Donc la réponse se tient d'un bout à l'autre. Car ayant dit : « Je ne connais pas l'homme », il convenait qu'à la question s'il était des disciples de l'homme il répondît : « Je n'en suis pas. » Ainsi il n'a pas nié être le disciple du Christ, mais il a nié être le disciple d'un homme. Ainsi Pierre comme Paul ont nié en tant qu'homme Celui dont ils confessaient la divinité. Ce qu'a pensé Pierre, Paul également l'a exprimé : il en a profité à son tour. L'erreur de Pierre est un enseignement pour les justes, et l'achoppement de Pierre est le roc de tous. Aussi bien il chancelle sur les eaux, mais il tend la main au Christ (Matth., XIV, 30) ; il tombe sur la montagne, mais est relevé par le Christ (Lc, IX, 34). C'est le même Pierre qui a chancelé sur la mer, mais a marché. Pierre chancelant est plus ferme que notre fermeté : il tombe, là où personne ne monte ; il trébuche, là où nul ne marche. Et pourtant, bien qu'il chancelle sur les eaux, il n'est pas englouti ; il trébuche sans tomber, il vacille sans faire de chute. S'il est tombé, c'est sur la montagne qu'il est tombé ; mais tomber lui a été meilleur que pour d'autres rester debout ; mieux lui a valu tomber, puisque le Christ l'a relevé.