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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

La teigne, c'est l'hérétique, la teigne c'est Photin, votre teigne à vous, c'est Arius. C'est lacérer le vêtement que séparer le Verbe de Dieu. Photin lacère le vêtement, quand il lit : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et Dieu était » ( Jn, 1,1); l'intégrité du vêtement demande qu'on lise : « Et le Verbe était Dieu. » C'est lacérer le vêtement que séparer de Dieu le Christ. On lacère le vêtement si on lit : « Or la vie éternelle consiste à vous connaître, vous seul vrai Dieu » ( Jn, XVII, 3) : il faut aussi connaître le Christ, car connaître le Père seul comme vraiment Dieu, ce n'est pas toute la vie éternelle ; mais connaître également le Christ comme vrai Dieu, vérité de vérité, Dieu de Dieu, voilà la vie sans fin. C'est être teigne que connaître le Christ sans croire à sa divinité ou au mystère de son corps. Teigne Arius, teigne Sabellius ! Ces teignes attaquent les esprits flottants, ces teignes attaquent l'esprit qui ne croit pas que le Père et le Fils sont un par la divinité. On déchire ce qui est écrit : « Mon Père et moi sommes un » (Jn, X, 30), si l'on divise cette unité en substances distinctes. Cette teigne attaque l'esprit qui ne croit pas que Jésus-Christ est venu dans la chair, et il est teigne lui-même, car il est antéchrist (I Jn, IV, 2 sqq.). Ceux au contraire qui sont de Dieu conservent la foi et ne sauraient dès lors connaître la teigne qui ronge le vêtement. Tout ce qui est divisé en soi-même, comme le royaume de Satan, ne peut durer toujours.