Il semble pourtant que, s'il parle ainsi, c'est que souvent Jean personnifie le peuple des Juifs, et c'est à quoi l'on rapporte cette parole : « II faut qu'il grandisse et que je diminue » (Jn, III, 30) : il fallait en effet que le peuple des Juifs fût amoindri, que grandît dans le Christ le peuple chrétien. D'ailleurs Moïse aussi personnifiait le peuple ; mais il portait la chaussure non du Seigneur mais de ses pieds. Ceux-là ont chaussé une chaussure qui peut-être n'était pas celle de leurs pieds, mais celui-ci reçoit l'ordre de détacher la chaussure de ses pieds (Ex., III, 5), afin que les pas de son coeur et de son âme, dégagés des entraves et des liens du corps, s'engagent dans les voies de l'esprit. Quant aux Apôtres, ils avaient quitté la chaussure du corps lorsqu'ils furent envoyés sans chaussure, sans bâton, sans besace, sans ceinture (Matth., X, 9 sqq.) ; mais ils n'ont pas sur l'heure porté les chaussures du Seigneur. Peut-être est-ce après la résurrection qu'ils commencèrent de les porter ; car auparavant ils étaient avertis de ne dire à personne les actions du Maître (Lc, VIII, 56), et plus tard il leur est dit : « Allez dans le monde entier et prêchez l'évangile » (Mc, XVI, 15), afin qu'avançant les pas de la prédication évangélique, ils promenassent par tout le inonde la suite des actions du Seigneur. Ainsi la chaussure nuptiale, c'est la prédication de l'évangile ; mais il sera plus à propos de nous en expliquer dans un autre endroit. « C'est Lui qui vous baptisera dans l'Esprit Saint et le feu.