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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Ce mystère n'est pas pour un seul, ni pour un seul le silence. Le prêtre se tait, le prophète se tait. Si je ne me trompe, en un seul c'est la voix de tout le peuple qui est muette, puisqu'on un seul c'était tout le peuple qui parlait à Dieu par Moïse. La cessation des sacrifices et le silence des prophètes, voilà le mutisme du prophète et le mutisme du prêtre. « J'ôterai, est-il dit, la puissante vertu, le prophète et le conseiller » (Is., III, 1, 3). Et de fait il leur a ôté les prophètes en leur ôtant la parole qui avait coutume de parler dans les prophètes, et réellement il leur a ôté la vertu quand la vertu de Dieu s'est retirée d'eux ; il leur a ôté le conseiller quand « l'Ange du grand conseil » (Is., IX, 6) les a quittés ; il leur a ôté la voix, car la voix est pour la parole, non la parole pour la voix et, si cette parole n'agit pas en nous, la voix ne rend aucun son. La voix, c'est Jean, « voix qui crie dans le désert »; le Christ est la parole : c'est cette parole qui agit et, dès lors, quand elle a cessé d'agir, soudain muette et privée d'inspiration, la langue de l'âme, pour ainsi dire, s'est tue. La Parole de Dieu est venue à nous et en nous ne se tait pas ; aussi bien le Juif ne peut plus dire ce que peut dire le chrétien : « Vous cherchez à mettre à l'épreuve Celui qui parle en moi, le Christ » (II Cor., XIII, 3).