Est-ce surprenant chez les humains, quand les animaux eux-mêmes nous disent, par leur conduite muette, qu'ils ont le souci d'engendrer, non le désir de s'accoupler ? Car une fois qu'ils sentent leur sein plus lourd et la semence reçue dans la terre des entrailles, ils ne se livrent plus au commerce charnel et ne cultivent plus l'abandon de l'amour mais les soins de la paternité. Les humains, eux, n'ont égard ni pour les enfants ni pour Dieu ; ils souillent ceux-là, ils irritent celui-ci. « Avant, dit-il, de te former dans les entrailles, je te connaissais, et dès le sein maternel je t'ai sanctifié » (Jér., I, 5). Pour contenir votre emportement, vous voyez pour ainsi dire les mains de votre Créateur façonnant l'homme dans les entrailles. Il travaille, et ce mystère sacré des entrailles, vous le profanez, vous, par votre passion ? Imitez du moins les bêtes, ou respectez Dieu. Et que dis-je, les bêtes ? La terre même se repose souvent de l'?uvre de génération et, si l'ardeur impatiente des hommes l'accable de semailles répétées, elle châtie la témérité du cultivateur, elle mue sa fécondité en stérilité. Ainsi les éléments eux-mêmes et les bêtes ont une honte naturelle à ne pas interrompre l'?uvre de génération.