Moïse nous a encore parlé d'une femme enceinte, qui, piétinée par deux hommes en querelle, subirait de ce fait un avortement (Ex., XXI, 22). Par conséquent la femme de bien doit fuir les querelles, s'attacher à la paix, pour mener à bien son enfantement. Et qu'elle n'attende pas le terme de neuf mois : l'enfantement du verbe dépend de la plénitude non du temps, mais du zèle : « Le juste, consommé en peu de temps, a accompli une longue durée » (Sag., IV, 13) ; au contraire l'âme imparfaite est vite piétinée, et laisse échapper le verbe qu'elle avait conçu. Mais malheur à celui qui scandalisera un de ces petits (Lc, XVII, 2), ou qui aura piétiné une femme enceinte ! car si elle accouche d'un produit encore informe, il paiera de son argent ; s'il était formé, il rendra vie pour vie, œil pour œil, dent pour dent, main pour main (Ex., XXI, 23 ssq.).