entre les deux pouvoirs, le droit civil prévaut.
43. Le pouvoir laïc a autorité pour casser, déclarer et rendre nulles des conventions solennelles (appelées 'concordats') conclues avec le Siège apostolique relativement à l'usage de droits qui ont trait à l'immunité ecclésiastique, sans son consentement et même contre son opposition.
44. L'autorité civile peut s'immiscer dans les affaires qui regardent la religion, les moeurs et le gouvernement spirituel. Elle peut donc juger des instructions que les pasteurs publient, conformément à leur charge, pour être une norme pour les consciences, et elle peut même se prononcer sur l'administration des sacrements et sur les dispositions nécessaires pour les recevoir.
45. Toute la direction des écoles publiques dans lesquelles est éduquée la jeunesse d'un Etat chrétien, à l'exception dans une certaine mesure des séminaires épiscopaux, peut et doit être attribuée à l'autorité civile, et cela de telle manière que ne soit reconnu à aucune autre autorité le droit de s'immiscer dans la discipline des écoles, dans le régime des études, dans la collation des grades, dans le choix ou l'approbation des maîtres.
46. Bien plus, dans les séminaires des clercs eux-mêmes, la méthode à suivre dans les études doit être soumise à l'autorité civile.
47. Il est requis pour le meilleur de la société civile que les écoles populaires ouvertes à tous les enfants de n'importe quelle classe du peuple, et généralement les institutions publiques destinées à transmettre les lettres et les disciplines plus rigoureuses et à pourvoir à l'éducation des jeunes, soient soustraites à toute autorité, régulation et influence de l'Eglise, et qu'elles soient pleinement soumises à la décision de l'autorité civile et politique, selon ce qui plaît aux gouvernements et en conformité avec l'opinion commune du temps.
48. Les catholiques peuvent approuver une méthode de formation des jeunes en dehors de la foi catholique et du pouvoir de l'Eglise, qui considère uniquement, ou en premier lieu, la connaissance des choses de la nature et les fins de la vie sociale terrestre.
49. La société civile peut empêcher que les évêques et les fidèles du peuple communiquent librement avec le pontife romain et entre eux.
50. L'autorité laïque a par elle-même le droit de présenter les évêques, et elle peut exiger d'eux qu'ils commencent à administrer les diocèses avant d'avoir reçu eux-mêmes du Saint-Siège l'institution canonique et les lettres apostoliques.
51. Le gouvernement laïc a même le droit de retirer aux évêques l'exercice de leur ministère pastoral, et il n'est pas tenu d'obéir au pontife romain pour ce qui regarde l'institution des évêchés et des diocèses.
52. Le gouvernement peut, de son propre droit, changer l'âge prescrit par l'Eglise pour la profession religieuse des femmes aussi bien que des hommes, et imposer à toutes les familles religieuses de n'admettre personne aux voeux solennels sans son autorisation.
53. Il faut abroger les lois qui concernent la protection du statut des familles religieuses, de leurs droits et de leurs devoirs ; le gouvernement civil peut même offrir une aide à tous ceux qui veulent quitter l'état de la vie religieuse qu'ils avaient embrassé et enfreindre leurs voeux solennels ; de même il peut supprimer complètement les familles religieuses ainsi que les collégiales et les bénéfices simples, même avec droit de patronage, et soumettre et attribuer leurs biens et leurs revenus à l'administration et au contrôle du pouvoir civil.
54. Les rois et les princes ne sont pas seulement exempts de la juridiction de l'Eglise, mais pour trancher les questions de juridiction ils sont supérieurs à l'Eglise.
55. L'Eglise doit être séparée de l'Etat, et l'Etat de l'Eglise.
Par. VII. Erreurs concernant la morale naturelle et chrétienne
56. Les lois concernant les moeurs n'ont pas besoin de sanction divine, et il n'est aucunement nécessaire que les lois humaines se conforment au droit naturel ou reçoivent leur force obligatoire de Dieu.
57. La science concernant la philosophie et ce qui a trait aux moeurs de même que les lois civiles, peuvent et doivent s'écarter de l'autorité divine et ecclésiastique.
58. On ne doit pas reconnaître d'autres forces que celles qui sont données dans la matière, et toute la discipline des moeurs ainsi que l'honnêteté doit consister à accumuler et à augmenter de toutes les manières les richesses, et à satisfaire le plaisir.
59. Le droit consiste dans le fait matériel, et tous les devoirs des hommes représentent un mot vide, et tous les faits humains ont force de droit.
