Mais dès que l'on revient de sa folie, la conscience intime ouvre les yeux, puis vient le repentir de l'acte et chacun rougit de l'infamie de son forfait. Alors Dieu fait peur, et le pécheur voudrait se repentir, mais il ne peut ; alors on s'en prend à la chair, on accuse le diable : elle comme entremetteuse des vices, lui comme artisan de l'égarement. La laideur s'étale : car tout secret est à nu devant Dieu, et ce ne sont pas les feuilles du figuier c'est-à-dire le vêtement du corps ou la morgue mondaine qui voilent les vices secrets. Et chacun, l'âme conscient de sa faute, tremble devant le jugement de Dieu et dit « Si les montagnes pouvaient tomber sur moi ! en quelles crevasses des rochers me cacher quand II viendra broyer la terre ? » Alors la chair enfante à l'âme chardons et épines, c'est-à-dire les piquants des soucis et des préoccupations et les feux dont l'âme s'est enveloppée par la convoitise de la chair. Oui, l'âme est comme crucifiée par les clous des plaisirs du corps, et une fois adonnée aux convoitises terrestres où elle se plonge, il lui est malaisé à moins d'une faveur divine, de reprendre son vol vers les hauteurs d'où elle est descendue. Enlacée aux filet de ses actes, livrée aux charmes des plaisirs mondains elle est désormais captive.