Ce n'est donc pas sans motif que le Seigneur se disculpe de n'avoir pas accompli de miracles de sa puissance dans sa patrie, afin que nul ne s'avise de croire que l'amour de la patrie doit avoir pour nous peu de valeur : II ne pouvait pas ne pas aimer ses concitoyens, aimant tous les hommes ; mais ce sont eux qui par leur haine ont renoncé à cet amour de sa patrie. Car « l'amour n'est pas envieux, ne se gonfle pas » (I Cor., XIII, 4). Et pourtant cette patrie n'a pas été exclue des bienfaits divins : quel miracle plus grand que la naissance du Christ chez elle ? Voyez donc quels maux procure la haine : à cause de sa haine, cette patrie est jugée indigne qu'il opère en elle comme son citoyen, après avoir eu cette dignité que le Fils de Dieu naquît en elle. « En vérité je vous le dis : il y avait bien des veuves aux jours d'Élie. »