Vient ensuite un passage admirable, qui infuse aux cœurs des hommes une disposition de patience pour supporter l'affront avec égalité d'âme. Le Seigneur est accusé, et Il se tait. Et Il a raison de se taire, n'ayant pas besoin de se défendre ; vouloir se défendre est bon pour ceux qui craignent d'être vaincus. Il ne confirme donc pas l'accusation par son silence, mais la dédaigne en ne la réfutant pas. Que craindrait-Il donc, puisqu'il ne désire pas se sauver ? Salut de tous, Il sacrifie le sien pour acquérir celui de tous. Mais pourquoi parler de Dieu ? Suzanne se taisait, et elle a triomphé (Dan., XIII, 35) ; la cause la meilleure est celle qui se justifie sans se défendre. Ici également Pilate absout ; mais il absout par son jugement, il crucifie à raison du mystère. Mais ceci est propre au Christ ; ce qui est humain, c'est, en face de juges iniques, d'avoir montré qu'on ne voulait pas se défendre, non qu'on ne pouvait pas.