Ce lit qu'on prescrit d'emporter, que signifie-t-il, sinon qu'il est prescrit de soulever le corps humain ? C'est ce lit que chaque nuit lave David, comme nous le lisons : « Je lave chaque nuit mon lit ; de mes larmes j'arrosé ma couche » (Ps. 6, 7). C'est le lit de souffrance où gisait notre âme en proie aux pénibles tourments de sa conscience. Mais quand on se conduit selon les préceptes du Christ, ce n'est plus un lit de souffrance, mais de repos. La miséricorde du Seigneur a changé en repos ce qui était mort : c'est Lui qui pour nous a changé le sommeil de mort en charme délicieux. Et non seulement il reçoit l'ordre d'emporter son lit, mais encore de regagner sa demeure, c'est-à-dire de retourner au paradis : car c'est la vraie demeure, la première qui accueillit l'homme ; il l'a perdue non en droit, mais par fraude : aussi est-il juste que la maison soit rendue, à la venue de Celui qui devait anéantir les pièges de la fraude, restaurer le droit.