« Moi, je vous baptise dans l'eau. » II s'est empressé de prouver qu'il n'est pas le Christ, puisqu'il accomplit un ministère visible. Car l'homme subsistant en deux natures, savoir l'âme et le corps, la partie visible est consacrée par des éléments visibles, l'invisible par un mystère invisible : l'eau nettoie le corps, l'Esprit purifie les fautes de l'âme. Nous accomplissons l'un, nous appelons l'autre, encore que, sur la fontaine même, la divinité souffle sa sanctification ; car l'eau n'est pas toute l'ablution, mais ces deux choses ne peuvent se séparer ; c'est pourquoi autre fut le baptême de pénitence, autre est le baptême de grâce, celui-ci comportant les deux éléments, celui-là un seul. Car les fautes appartenant en commun à l'âme et au corps, la purification aussi devait leur être commune. S. Jean a donc fort bien répondu : montrant qu'il avait compris ce qu'ils remuaient dans leur coeur et, comme s'il n'avait pas compris, esquivant toute jalousie de grandeur, il a montré, non par sa parole mais par ses oeuvres, qu'il n'était pas le Christ. L'affaire de l'homme, c'est de faire pénitence de ses fautes ; c'est le bienfait de Dieu que d'accomplir la grâce du mystère. « Mais voici venir plus fort que moi. »