De même Elisabeth est présentée comme parente de Marie : d'abord parce que tous les Juifs sont parents, comme l'Apôtre l'a enseigné par ces paroles : « Je souhaitais être anathème, moi, pour mes frères et parents selon la chair, qui sont les Israélites » (Rom., IX, 3-4) ; elles étaient parentes, parce que toutes deux Israélites ; parentes aussi, parce que toutes deux étaient de la tribu de Juda. Vous avez appris que Marie était de la tribu de Juda, apprenez-le aussi pour Elisabeth ; car « en ces jours Marie se leva et s'en alla rapidement vers les montagnes, dans une cité de Juda — est-il dit — et elle entra dans la demeure de Zacharie » (Lc, I, 39 sqq.). Moïse ayant prescrit que chacun habitât dans sa tribu (Nombr., II, 2), si elle demeurait dans une cité de Juda, c'est qu'elle était aussi de la tribu de Juda : d'autant plus que dans la famille d'Elisabeth il y eut des prêtres, dont Dieu est la part2. En même temps comme il est beau que, l'une ayant enfanté le Précurseur du Christ, l'autre le Christ, l'une ayant conçu du Saint-Esprit, l'autre prophétisé remplie du Saint-Esprit, elles apparaissent encore parentes selon la chair, puisque, selon Dieu, le lien d'une parenté spirituelle ne leur a pas fait défaut ! — Que si la tête de toute femme c'est l'époux, selon le saint Apôtre (Éphés., V, 23), et s'ils sont deux en une chair, selon la Loi divine (Gen., II, 24), comment se pouvait-il faire que ceux qui étaient une seule chair et un seul esprit parussent avoir parenté et tribu distinctes ? — Ajoutez encore ceci, que l'ange Gabriel a annoncé du Seigneur : « Le Seigneur lui donnera le trône de David son père » (Lc, I, 32) : il est donc certain que Marie, elle aussi, appartenait à la descendance de David. Et du même coup nous apprenons que peu importe selon quelle ligne est formulée la série généalogique, puisque, de part de d'autre, le chemin est dégagé.