Nous avons composé un travail qui n'était pas hors de propos, je pense, sur la généalogie du Seigneur. Certainement il n'a pas été sans fruit de nous attacher un peu longuement aux ancêtres du Seigneur. Car ceux qui se préparent à traverser la haute mer en naviguant sur les côtes évitent de tirer au plus court en prenant le large, parce qu'ils sont, comme nous, médiocrement rassurés. Ils aiment, séduits par la beauté des sites, à visiter la campagne et les villes écartées du rivage. Combien plus nous autres, perdus dans l'immensité non des éléments, mais des actions célestes, devons-nous aimer à faire escale aux ports les plus voisins et à multiplier les excursions, de crainte que, fatigué par l'ennui d'une longue navigation, tel ne puisse retenir la nausée et le vomissement ! Certes si quelqu'un s'aperçoit que son esquif est peu sûr, a des avaries inquiétantes ; alors même qu'il lui arrive souvent, le port que sont les livres se présentant, de carguer la voilure de ses oreilles, de jeter l'ancre de la lecture, on ne jugera pas qu'il abandonne son navire, mais qu'il a accompli sa course s'il descend au port.