Il avait dit que les fils de l'Epoux, c'est-à-dire les fils du Verbe, élevés par la régénération du baptême à la condition de la race divine, aussi longtemps que l'Epoux est avec eux ne peuvent jeûner. Ce n'est certes pas proscrire le jeûne, qui affaiblit la chair et réprime la sensualité du corps : car ce jeûne nous est une recommandation devant Dieu. Comment le Seigneur interdirait-il ici le jeûne à ses disciples, alors qu'il jeûnait Lui-même, et quand enfin II dit que les pires esprits ont coutume de ne céder qu'aux jeûnes et aux prières (Matth., XVII, 20) ? Bref, ici encore, c'est le jeûne qu'il appelle un vieux vêtement : celui que l'Apôtre a jugé bon à dépouiller, quand il a dit : « Dépouillez-vous donc du vieil homme avec ses activités », pour revêtir celui qui est renouvelé par la sanctification du baptême (Col., III, 9, 10). La suite des préceptes s'accorde donc en un même enseignement : ne pas mêler les actes du vieil homme et du nouveau ; car le premier, charnel, accomplit les actes de la chair ; l'autre, l'intérieur, celui qui renaît, ne doit pas présenter la bigarrure d'actions anciennes et nouvelles mais, portant la couleur du Christ, appliquer son âme à imiter Celui pour qui il a pris une nouvelle naissance au baptême. Loin de nous donc ces voiles multicolores de l'âme, qui déplaisent à l'Epoux ; Lui déplaît quiconque n'a pas la robe nuptiale. Et qu'est-ce qui peut plaire à l'Epoux, sinon la paix de l'âme, la pureté du coeur, la charité de l'esprit ?