II semblerait ici que Marie n'a pas eu foi, si l'on n'y prenait soigneusement garde ; aussi bien il n'est pas admissible qu'une incrédule apparaisse choisie pour engendrer le Fils unique de Dieu. Et comment se pourrait-il faire — sauf bien entendu le privilège d'une mère, qui avait assurément droit à plus d'égards, mais enfin, son privilège étant plus grand, une foi plus grande devait lui être assurée — comment donc se pourrait-il faire que Zacharie, pour n'avoir pas cru, fut condamné au silence et Marie, qui n'aurait pas cru, honorée de la pénétration de l'Esprit Saint ? Mais Marie ne devait ni refuser de croire, ni se précipiter à la légère : refuser de croire à l'ange, se précipiter sur les choses divines. Il n'était pas aisé de connaître « le mystère caché depuis les siècles en Dieu » (Éphés., III, 9 et Coloss., I, 26), que même les Puissances d'en haut n'ont pu connaître. Et pourtant elle n'a pas refusé sa foi, ni ne s'est dérobée à son rôle, mais elle a rangé son vouloir, promis ses services ; car en disant : «Comment cela se fera-t-il ? », elle n'a pas mis en doute l'effet, mais demandé le comment de cet effet.