Enfin pour Adam lui-même, qui selon l'Apôtre a été figure du Christ (Rom., V, 14), quoi de plus beau, de plus convenable que la sainte généalogie commençant par un fils de Dieu et aboutissant au Fils de Dieu, le créé précédant à titre de figure pour que vînt ensuite Celui qui est véritablement né, celui qui fut fait à l'image venant d'abord, lui pour qui devait descendre l'Image de Dieu ? Et si nous creusons le mystère du premier égarement, l'un a goûté à l'arbre de la science du bien et du mal, trompé par le diable, persuadé par Eve, pour qu'un autre, avant même de connaître le mal, choisît pour nous le bien et rendît vaines les embûches du cruel serpent à la persuasion de l'Eglise, ainsi qu'il est écrit : « Car avant que l'enfant connaisse le bien ou le mal, il ne croit pas au mal, afin de choisir ce qui est bien » (Is., VII, 16), et « avant que l'enfant sache appeler père ou mère, il recevra la puissance de Damas et les dépouilles de Samarie » (Ib., VIII, 4). Car voilà l'Enfant dont le berceau a été rempli par les mages des dépouilles de l'Orient, parce que le peuple qui, avant le Christ, ne croyait pas, changé dans sa foi, a offert au Seigneur les dépouilles des idoles comme ornements de son triomphe.