Ici apprenez encore que Satan se transfigure en ange de lumière (II Cor., XI, 14) et se sert souvent des Écritures divines elles-mêmes pour tendre des pièges aux fidèles. C'est ainsi qu'il fait les hérétiques, ainsi qu'il déchire la foi, ainsi qu'il attaque les droits de la piété. Ne soyez donc pas séduit par l'hérétique du fait qu'il peut tirer des Écritures quelques arguments ; et que lui ne se targue pas de ce qu'il semble docte. Le diable aussi use des témoignages des Écritures, non pour enseigner mais pour circonvenir et tromper. Il a reconnu que tel est appliqué à la religion, réputé pour ses vertus, puissant en miracles et en oeuvres : il lui tend le piège de la vanité pour gonfler cet homme d'orgueil, de sorte qu'il ne se confie pas en la piété, mais en sa vanité, et qu'au lieu d'attribuer à Dieu (le bien), il s'en fasse honneur. Aussi les Apôtres commandaient-ils aux démons non pas en leur nom, mais en celui du Christ, pour ne pas sembler s'attribuer quelque chose. C'est ainsi que Pierre guérit le paralytique en disant : « Au nom de Jésus de Nazareth lève-toi et marche » (Act., III, 6). Apprenez aussi de Paul à fuir la vanité : « Je connais, dit-il, un homme ? était-il dans son corps ou hors de son corps, je ne sais, Dieu le sait ? qui fut ravi au paradis et entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à l'homme de proférer. De cela je me glorifierai, mais de moi ne je me glorifierai pas, si ce n'est au sujet de mes infirmités » (II Cor., XII, 3-5).