Il faut remarquer la convenance de chaque détail : la parole existe dans le sein, la Loi est silencieuse; Jean est nommé et Zacharie parle ; la parole est proférée, la Loi est déliée ; mais la délivrance de la Loi, c'est l'expression de la parole : aussi celui qui a dit la parole parle, même s'il ne parlait pas auparavant. L'ange ordonne à Zacharie de se taire, l'ange enlève la parole aux Juifs : car c'est un ordre d'autorité non pas humaine mais divine, que nul ne parle à Dieu s'il ne croit pas au Christ. Ainsi croyons afin de parler ; que le Juif croie afin de parler. Parlons spirituellement des mystères ; comprenons le sens des sacrifices anciens, les énigmes des prophètes. Est muet celui qui ne comprend pas la Loi, est muet celui qui ne comprend pas l'enchaînement des divines Écritures ; car notre voix, c'est notre foi. Aussi « j'aime mieux dire à l'assemblée cinq mots avec mon intelligence, afin d'instruire les autres, que dix mille mots en langue » (I Cor., XIV, 19) ; car les langues « sont un signe non pour les croyants mais pour les infidèles, tandis que la prophétie n'est pas pour les infidèles mais pour les croyants » (Ib., 22). « Après ces jours, Elisabeth son épouse conçut et se tint cachée cinq mois ; elle disait : Qu'est-ce que le Seigneur a fait pour moi, au jour où il Lui a plu de mettre fin à ma honte parmi les hommes ? »