Quant à l'Esprit Saint, ou bien Il l'a soufflé sur les Onze comme étant plus parfaits, et a promis de le donner plus tard aux autres — ou bien c'est aux mêmes qu'il l'a soufflé ici, là promis. Et il ne semble pas y avoir contradiction, puisque « les dons sont partagés : à l'un est donnée la parole de sagesse, à l'autre le discours de science en vertu du même Esprit, à un autre la foi par le même Esprit, à tel autre le don de guérir, à tel autre la variété des langues » (I Cor., XII, 4, 8-10). Il a donc ici soufflé une activité, ailleurs Il en promet une autre. Car là a été accordée la grâce de remettre les péchés, ce qui semble plus souverain (Jn, XX, 23) ; et elle est soufflée par le Christ, pour vous amener à croire que c'est l'Esprit du Christ, et à croire que l'Esprit vient de Dieu ; car Dieu seul remet les péchés. Quant à Luc, il décrit l'effusion du don des langues. Aussi bien vous lisez en cet endroit : « Recevez l'Esprit Saint ; ceux dont vous remettrez les péchés, ils leur seront remis », tandis que dans les Actes des Apôtres vous lisez : « Et ils furent tous remplis de l'Esprit Saint, et ils se mirent à parler diverses langues, selon que l'Esprit leur donnait de parler» (II, 4).