La nourriture morne du prophète indique sa mission, annonce le mystère. Est-il chose aussi vaine et inutile pour l'homme que la récolte des sauterelles, et chose si féconde quant au mystère du prophète ? Plus les sauterelles sont dépourvues d'utilité, impropres à tout usage, se dérobant au toucher, sautant ça et là, rauques dans leur cri, plus elles conviennent et sont aptes à figurer le peuple des nations, qui, sans labeur utile, sans œuvre fructueuse, sans pondération, émettant le son inarticulé de ses murmures, ignorait la parole de vie. Ce peuple est donc la nourriture des prophètes ; car plus nombreux est le peuple qui se rassemble, plus s'accroît et abonde la récolte de la bouche des prophètes. La suavité de l'Église est également préfigurée dans le miel sauvage, qui ne se trouve pas dans la ruche de la Loi comme produit par le peuple juif, mais est éparpillé dans les champs et sous le feuillage des forêts par l'égarement des Gentils, selon la parole : « Nous l'avons trouvée dans les champs de la forêt » (Ps. 131, 6).