N'est-ce pas qu'il y a ici en ces deux fils un mystère ? Nous avons traité le point de vue moral : elle n'a pas exercé le métier de courtisane mais recherché le bienfait de la fécondité. Traitons le côté historique et approfondissons le mystère. Car il ne peut être sans mystère qu'elle ait reçu l'anneau, le bijou et le bâton ; ce n'est pas une personne quelconque qui mérite de recevoir un ornement, un sceau, un emblème du pouvoir : le sceau des actes, l'ornement de la poitrine, l'insigne de la liberté royale. Donc, pour en venir à l'histoire, vous avez lu qu'à l'heure où Thamar enfantait, l'un des enfants sortit d'abord la main de son sein et que la sage-femme la prit et la noua d'écarlate, en disant : « Celui-ci sortira le premier. » Mais à peine l'enfant eut-il retiré la main dans le sein de sa mère, son frère aussitôt sortit ; et la sage-femme dit : « Pourquoi est-ce toi qui as fait la brèche ? » et elle lui donna le nom de Phares. Et après lui sortit son frère, à la main duquel était l'écarlate, et elle lui donna le nom de Zara. Vous voyez combien d'obscurités dénoncent un mystère : la main sortie d'abord, le nœud d'écarlate, la main retirée, les deux paroles de la sage-femme, que l'un sortirait le premier, que l'autre a fait la brèche.