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Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Avant de rassembler l'Eglise, le Fils de Dieu agit en son serviteur. C'est donc à propros que S. Luc montre le Verbe de Dieu se reposant sur Jean, fils de Zacharie, au désert ; ainsi l'Église part non d'un homme, mais du Verbe. C'est elle en effet qui est le désert, car « les fils de la désertée sont plus nombreux que ceux de l'épousée » (Is., LIV, 1). C'est encore à elle qu'il a été dit : « Réjouis-toi, stérile » (Ib.) et « exulte, désert » (Ib., III, 9) : car elle n'était pas encore cultivée par le travail d'un peuple d'étrangers, et ces arbres qui pourraient porter des fruits n'en étaient pas encore à élever la cime de leurs mérites. Il n'était pas encore venu, celui qui devait dire : « Je suis comme un olivier fertile dans la maison du Seigneur » (Ps. 51, 10) ; la vigne céleste n'assurait pas encore des fruits à ses sarments (Jn, XV, 1) par le canal de ses paroles. Donc la parole se fit pour que la terre auparavant déserte nous produisît son fruit ; le Verbe se fit, la voix suivit : car le Verbe opère d'abord au-dedans, puis la voix fait son office. Aussi David dit-il : « J'ai cru, c'est pourquoi j'ai parlé » (Ps. 115, 1) : il a d'abord cru pour pouvoir parler.