60. L'autorité n'est pas autre chose que la somme du nombre et des forces matérielles.
61. L'injustice réussie d'un fait ne porte pas préjudice au caractère inviolable du droit.
62. On doit proclamer et observer le principe appelé de non- intervention.
63. Il est permis de refuser l'obéissance aux princes légitimes, et même de se rebeller contre eux (2775-2786).
64. Aussi bien la violation d'un serment, quelque saint qu'il soit, que n'importe quelle action criminelle et honteuse opposée à la loi éternelle, non seulement ne doit pas être blâmée, mais est tout à fait licite et doit être célébrée avec de grands éloges dès lors que cela est fait pour l'amour de la patrie.
Par. VIII. Erreurs concernant le mariage chrétien
65. On ne peut admettre d'aucune manière que le Christ ait élevé le mariage à la dignité de sacrement.
66. Le sacrement du mariage n'est rien d'autre qu'un accessoire du contrat qui peut en être séparé, et le sacrement lui-même réside uniquement dans la bénédiction nuptiale.
67. En vertu du droit naturel, le lien du mariage n'est pas indissoluble, et dans différents cas le divorce proprement dit peut être sanctionné par l'autorité civile.
68. L'Eglise n'a pas le pouvoir d'introduire des empêchements dirimants au mariage, mais ce pouvoir appartient à l'autorité civile par qui les empêchements existants doivent être supprimés.
69. L'Eglise au cours des siècles a commencé à introduire des empêchements dirimants, non pas en vertu d'un droit propre, mais en usant d'un droit qu'elle avait emprunté au pouvoir civil.
70. Les canons du concile de Trente qui censurent par l'anathème ceux qui osent dénier à l'Eglise la faculté d'introduire des empêchements dirimants 1803 ss. , ou ne sont pas dogmatiques, ou doivent être entendus de ce pouvoir emprunté.
71. La forme prescrite par Trente 1813-1816 n'oblige pas sous peine de nullité là où la loi civile prescrit une autre forme et veut que le mariage soit valide au moyen de cette nouvelle forme.
72. Boniface VIII a affirmé le premier que le voeu de chasteté prononcé dans l'ordination rend nul le mariage.
73. En vertu du contrat civil, un mariage au sens propre du terme peut exister entre chrétiens, et il est faux de dire soit que le contrat de mariage entre chrétiens est toujours un sacrement, soit que le contrat est nul si le sacrement est exclu.
74. Les causes relatives au mariage et aux fiançailles relèvent de par leur nature de la juridiction civile. N.B. - Ici il peut être fait mention de deux autres erreurs concernant l'abolition du célibat des clercs et la préférence à donner à l'état de mariage par rapport à celui de la virginité. Elles ont été réfutées, la première 2775- 2786 ; la seconde.
Par. IX. Erreurs concernant la souveraineté civile du pontife · romain
75. La question de la compatibilité entre la souveraineté civile et la souveraineté spirituelle est disputée entre les fils de l'Eglise chrétienne et catholique.
76. L'abrogation du pouvoir civil dont jouit le Siège apostolique contribuerait au plus haut point à la liberté et au bonheur de l'Eglise. N.B. - Autres affirmations à ce sujet également.
Par. X. Erreurs qui se rapportent au libéralisme d'aujourd'hui
77. En notre temps, il ne convient plus que la religion catholique soit considérée comme l'unique religion de l'Etat, à l'exclusion de tous les autres cultes.
78. C'est donc de façon louable que dans certaines régions portant le nom de catholiques la loi a pourvu à ce qu'il soit permis aux immigrants de pouvoir exercer publiquement leurs cultes respectifs.
79. Il est en effet faux que la liberté civile de tous les cultes, de même que le plein pouvoir laissé à tous de manifester publiquement et au grand jour leurs opinions et leurs pensées, conduise plus facilement à corrompre les moeurs et les esprits, et à propager la peste de l'indifférentisme.
80. Le pontife romain peut et doit se réconcilier et composer avec le progrès, le libéralisme et la culture moderne.
Instruction de la Sacrée Pénitencerie, 15 janvier 1866. · Le mariage civil
(2) La Sacrée Pénitencerie estime superflu de remettre en mémoire à quiconque que c'est un dogme bien connu de notre très sainte religion que le mariage est l'un des sept sacrements institués par le Christ, le Seigneur, et que par conséquent son administration appartient uniquement à l'Eglise elle-même à qui ce même Christ a confié la dispensation de ses mystères divins ; de même elle estime superflu de remettre en mémoire à quiconque la forme qui a été prescrite par le concile de Trente (24e session, Reforme du mariage, chap. 1: 1813-1816 , et sans l'observance de laquelle, dans les lieux où elle a été promulguée, en aucun cas un mariage ne peut être contracté de façon valide.
