Nous avons vu le trophée ; que maintenant le triomphateur monte sur son char, et suspende non pas à des troncs d'arbres ou à des quadriges le butin conquis sur un ennemi mortel, mais au gibet triomphal les dépouilles enlevées au siècle. Nous ne voyons pas ici des nations les bras liés derrière le dos, ni les images des villes détruites ou les statues des places conquises. Nous n'admirons pas les rois captifs, la tête basse, selon l'appareil coutumier des triomphes humains, ni l'étendue de la victoire poussée jusqu'aux limites d'une contrée ; mais les peuples et nations dans la joie, convoqués non pour le supplice, mais pour la récompense, les rois adorant par libre inclination, les villes vouées à un culte volontaire, et les images relevées des cités, non pas figurées par des couleurs, mais dessinées par une foi dévouée ; les armes et le droit du vainqueur parcourant le monde entier; le prince du monde prisonnier, et les esprits du mal qui sont dans le ciel (Éphés., VI, 12) obéissant aux ordres d'une parole humaine ; les puissances soumises, et les diverses espèces de vertus dans l'éclat non de la soie, mais des mœurs : la chasteté brille, la foi resplendit, et, paré des dépouilles de la mort, le dévouement courageux se relève enfin. Le seul triomphe du Seigneur, la Croix du Christ, a fait triompher déjà presque tous les hommes.