TheoFonsAux sources de la foi

Traité sur l'Évangile de Luc

EXLU · Ambroise de Milan · 389 · FR · 1068 paragraphes · Psaumes : Vulgate · livres-mystiques.com ↗

Que tout cela s'applique au Christ, les textes le montrent à l'évidence, et combien il est impossible de détourner le fruit de la puissance divine au profit de Salomon. lequel fut fils de David et dont on connaît la fin avec certitude : car il y eut une fin au royaume de Salomon et à la paix, comme la lecture des Rois le démontre (I Rois, XI, 43). Il n'y a que le Christ dont le royaume n'ait pas de fin. Aussi bien Salomon n'a aucunement commandé aux nations, tandis que le Christ a recueilli son Église parmi les nations. Enfin c'est du vivant de David que Salomon est né et parvenu à la royauté, tandis que Celui que l'on promet ici est donné comme devant surgir après la mort de David, ainsi que vous lisez : « Lorsque tes jours seront achevés et que tu reposeras avec tes ancêtres, je ferai surgir ta postérité après toi, quelqu'un de ton sein, et j'établirai sa royauté. C'est Lui qui me construira une demeure et j'érigerai son trône pour les siècles » (I Chr., XVII, 11-12). Est-ce pour les siècles qu'a régné Salomon, lui qui n'a régné que quarante ans ? « Je serai pour Lui, est-il dit, un père, et Lui sera pour moi un fils » (Ib., 13) ; — qui est ce propre Fils de Dieu, sinon Celui à qui il fut dit : « Tu es mon Fils, c'est moi qui aujourd'hui t'ai engendré » (Ps. 2, 7) ? — « et je ne Lui retirerai pas ma bienveillance et je le garderai fidèle dans ma maison et dans son royaume pour les siècles » (I Chr., XVII, 13) ; mais Salomon a erré, peut-être de façon si grave pour que les hommes ne fissent pas l'erreur de croire qu'à lui s'adressait la promesse divine. Nous le savons par la suite des textes divins : car il construisit un temple à l'idole Astarté par amour pour une femme, et le Seigneur fut indigné contre Salomon (I Rois, XI, 4). Si donc du vivant même de David il a commencé à régner— car vous trouvez qui», lorsqu'on annonça à David la royauté de Salomon, il se prosterna sur sa couche et dit : « Béni soit le Seigneur Dieu d'Israël, qui m'a donné aujourd'hui quelqu'un de mon sang assis sur mon trône, et mes yeux le voient » (Ib., I, 47-48), s'il a erré, s'il a choppé, c'est, vous le voyez, que l'ensemble de la prophétie promettait le Christ.