Ce n'est pas non plus sans raison que tel parle d'un tombeau nouveau, tel autre du tombeau de Joseph. Ainsi le Christ n'avait pas de tombeau à Lui ; c'est qu'on prépare un tombeau à ceux qui sont sujets aux lois de la mort ; le vainqueur de la mort n'a pas de tombeau à Lui : car qu'y a-t-il de commun entre un tombeau et Dieu ? Aussi bien l'Ecclésiaste dit de celui qui médite le bien : « Et il n'y a pas de sépulture pour lui » (VI, 3)83 . La mort du Christ a donc son caractère propre, différent de la mort commune à tous : aussi n'est-II pas enseveli avec les autres, mais enfermé seul dans le tombeau. Car l'Incarnation du Seigneur a eu toutes les ressemblances avec l'humanité ; mais la ressemblance ne va pas sans différence : il y a ressemblance dans sa naissance d'une vierge, dissemblance en sa conception ; Il guérissait les malades, mais en commandant ; Jean a baptisé dans l'eau, Lui par l'Esprit (Lc, III, 16). De même donc la mort du Christ est commune quant à sa nature corporelle, spéciale quant à sa puissance.