Il y a encore un autre Antéchrist, père du premier : le diable, qui s'efforce d'investir ma Jérusalem, mon âme — âme de Dieu certes, âme pacifique57 — avec l'armée de sa Légion (cf. Lc, VIII, 30). Car « nous n'avons pas à lutter contre la chair et le sang, mais contre les princes et les puissances, contre les gouverneurs de ce monde de ténèbres » (Ephés., VI, 12). Il y a apostasie, lorsque l'âme s'abandonne ; puis, pensant au Seigneur, elle se reprend à trembler et se trouble. Alors, tant que cet Antéchrist « prévaut, jusqu'à ce qu'il disparaisse » (II Thess., Il, 7), la justice est en exil, l'iniquité règne. Alors la foi est rare ; si bien que le Seigneur dit, avec l'accent du doute : «Lorsque viendra le Fils de l'homme, trouvera-t-il de la foi sur terre » (Lc, XVIII, 8) ? soit sur notre terre, s'entend, soit dans l'univers. De même ailleurs : « Le Seigneur a considéré les enfants des hommes, s'il en est qui comprennent ou qui cherchent Dieu » (Ps. 13, 2).