(3) Mais à partir de ces principes et de ces doctrines catholiques ainsi que d'autres, les pasteurs doivent élaborer des instructions pratiques par lesquelles ils persuaderont également les fidèles de ce que notre très saint Seigneur a proclamé dans le consistoire secret du 27 septembre 1852 : "Entre fidèles, il ne peut pas y avoir de mariage qui ne soit en même temps sacrement ; et c'est pourquoi toute autre union chez les chrétiens entre un homme et une femme en dehors du sacrement, même conclue en vertu de la loi civile, n'est rien d'autre qu'un concubinat honteux et funeste."
(4) Et ils pourront en déduire facilement que devant Dieu et son Eglise l'acte civil non seulement ne peut pas être considéré comme un sacrement, mais qu'il ne peut pas être considéré non plus, d'aucune manière, comme un contrat et de même que le pouvoir civil n'a pas la capacité de lier un fidèle dans le mariage, de même il n'a pas la capacité non plus de le délier ; et c'est pourquoi... toute sentence portée par un pouvoir laïc concernant la séparation de conjoints qui ont été unis par un mariage légitime devant l'Eglise est sans aucune valeur ; et un conjoint qui, abusant de ce jugement, oserait s'unir à une autre personne, serait véritablement adultère, de même que serait véritablement concubinaire celui qui aurait la présomption de demeurer dans le mariage en vertu seulement d'un acte civil ; et l'un et l'autre sont indignes de l'absolution aussi longtemps qu'ils ne viennent pas à résipiscence et qu'ils ne se tournent pas vers la pénitence en se soumettant aux prescriptions de l'Eglise.
(5) (Cependant, pour éviter des sanctions, pour le bien des descendants et pour éviter le danger de polygamie, il est permis qu'après avoir contracté légitimement le mariage devant l'Eglise, les fidèles aillent accomplir l'acte imposé par la loi, mais avec l'intention..., lorsqu'ils se présentent devant l'officier du gouvernement, de ne rien faire d'autre que d'accomplir une cérémonie civile.
Lettre apostolique "Iam vos omnes" à tous les protestants et · aux autres non- cat · La Nécessité de l'Eglise pour le salut
Personne ne peut nier ou mettre en doute que le Christ Jésus lui-même, afin d'appliquer à toutes les générations humaines le fruit de sa Rédemption, a ici- bas sur terre édifié sur Pierre son unique Eglise, c'est-à-dire l'Eglise une, sainte, catholique, apostolique, et qu'il lui a conféré tout le pouvoir nécessaire pour que soit gardé intègre et pur le dépôt de la foi, et que cette même foi soit transmise à tous les peuples, races et nations, afin que par le baptême tous les hommes soient agrégés à son Corps mystique,... et pour que cette même Eglise, qui constitue le Corps mystique, demeure toujours ferme et immuable dans sa propre nature jusqu'à la fin des siècles...
Or quiconque considère avec soin et médite l'état dans lequel se trouvent les diverses sociétés religieuses divisées entre elles et séparées de l'Eglise catholique, ... devra se convaincre facilement que ni aucune de ces sociétés, ni toutes réunies ensemble, ne constituent en aucune façon et ne sont cette Eglise une et catholique que le Christ, le Seigneur, a fondée et bâtie, et qu'il a voulu voir exister, et qu'elles ne peuvent pas non plus être considérées en aucune façon comme un membre ou une partie de cette même Eglise, puisqu'elles sont séparées visiblement de l'unité catholique. Puisqu'en effet ces sociétés sont privées de cette autorité vivante et établie par Dieu qui en particulier enseigne aux hommes les réalités de la foi et de la règle des moeurs, et qui les dirige et les gouverne en tout ce qui intéresse leur salut éternel, il en résulte que ces sociétés ont continuellement varié dans leurs doctrines, et cette mobilité et cette instabilité ne cessent jamais dans ces sociétés. Chacun comprend facilement... que cela est en opposition complète avec l'Eglise instituée par le Christ Seigneur...
C'est pourquoi, que tous ceux qui ne possèdent pas l'unité de l'Eglise catholique saisissent l'occasion de ce concile par lequel l'Eglise catholique, dont faisaient partie leurs aïeux donne une nouvelle preuve de son unité intime et de son invincible vitalité, et, répondant aux besoins de leurs coeurs qu'ils cherchent à s'arracher à cet état dans lequel ils ne peuvent pas être assurés de leur salut.