Mais pourtant serait-il plus grand que Celui même dont Moïse a dit : « le Seigneur notre Dieu... vous suscitera un Prophète » (Deut., XVIII, 15), dont il a dit : « Voici ce qui arrivera : Quiconque n'écoutera pas ce Prophète sera retranché du peuple » (Ib., 19) ? Si donc le Christ est prophète, comment celui-ci est-il plus grand que tous ? Nierons-nous que le Christ soit prophète ? Bien au contraire, je proclame tout ensemble que le Seigneur est prophète, et, quant à Jean, j'affirme qu'il est prophète, et je le dis plus grand que tous, mais parmi les fils de la femme, non de la Vierge (Lc, VII, 28) : il a été plus grand que ceux dont il pouvait être l'égal de par sa naissance. Autre est cette nature, et sans comparaison avec les enfantements humains. Il n'y a pas de comparaison possible entre l'homme et Dieu : c'est sur ses pareils que chacun l'emporte. Aussi bien il pouvait si peu y avoir comparaison quelconque de Jean avec le Fils de Dieu qu'il est jugé inférieur même aux anges : car, est-il dit : « Celui qui est le moindre dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. ». En effet, puisqu'il l'avait appelé son ange (Matth., III, 1), il était juste de le placer avant les hommes ; et, parce qu'il l'avait déclaré éminent entre les fils des femmes, II a ajouté : « Car celui qui est le moindre dans le Royaume des cieux est plus grand que lui », pour lui faire savoir qu'on doit céder le pas aux Anges.