Pierre donc a vu le Seigneur, seul. C'est que sa dévotion était toujours prête et disposée à croire ; aussi s'appliquait-il à recueillir des indices plus nombreux pour sa foi. Tantôt avec Jean, tantôt seul, partout cependant il court avec zèle ; partout il est soit seul, soit le premier. Non content d'avoir vu, il revient regarder ce qu'il a vu, et, enflammé du désir de chercher le Seigneur, il ne se rassasie pas de le voir. Il le voit seul, il le voit avec les Onze, il le voit avec les soixante-dix. Il le voit encore lorsque Thomas a cru. Il le voit quand il était à la pèche ; mais non content de l'avoir vu, dans l'impatience de son désir, négligeant sa prise, oublieux du péril (sans cependant oublier le respect : dès qu'il vit le Seigneur sur le rivage il prit son vêtement), il lui semblait trop long d'arriver avec les autres en naviguant. De même, quand le Seigneur marchait sur la mer, il courut à sa rencontre sur les vagues de la mer, oubliant sa nature ; de même, quand le Seigneur fut arrêté par les Juifs, il fut seul à tirer l'épée contre la troupe.