Et puisque notre discours en est arrivé là, considérons comment il se fait que selon Jean les Apôtres ont cru, puisqu'ils se sont réjouis, que selon Luc ils sont repris comme incrédules ; qu'ici ils ont reçu l'Esprit Saint, que là il leur est prescrit de résider dans la ville jusqu'à ce qu'ils soient revêtus de ce don du ciel. Il me semble que l'un, en qualité d'apôtre, a touché ce qu'il y a de plus grand et de plus élevé, l'autre la suite, plus proche de l'humain ; l'un a suivi les détails de l'histoire, l'autre a résumé. Car on ne saurait douter de celui qui rend témoignage de faits auxquels il a lui-même assisté, « et son témoignage est véritable » ( Jn, XXI, 24) ; quant à celui qui a mérité d'être évangéliste, il sied également d'écarter de lui tout soupçon de négligence ou de mensonge. Ainsi nous pensons que l'un et l'autre est véridique : ils ne sont séparés ni par la différence des pensées ni par la diversité des personnes. Car si Luc dit d'abord qu'ils n'ont pas cru, plus tard cependant il montre qu'ils ont cru. Si nous considérons le début, il y a opposition ; pour la suite, l'accord est assuré. Considérons donc les paroles mêmes du texte.